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Full text of "Le parnasse occitanien; ou, Choix de poésies originales des troubadours"

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LE 

PARNASSE 

OCCITANIEN. 






LE 

PARNASSE 

OCCITANIEN, 

ou 
CHOIX DE POÉSIES ORIGINALES 

DES TROUBADOURS, 

TIRÉES DES MANUSCRITS NATIONAUX. 







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A TOULOUSE, 

CHEZ BENICHET CADET, IMPRIMEUR-LIBRAIRE. 

1819. 






En livrant à l'impression ce recueil , pret depìiis 
plas dedix ans , nous en avons retranchè beaucoup 
de pièces , pour ne pa-s trop grossir le volume. 

Ceux qui veulent connaître à fond tout ce qui 
concerne les troubadours , doìvent acquèrir Vou- 
vrage que M. Raynouard publie sur cette matière. 
Le nom de l'auteur nous dispense de faire Vêloge 
de son travail. 



PREFACE. 

!ji le mérite essentiel des arts consisle dans 
l'invention , le premier rang parmi nos poètes 
appartient , sans anciin doute , aux anciens trou- 
badours. Créateurs du parnasse moderne , ce 
titre seul fonde leur droit à Fattention de tout 
homme de lettres. Jusqu'alors on n'avait écrit 
qu'en latin ; mais cette langue , devenue savante, 
était à peine entendue de très-peu de personnes, 
tandis que la nation presque entière croupissait 
dans l'ignorance. L'apparition des troubadours 
jeta quelques rayons de lumière à travers ces 
épaisses ténèbres. Aux premiers sons qu'ils ílrent 
entendre en Occitanie , les babitans , naturelle- 
ment sensibles aux cbarmes de l'accent maternel, 
s'empressèrent dapprendre et de répéter des 
cliants dans lesquels cliacun retrouvait l'expres- 
sion vive de ses propres sentimens , et le moyen 
facile de les communiquer. On accueillit avec 
joie les auteurs de ce plaisir nouveau : reçus dans 
toutes les cours, invités à toutes les fètes, chéris 
des belles et des grands , leur sort fut digne 
denvie ; et pour comble de bonheur , les muses 
leur ouvrirent le chemin de la fortune, faveur 
qu'elles ont rarement accordée , même à leurs 
plus illustres nourrissons. 



VJ PRÉFACE. 

Un succès si prodigieux étendit au loin la ré- 
putation des tronbadours , et leur valut des imi- 
tateurs. Dans ce nonibre , on reraarque plusieurs 
souverains ; mais si de tels personnages contri- 
buèrent aux progrès de l'art , ce fut moins par 
leurs talens que par leur munificence. 

Voici encore un service bien important, rendu 
par ces poètes , et qui exige de notre part un 
juste tribut de reconnaissance. Occupés sans re- 
lâcbe à céìébrer la galanterie et la loyauté , la 
polilesse et la valeur , ils parvinrent à rendre 
nationales ces qualités aimables et brillantes qui 
ont fait et pourront faire encore l'admiration et 
îe désespoir de nos voisins. 

Tant d'avantages réunis semblaient promettre 
aux troubadours une éternelle renommée ; cepen- 
dant leurs ouvrages n'étant point de nature à 
résister au torrent des siècles , seraient peut-ètre 
ignorés parmi nous , si des circonstances parti- 
culières n'avaient engagé deux académiciens à les 
examiner. Ces savans les trouvèrent assez inté- 
ressans , pour que l'un d'eux se chargeât de les 
traduire ou de les extraire ; et son utile travail 
a tiré ces ouvrages de l'oubli dans lequel ils étaient 
tombés. 

Parmi les causes de cet oubli , peut-être fau- 
drait-il compter l'uniformité du sujet, et la ma- 
nière monotone de le traiter. Elèves de la na- 
ture , nos poètes en empruntèrent les ornemens ; 



P R É F A C E. Vlj 

les fleurs et les fruits , les saisons et leurs va- 
riétés servirent d'întroduction à la plupart de 
leurs cliansons , dont fohjet principal est ordi- 
nairenicnt 1 amour (i). Cette matière qui réveille 
tant de sensations agréables et des souvenirs si 
doux , s'embellit encore par les images qu'on y 
ajoute ; mais ces iinages , trop souvent présentées 
à l'esprit , engendrent bientôt la satiéìé , et le 
lecteur ne manque pas de cbarger 1 ecrivain d'un 
défaut ftiii se fait sentir dans les meiileurs poèmes 
éroliques ; car le prince des lyriques modernes , 
le fameux. Pétrarque , n'en est pas tout-à-fait 
exempt. 

Indépendamment des cliansons , il nous reste 
beaucoup d'autres pièces de divers genres et sur 
différens sujets ; celîes où l'amour n'entre pour 
rien sont même les plus curieuses , parce que 
retracant des anecdotes bistoriques , elles offrent 
la peinture naïve et fìdèle des mceurs et usages 



(1) II en est de méme aujourd'hui. Voici ce que M. 
Montoil dit des moutaguards du Levezou : 

« Leurs chansons , ainsi que celles dé tous les pays , 
ont pour ohjet les tourmens ou les faveurs de l'amour. 
Elles sont presque toutes portées du Languedoc ; mais 
les douces ct harmonieuses syllabes de l'antique langue de 
l'Occitanie se hérissent des consonnances les plus dures à 
leur entrée dans le de'partement. » 

Description du département de l'Aveyron , in-8.° . 
tom. 1 , pag. 254- 



Tllj PRÉFACE. 

du temps , avec le cliarme toujours piquant de 
l'originalité (i). 

D'après ce que nous venons de dire , nous 
pensons qu'un choix de ces poésies , suivi d'un 
glossaire qui en facilitât l'intelligence , serait un 
présent agréable , non seulement aux savans de 
la France , mais encore à ceux' du midi de l'Eu- 
rope , dont ìes idiomes ont une source commune 
avec eelui des troubadours. En réalisant cette 
idee , on élèverait un monument de gratitude à 
des poètes spirituels et sensibles , inventeurs du 
plns ingénieux amusement de l'esprit bumain (2). 
Les nations voisines nous en ont déià donné 
l'exem])le. Les Italiens , les Espagnols et les 
Anglais ont recueilli leurs anciennes poésies ; et 
ces recueils ont sans doute leur prix. Les Alle- 
mands possèdent deux éditions de leurs mynne- 
singers ; et l'accueil favorable qu'ont reçu les 
trouverres , publiés par Barbazan , est d'un heu- 



(1) Les troubadours étant créateurs tout est à eux , 

et le genre el la manière de le traiter. 

Hist. ge'nérale de Provence , par l'abbé Papon. Paris , 
1784. ïom. 3, pag. 466. 

(2) C'est ce que nous nous proposons d'exe'cuter un 
jour , si le vaisseau de l'Elat , long-tcmps batlu par la 
tempête , peut trouver un port assuré ; ou si , mieux en 
assiette , il peut naviguer cnfin sur une mer moins ora- 
geuse et plus tranquille. 



PRÉFACE. IX 

renx présage pour les auteurs qui les ont dé- 
vancés. 

On objectera peut-être que ceux-ci sont assez 
connus , et qu'à les juger par leur bistoire litté- 
raire , ils ne méritaient pas detre tirés de la 
poussière dans laquelle ils étaient ensevelis. 
Comme un pareil jugement conçlamne à la fois 
les poètes , le traducteur et 1 editeur , il est l)Oii 
de voir quelle part de blâme cbacun d'eux doit 
supporter. 

En lisant les ouvrages des troubadonrs , si l'on 
considère à quelle époque ils furent composés , 
on a de la peine à se défendre d'un mouvement 
d'admiration. Nés au sein de la barbarie et de 
l'ignorance , ces poètes osèrent ouvrir une car- 
rière quils parcoururent avec éclat. Sans maîtres 
et sans modèles, ils ont eu la gloire d'en servir ; 
et s'ils ont élé surpassés par leurs disciples ou 
leurs imitateurs , il est aisé de donner la raison 
de cette supériorilé. 

Indépendamment du génie et du gout , dons 
précieux de la nature , sans lesquels un auteur 
ne peul exceller , il est une multitude de con- 
naissances qui lui sont indispensables. Le poète 
surtout en a plus de besoin qu'un autre, parce 
que la poésie , s'il est permis de s'exprimer de la 
sorle , vit d'images qu'elle emprunte de tous les 
objets. S'il existe une exception , c'est en faveur 
de la véritable éloquence : celle-ci dédaigne les 



X PRÉFACE. 

ornemens étrangers qni la déparent au lieu de 
l'embellir ; par cette raison elle se montre quel- 
quefois chez les hommes les plus ignorans , et 
brille souvent au milieu des peuples sauvages. 
Nous ne pouvons résister au plaisir d'en rap- 
porter un e\emple ; ì'auteur qui nous le fournit 
défie tous les orateurs anciens et modernes de 
produire un seid passage supérieur à celui que 
nous allons citer. Posons d'abord les faits né- 
cessaires pour le hien entendre (i). 

Au printemps de l'année 1 774 -> deux Shavva- 
neses massacrèrent un hahitant des frontières de 
la Virginie. Les colons voisins enlreprirent de 
punir cet assassinat par la voie la plus courte. 
Dans cette intention , le colonel Crésap rassemhle 
un parti et descend le long de la rivière du 
Kanhaway. Une pirogue chargée de femmes et 
d'enfans , conduite par un seul homme , vint 
aborder près du lieu où Crésap et les siens 
s'élaient emhusqués. A l'instant même ceux-ci 
mettent en joue , et d'une seule décharge tuent 
toutes les personnes que la pirogue portait. Par 
malheur cetait la famille de Logan , depuis 
long-temps I'ami des hlancs. Indigné de cette 
action harhare , Logan courut aux armes ; il se 
signala cruellement dans la guerre qui s'ensuivit. 



(1) Notes on ihe state of Virginia , by thomas jefferson. 
Philadelphia , i79Í; in-8.° , pag. 91-2. 



PRÉFACE. XJ 

Enfm , l'automne de la même année il se clonna 
une bataille décisive entre un détachement des 
milices de la Virginie , et les forces réunies des 
Shavvaneses, des Mingous et des Delavvares. Les 
Indiens vaincus demandèrent la paix. Logan dé- 
daigna de se montrer parmi les supplians ; mais 
pour que l'absence d'un chef de son mérite ne 
répandît aucun soupçon sur la bonne foi du 
traité , il fit remettre au gouverneur lord Uunmore 
le discours suivant : 

(( Je le demande à tout homme blanc : qu'il 
dise, si pressé par la faim il entra jamais dans la 
cabane de Logan , sans qu'on lui donnât à man- 
ger ; qu'il dise s'il y vint jamais nu ou transi de 
froid , sans recevoir de quoi se couvrir. Pendant 
le cours de la longue et sanglante guerre der- 
nière , tranquille dans sa caliane , Logan resta 
l'avocat de la paix. Tel était mon amour pour les 
l)lancs , que ceux de ma nalion me montraient 
du doigt en passant , et disaient : Logan est Cami 
des blancs. J'avais même la pensée de vivre 
avec vous , avanl les injures d'un homme. Au 
prinlemps dernier , le colonel Grésap , dc sang- 
froid et non provoqué , massacra tous les parens 
de Logan, sans épargner ni mes femmes ni mes 
enfans. II ne coule plus une goutte de mon sang 
dans les veines d'aucune créature vivante. Cet 
oulrage criait vengeance ; je l'ai cberchée , j'ai 
tué beaucoup des vôtres ; elle est pleinement 



XÌj PRÉFÂCE. 

assouvie. Pour mon pays, je me réjouis aux rayons 
tle la paix. Mais n'allez pas croire que ma joie 
est celle de la peur ; Logan ne sentit jamais la 
peur : il ne tournerait pas sur son talon pour 
sauver sa vie. Qui est là pour pleurer Logan?.... 
Personne. » 

Personne !.... Un guerrier français, qui te plaint 
et qui te révère. 

Après nous être écartés un moment cle la 
question principale , nous ailons y revenir. II est 
certain que Je cercle des idées s'agrandit ])ar 
rinstr.uction , et qu'elle manqua tolalemenl à nos 
poètes. Depaisses ténèbres couvrirent le cliamp 
de la littérature, dcpuis le neuvième siècle jusqua 
la icnaissance des lettres. A cette dernière époque 
les études prirent vigueur ; les sciences et les arts 
furent cultivés; et les connaissances se propageant 
et se multipliant , amenèrent enfin les beaux 
jours dont nous jouissons. Yers le milieu de cet 
intervalle , les troubadours avaient paru comme 
tm pliospbore lumineux à travers l'obscurité la 
plus profonde. Sans autre secours que celui de 
ses propres forces, leur génie déployant ses ailes, 
prit un essor assez beureux pour laisser après 
lui des traces durables de son existence. Nous 
sommes donc en droit de conclure , que si les 
modernes ont quelque avantage , ils le doivent 
aux progrès de l'enseignement. En effet, la masse 
des talens naturels est la mème dans tous les 



PRÉFACE. Xlij 

temps ; s'il en était aulrement , il fauclrait aecuser 
la nature de se montrer plutôt marâtre que mère 
envers tle nombreuses générations. Mais non , 
elle distribue ses bienfaits avec une égale mesure; 
et l'accusation serait aussi injuste que le repro- 
cbe qu'on ferait aux troubadours , d'avoir ignoré 
ce que nous savons aujourd'bui. 

Sainte-Palaye entreprit de les faire revivre. 
Son but étant de réunir tout ce qui pouvait 
illustrer notre moyen âge , il n'eut garde de les 
négliger. En conséquence , il fit copier tous les 
manuscrits et transcrire toutes les copies qu'il 
put se procurer en France ; il fit aussi fouiller 
dans les différentes bibliolbèques d'Italie , pour 
en tirer ce qui manquait à ses premiers recueils. 
Ces recbercbes lui fournirent une grande quan- 
tité de pièces ou fragmens , que l'abbé Millot 
fait monter à plus de quatre milie ; nombre exa- 
géré très-certainement , et dont il faut retrancber 
au moins la moitié. Cet abbé se trompe également 
sur le nombre des manuscrits , en comptant pour 
cinq celui de Saibante. Les soins que Sainte- 
Palaye se donna , et les dépenses qu'il íît pour 
compléter sa collection , prouvent qu'il y alta- 
cbait beaucoup d'importance. Si l'exécution du 
plan ne répondit pas à la lieauté du dessein , 
ce fut peut-être moins faute de bons matériaux, 
que faute d'un arcbitecte qui possédât l'art de les 
employer babilement. 



XIV PRÉFACE. 

Sainte-Palaye savait le vieux français ; les 
ouvrages imprimés et manuscrils qu'il nous a 
laissés ne permettent pas d'en douter. Conclu- 
rons-nous de là qu'il savait aussi l'occitanien ? 
Nullement. Le rapport qui existe entre les deux 
idiomes n'est pas assez parfait pour nous faire 
adopter une pareille conclusion ; au contraire , 
nous croyons qu'il a plus souvent deviné qu'en- 
tendu son texte ; et la quantité de mots mal 
interprétés ou qui sont restés sans explicalion 
dans son glossaire des troubadours , démontre 
cette vérité. Son manuscrit la fortifie encore ; 
on y trouve fréquemment ces expressions : peut- 
étre , sens douteux , texte corrompu , je ríen- 
tends pas ce mot ; et cependant ce manuscrit 
est presque enlièrement composé d'extraits , 
moyen commode deviter les difíìcultés. 

D'après ces observations , on juge bien que 
nous ne sommes rien moins qu'engoués du travail 
de Sainte-Palaye. Et comment le serions-nous ? 
Grâces naïves , nombre , cadence , et les autres 
beautés particulières à la poésie , tout a disparu 
sous sa plume. Au lieu d'une bergère ingénue, 
sortant des mains de la nature , on ne trouve 
plvis qu'une paysanne grossière , sans fraîcbeur 
et sans agrémens. Pour conserver un air de res- 
semblance , il eíìt fallu traduire en vers ; c'est la 
seule manièie de bien rendre les poètes ; ou 
si la tâche était trop difíicile , il valait mieux 



PRÉFACE. XV 

pnblier les originaux , ainsi qu'on l'a pratiqué 
pour les modernes troubadours. 

Voilà notre opinion sur le traducteur. Voyons 
maintenant ce qui concerne lediteur. 

Dans son averlissement il rend compte de la 
marcbe qu'il a suivie ; nous citerons ses propres 
termes. « Le merite de cet ouvrage , dit-il , ap- 
partient spécialement à M. de Sainte-Palaye ; je 
n'ai fait que mettre en oeuvre avec plaisir les 
malérianx qu'ii a rassemblés avec tant de peine. 
J'ai suivi ses traductions , en donnant au style 
une tournure plus libre et plus variée. Ses re- 
marques, et celles de ses premiers coopérateurs, 
m'ont épargné l'ennui des recbercbes. Le cboix 
et l'arrangement des matières , le soin de les 
fondre, dy mêler des réflexions, et de remédier, 
antant qu'il est possible, à une ennuyeuse unifor- 
mité , n'exigent pas de grands eíïorts quand on 
a de pareils secours. » Nous ne ferons point de 
commentaire sur ce passage , qui toutefois en 
serait très-susceptible. L'abbé Millot fut assez 
durement trailé par un journaliste (i) , qui le 
taxa d'impéritie et de négligence dans la rédac- 
tion des matériaux qu'on lui avait confiés , im- 
pulation qui nest pas sans qnelque fondemenl. 
Noas ajouterons qu'il a trop étendu sa matière. 
Sous prétexte de rassembler tont ce qui pouvait 



(i) Affiches, atmonces etavis divers. i78o ; n.°8 ; p. 3o. 



XV j P R É F A C E. 

servir à répandre la lumière sur les moeurs ou 
J'histoire du lemps , il ne devait pas imiter ces 
libraires avides, qui , pour vendre un volume de 
plus , souvent aux dépens de la réputation de 
l'auteur , pubíient sans examen et sans clioix les 
brouillons recueillis après sa mort. 

En résumant les diverses féflexions que nous 
avons déjà faites , nous disons qii'il serait dérai- 
sonnable de reprocher aux poètes l'ignorance et 
la grossiéreté de leur siècle ; que les fautes es- 
sentielles , les contre-sens appartiennent au tra- 
ducteur , et que le défaut de méthode et de 
goût ne satirait être imputé qu'à lediteur. De 
cetle combinaison delémens imparfaits , quel 
résultat pouvait-on obtenir ? L'histoire littéra'u'e 
des troubadours. 

Quand des auteurs, avantageusement connus 

par de bons ouvrages, en produisent un médio- 

cre , le public , trompé dans son attente , se 

venge en les jugeant avec sévérilé. Tel fut le 

sort des deux estimables écrivains dont nous 

venons de parJer. Ils voulurent traiter un sujet 

hors de leur portée , et ne purent le manier en 

maîtres , parce que la nature n'a doué personne 

de talens universels. Néanmoins leurs efforts 

méritent notre reconnaissance , puisque c'est à ces 

efforts que nous devons des idées justes concer- 

nant nos plus anciens poètes , sur lesquels on n'avait 

auparavant que des notions vagues ou confuses. 

De 



PRÉFACB. XVI j 

De toutes les colleclions de Sainte-Palaye , 
celle des troubadours nous paraît la plus im- 
portante , comme étant composée sur des ma- 
miscrits dont plusieurs y sont représentés en 
entier. Ce genre de travail , auquel il sacriíia 
presque tout le temps de sa vie , fait naître une 
réflexion cpie nous placerons ici , parce qu'elle 
peut être utile. L'habitude que les savans avaient 
autrefois de faire des copies pour leur usage , 
est aujourd'hui beaucoup trop négligée : un seul 
exemple va prouver que c'est a tort. II exisle 
un poeme liistorique du XII. e siècle , sous le 
titre de Roman de Rou et des dus dc Normendie, 
dont l'original a disparu sans que l'on saclie ce 
quil a pu devenir. André Dacliesne en avait fait 
ime copie qui ne se trouve plus. Une autre 
mauvaise copie de la première branche de ce 
roman est encore à la Ijibliothèque nationale , 
parmi les manuscrits de Bigot ; mais les rats l'ont 
endommagée de manière que le texte en est 
mutilé. Heureusement Lancelot et Sainte-Palaye 
avaient fait transcrire celle de Ducliesne; et par 
leur moyen , nous possédons ce monument an- 
tique doiit les historiens de la Normandie n'ont 
pas dédaigné de s'appuyer , pour constater des 
droits , usages ou coutnmes de cette belle pro- 
vince. 

On voit par cet exemple que les originaux 
peuvent se perdre ou se détruire ; souvent l'encre 



Xviij PRÉFACE. 

jaunit ou 1 ecriture s'efface ; ils deviennent illisi- 
bles. C'est donc rendre service aux lettres , que 
de conserver des pièces quelquefois uniques , et 
dont parj conséquent la perte serait imj^ossible 
à réparer. On nous assure que dans la capitale 
de l'Autriche on a créé une commission, chargée 
de faire copier et collationner soigneusement les 
manuscrits les plus importans. II serait à désirer 
que dans tous les dépôts de ce genre on prît la 
même précaution , ou , ce qui vaudrait heaucoup 
mieux , qu'on les fìt imprimer , afìn de sous- 
traire ce qu'ils renferment de plus précieux aux. 
accidens , à la pourriture , aux vers , enfin à la 
lime sourde du lemps. Au reste , ce que nous 
avons dit , et ce que nous pourrions dire encore 
touchant le mérite des autres collections de 
Sainte-Palaye , n'est nullement applicahle aux 
cartes de Falconnet, lesquelles nous avons entendu 
citer avec éloge , quoique tout au plus honnes à 
fournir quelques indications. 

Revenant à 1 editeur , nous estimons que son 
discours préliminaire , d'ailleurs hien écrit , doit 
être lu par quiconque veut avoir une idée géné- 
rale de ce qui concerne les trouhadours. Mais 
comme les généralités n'inslruisent point , et que 
parmi les questions qu'elles présentent à nolre 
examen , il en est de curieuses qui nont pas tout 
le développement dont elles sont susceptihles , 
nous allons exposer sommairement notre opinion 



PRÉFACE. XIX 

sur l'origine et la décadence de notre poésie , et 
sur l'ancienneté de la rime. 

Pour y procéder avec ordre , nous définirons 
d'abord ce qu'il faut entendre par ce mot trou- 
badours. Sous cette dénomination , nous com- 
prenons tous les poètes des provinces situées au 
midi de la Loire , qui composèrent en langue 
vulgaire , depuis le XI. e siècle jusques à la fin 
du XIII. e Huet (i) et Chasteuil (2) ont avancé 
que les troubadours existaient au X. e siècle; Tun, 
sans donner aucun garant, l'autre , d'après Glaber, 
qui ne dit pas un mot de cela. Leur sentiment 
néanmoins ne nous paraît pas bors de vraisem- 
blance , comme nous tâcberons de le prouver. 
Quand on entre dans le pays des conjectures , 
il n'est que trop facile de segarer ; cependant, 
au défaut de dates précises , il faut bien s'en 
tenir à ce qui paraît le plus probable. Sans doute 
le nombre des conjectures , quel qu'il soit , n'é- 
quivaut jamais à une preuve directe ; mais si 
nous adhérons fortement à ce principe , lorsqu'il 
s'agit de la vie ou de lìionneur d'un citoyen , 
nous ne sommes pas si rigides lorsqu'il s'agit d'un 
point de littérature , que des recbercbes ulté- 
rieures peuvent éclaircir , ou même convertir en 
démonstration. 



(1) Traité de l'originedes Romans. Paris, 1711,^. 1S8-9. 

(2) Discours sur les arcs de triomphe d'Aix, 1701 , in-fol. 



XX PRÉFACE. 

II existe à la bibliothèque nationale un manus- 
crit du XI. e siècle , au plus tard (i) , contenant 
des pièces dont quelques-unes sont mêlées de 
vers en roman et en latin. Le Beuf en cite un 
morceau que nous allons rapporter , parce qu il 
a fait une faute dès le premier mot. II a mis Je , 
qui ne fut jamais occitanien , et qui serait un 
solécisme, au lieu de Be que porte 1'originaL Ce 
morceau est noté sans clef ni portées selon l'usage 
d'alors. Le \oici : 

Be deu lioi mais fìnir nostra razos : 
Un pauc soi las ; que trop fo aut lo sos. 
Leven doi clerc cpae diien lo respos. 
Tu autem deus ; qui est paire glorios, 
Nos te preiam que t remembre de nos 
Quant triaras los mals d'antre los bos. 

Comine les pièces de cette antiquité sont rares, 
nous rapporterons encore, en faveur des curieux, 
une hymne à la Vierge , qui se trouve au f.° 49- 

VERSUS SANCTE MARIE. 

O maria , deu maire , 
Deu t'es e fils e paire ; 
Domna preia per nos 
To fil lo glorios , 
E lo pair aissamen 
Preia per tota gen : 
E c'el no nos socor 
Tornat nos es à plor. 



(i) Académie des inscriptions. Tom. 17 , in-4- p. 717. 



PRÉFACE. XXJ 

Iva crect serpcn 
Un agel resplanden 7 
E so no en vai gen. 
Deus nes om veramen f 
Car de femna nasquet. 
Deus la fcmna salvct : 
E pre quo nasquet hom 
Que garit en fos hom. 

Eva , moler Adam 7 
Quar crcet lo Setam , 
Nos mes en tal afan 
Per qu'avem set e fam. 
Eva mot foleet , 
Quar de queu frut manict 
Que deus li devedet 
Et el que la creet. 

I c'el no l'en crees 
E deu frut no manies , 
Ja no murira hom 
Chi ames nostre don : 
Mas tan fora de gen 
Ch'aner' à garimen , 
Cil chi perdut seran 
Ia per re nó foran. 

Adam maniet lo fruit 
Per que fom tuit perdut. 
Adam no creet dea 7 
A tot nos en vai greu. 
Deu receubt per lui mort 
E la crot à gran tort ; 
E resors al' terts dia 
Si cum o dii Maria. 



XXlj 



PREFACE. 



Aut apostols cumtet 
E dis c'ap deu parlet , 
Qu'eu poi de Galilea 
Viu ]o verem angera. 
Vida qui mort aucis 
Nos donet paradis : 
Gloria aissamen 
Nos do deus veramen. 

Nous avons conservé les fautes du manuscrit , 
ainsi que I'orthographe , afin de montrer com- 
bien celle-ci était incertaine et vicieuse , puisque 
les mêmes mots y sont écrits d'une manière 
très-différente. 

Un autre morceau va terminer nos citations. 
II est tiré d'une hymne pour le jour de l'An- 
nonciation ; et nous n'en donnons que les der- 
niers tercets , les premiers étant pleins d'effaçu- 
res. Ces tercets se rapportent au moment où 
l'arcliange Gabriel vient de faire son message. 

Cum la reïna l'enten 
Si 1 respon tam piamen , 
Aco sìa au so talent. 

O beata femina 
Cujus ventris sarcina 
Mundi tulit aerumna. 

Cum la reïna l'auvit 
Si l'amet e si u jauvit : 
Aco sia au so cliausit. 



PRÉFACE. XXllj 



Illi laus et gloria , 
Honor y virtus ; gratia 7 
Decus et victoria. 

Tu es mesaties al rei , 
Si cum tu o dit o crei ; 
A lui me do e m'autrei. 

Ancela soi damrideu ; 
Si cum tu o dit o creu , 
Maire serai damrideu. 



L'angels es deu cel vengut 
E la domna l'a creut ; 
Per lal n'esmes erumbut. 



Eu vos ai dit mon talan ; 
E vos diiats en avan 
Chaques vers : no us abnosian. 

II serait extraordinaire que ces vers fussent 
précisément de la date du manuscrit ; aussi les 
croyons-nous beaucoup plus anciens. Si notre 
mémoire est fidèle , l'abbé Papon dit quelque 
part avoir vu des actes de l'an io^o , écrits en 
langue vulgaire ; nous sommes du moins certains 
qu'il en existe un de l'an 1069 (i). Puisqu'alors 
on écrivait en cette langue , et qu'il est presque 



(i) Voyez l'histoire de Languedoc. Tom. 2. Preuves. 
pag. 23i. 



XXIV PRÉFACE. 

démontré que les vers ont précédé la prose , on 
peut , sans choquer la raison , rapporter nos 
liymnes au X. e siècle. Mais de plus , la régula- 
rité des divisions et la justesse de la mesure 
n'annoncent point un premier essai ; il est donc 
probable qu'on rimait depuis long-temps. D'après 
cela , nous ne trouvons plns d'exagération dans 
ce que dit Huet : « Les troubadours commen- 
cèrent , dès le temps de Hugue Capct , à roma- 
niser tout de hon et à courir la Franee, débilant 
leurs romans et leurs fahliaux composés en lan- 
gage romain ; car alors les provençaux avaient 
plus d'usage des lettres que le reste des Français. » 
Chasteuil a pu dire également , qu'en 998 Cons- 
tance avait à sa suite des troubadours, lorsquelle 
vint en France pour épouser le roi Robert. Si 
nous osions appliquer le raisonnement d'antério- 
rité de la poésie sur la prose au serment de 
Louis le Germanique, il serait facile de remonler 
ainsi jusqu'au tcmps des Mérovingiens , et de 
se rapprocher des derniers bardes , dont nos 
poètes furent les successeurs. 

Ce rapprochement n'aurait rien de ridicule , 
puisqu'il existe entre les uns et les autres une 
ressemhlance assez frappante. Eneffet, Posidonius 
dApamée rapporte (1) que les Celtes menaient 
à leur suite , mcme à la guerre , des hommes 



(1) Athenaeus. Lib. ^ } c. 10 ; et lib. 6, c. 12. 



PRÉFACE. XXV 

qui leur étaient dévoués , et qui étaient spécia- 
lement cbargés de publier les lonanges de leurs 
patrons dans les assèmblées générales et partieií- 
lières. II ajoute que les Bardes célébraient dans 
leurs chants les personnages qui les prolégeaient ; 
et cite un exemple qui mérite de trouver ici sa 
place. Luernius avait assigné le jour d'un festin 
qni venaitd'être terminé, lorsqu'un Barde accourt 
au-devant de ce roi des Auvergnals , duquel il 
exalte les éminentes qualités , en déplorant son 
malheur d'ètre arrivé trop tard. Luernius trans- 
porté demande une bourse pleine d'or , et la 
jette au clianteur qui courait à côté de lui. Le 
Barde la ramasse , et termine son éloge en disant 
au prince , que des traces de son char sur la 
terre sortaient de l'or et des bienfaits pour les 
mortels ; tournure ingénieuse r suivanl Casaubon, 
et digne d'un poète élégant qui veut peindre à 
la fois la bienfaisance et la libéralité de ce mo- 
narque. De pareils traits font regretter que le 
temps nous ait envié les ouvrages de nos ancê- 
tres. Luernius vivait dans le second siècle avant 
l'ère chrétienne , ce qui donne à notre poésie un 
assez liaut degré d'antiquité. 

Reprenant le fil de notre discours et renon- 
çant aux conjectures , nous disons que Guillaume 
IX , duc d'Aquitaine et Comle de Poitou , faus- 
sement regardé comme le premier troubadour , 
naquit en 1071 et mourut en 1126 ; par consé- 



XXVJ PRÉFACE. 

quent la plus belle moitié de sa vie appartient 
«iu XI. e siècle. Quoique l'bistoire nous ait con- 
servé les époques de sa naissance et de sa mort, 
en qnalité de souverain , il ne faut pas conclure 
avec Crescimbeni (i) qu'il fut l'inventeur de l'art. 
Au contraire , comme l'abbé Millot l'a judicieuse- 
ment remarqué, les grâces de son style et la régula- 
rité de ses pièces annoncent un art déja cultivé. II 
enavait donc apprisles règles de ses prédécesseurs 
et de sesmaîtres, car les princes n'inventent rien ; 
ils n'en ont pas le loisir. D'ailleurs l'auteur de la 
notice bistorique , placée à la tête des poésies de 
Guillaume, ne dit pas que ce duc fut un des pre- 
miers troubadours connus. La preuve est négative, 
il est vrai ; mais elle acquiert d'autant plus de force, 
qu'on le dit positivement de Marcabrun , quoique 
ce dernier se fût formé sous Cercamon. Les ob- 
jections que l'on pourrait tirer de quelques-unes 
de leurs poésies , ne doivent point embarrasser ; 
rien n'esl plus ordinaire que de trouver la même 
pièce attribuée par les divers manuscrits à des 
auteurs qui ont vécu dans des temps très-différens. 

Au reste , que Guillaume soit le premier 
troubadour , ou tel autre que I'obscurité de son 
état aura dérobé aux regards des bistoriens , il 
demeure toujours constant, que parmi les peuples 
qui se formèrent en corps de nation des débris 



(i) Storia della volgar poesia. Tom. i. 



PRÉFACE. XXVlj 

de l'empire romain , aucun ne peut disputer aux 
Français méridionaux l'avantage d'avoir élé , 
sinon les inventeurs , du moins les restaurateurs 
de la poésie vulgaire. La date certaine du plus 
ancien ouvrage en vers de nos septentrionaux 
est de l'an n55. Crescimbeni cite une pièce 
italienne de l'an 1184 (1) ; Quadrio rapporte 
une inscription en cpiatre petites lignes rimées , 
indiquant que la cathédrale de Ferrare fut cons- 
truite en 1 1 35 (2). Muratori regarde cette an- 
liquité comme snspecte ; et toutes ses recherches 
ne purent lui procurer aucun monument de ce 
genre , antérieur au XIII. e siècle (3). Le premier 
poéme castillan , connu jusqu'à ce jour, est celui 
du Cid. Le bibliotliécaire , D. Thomas Antonio 
Sancliez , conjecture qu'il fut composé environ 
cinquante ans après la mort du héros , arrivée 
en 1099 (4)- Quelques auteurs catalans modernes 
se sont efforcés de prouver , sans aucun titre , 
que leurs pères n'avaient rien emprunté des 
nôtres ; et nous ne serions assez disposés à to- 
lérer cette vanilé littéraire par pitié pour 

leur indigence , si le très-grand nomlire des 

— 1 

\\) Ubì suprà. 

(2) Ragione d'ogni poesia. Tom. 1 , p. fò. 

(5) Dissertazioni sopra le antichita italiane. Monaco , 
1765 , in-4. Tom. 2. Dissert. 52. 

(4) Coleccion de poesias castellanas anteriores al siglo 
XV. Madrid^ 1779. Tom. 1 , p. 223. 



XXVllj PRÉFACE. 

meilleurs auteurs espagnols ne s'opposait à ce 
sentiment. Non contens de cette prétention , ils 
en ont afílehé d'autres dont nous ferons ailleurs 
l'examen. 

Nous avons designé plus liaut la fln du XIII. e 
siècle comme l'époque à laquelle les troubadours 
cessèrent de composer : voici les motifs qui ont 
déterminé notre opinion. D'abord l'autorité des 
manuscrils , desqnels plusieurs sont du milieu de 
ce même siècle, et contiennent cej>endant presque 
lous les poètes que l'on trouve dans les mantis- 
crits du XIV. C , qui ne sont par conséquent que 
des copies d'autres manuscrits plus ancieils ; 
ensuite , parmi les troubadours dont les vies 
sont parvenues j usqu à nous , il n'en est pas un 
seul qu'on puisse placer après ian 1 3oo , à moins 
qu'on ne veuille s'en rajmorter à Nostradamus, 
dont les fabJes et les mensonges ne méritent au- 
cune attention ; enfin , l'inslitution des Jeuxflo- 
raux en i3^3, desquels La Faille a fait imprimer 
les loís et le règlement (i). Cette dernière raison 
nous paraît décisive , parce que si i'art eni éte 
cultivé , l'on n'aurait j>as fondé cet établissement 
destiné à le faire refleurir. 

L'bistoire nous apprend qu'alors tous les J)ays 
d'Oc avaient cliangé de domination j et ce cban- 



(i) Annales de Toulouse. Tom. i. Preuve. Pag. 64 et 
suivautes. 



PREFACE. XXIX. 

gement dut être vivement senli par les Toulou- 
sains. Pm és d'une cour brillante , qui répandait 
au milieu d'eux leclat de sa magniíìcence , il 
ne leur resta que le souvenir amer des maux 
dont ils furent long-temps accablés. Dès le com- 
mencement du XIII. e siècle , une guerre d'autant 
plus atroce, que la religion enétait le prétexte(i), 
avait porté dans les états de Raimond VI la dé- 
solation et la mort. Les familles furent divisées, 
et les forliines détruites. Chassés de leurs liéri- 
tages par des brigands croisés , les possesseurs 



(i) Voici ce qu'en dit un auteur contcmporain : 

Quant franceis vont sor Tolosans , 
Qu'il tienent à popelicans , 
Et la legacie romaine 
Les i conduit et les i maine , 
N'est mie bien ceo m'est avis. 

Et plus bas , en parlant de la venue de notre Seigneur 
au jour du jugement : 

Que dirra il à ces franceis 
Qui si prisie's chevalers sonl , 
Qui par dcvant croizer se font 
Sovent contre ces Aubigcis ? 
II ia plusors de ccs franceis 
Qui autretant à blâmcr font 
Come font cil sor qui il vont. 

Manusc. survéïin, in-4.*.XIII. e siècle.Fonds deColbeft. 
Nous ayons oublié d'en prendre le n.° 



XXX PRÉFACE. 

légitimes clierclièrent leur sûreté dans les cavernes 
des montagnes ou dans 1 épaisseur des forêts. Le 
pillage , le dégât , le massacre , furent poussés à 
l'excès. Abandonnant leurs cellules , des moines 
forcenés allaient prêcher de toutes parts la 
révolte et l'assassinat. Chef de cette meute 
séditieuse , l'évèque de Toulouse , Fouquet , l'in- 
fâme Fouquet, se fesait remarquer par son acbar- 
nement contre Raimond , son bienfaiteur. Pour 
colorer sa rébellion , cet effrené partisan de 
Monfort imputait à son prince des torts imagi- 
naires : et quand ces torts eussent été réels , en 
existe-t-il jamais d'assez grands pour dispenser un 
sujet de l'obéissance et de la íidélité qu'il doit à son 
légitime souverain. Mais tel était l'aveuglement à 
cette époque déplorable , que ce fourbe prélat fut 
presque vénéré comme un saint. Cependant 
d'odieux sacriíìces de vengeance étaient offerls à 
l'Eternel par des prêtres inbumains , qui sap- 
plaudissaient de la quantité de leurs victimes , 
et des rapides progrès du feu qu'ils avaient al- 
lumé. Un nombre infìni de personnes périt , 
égorgé par le fer ou dévoré par les ílammes ; 
et les campagnes , jadis cbargées de riclies mois- 
sons , ne présentèrent à l'ceil effrayé que des 
solitudes épouvantables , couvertes de cendres et 
d'ossemens. Dans cette subversion totale , les 
muses restèrent muettes,ou du moins cbangèrent 
de ton. Au lieu des chants pleins de tendresse et 



PRÉFACE. XXXJ 

d'enjouement , qui fesaient les délices des cours 
et des sociétés particulières , on n'entendit plus 
que des murniures d'indignalion , des accens de 
douleur , des cris de misère ou des liurlemens 
de rage. Belles mais trop malheureuses contrées, 
que de maux le fanatisme vous a causés ! Minis- 
tres d'un Dieu de paix , qu'avez-vous réj>ondu , 
lorsqu'il vous a demandé comj)te de tant de sang 
que vous fîtes verser en son nom ? 

Couvrons d'un voile épais ce lugubre, mais fidèle 
tableau , dont nous sommes forcés de détourner 
nos regards en gémissant. L'homme juste et sen- 
sible voudrait effacer de l'histoire ces actes de 
baine et d'hyjìocrisie , faits pour soulever le chré- 
tien le plus scrujmleux contre leurs abominabîes 
auleurs , monstres qu'il fallait étouffer dans la 
bourbe la j>lus infecte , en aj)j>elant sur eux les 
malédictions de la race présente et l'exécration 
des races futures. 

Au milieu de tant de désastres , où l'on pou- 
vait à jieine concevoir l'esj)érance d'un avenir 
moins fàcheux , il était difficile de songer aux 
amusemens. Quoique ami des lettres , ainsi que 
ses aïeux , Raimond VII , occuj>é du soin de re- 
couvrer ses élats , donna d'abord j>eu d'encou- 
ragemens aux troubadours. Lorsque enfin à des 
jours d'orage il eut fait succéder des jours sereins, 
si la poésie sous sa j).rotection sembla reprendre 
un moment de vie , ce ne fut que pour jeter 



XXXlj PRÉFAC.E. 

son dernier soupir ; cependant , comme les arts 
ne cessent pas tout à coup delre cultivés , on 
trouve encore quelques poètes après la mort de 
ce prince. Ces derniers ne laissant point de suc- 
cesseurs , un silence universel régna sur le par- 
nasse occitanien. Des citoyens de Toulouse, ten- 
tèrent alors de faire revivre la gìoire littéraire 
de leur patrie ; mais le succès ne cou'ronna point 
leurs efforts ; la source vivifiante était tarie , et 
les lauriers dessécliés dans leurs racines ne re- 
prirent plus leur verdeur. 

Nous nous sommes assez étendus sur cette 
matière , il est temps de parler de la rime. 

Toutes les pièces des troubadours sont rimées : 

d'où la rime leur est-elle venue ? C'est une ques- 

tion sur laquelle les savans sont très-divisés ; les 

uns veulent qu'elle soit arrivée de l'Orient avec 

les Arabes , les autres du INord avec les Visigots: 

il en est qui la dérivent du latin ; il en est aussi 

qui la croient naturelle à tous les peuples. De 

ces diverses opinions , la moins soutenable , à 

notre avis, est celle qui la fait venir des Arabes. 

Nous avons plusieurs monumens antérieurs à leur 

passage en Europe , et même à Mabomet , qui 

prouvent évidemment que l'usage en était fort 

ancien. De ce nombre sont quelques bymnes de 

saint Ambroise et de saint Damase , ainsi que la 

cbanson publique au sujet de la victoire rem- 

portée sur les Saxons par Clotaire II. Cette 

clianson 



PRÉFACE. XXXÌÌj 

chanson appartient à l'année 627 , et les Français, 
hommes et femmes , la chantaient dans leurs 
danses. En voici le commencement et la íin , 
tels qu'ils sont rapportés dans la vie de saint Faron 
de Meaux (1). Nous les transcrivons d'autant plus 
volontiers , qu'ils peuvent servir à donner une 
idée des chansons populaires des Romains. 

De Clotario est canere regc Francorum 
Qui ivit pugnare cum gente Saxonum ; 
Quàm graviter provenisset missis Saxonum ; 
Si non fuisset inclytus Faro de gente Burgundionum ! 

Quandò veniunt missi Saxonum in terram Francorum ; 

Faro ubi erat princeps 

Instinctu dei iranseunt per urbcm Meldorum , 

Ne interficiantur à rege Francorum. 

Les deux fragmens suivans enlangue bretonne* 
que l'on prétend être celle des Celtes , sont encore 
plus anciens (2). 

YstinnaAVg fy nglin , 
Cadwyn hayernin , 
Yn nhy dayei'in f 
Am ben fy neu lin. 

Anetjrin. 



(1) Recueil des historiens de France. T. 3. p. 5o5 ; et 
l'histoire littéraire de la France. T. 5. p. 453-4« 

(2) Richards , antiquae linguae brilannicae thesaurus. 
Bristol , 1755. in-8.° à la fi'n de la pre'face ; et l'introduc- 
tion à la grammaire. p. 17. 

3 



XXXIT PREFACE. 

Eu ner a folant , 
Eu hiaith a gadwant , 
Eu tîr a gollant 
Ond gwyllt wallia. 

Tauesin. 

Le docteur Davies a traduit ainsi les quatre 
derniers vers. 

Usquè laudabunt dominum creantem , 
Usquè servabunt idioma linguae , 
Arvaque amittent sua cuncta, praeter 
Wallica rura. 

Ces vers forment la 32. e strophe d'un célèbre 
poème rimé qui en contient 3^ , et qui se trouve 
en entier dans un recueil de M. r N. Owen , avec 
une traduction différente , également en vers 
saphiques , par le révérend David Jones (i). 

Aneurin et Taliesin sont deux bardes gallois, 
dont le premier ílorissait en 5io , et l'autre en 
54o. 

Cambden pourrait nous fournir encore un 
fragment du même Aneurin ; mais celte sura- 
bondance de preuves nous paraît inutile pour 
constater ce que nous avons avancé plus haut , 
que la rime existait en Europe avant le passage 
des Arabes dans cette partie du monde. 



(1) British remains. London, 1777, in-8.* 



PRÉF.ACE. XXXV 

On peut en dire à peu près autant des Yisi- 
gols et des autres peuples Seandinaves. Les 
Scaldes grossiers de ces nations barbares ne con- 
naissaient que la poésie rhytmique ; l'Edda de 
Scemund et lepicède de Regner Lodbrok sont 
de ce genre. Si parmi les pièces rapportées par 
Wormius (i) , Bartholin (2) , Peringskiold (3) , 
etc. , il s'en trouve de rimées , les épithètes de 
pervetusta et à'antiquissima dont ils les accom- 
pagnent , ne déterminant aucune date , nous 
laissent ílotter dans l'incerlitude relativement à 
leur antiquité réelle. 

II n'en est pas ainsi des Latins ; la rime leur 
était connue hien avant la fin de la république. 
En parlant de la zone que nous hahitons , Cicéron 
dit (4) : Non intermittit suo tempore. 

Coelum nitescerc , arbores frondescere } 
Vites laetiíìcae pampinis pubescere 7 
Rami baccarum ubertate incurvescere, etc. 

Plus loin (5) il rapporte un fragment de l'An- 
dromaque d'Ennius , fragment en partie étranger 



(1) Danica litteratura antiquissima. Hafnia?, i65i. in-fol. 

(2) De causis contemptae à Danis adbùc gentilibus mor- 
tis. Hafniae , 1689, in-4. 

(5) Historiae regum septentrionalium. Stocholmiae , 
1697 > in-fol. 

(4) Tuscul. Lib. 1 , n.° 28. Edit. Geuevae, 1758. in-4-* 

(5) Ibid. Lib. 3 , n.° 19. 



XXXVJ PRÉFACE. 

à nolre sujet ; mais nous le transcrìvons en entier 
pour servir d'ornement à cette préface. 

O pater , ô patria ; ô Priami domus ! 
Septum altisono cardine templum , 
Vidi ego te ; adstante ope barbaricâ , 
Tectis caelatis , laqueatis ', 
Auro , ebore instructum regificè. 

O poetam egregium ! s ecrie Torateur enchanté. 

Haec omnîa vidi inflammari _, 
Priamo vi vitam evitari , 
Jovis aram sanguine turpari. 

Praeclarum carmen ! Est enim et rehus , et 
verhis et modis luguhre. 

Les cinq vers suivans , qui terminent la cita- 
tion , se trouvent dans le recueil de Mattaire (i). 

Heu reliquias semiassi regis , denudalis ossibus , 
Per terram sanie delibutain foedè divexarier ; 
Vidi , videreque passa sum aegerrimè 
Curru Hectorem quadrijugo raptarier } 
Hectoris natum de moero jactarier. 

II paraît qu'Ennius connaissait hien les auteurs 
grecs ; et ceux-ci avaient occasionellement fait 
usage de la rime. Peut-être avait-il observé que, 
dans certains cas , elle ajoutait à l'expression une 
grâce 'et une énergie particulières. Cependant les 



(i) Opera et fragmenta veterum poetarum latinorum. 
Londini, 1715, in-fol. p. 1467; col. 2. 



PRÉFACE. XXXVÌj 

Grecs , dont les Latins sont les imitatenrs , dé- 
daignèrent de s'en servir. Possesseur d'une langue 
également abondante et sonore , avec une pro- 
sodie bien marquée , ce peuple d'an goût délicat 
préféra l'liarmonieuse variété des vers métriques 
à I'enniryeuse monotonie des vers syllabiques et 
rimés. 

Bornons ici nos reclierches , qui dailleurs de- 
viennent inutiles, si , comme le pense Crescim- 
beni , les poètes ont toujours rimé (i). Tiraboschi 
ne seloigne pas de cette opinion , en disant : 
« Cbaque langue a des mots qui ont la même 
désinence , cbaque langue a donc la rime ; et 
cbaque nation a pu dans tous les temps en faire 
usage (2) )>. Nous ne contestons pas la justesse 
de ce raisonnement ; nous accordons que l'ori- 
gine de la rime et la faculté de l'employer se 
confondent avec l'origine des langues ; mais enfin 
tous les peuples n'en ont pas fait usagc en même 
temps. On peut donc demander quel est celui 
([iii le premier offre une poésie soumise aux 
lois de la rime , et fournit aux autres le premier 
exemple de ce bon , 011 plutôt de ce mauvais 
goût. Serait-ce un peuple de l'Asie , cet antique 



(1) Comment. intorno all' istotia della volgar poesia. 
Venetia , i^îi. Lib. 1 , c. 5, p. g4- 

(1) Storia della letteratura italiana. Roma, 1782 et scq. 
in-4. T. 3, lib. 4,p. 017. 



XXXVllj PRÉFA.CE. 

berceau du genre humain , par conséquent ber- 
ceau des sciences et des arts ? Cela devrait être ? 
néanmoins les savans disputent sur la nattire des 
vers des anciens Hébreux et des autres nations 
orientales (i). Seraient-ce les Chinois, qui riment 
depuis quarante siècles (2) ? Mais ces Chinois , 
presque inconnus jusqu'à nos jours, nexistaient 
pas pour nos ancêtres. Personne sans doute ne 
s'avisera d'aller chercher la rime parmi les peuples 
de l'Afrique ou de rAmérique ; il faut donc se 
rapprocher de ceux avec lesquels nous avons 
entretenu des correspondances 011 formé des 
liaisons intimes , et voir si , par ce moyen , nous 
pouvons obtenir un résultat satisfaisant. 

On a déjà vu que la rime ne venait ni des 
Arabes ni des Visigots ; on vient d'observer que , 
quoique naturelle à tous les peuples , on ne 
trouve aucunes poésies sujetles à ses lois , qui 
ne soient postérieures aux pièces latines que nous 
avons indiquées ; il est donc vraisemblable que 
nous la devons aux Romains. Lors de la déca- 
dence de leur langue , Yisochronie qui setait 
introduite dans la prononciation , íit perdre la 
quantité , mal remplacée par les accens , et força 



(1) Voyez l'essai sur la poe'sie rhythmique , par Bou- 
chaud. Paiis , 1760, in~8.°, p. 7 et suiv. 

(2) Mémoires concernant l'histoire , les sciences et les 
artsdesCbinois. Paris ; i77Ôetann. sùiv. in-4.°T.8, p.201. 



PRÉFACE. XXXÌX 

de cliercher d'autres hases à la poésie. La pre- 
mière de ces hases fut le norahre matériel des 
syllabes ; celle-ci ne sufíisant pas , on ajouta 
successivement la césure, le rhythme et la rime , 
agrémens sans lesquels nos langues modernes 
n'auraient point de versiíication. 

Voilà l'état où se trouvait la poésie au temps 
des premiers trouhadours. Ils n'eurent garde de 
la dépouiller des faux ornemens dont elle était 
revêtue , et quun long usage avait consacrés. 
Ainsi , la rime étant usitée , ils continuèrent de 
s'en servir. Leur principal mérite consiste dans 
la manière libre et variée dont ils surent l'em- 
ployer ; et nous ne croyons pas qu 'à cet égard 
ils aient été surpassés par les poètes daucmie 
nation. 

Aíìn de ne rien oublier de ce qui les concerne, 
nous dirons un mot en passant de la dispute lit- 
téraire qu'occasiona l'édition des fahliaux des 
XII. e et XIII. e siècles. Lediteur , en contestant 
aux trouhadours leur titre d'inventeurs , qu'il 
prétendait appartenir aux trouverres , mit en 
avant un jìaradoxe pour le plaisir de le soutenir, 
et ]X»ur faire briller ses connaissances dans un 
genre de littérature peu cultivé. Notre amitié 
pour lui ne le garantira pas du reproche d'avoir 
dénaturé la question. II s'agissait de prouver que 
les trouverres étaient entrés dans la carrière 
poétique avant les trouhadours ; au lieu de cela, 



XL PRÉFACE. 

son injuste partialité* lui fit exalter le mérite 
équivoque cle nos plus anciens poètes du nord, 
et dénigrer le mérite réel de ceux du midi qu'il 
n'entendait point. Ensuite il hasarda certaines 
propositions peu dignes d'un bon esprit tel que 
le sien (i) , puisqu'elles avaient l'inconvénient 
grave de jeter des semences de division entre des 
auteurs qui habitent les différentes parties de la 
France , tandis que tous contribuent , cliacun 
selon ses moyens , à faire honneur à leur com- 
mune patrie. 

Yenons à la langue des troubadours. 

L'occitanien , dit M. Denina (2) , est un latin 
corrompu , qui ne diffère pas plus de litalien 
et de l'espagnol , ([ue le toscan ne diffère du 
lombard et du vénitien. La prononciation gra- 
cieuse et douce , l'enjouement , la franchise et 
la vivacité des habitans du pays rendaient leur 
parler merveilleusement agréable. Chaque pro- 
vince avait son dialecte ; mais celui du Languedoc 
devint bientòt la langue générale. 11 dut cet 
avantage à la résidence de ses souverains , les 
plus puissans pairs du royaume , puisque , inde^ 
pendamment du Languedoc et du marquisat de 



(1) Dissert. sur lcs troubadours, pp. 101 , 108-9. Edît. 
de Paris , 1781 , 5.° in-12. 

(2) Discorso sopra le viccnde della lcttcratura. Berlino , 
1784. T. i,p. i54- 



PRÉFACE. XLJ 

Provence , leur patrimoine héréditaire , ils éten- 
daient leur domination sur le Rouergue , le 
Querci , l'Agenois , et sur cette partie de la 
Guienne comprise entre la Garonne et les Py- 
rénées , qui ressortissait au parlement de Tou- 
louse. C'est dans cette antique ville des Tectosages, 
ensuite colonie des Romains ; c'est dans cette 
ville , depuis capitale de différens états , et tou- 
jours amie des sciences et des àrts , que les comtes 
avaient fixé leur séjour. La beauté du site , la 
fertilité du sol et l'aménité de l'air ; la bonté des 
princes , la politesse des courlisans et les mceurs 
civilisées des sujets ; en un mot , les causes phy- 
siques et morales donnèrent à la langue des 
troubadours l'harmonie , 1 elégance et la douceur, 
qui la rendirent sans peine la plus belle de 
FEurope. Les poètes du midi de la France, ceux 
du nord de l'Espagne et de l'Italie l'employèrent 
dans leurs vers de préíérence à leurs idiomes 
naturels. Ils enchantèrent leurs contemporains 
par ces enfans de leur génie ; et la ville de Tou- 
louse peut réclamer la gloire davoir elle seule 
fourni plus de troubadours , que deux des plus 
grandes provinces où l'occitanien était parlé (i). 
Nous ne dirons rien ici de l'origine de cette langue 
ni de sa formation , nous réservant à traiter ces 



(i) Caseneuve, derorigine des Jeux Floraux. Toulouse, 
i659 ; in-4.° ; p. 58-9. 



XLÌj PRÉFACE. 

deux points avec une certaine étendue dans la 
préface du glossaire que nous joindrons à notre 
recueil. 

Pour le former, ce recueil , nous nous sommes 
servis des manuscrits dont nous donnerons la 
note. Ce-sont autant de collections plus ou moins 
amples , et plus ou moins correctes des ouvrages 
des troubadours , faites en différens temps, soit 
en France, soit en Italie , par des motifs d'intérêt 
ou de curiosilé; chacune contient plusieurs pièces 
et plusieurs poètes qui ne se trouvent point dans 
les autres , ce qui les rend toutes précieuses : 
elles sont à la bibliothèque nationale. Cest dans 
ce dépôt si riche , si digne du peuple qui le pos- 
sède , qu'un homme de ìettres est assuré de 
trouver les secours dont il peut avoir besoin , 
tant par le grand nombre de livres en tous genres 
qu'on y a rassemblés , que par la politesse , les 
lumières et le caractère communicatif de ses con- 
servateurs. Nous avons tiré des copies faites par 
Sainte-Palaye toutes les notices historiques et les 
pièces contenues dans les manuscrits d'Italie , 
lesquelles ne se trouvent point ailleuis. Elles 
seront désignées par une marque particulière. 

Quant à la chronologie , nous avons suivi celle 
de l'abbé Millot , non comme exacte , mais pour 
éviter l'ennùyeuse discussion d'un objet , selon 
nous, dassez médiocre importance. Nous avions 
eu d'abord l'intention de relever dans des notes 



PRÉFACE. XLllj 

une partie des bévues de ce négligent rédacteur , 
lorsque nous nous sommes apercus que ces notes 
absorberaient le texte ; ce qui nous a forcés de 
les supprimer. 

Bastero , Quadrio , Crescimbeni , et l'auteur 
d'une dissertation sur les troubadours , insérée 
au tome 4- e du dictionnaire de la Provence et du 
comté Vénaissin , ont donné des catalogues de 
nos poètes , les uns alpbabétiques , les autres his- 
toriques et chronologiques , tous également fautifs , 
parce que ces auteurs ont pris pour base les vies 
des troubadours , publiées par Nostradamus , 
source première et source abondante derreurs. 

Qnoique notre recueil soit des plus complets, 
il y a beaucoup de troubadours desquels nous 
ne donnerons rien , ou seulement la notice bisto- 
rique qui les concerne , attendu quils n'ont point 
laissé de pièce qui nous ait paru digne de voir le 
jour. II en est au contraire que nous aurions pu 
donner en entier , sans la crainte de sortir des 
limites du plan que nous avons adopté. Quant 
aux ouvrages des femmes , la galanterie française 
nous imposait la loi de faire connaître toutes les 
productions des Sapbo de ce temps-là. 

Dans le cboix des pièces , nous avons ordinai- 
rement préféré celles qui sont mentionnées dans 
l'bistoire littéraire des troubadours , parce que 
les extraits ou traductions qu'elle contient peu- 
vent êlre utiles à beaucoup de lecteurs. Comme 



XLIV PRÉFACE. 

beaucoup tle ces pièces se trouvent rapportées à 
l'arlicle de différens auteurs , nous ne placerons 
sous le titre de chacun que celles qui leur ap- 
partiennent , d'après le plus grand nombre des 
manuscrits ; et nous ferons pour les autres une 
classe à part , en indiquant à cpiels troubadours 
elles sont attribuées. II arrive souvent aussi que 
leurs chansons ont plus ou moins de couplets , et 
que ces couplels sont disposés dans un ordre 
différent. En ce cas, nous usons de notre droit 
d'éditeur, en ajoutant ou retranchant, de manière 
pourtant que le sens n'en soit point dérangé. 

La raison métrique nous a servi quelquefois 
pour rétablir la juste mesure des vers. Les ma- 
nuscrits n'ont point d'errata et doivent fourmiller 
de fautes , puisque le lecteur attentif en décou- 
vre dans les livres imprimés avec le plus de soin , 
malgré la perfection à laquelle l'art typographique 
a été porté de nos jours. Du reste, nous n'avons 
point imité Marot , qui , dans son édition du 
roman de la Pvose , a refait des vers et rajeuni le 
langage ; nos corrections ne sont autre clìose que 
l'addition ou la suppression d'une syllabe , d'un 
article ou d'une conjonction , lorsqu il nous a 
paru qu'il y avait oubli ou négligence de la part 
du copiste. 

L'orthographe présente aussi ses difílcultés. 
Elle était si peu íìxe , quil n'est pas rare de 
rencontrer dans la mème phrase un même mot 



PRÉFACE. XLV 

différemment orthographié. En général , les 
scribes semblent setre contentés cle rendre le 
son , chacnn d'après sa manière de prononcer , 
sans se mettre en peine ni de l'origine du mot , 
ni de l'idée qu'il devait exprimer. II résulte de là 
une bigarrure souvent très-embarrassante. Aíln 
d'y remédier autant qu'il dépend de nous , et 
pour établir une sorte d'uniformi té , nous avons 
suivi communément l'orthographe des plus an- 
ciens manuscrits , en l'assujétissant à l'ordre éty- 
mologique et à l'usage constant de nos provinces, 
sans nous permettre aucun changement qui ne 
soit autorisé par quelqu'un de ces manuscrits. 
C'est ainsi que nous avons écrit partout cant et 
canso , au lieu de chant et chanso que l'on 
trouve assez fréquemment , parce que l'H est 
moins une lettre qu une simple aspiration , et 
que dans notre ancien idiome elle ne se pronon- 
cait point. Ros l'avait déjà remarqué pour le 
langage du royaume de \alence (i). 

Quiconque est un peu versé dans les anciennes 
écrilures, sait , qu'excepté le point final , on ny 
trouve aucun repos ; que l'on n'usait ni d apos- 
trophe ni daccent ; que Yu n'est pas distingué 
du v , etc. , etc. Ne voulant point , sous prétexte 



(i) Praclica de ortogiaphia para los idiomas castellano 
y vaìeuciano , eserita po'r Carlos Ros. Valencia , 1732, 
ûi-8.° ; p. 10 ; n.° 12. 



XLVJ PRÉFACE. 

de fìdélité , nous conformer à l'ignorance des co- 
pistes d'alors , nous employons ces inventions 
modernes , qui faciliteront beaucoup la lecture 
et l'intelligence de l'original. 

Pour ne pas multiplier les volumes , nous ne 
donnons que deux traductions , à cause qu'elles 
sorit en vers. L'histoire littéraire des troubadours, 
ainsi que nous l'avons déjà dit , en contient un 
assez bon nombre ; d'ailleurs c'est aux héritiers 
de leurs talens à faire revivre ces anciens poètes 
dans le langage des Français. 

Quoique nés au centre des pays qu'ils illustrè- 
rent , quoique leur langue soit notre langue ma- 
ternelle , et qu'à cet avantage nous ajoutions 
celui d'une teinture des langues anciennes , d'une 
connaissance passable de celles du midi de l'Eu- 
rope , ainsi que du vieux français et même de 
l'anglais , avec cela nous n'osons encore nous 
flatter d'avoir tout entendu. L'occitanien n'a point 
de dictionnaire qui nous ait transmis la signifi- 
cation des mots , dont plusieurs ont cessé detre 
en usage. La corruption probable des textes , et 
l'obscurité que certains troubadours ont affectée, 
augmentent les difficultés , de sorte que l'on est 
souvcnt réduit au hasard des conjectui^es. 

Avant de finir cette préface , nous croyons 
devoir justifier le titre que nous avons adopté. 
Les Romains donnèrent par excellence à la Gaule 
narbonnaise le nom de Provincia , d'où se^ 



PRÉFACE. XLVÎj 

habitans furent appelés Provinciales , mal traduit 
par Provençaux. Lorsqua la fìn du XIII. e siècle 
on divisa la France en deux langues , tous les 
pays dont les peuples disaient hoc pour oui , 
furent compris dans la langue d'Oc , en latin 
Occitania. C'est dans cette grande partie qu'ont 
íleuri les troubadours ; et comrae les dénomina- 
tions exactes donnent une juste idée des choses , 
nous avons ajouté , sans halancer , à notre Par- 
nasse 1 epithète doccitanien. A la vérité , c'est au 
Languedoc qu'on a restreint par la suite le nom 
d'Occitanie ; mais , outre que ce mot n'est point 
d'un usage familier , dans cette acception meme 
l'épithète serait encore assez juste , eette province 
pouvant être considérée comme la terre natale 
des troubadours , par le grand nombre qu'elle 
en a produits. 

Nous íìnissons en disant que nous avions entre- 
pris ce travail , plus marqué au coin de la pa- 
tience qu a celui du génie , dans la seule intention 
demploycr les heures de notre loisir. Quelques 
savans dont l'amitié nous est chère , ont jugé que 
ce travail aA ait son mérite et son utililé ; ils nous 
ont en conséquence fortement pressés de le pu- 
blier. Déférant en partie à leur a\is , nous soule- 
vons sans crainte la tombe de nos anciens poètes 
pour les rappeler à la vie , et pour les ramener 
sur la scène avec l'air-, le costume et le langaçe 
qui leur étaient naturels. 



XLVÌÌj PRÉFACE. 

Voici la note des manuscrits dont nous avons 
tiré les pièces qui composent notre recueil. Ils 
sont tous sur véiin. 

Bibliothèque nationale. 

i.° N.° 2701. In-fol. magno. Fonds de la Vallière. 

Voyez le catalogue du cabinet de livres de cet 

amateur. 
2. N.° 32o4- In-fol. Fonds du Vatican. C'est celui 

sur lequel Crescimbeni a travaillé. 
3.° N.° 3794. In-4. Même fonds. 11 n'a point de 

vies. 
4-° N.°7225. In-fol. Ancien fonds. C'estundouble 

de 3 2 04 , mais beaucoup mieux conservé. II 

contient quatre poètes de plus ; et nous l'avons 

préféré. 
5.° N.° 7226. In-fol. Ancien fonds. Ce manuscrit 

appartenait à Puimisson , avocat toulousain ; 

et c'est probablement celui que Caseneuve avait 

lu. II n'a point de vies. 
6.° N.°76i4- In^fol. Ancien fonds. 
7. N.° 76,98. In-fol. id. 
8.° Fonds de supplément. Un manuscrit petit 

in-4-° , sans numéro , que nous croyons être 

celui de Caumon , désigné par S dans les re- 

cueils de Sainte-Palaye. Nous le désignons par 

C. II n'a point de vies. 
9. Différentes pièces répandues dans d'autres 

manuscrits. 

Bibliothèquc 



•XLIX. PRÉFACE. 

Bibliothèque pai 'ticulière. 

io.° Un manuscrit in-fol. vélin , écrilure du XIV. e 

siècle , ortographe italienne , contenant envi- 

ron 428 pièces. II n'a point de vies. 

Nous devons la communication de ce manus- 

crit à l'amitié de M. de Mac-Carthy. II est désigné 

par M. 

En visitant les hihliothèques de plusieurs dé- 
partemens méridionaux. , nous avons trouvé à 
celle de Carpentras deux volumes in-folio, manus- 
crits , sur papier , dune mauvaise écriture , im- 
parfaits et mouillés. Le premier volume contient 
le Breviavi d'amor , par Matfre Ermengaud , 
cordelier , fraire mendre. Le second contient des 
fahles et contes assez longs , et finit par des 
chansons à la Vierge Marie de quelques poètes 
du royaume de Valence. Nous navons pas voulu 
les recueillir. 



VARIANTES ET CORRECTIONS. 



Page 



4 } vers 26 
5 3 



21 

2? 



3 

19 



12 


!9 


i5 


12 


17 


21 



16 
9 



25 



1. 

12 



, lìsez : 

D'entre'ls fals li fin amador. 

Tremble Trembli. 

Ma ventura M'aventura. 

De la fera biza. 
Et es fols % qui desmezura 

E no s ten de guiza.. .. 
Si qu'en loc de ma ricor 

E l'esperitz lai cor 
Et ieu si m'estai albor. 

Saissi 1 S'aisso 1. 

El mon non es nul afaire 

Don ieu tan cossire , 
S'ieu aug d'ellei ben retraire 

Que mon cor noi vire , 
E mon semblan no s'esclaire 

Que qu'ieu n'auga dire f 
Si qu'ades mi es vejaire 

Qu'ai talen de rire. 

Tan l'am 

Que s'ie 1 cug. . . Que qan cug. 

E nuill pro non hi ai. 

Cet envoi , dans le cod. 43 de la 

Laurenziane , est ainsi : 
Genocs , ses faillir , 
Com plus aus demandar 
Cortes faitz avinens 
De reis e d'autras gens y 
Lo vostre vei jauzir. 

Sian 

Ecar , lisez partout : 
ï\ car mai 
Me ten gai 

Amors que no fai 

El bel temps de mai , 

Eras 

Col 2. El l'armat. . . . EI armat. 
Si ta's lo gabs. . S'es tals lo gabs. 



Siam. 
E car. 



2 7 



Page 26 ; vers 1-4 D'aisso volli lisez : 

Per vos metcis volrai saber 
Per qual nom seretz apelatz } 
S'auretz nom drutz o molheratz 
O voletz abdos rctener. 

18-21 Sen Sens. 

7-8 Ni rossinhols no i crida 

Ni rossinhols non i crida 
Que l'an en mai nos ressida. 

i4 Moc Mov. 

29 , ligne 5 E ill fatz E ill fetz. 

vers 19 Conosc hoi mai. . . Conosc e sai. 

5o 21-5 Qu'ab las melhors 

Que pauc conquer hom nuaillos 7 
E val trop mais bes per un dos 
Car compratz que quan s'enansa. 
Humils^mans joingz, de genoilos 
Me ren à vos qu'etz bel e pros 
Domna dc gaia semblansa. 

55 29 et 

09 9 Si tot Sitot. 

45 17 Amitatz Amisratz. 

45 18 De jos Dejos. 

46 5 Fi m ieu Fi m'ieu. 

5r i5 Sieu S'ieu. 

56 21 Sia clina Si' aclina. 

57 , 1 E stat. . . . ; Estat. 

59 ; ligne 8 Las baros Los baros. 

74 5 Genlil Gentil. 

78, vers 14 Qu'el' esaspros. Qu'ilh esals pros. 

85 8 Laissavatz ; Laissavatz. 

90 i4 M'apais Mc pais. 

96, ligne 12 Coms anfos Coms Aníbs. 

107 , vers 9 Ni'l bels Ni'ls bels. 

117 4 Quer Qu'er. 

118 17 Quar sol à lieis. . Qu'à sola lieis. 
122 4 Mantener Mantcnir. 

29 Lo rics Los rics. 

125 11 Quanc volc Tan volc. 

128 i4 Mas volh Mas vos. 

i3o i4 Quanc Qu'anc. 

52 Que parte Que porte. 

î4 17 Mass'ieu fos. . . Mas s'ie'n fos. 



Page \\\ , vers 2 Anc. lisez : Ans. 

Com ^ Col. 

Lo servis Li servis. 

Si tot Sitot. 

Faj Far. 

Tnich. . . Tuich. 

Dcnatz Donatz. 

Lo jois 'e Lo jois e. 

Talena Talens. 

D'aqui euam. . . . D'aqui enan. 

Edoucs È doncs. 

Fi m ieu Fi m'ieu. 

Id. 

Tot se Tot quant se. 

Enet Anet. 

Guillem. Roslanh. . . Guillem- 
Rostanh. 

El la folor E la folor. 

De se. . . Dese. 

Que me fai Que m fai. 

Escusau Escusan. 

Escondire Escondir. 

Volio Volia. 

Mes '. Mas. 

Autrejat Autrejet. 

Plus molher. . Plus per molher. 

Mas en vei Mas eu vei. 

Del falh Defalh. 

Perclo Perdo. 

Nommar Tíomnar. 

Do Tierci De Tierci. 

Apres etras Apres letras. 

La melhor Lo melhor. 

Vejaire. Vejaire 

Dieur . . Dieu. 

Seria Sezia. 

Estia Estia. 

Per vosva Per vos vei. 



141 , 


vers 


2 

12 

4 


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1 


ï4p , 


ligne 


1 


ìB-i 




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i5. ; í , 


vers 


4 


162 




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1G7 




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ligne 


54 


170 , 


vers 


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176 




2-8 


177 




1 


178, 


lignc 


5 


119 




17 


180 




27 


if)6, 


vers 


26 


204 




18 


208 




5 


210 , 


ligne 


1 


211, 


vers 


1 1 


2l8, 


ligne 


10 


220 , 


vers 


i5 


22?) , 


ligne 


5i 


225 




5 


24o, 


vers 


6 


2 79 




25 


290 




i4 

!9 


r >°4 7 


ligne 


6 


5o6 




4 


5 18 dern" vers, 


522 






Ò'IO , 


vers 


2.9 


556 




18 


549 




j6 


5 7 4 




12 



PRÉFACE DES TROUBADOURS. 



Page x , h. la note. 

thomas jefferson , lisez Thomas Jeffcrson. 

Aux variantes et corrections , page 5o. 

Humils } mans joingz y dc genoilos 
Me ren à vos qu'etz bel e pros. 

Lisez : 
Ilumils 7 mans joingz , de genoillos 
Me ren à vos cju'etz bel' e pros. 



LE PARNASSE 

OCCITANIEN. 

LO COMS DE PEITIEUS. 

7225. 

Lo Goms »e Peitieis si fo uns dels majors cortes del mon , e dels 
ruajors trichadors de domnas ; e bons cavallieis d'armas , e larcs 
de dorunejar. E sanp ben trobar et cantar : et anet lonc temps per 
lo mon per enganar las domnas. Et ac un fill que ac per moilleu 
la duquessa de Normandia , don ac una filla que fo moiller del 
rei Enric d'Fu^leterra , maire del rei jove , ; e d'eu BJchart , e 
del comte Jaufre de Bretaingna. 

7226 , 7698. 

JLarai un vers de dreit nien , 
Non er de mi ni d'autra gen , 
Non er d'amor ni de joven 7 

Ni de ren au 7 
Qu'enans fui trobatz en dormen 

Sobre chevau. 

No sai en qual guiza m fui nalz , 
No sui alegres ni ii-atz , 
No sui estranh ni sui privatz f 

Ni non posc au , 
Qu' enaissi fui de noitz fadatz 

Sobr' un pueg au. 

No sai quora. m sui endormitz, 
Ni quora m velh, s'om no m'o ditz. 

1 



LE PARNASSE 

Per pauc no m'es lo cor partitz 

D'un dol corau ; 
E no m'o pretz una soritz, 

Per sant Marsau. 

Malautz sui e tremi morir ; 
E ren no sai mas quan n'aug dir. 
Metge querrai al meu albir ; 

E no sai tau : 
Bos metges es qui m pot guenr ; 

Mas non sia mau. 

M'amiga ieu no sai qui s'es ; 
Qu'anc no la vi ; si m'ajut fes ; 
Ni m fes que m plassa ni que m pes ? 

Tíi no 'm'en cau, 
Qu'anc non ac Tíorman ni Frances 
Dins mon ostau. 

Anc no la vi et am la fort ; 
Anc non aic dreit ni no m fes tort ; 
Quan no la vei be m'en deport ; 

No m pretz un iau , 
Qu'ieu sai gensor e bellazor ; 

E que mais vau. 

No sai lo luec ves on s'esta ; 
Ni si es en pueg o en pla. 
Non aus dire lo tort que m'a. 

Abans m'en cau ; 
E peza m be quar sai rema. 
Ab aitan vau. 

Fag ai lo vers no sai de cui ; 
E trametrai lo à celui 
Que lo m trametra per autrui 

Lai ves Anjau , 
Que m tramezes del seu estui 
La contra-clau. 



OCCITANIEN. 



BERNAT DE VENTADORN. 

27OI , ^225 , ^Ôl^. 

Berjíat de Vetîtadobw fo de Limozi , del castel de Ventadom. 
Hom fo de paubra generatio , filh d'un sirven del castel que era 
forniers de cozer pa. Bels hom era ez adreg , e cantet be e trobet j 
e venc cortes e ensenhatz. El vescoms , lo sieu senher , de Venta- 
dorn s'abelic de lui e de son trobar , e fes li grau honor. El 
vescoms avia molher , mot gentil domna e gaia, et abelic se mot 
de sas cansos d'en Bernat ,• et enamoret se de lui , et el de la 
domua , si que de ela fes sas cansos , per la valor que era en 
ela. Don duret lonc tems lor amor ans quc el vescoms ni home 
s'en aperceubes 5 e quan lo vescoms s'en aperceup , el s'estranhrt 
de lui e fe fort serrar e gardar la domna. E la domna fts dac 
comiat à 'n Bernat , qne s partis de tota aquela encontrada. Et 
el s'en parti et anet s'en à la dugessa de Normandia , que era 
joves e de gran valor , et entendia en pretz et en honor , et ea 
ben dig de iauzor : e plaziau li fort sas cansos d'en Bernat e'ls 
verses. Ela lo receup e I'aculhi mot fort. Lonc temps estet en 
sa cort , et enamoret se d'ela et ela de lui ; e 'n f<-s niolas bonas 
cansos. Et estan ab ela , lo reis Amic d'Angleterra la pres per 
niolher , e la trais de Normandia e la 'n menet. En Bernat remas 
de sai tristz e marritz : et anet s'en al bon comte Baimon de 
Toloza , et ab el estet entro qu'el coms mori. Et en Bernat , 
per aquela dolor } si s'en rendet à. l'orde de Dalon j e là defìuet. 
E lo coms n Ebles de Ventadorn , que fo filh dc la Vescomtessa 
qu'en Bernat amet , comtet à mi 'u Uc de San Circ so que ieu 
ai fac escriure d'en Bernat. 



N< 



3794 j 7225-6 , M. 



or ej meravelha s'ieu can 
Meils de nul autre cantador , 
Ouar plus trai mos cors ves amor 
E meils sui faitz a son cornau. 
Cor e cors , e saber e sen , 
E fors 'e poder i ai mes. 
Si m tira vcs amors lo fres 
Qn'à nuli' autra part no m'alen. 



LE PARNASSE 

Ben es mortz qui d'amor no sen 
Al cor qualque doussa sabor. 
E que val viure ses amor 
Mas per far cnucg à la gcu ? 
Ja dombredieus no m'azir tan 
Que ja pois viva jorn ni mes , 
Pos que d'enueg serai repres 
Ni d'amor non aurai talan. 



Per bona fes e ses engan 
Am la plus bel' e la melhor. 
Del cor sospir e dels olhs plor , 
Quar trop l'am eu pcr qu'i ai dan. 
Icu qu'en posc als s'amor mi pren? 
E las carcers ont ilh m'a mes 
No pot claus obrir mas merces ; 
E d'aquella noi trob nien. 

Aquest'amors me fier tan gen 
Al cor d'una doussa sabor, 
Cen vetz mor lo jorn de dolor 
E reviu de joi autras cen. 
Tant es mos mals de dous semblan, 
Que val mais mos mals qu'aulre bes : 
E pos lo mals aitan bos m'es ? 
Bos er lo bes apres l'afan. 



Ai ! d'tcus , ara fosson trian 
Iii fals drut e'l fin amador , 
Que'l lauzengier e'l tricbador 
Portesson corns cl fron denan ! 
Tot l'aur dcl mon e tot l'argen 
I volgr' aver dat , s'ieu l'agues ; 
Sol que ma domna cono^ucs 
Aissi com ieu l'arn. finamen. 



OCCITANIEN. 

Quant ieu la vei be m'es parven 
Als olhs , al vis , à la color , 
Qu'eissamcn Iremble de paor 
Com fa la folha contra '1 ven. 
Non ai de sen per un enfan ; 
Aissi soi d'amor cntreprcs : 
E d'ome qu' es aissi conques 
Pot domn' aver almosna gran. 

Bona domna , plus nous deman 
Mas que m prendatz per servidor j 
Queus servirai com bo senlior, 
Cossi que del gazardo m'au. 
Veus m'al vostre comandamen ; 
Franc cors f liumils , gai e cortes y 
Ors ni leos nou etz vos gos 
Que m'aucizatz s' à vos mi ren. 

A mon cortes , lai ont ilh es ; 
Tramet io vers : e ja no 1 pes 
Quar n'ai estat tan longamen. 



2701 , 3794 } 7226 , M. 

wriN la douss' aura venta 
De ves nostre païs 
M'es vejaire qu'ieu senta 
Odor de paradis , 
Per ainor de la genta 
Ves cui ieu son aclis , 
En cui ai mes m'ententa 
E mon coratj' assis ; 
Quar de totas partis 
Pcr lieis ; taa m'atalenta. 



LE PARNASSE 

Sol lo be que m prcsenta 
Sos esguart él clar vis, 
Quc ja plus no m cossenta ? 
Cie dicus aver conquis. 
!No sai per queus en menta ; 
Quar de re no sui fis , 
Mas greu m'es que m rcpenta. 
Per una vetz me dis " 
Que prozom s'afortis 
E malvatz s'espavenla. 

De domnas m'es vejaire 
Que gran fallimen fan , 
Per so qúe no son gaire 
Amat li fiu aman. 
ïeu no deu ges retraire 
Mas so qu'elas voldran ; 
Mas grcu m'cs q'uns trichaire 
D'amor ai' ab engan 
O plus o atrestan 
C»m cel qu'es fins amaire. 

Domna 7 que cuidatz faire 
Dc mi que vos am tan , 
Qu'aissi m vezets maltrairc. 
E morir de talan ? 
A ! franca de bon aire , 
Fessetz m'un bcl semblan, 
Tal dont mon cors s'esclaire ; 
Que mout trac gran afan ! 
E noi dei aver dan , 
Quar no m'en posc estraire. 

Si no fos gens vilana 
E lauzengier savai ; 
Ieu agr' amor certana : 
Mas aisso m'en retrai. 



OCCITANIEN. 

De solatz m'es humana 
Quan locs es ni s'escai : 
Per qu'ieu sai que sotz mana 
N'aurai enquera mai : 
Qu'astrucs sojorn' e jai 
E malastrucs s'afana. 

Cel sui que no soana 
Lo ben que dieus li fai : 
Qu'en aquela setmana 
Quant ieu parti de lai , 
Me dis en razon plana 
Que mos cantars li plai. 
Tot' arma crestiana , 
Quez es de sotz lo rai , 
Volgr'agues aital jai 
Com ieu , ses fencha vana. 

Si d'aisso m'es certana 
Autra vetz la creirai ; 
O si que no , jamai 
No creirai crestiana. 



3 79 4 , 7226 , M. 



Xant ai mon cor plen de joia 

Tot me desnatura ; 
Flors blanca , vermelh' e bloia 

Me sembla freidura ; 
Qu'ab lo vent et ab la plueja 

Me creis ma ventura , 
Per que mon pretz mont' e pueja 

5 mon caat melhura. 



LE PARNASSE 

Tant ai al cor d'amor ; 
De joi e de doussor , 
Per que'l gel me sembla llor 
Et la neus verdura. 

Anar posc ses vestidura 

Nutz é ma camiza , 
Que fin' amor m'asegura 

De la íera biza. 
Mas tot hom se desmezura 

Si n,o s ten de guiza : 
Per qu'ieu ai pres de mi cura 

Pos agui enquiza 

La plus bella d'amor , 

Don aten gran bonor , 
Quar en loc dc sa ricor 

No volh aver Friza. 

De s'amistat me ressiza ; 

Mas ieu n'ai fiansa 
Que sivals ieu n'ai conquiza 

La bella semblansa ; 
Et ai à la mi deviza 

Tan de benanansa , 
Quc ja'l jorn que l'aurai viza 

Non aurai pezansa. 

Lo cor ai pres d'amor , 

Que l'esperit lai cor 
Et lo cors cstai alhor 

Lonh de leis cn Fransa. 

Icu n'ai la bon' esperansa , 

Mas pelit m'aonda , 
Qu'atressi soi cn balansa 

Com la naus en l'onda. 
Del maltrag que m dezenansa 

No sai on m'esconda : 



OCCITANIEN. 

Tota nocli mc vir e m lansa 

De sobre l'esponda. 

Plus trac pena d'amor 

De Tristan l'ámador , 
Que sofri manta dolor 

Per Yseut la blonda. 

Ai ! dieus , ar sembles irunda 

Que voles per l'aire , 
E vcugues de nocb prionda 

Lai dins son repaire ! 
Bella domna jauzionda 7 

Vostre fin amaire 
A paor quc'l cor li fonda 

S'aissi 1 dura gaire. 

Domna , per vostr'amor 

Junh las mas et ador. 
Gen cors 'áb fresca color 

Gran mal me fatz traire. 

El mon non es nul afairc 

Don ieu tan cossire , 
Ni tant am de la retraire 

Que de joi no m vire 
E mon semblan no s'esclaire 

Cui que l'auja dire , 
Si qu'ades mi es vejaire 

Qu'ai talen del dire. 

Tam l'am de fin' amor 

Que mantas vetz en plor _, 
Pero que melhor sabor 

M'en an li sospire. 

Messatgier vai e cor 7 
Digas à la gensor 
La pena e la dolor 
Qu'ieu trac è'l martire. 



LE PARNASSE 



«/VV1%íV«iVV\«^«VV«.\^%/VV\VV%VV«(VV>«^i«^iVV*A^t VWVIVwv% 



GARINS D'APCHIER. 



!70i , 7: 



ì5. 



Gariks d'Atchier sî fo un gentils castellans de Javaudan , 
del evesquat de Meinde , q'es en la, raaiqua d'Alverne e de Ro- 
sergue , e del evesquat del Puoi Santa Maria. Valens fo e bons 
guerrers , e l'arrs , e bon trobaire , e bels cavaliers ; e sap d'amor 
e de domnei , e tot so qu'en era. E fetz lo premier descort que 
nnc fos fais , loqual coinenset : 

Quan foill'e flor reverdis 
Et aug lo cant del rossignol. 

N. e Celte pière ne se trouve dans aucun de nos manuscrits ; 
et celles qui lui sont attribuées ne valent rien. 



POS DE CAPDUELH, ou CAPDEIL, 
CAPDOILL, CAPDUOILL. 

2701 , 7225 , 7614 , 7698. 

Pos di Capduei, h fo un gentils bars del avescat del Puei , 
e Irobava , e viulava , e cautava be. E fon bos cavaliers d'armas, 
e geu parlans , e gen domnejans , e grans , e bels , e ben en- 
senhatz ; e fort escas d'aver , mas si s'cn cubria ab gent aculhir 
et ab far honor de sa personna. Et amet per amor ma dona Alazais 
de Mercuer , molher d'en Ozils de Mercuer , un gran comte 
d'Alvernhe , e fìlla d'en B. d'Andusa , d'un honrat baron q'era 
de la marca de Proensa. Mont l'amava e la lauzava , e fets de 
lieis manlas bonas cansos. E tant quan ela visquet non amet autra : 
et quant ela fon morta , el se croset e passet outra mar , e lai 
moric. 

Pos de Capduelh amet aquesta dona , com avetz auzit , e fon 
amalz per ela. E molt fo lur amor grazida per tota la bona gen ; 
e maintas bonas cortz , e maintas belas jostas, e maint bel solatz- 
en foron fait , e niaiutas belas cansos. Et estau en aquel gaug 



OCCITANIEN. ii 

et en aqnel alegrier ab ela , ac voluntat , aisi co fol amic que 
ho pot Bufrir grau benanansa , de proar si ela li volia be ; qu'el 
uo crezia à sos huelhs, ni als plazers plazens , ni à las honradas 
honors qu'ela li fazia ni 1 dizia. E si acordava en son fol cor 
que fes semblan que s'entendes en ma dona Audiartz , molher del 
senhor de Marselha. E fes aquest pensamen , que , se à sa dona 
pezava s'il se lonhava d'ela , adoncs porria sabrr qu'ela 1 voldria 
be ; e si à leis plazia , era ben counortz que res no l'amava. Et 
el , com fols que no s recre tro qu'a pres lo dan , comensec se 
à lunhar de ma dona n'AIazais et à traire se à ma dona u'Audiartz , 
et à dire ben d'cla. E dis : 

No vuelh aver l'emperi d'Alamanha 

Si n'AuiIiartz no vezian miei uelh ; 

E non dic trop , si m vest gai ni m despuelh , 

Ni 1 ren merce , quar li plac ma companha. 

Ma dona n'Alazais , quan vi que Pos de Capduelh , qu'ela 
avia tant amat et onrat , s'era îunhat de leis , e s'era trag à ma 
dnca n'Audiartz , ela n'ac fort gran desdenh ; si que anc jorn 
uo fon pcrsona à cni ela parles ni demandes de lui ; e qui li'n 
parles no respondia. Ab gran cort et ab gran domnei ela vivia. 

Pos de Capduelh anet domnejan pcr proensa longa sazo , e fugcn 
las honors de ma dona n'AIazaîs. E quant el vi qu'ela no s'en 
mostrava irada , ni 1 mandava mesatge ni letras , et el penset que 
mal avia fag. E comenset à tornar é la sua encontrada , e parti 
se de la fola proazo qu'el avia faita. El el comensa esser tristz 
e dolens ; e mandet letras e coplas humils ab grans precx az ela , 
que degues sufrir que li vcngues deuan razonar la soa razo , e 
pregar e clamar merce $ e qu'ela degues penre venjansa. Dou el 
fes aquesta canso : 

Aissi com cel qu'a pro de valedors. 

Aquesta canso no li valc ren , e fetz aquesla : 

Qui per nesci cuidar 
Va trop gran fallimen. 

Ni aquesta no 1 valc ren que ma dona Alazais lo volgues cobrar , 
ni 1 volgues creire que per assag se fos lunhatz d'ela. Don el anet 
à ma doua Maria de \ entadorn et à ma dona la comtessa de 
MoHferran , et à la vescomteîsa d'Albusso , e si las amenet à 
Mercuer. E ma dona n'Alazais , per los precs de las donas , li 
rendet sa gracia. E Pos de Capduelh fon lo plus alegres homs 
del moo , e dis que mais no faria esproansa. 



ra LE PARNASSE 

2701 , 7225-6. 

Vç/ui per nesci cuidar 
Fai Irop gran fallimen 
A dan ii deu tornar. 
E s'à mi mal en pren 
Ki ma domna m decai , 
Be s tanh ; quc tal follia 
Ai fach , per que deuria 
Moiir d'ir' e d'esmai. 

E s'ieu per sohramar 
Ai rcgnat folamen, 
Ni per nridons proar ; 
Si n'agra'l cor jauzen , 
Si'l ferm voler qu'ieu n'ai 
De lieis scrvir partia. 
Ar conosc que 1 plairia ; 
Per qu'ai fach fol assai. 

Enaissi m fai trobar 
Nesci lo cor el sen , 
Que s'ie 1 cug orgolh far 
Tot me torn' en nien ; 
E ren de be no m fai 
Quan mos cors s'umilia : 
Amor ni cortesia 
Jois d'elleis no m'atrai. 

Ni ges non posc longnar 
Mon cor ni mon talen ; 
E si m vol perdonar , 
Gratz e merces li'n ren 
E tostems o farai : 
Qu'esticrs quì rn'auciria 
Mon fin cor no partria 
Del ric loc on estai. 



OCCITANIEN. v5 

Per so no m cal dubtar 
Son ric cors covinen , 
Ni m'en degra lonhar 
Pel bruch don quascus men : 
Qu'ieu soi be ccl que sai 
Que meils hom no poiria 
Aver per drudaria 
Mas quan lo solatz gai. 

Domna genser qu'ieu sai ; 
Mais vos am ses bausia 
No fetz Tristaris s'amia ; 
Et autre pro noi ai. 

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\ 

R E I RICHART. 

2701 , 7225 , 7614. 



D 



ìlfin, jeus voill de'resnier ; 
Vos e le comte Guion 7 
Que an en ceste seison 
Vos féistes bon guerrier 
E vos jurastes ou moi ; 
E m'en portasles tiel foi 
Com n Aengris à Raiuart : 
E semble's dou poil liart. 

Vos me la'istes aidier 
Por treime de guierdon, 
E car saviés qu'à Chinon 
Non a argent ni dcnier ; 
E vos voletz riche roi , 
Bon d'armes , qui vos port foi ; 
E je suis chiche , coart , 
Sius viretz de l'autre part. 



i4 LE PARNASSE 

Eucor vos voill demandier 
D'Ussoire s'il vos siet bon, 
Ni si'n prendretz venjeison 
Ni logarelz soudadier. 
Mas une rien vos outroi , 
Si beus faussastes la loi , 
Bon guerrier à l'estendart 
Trovaretz le roi Richart. 

Je vos vi au comensier 
Large de grant mession ; 
Mais puis trovetz ochoison 
Que por fortz castels levier 
Laissastes don e donoi , 
E corlz e segre tornoi : 
Mais nos cal avoir regart 
Que Franssois son Longobart. 

Vai sirventes , je t'envoi 
En Anvergne, e di moi 
As deus comtes de ma part 
S'ui mès font pès } dieu les gart. 

Que chaut si garz ment sa foi ? 
Q'escuiers n'a point de loi : 
Mais dès or avan se gart 
Que n'ait cii pcior sa part. 

Note. Ce sirvente cst en vieux français , et nous ne l'însérons ici 
qu'ù cause de la réponse qu'on trouvcra à l'article <lu Daupliin , et 
parce que cette piece prouve que les auteurs des deux romances 
s'enteudaient niutuellement , quoique le Grand d'Aussy ait avaucé 
le contraire. 

Crescimbeni avait dit qu'il existait des poc'sies du roi Ricbard 
dans le mauuscrit 32o4 ,' et là-dessus Horace Valpole le taxe 
d'inexactitude (i). Cependant le sirvente se trouve au fol. 170 V.° 
et 171 R.° C'est donc l'Anglais qui se trompe en disant : there 
is no work of king Richard. 



(1) A catalogue of the royal and noble authors of England. London, 
17^9, 3 vol. in-8.° T. 1 , p. 5. 



OCCITANIEN. i5 

»/WV% <VW VW *W» VW *W% <VW %^% VW *VV% VV^ */V4 VW %V*»< */VX */V%A/V« WW%) 

ARNAUT DE MARUELH. 

2701 , 7225 , 7614 > 7698. 

Artîaut de Mahuelh fo de l'avescat de Peiragorc , d'un castel 
que a nom Maruclh , e fon clergue de paura generacio. E car 
no podia viure de las suas letras, anet per lo mon : e sabia trobar 
e s'entendia be. Et astre aduis lo à la cort de la comtessa de fiurlas , 
que era filha del pros comte Ramou , molhei del vescomte de Beders 
que avia nom Talhafer. 

Aquel Arnaut cantava be e legia be romans : et era bels de per- 
sona , e la comtessa li fazia grau be e gran honor. Et el enamo- 
ret se d'ela , e d'ela fazia sas causos ; mas non las li auzava dire , 
ans dizia que autre las avia faitas. Mas amors lo forset tan que 
dis en uua canso : 

La Franca captenensa 
Qu'ieu nou posc oblidar. 

ct en aquesta canso il li descobri l'amor. E la comtessa non l'es- 
quivet , ans entendet sos precs e los grazi ; el mes en arnes , e 
det li baudeza de trobar e de cantar d'ella. E fon onratz hom 
de coit. Don fe motas bonas cansos , lasquals canstfs mostran que 
n'ac de grans bens e de grans mals. 

Vos avetz auzit d'en Arnaut com s'enamoret de la vescomtessa 
de Bezers, filha del pros comte R. , maire del vescomte de Bezers 
queil Frances auciron quan l'agron pres Carrassona 5 laquals ves- 
comtessa era dicha de Burlas , per so qu'ela fon nada dins ]o caslcl 
de Burlas. Mot amava Arnaut : don lo rei* 11 Anfos , que entendia 
en ela , s'aperceup que volia ela gran be ad Arnaut. El rei fo 
ne fort gilôs e dolens , qu'an vit los scmblans amoros qu'ela fazia 
az Arnaut , et auzic las bouas causos qu'el fazia d'ela. Si la occai- 
zonet d'Arnaut ; e dis tan e tan li fes dire, qu'ela donet comiat 
ad Arnaut , e l vedet que mais no 1 fos denan ni mais cantes d'ela. 

Arnaut , quant auzi lo comiat , fo sobre totas dolors dolens j 
e si s'en parti com hom desesperatz de lieis e de sa cort. Et anet 
s'en à n Guillem de Monpeslier , qu'era sos amics e sos senhor , 
et estet gran temps ab lui. E lai. plays e ploret , e lai fe aquesla 
canso que dis : 

Mot eran dous miei cossir. 



iG LE PARNASSE 

2701 , 3794 , 7225-6 , 7614 , 7698 , M. 

J_Ja franca captenensa 
Qu'ieu non posc oblidar ; 
El dos ris e l'esgar, 
El semblan queus yi far , 
Mi fan ; domna valens , 
Melbor qu'ieu no sai dir , 
Ins el cor suspirar : 
E si per me nous vens 
Merces e cauzimens , 
Tem que m n'er à morir. 

Ses gienb e ses falhensa 
Vos am , e ses cor var 
Al meils qu'om pot pessar. 
D'aitan nous aus forsar 
Per vostres mandamens. 
Ai ! domna cui dezir , 
Si conoissetz nius par 
Que sia fallimens 
Quar vos soi be volens , 
Sufretz m'aquest fallir. 

Non ai tan de plevensa ; 
Ni posc razon trobar 
Don m'aus asegurar 
Que ja m denhetz amar : 
Mas ditz mos ferm talens 
Que poiri' avenir. 
No m dei desesperar 5 
Que tals es pauc manens 
Que 1 fai asters e sens 
En gran ricor venir. 



Domna ; 



OCCITANIEN. 17 

Domna , per gran temensa ; 
Tan vos am eus ten car , 
Nous aus estiers pregar. 
Mas plus fai ad ourar 
Us paubres avinens , 
Quan sab bonor grazir 
E'ls bes d'amor celar , 
Q'us rics desconoissens y 
Cui par que totas gens 
Lo dejau obezir. 

Tan etz de gran valensa , 
Queus am mais ab cor clar 
Ses pro merce clamar 
Qu'ab autra gazanbar. 
El vostr' ensenbamens , 
Pos no m'en posc partir, 
Fassaus liumiliar 
Si que vostre cors gens ; 
Amoros e plazens , 
Si no m val no m'azir. 

D'onratz faitz avinens 
Del rei e d'autras gens 
Vos faitz à totz grazir. 



2701 , 379Ì , 7225-6 , 7614 , 7698 , M. 



M. 



-ot eran dous miei cossir 

E ses tot marrimen , 
Quan la bel' ab lo cors gen ; 
Humils , franqu'e de bon aire } 
Me dis de s'amor estraire 

Don ieu no m posc partir. 



i8 LE PARNASSE 

E quar ilh no m rcte , 
Ni l'aus Clamar merce 7 
Tuich solatz mi son estranh 7 
Pos de leis joi mi sofranh. 

Domna sius plagues sufrir , 
Pel vostr' eis cauzimen , 
Qu'ab dous precs cars » humilmen , 
Mercejan com fis amaire , 
Vos auzes mon cor retraire 
En loc d'autre jauzir , 
Vos no costera re 
E mi feiratz gran be : 
Que'l malaute quan se planh 7 
Si no 1 val ; si se refranh. 

Bela domna cui dezir 7 
Per vostr' ensenhamen 7 

Vostre bel acoillimen 

No m vedets com soletz faire. 

Del plus nous aus pregar gaire 7 
Tan soi espaventatz 
Quar es de tan rics plais : 
Mas Ovidis retrais 

Qu'entre'ls corals amadors 

Notz paratges e ricors. 

Ensenhamen e beutatz, 

Plazers ab gen parlai^, 
Gent acoillir et honrar , 
Cortes' ab gaia scmblansa 
Vos fan sobr'autras onransa 7 
Per que jois e solatz 
Reviu en vos e nais 7 
Vas qualque part biais : 
• E no m'd fai dir amors , 
Mas ver e vostra valors. 



OCCITANIEN. ip 

Tant es per tot issausatz 

Vostrc pretz fin e cars , 
Tem que nous val mos lauzars. 
Pero be sai ses duptansa ; 
Si tot s'a drecha balausa , 

Qui met plus en un latz 

Sol un gran ; pesa mais 

Vas cela part lo fais ; 
Àtressi creis vostr' onors 
Cum hom plus ne dis lauzors. 

Genoes so sapchatz , 

Si com abril e mais 
Son d'autres mes plus gais , 
Es vostre ric pretz colors 
Resplandens sobre'ls melhors. 

Frances 7 qui que s biais 

Ni de proeza s lais , 

Vostre pretz creis e nais , 
Tant es sobre los aussors t 
Malgrat dels lauzeujadors. 

JAUFRE RUDEL. 

7225 , 7614. 

Jaufre Rubel de Blaia si fo mot gentils hom , prince de 
Blaia. Et enamoret se de la comtessa de Tripoli ses vezer , per 
\o gran ben e per la gran cortezia qu'el auzi dir de lieis als 
pelegrins que vengron d'Antiocliia , et íetz de lieis maius bon 
vers et ab bous sous , ab paures mots. E per voluatat de lieis 
vezer el se ciozet , e mes se en mar per anar lieis vezer. Et 
adoncs en la nau lo pres mout grans riialautia , si que cill que 
eion ab lui cuideron que el fos mortz en la uau 5 mas tan feron 
qu'ill lo conduisseron à Tripol en un alberc com per mort. E fo 



2o LE PARNASSE 

faitz à saber 1 la comtessa , e venc ad el al síeu lîeicli e pres 
lo entre sos bratz. Et el saup qu'ella era la comtessa , si reeobret 
lo vezer , l'auzir e'l flairar j e lauzet dieu e 1 grazi que ill avia 
la vida sostenguda tro que ill l'ages vista. Et enaissi el moric 
entre'ls bras de la comtessa ; et ella lo fetz bonradamen sepellir 
en la maison del Temple de Tripol. E pois en aquel meteis dia 
ella se rendet monga , per la dolor que ella ac de lui e de la 
soa mort. 



1226. 



P, 



r o ai del cant essenhadors 
Entor mi et ensenhairitz , 
Ptatz e vergiers , albres e flors , 
Voutas d'auzels e lais e critz ; 
Per lo dous termini suau ; 
Qu'en un petit de joi m'estau, 
Don nuls deport no m pot jauzir 
Tan cum solatz d'amor valen. 

Las pimpas sian als pastors 
Et als enfans bordeitz petits ; 
E mias sian tals amors 
Don ieu sia jauzens jauzitz. 
Qu'ieu la sai bona lol aitau 
Ves son amic en greu logau : 
Per so sui trop soven marritz 
Quar non ai so qu'al cor n'aten. 

Lonh es lo castels e la tors 
Ont ella jai e sos maritz : 
E si per bos cosselhadors 
Cosselhan no soi enantitz 7 
Qu'autre cosselh petit m'en vau 
Aitan n'ai fin talan corau, 
Alres noi a mas del morir 
Sol q'un joi non ai' «n bi'eumen. 



OCCITANIEN. 2i 

Totz los vezis apel senhors 
Del renh on sos jois fo noiritz ; 
E crei que xn sia gran honors , 
Quar ieu dels plus envilanitz 
Cug que sion cortes leiau. 
Ves l'amor qu'ins él cor m'enclau 
Ai bon talant e bon albir ; 
E sai qu'ilh n'a bon escien. 

Ma voluntat s'en vai lo cors 
La noich , e'l dia esclarzitz 
Là ins per talant de son cors. 
Mas tart mi ve e tart mi ditz ì 
Amics , fas ella , gilos brau 
An comensat tal batestau 
Que sera greus à departir ; 
Tro qu'abdui en sian jauzen. 

Tra duct r oir de la pièce préce'dente par Vabbé 
Papon. Hist. ge'ner. de Provence. T. n , p. 45 1-2. 



M 



.aÎtres, maîtresses de chansons 
Assez autour de moi foisonnent : 
Mille oiselets sur les buissons 
Célèbrent les fleurs qui couronnent 
Nos gazons déjà renaissans ; 
Mais sans bonne amour et sa joie ; 
De la douleur je suis la proie 
Et rien ne peut plaire à mes sens. 

Je laisse à l'enfant son tambour ; 
Je laisse au berger sa musette ; 
Mais je ne laisserais l'amour 
De celle que vxon coeur muguette. 



22 LE PARNASSE 

Une je sais de tel aloi 
Qu'on n'y peut faire nul reproche j 
Mais difficile en est l'approche : 
Je gémis souvent sous sa loi. 



Son mari jaloux la retient 
Dans une tour haute et lointaine ; 
Et si bon conseil ne lui vient y 
Pour finir promptement ma peine , 
Rien ne pourra me secourir. 
Tant suis désireux de sa grace , 
Que si rien ne sert mon audace , 
Je n'ai recours que de mourir. 



Tous voisins et tous habitans 
Du lieu qui renferme ma mie , 
Je les nomme rois et sultans. 
Près de ma dame tant jolie 
Courtois deviennent les rustaus. 
De ferme amour mon creúr l'adore 3 
Et je ne crois pas qu'elle ignore 
Ni ma tendresse ni mes maux. 



Mon hardi vouìoir, nuit et jour, 
Par une pente naturelle , 
S'en va courant vers le se'jour 
Où l'on a resserré ma belle. 
Lors je la vois et je l'entens : 
Ami , dit-clle avec courage , 
Les jaloux mènent grande rage 5 
Mais ne laissons d'être constans. 



Note. Les pièces de R.udel sont au-dessous du médiocre , et sì 
nous en donnons une , c'est pour mettre le lecteur en état de 
juger du mérite de 1* traduction. 



OCCITANIEN. 



23 



BERNART ARNAUT DE MONCUC. 



F r • 

J-JR quan Ii rozier 
So ses ílor ni grana, 
E'l ric menuzier 
An cassa per sana , 
M'es pres cossirier , 
Tan me platz lor tcnsa 
De far sirventes ; 
Car en viltenensa 
An tot bon pretz mes. 

Ecar mai 

Me ten gai 
Amors que no fai , 
. E'l bel temps de mai 
Eras soi gai , cui que pes 
Tals joi m'es promes. 



2701. 

El l'armat destrier, 
Ausberc , lansa plana 
E bon bran d'acier, 
E guerra propdana , 
Prelz mai que lebricr 
Ni brava parvensa , 
Ni palz en qu'om es 
Mermatz de tenensa, 
Baissatz e sotz mes. 

Ecar sai 

Pretz verai 
En vos , cui aurai , 
Dorana , o'n morrai , 
, Pretz mai car m'es en defes 
Que s'autra m'agues. 



Man caval coi'sier 
Veirem vas Tarzana ; 
E vas Balaguier , 
Del pros rei que s vana 
Qu'a pretz à sobrier. 
Venra ses falhensa 
Lai en Carcasses ; 
Mas ges gran tcmensa 
Non an li Franses. 

Mas ieu n'ai 

De vos sai, 

Domna ; que m'esglai 

Lo desir qu'ieu n'ai 

Del vostre bel cors cortes . 

Complit de totz bes. 



Be m plazo l'arquier 
Pres la barbacana , 
Quan trazo'l peirier 
E'l mur dezenvana ; 
E per mant verdier 
Creis la ost e gensa. 
E volgra 1 plagues 
Aital captenensa 
Lai al rei Engles , 

Com mi plai 

Quan retrai 
Co m'avetz ab jai , 
Domna joven_, sai , 
E de beutat pretz conques , 
Que nous en falh res. 



llv 



LE PARNASSE 



Et agra entier 
Pretz, cui quecx soana, 
S'ab aital mcstier 
Crides sai : Guiana ! 
E fera'l premier 
L'onrat coms valensa ; 
Quar sos sagels es 
De tan breu legensa , 
Qu'ieu non o dic ges. 

Mas dirai 

Que ab glai 



Amors ai. 
Domna , que farai ? 
Si ab vos no m val merces 
O ma botia fes. 

Senbor gai 

E verai , 
Que s sap de tot plai 
Onrar , qu'ieu o sai , 
De Tolzan e d'Agenes , 
Malgrat dels Frances. 



PEIRE ROTCIER. 



7225 



7614 , 



7698. 



Peire Rotgïer si fo d'Alvernhe , canorgnes de Clermon , 
bels hom et avinens , e savis , e de seu natural. E trobava e 
cantava be. E laisset la canorga e fes se joglar , et anet per 
cortz ; e foron grazit li sieu cantar. E venc s'en à Narbona en la 
cort de madona na Esmengarda , qu'era de gran valor e de gran 
pretz ; et ela l'acnlhit fort et onret , e 1 fes gran be. Et el s'ena- 
moret d'ela e'n fes sos vers e sas cansos ; et ela lo pres en grat : 
e la clamava Tort-n'avelz. 

Lonc ternps estec ab ela cn cort ; e fon cregut qu'el agues d'ela 
joi d'amor, don ela fo blasmada de las gens d'aquela encontrada : 
e per temor del dit de la gen si 1 det comiat. Et el parti de si e 
s'en anet dolens e pensieus , e consiros e marritz , à 'n Raymbaut 
d'Aurenca , si com el dis el sirventes que fetz de lui : 

Senh' en Raïmbaut , per vezer 
De vos lo conort e'l solatz. 



Lonc temps estec ab el ; et estet en Espanha ab lo bon rei 'n 
Aul'os de Castela , el ab lo rei 'n Aufos d'Arago , et ab lo bon 
comte Ramon de Toloza. Gran onor ac 61 mon tan com el i estec ; 
mas pois se rendet à l'oide de Gran mon , e lai definet- 



OCCITANIEN. 25 

2701 , 7225-6 , 7698 , C. 

^enh' en Raïmbaut, per vezer 
De vos lo conort e'l solatz 
Soi sai vengulz tost e viatz , 
Mais que no son per vostr'aver ; 
Que sapcha dir quan m'en partrai 
Com es de vos ni com vos vai , 
Qu' enqueron m'eu mans entre nos. 



Tant ai de sen e de saber, 
E tan soi savis e membratz , 
Quant aurai vostres faitz guardatz , 
Qu'al partir en sabrai lo ver ; 
Si ta's lo gabs com hom retrai , 
O si n'es tant , o mens o mai , 
Com aug dir ni comtar de vos. 

Gardatz que sapchatz mantener 
Aqo qez eras comensatz ; 
Quar hom on plus aut es pujatz 
Plus bas cai , si s laissa cazer. 
Pos dizon tug que mal estai , 
Pos que fes , pos eras no fai , 
Qu'eras no te condug ni dos. 



Qu'ab pro manjar et ab jazer 
Pot hom estar suau malvatz ; 
Mas de grans afans es cargatz 
Cel que bon pretz vol mantener 
Ops l'es que s percas sai e lai 
E tolha do , si co s'escai , 
Quan veira qu'es loc c sazos. 



•2G LE PARNASSE 

D'aisso volh que digatz lo ver 
S'auretz nom drutz o molhcratz , 
O per qual seretz apelatz , 
O'ls volretz amdos retener. 
Yejaire m'es , al sch qu'ieu ai , 
Segon que cug , mas non o sai ; 
Qu'adreg los aiìretz ambedos. 



Si volelz el segìe parer , 
Siatz en loc fols ab los fatz 5 
Et aqui meteis vos sapchatz 
Ab los savis gent captener : 
Qu'aHSÌ cove qu'om los assai , 
Ab ira'ls us , autres ab jai , 
Ab mal los mals , ab be los bos. 



Nous fassatz de scn trop temer, 
Per qu'om diga : trop es menbratz ; 
Qu'en tal loc vos valdra foldatz 
On sen no poiria valer. 
Tan quant auretz pel saur ni baî , 
E'l cor aissi fresquet e gai , 
Gran sen nous er honor ni pros. 



Senh' en Raïmbaut , ie m n'irai ; 
Mas vostre respost auzirai , 
Sius platz , aus que parta de vos. 



Note. Dans le manuscrit 7226 , cette pièce est Ia dernière de 
celles du poète. Comme il y est constamment nomrcé P. Rotgier 
da Mirapeys , peut-être a-t-il existé deux tioubadotus du nom 
de Roirer. 



OCCITANIEN. =7 



N'ALAZAIS DE PORCAIRAGUES. 

7225. 

U-obar , e fez de lui mantas bonas cansons. 

3204 , 7225-6 , M. 

Àr em al freg temps vengut , 
Que'l gels, e'l neus e la fanha ; 
EiU auzelet estan mut , 
Q'us de cantar no s'afranha : 
E son sec li rams pels plais , 
Que ílors ni foitla noi nais , 
Ni rossinhols no i crida, 
Que lau en mai me ressida. 

Tant ai l'o cor deceubut 
Per qu'eu soi à totz estranha ; 
E sai que l'om a perdut 
Mot plus tost que nò gazanha. 
E s'ieu faill ab mots verais , 
D'Aurenga me moc ì'esglais : 
Per qu'ieu n'estauc esbaïda 
E'n pert solatz en partida. 

Domna met mout mal s'âmor 
Qu'ab trop ric home plaideja , 
Ab plus aut de vavassor 5 
E s'il o fai U foleja. 



28 LE PARNASSE 

Quar so dison en Velai , 
Que ges per ricor no vai : 
E domna que n'es cauzida 
En tenc per envilanida. 

Amic ai de gran valor , 
Que sobre totz senhoreja j 
E non a cor trichador 
Vas me , que s'amor m'autreja. 
Eu dic que m'amors l'escai : 
E cel que ditz que no fai 
Dieus li don mal'escarida , 
Qu'ieu m'cn tenc fort per guerida. 

Bels amics , de bon talan 
Son ab vos totz jorns en gatge } 
Cortes' e de bel semblan , 
Sol no m demandetz outratge. 
Tost en venrem à l'assai , 
Qu'en vostra merce m metrai : 
Vos m'avetz la fe plevida 
Que no m demandes faillida. 

A dieu coman Bel-esgar 
E plus la ciutat d'Aurenga, 
E Gloriet' e'l Caslar , 
E lo senhor de Proensa , 
E tot quan vol mon ben lai. 
É l'arc on son fag l'assai 
Cellui perdei qu'a ma vida ; 
E'n serai totz jorns marrida. 

Joglars f qne avetz cor gai , 
Ves Narbona portatz lai 
Ma canson à la fenida 
Leis cui jois e joyen guida. 



OCCITANIEN. 29 



PEIRE RAIMONS. 

2701 , 7225 , 7614. 

Peire Raimohs de Tolosa si fo fils d'un borges , e fetz se 
joglar , et anet en la cort del rei Amfos d'Aragon 5 e ill reis 
l'acoilli e ill fatz gran honor. Et il era savis homs e subtils , o 
saup ben trovar e cantar : e fetz de bons vers e de bonas cansos. 
Et estet en la cort del rei , e del bon comte Raimon de Tolosa , 
lo sieu seignor , et en la cort d'en Guillem de Monpeslier , longa 
sazon. Pois tolc moiller à Pomias , e lai el defiuet. 



!225-6. 



U, 



s novels pcssatnens m'estai 
Al cor , per qu'eu n'ai greu cossir ; 
Don fauc mant angoissos sospir ; 
E n'ai soven mon cor plus gai ; 
E m gart de faire desplazer 7 
E m'esfors en be capteuer , 
Quan vei que n'es locs e sazos : 
E cel qu'à son poder es pros 
Ben deu aver mais d'onransa. 

Onramens grans cre que 1 n'escai 
A cel que sab en patz suffrir 
Son dan , o bellamen cobrir 
Mantas vètz so qu'al cor no 1 plai. 
E qui sobritas sab tener 
De far e de dir non-dever , 
Ges no s'en merma sa razos : 
Per qu'om no deu esser coitos 

De far gran desmezuransa. 

Desmezura conosc hoi mai 
Que fai ma domna ses mentir ; 
Pos que me fetz à se venir 
E so que m proines er m'estrai. 



3í LE PARNASSE 

Que qui non a vezat aver 
Grau be , plus leu sab sostener 
Afan ; que tals es rics e bos 
Que'l nialtrag l'er plus angoissos 
Quan li sove'l benanansa. 

Benanans' e fin joi verai 
Ai eu de midons al partir ; 
Partitz no soi per qu'ieu m'azir 
Quar à mos precs brau respos fai. 
D'enan sos pes l'irai cazer , 
S'à lieis platz qu'o degne voler 
Que de lieis fassa mas cansos : 
Quar de me no sui poderos 

Qu'en autra paus m'esperansa. 

Ben esper per l'afan que n'ai 
Que m volha midons mantenir, 
Que non es autr'al meu albir 
Ni'ri fo tan bella sotz lo rai. 
Soplcjan quier que m degn valer, 
Qu'ieu conosc segon mon saber 
Qu'ab las melhors se fai hom bos : 
Et es assatz bella razos 

Aver joi de fin'amansa. 



GUILLEM DE BALAUN ov BALAZUC. 



2701. 

Guthem de Bai.àwh fo un gentils castellas de ves Monpeslier. 
Adretz cavayers lbn e bon trobaires. Et enamoret se d'una gentil 
domîia de Gavaudan , que avia noin madona Guilhalma de Javiac. 
Mot I'amet e la servi ; e la dona l'aniet tan que 1 dis e 1 fes 
so qu'el volc endreg d'aruor. 



OCCITANIEN. 5i 

Guilhem si avia un companho , per nom Peire de Barjac , valens 
et pros j et amava él castel una avinen dona , na Ivernenca , la 
cal tenia P. de Barjac per cavayer , e n'avia tot son plazer. Abdui 
eron drntz d'esta dona. Et avenc se qu'en Peire se corrosset ab 
sa dona , qu'ela li det comiat , don el s'en anet dolens. En Guilhem 
si 1 cofortet mot que no s desesperes , qu'el ne faria patz tantost 
cant tornaria à Javiac. Mot li fons grans lo termes ans que fos 
tornatz ; e tantost cant en Guilhem fou tornatz , el fetz patz d'en 
Peire e de sa dona , don Peire fo alegres pus que quan la conques 
de premier. Don el mezeis o dis à 'n Guilhem. En Guilhem dis 
qu'el o volia esproar , si'l joi de recobrar s'amia era tan grans co'I 
premier. E fetz se fort iratz à sa dona , et estet se que no 1 mandet 
messatje ni salutz , ni no volc esser en tota l'encontrada d'ela. Don 
ela li mandet messatje ab letras amorosas , com ela s meravilhava 
com estava tan de lieys vezer. Et el com fols amans no volc auzir 
las letras , e fes donar comiat al messatje vilanamen. El messatje 
tomet s'en dolens comtar à sa dona com era estatz. La dona l'oir 
irada , et adordenet ab un cavayer del castel que sabia lo fag , que 
s'en anes à'n Guilhem de Balaun , e que saupes per que era aisi 
iratz contra ela j e si avia fag res encontra luy que el s'en degues 
venjar , que ela 'n venria ad esmendamen à son voler. 

Lo cavayer s'en anet à'n Guilhem e fon mal recebutz. E can 
lo cavayer I'ac dic son voler , el dis que no 1 disseia la occayzo , 
car el sabia be qu'ela era tals , qu'el non volia esmenda ni 1 devia 
perdonar. Lo cavayer s'en tornet e dis o à la dona. Adonc ela 
1 mes en soan del tot j et enaysi ela estet un gran temps. 

E can veuc jorn , en Guilhem se pensec com per son fol sen 
el perdia gran joy : montet en caval e venc s'en à Javiac ; et 
alberget ab un borzes, que no volc venir en cort. Ma dona Guilhalma 
saup qu'el era en vila , e can venc la nurg , que las gens foroa 
colcadas , et ela issi de4 castel ab uua dona et una donzela e 
venc à l'alberc. E se fe mostrar on jazia Guilhem de Balaun , e 
venc s'en al lieg on jazia j e mes se de ginolh denan el e bayzet 
sa benda per lui bayzar , e querec li perdo del tort que non 
1 avia : et el non la volc recebre ni perdonar. E la dona parti sa 
de lui ab cor que mais no 1 parles ; e penedet se de so que avia 
fag. Et el remas iratz car avia fach tal folor j et levet se mati 
e venc s'en al castel , e dis que parlar volia ab ma dona Guilhalma 
per querre perdo. Madona Guilhalma cant o auzi fes li donar 
comiat , e dis no 1 veiria , e fes lo gitar del castel vilânamens. 
En Guilhem anet s'en trist e ploran } e la dona remas dolenta 
e penedens de la humilitat c'avia facha. Et enaysi estec lonc 
temps que la dona no lo volc vezer ni auzir ; dont el adonc fes 
lo vers desesperat que di : 

Mon vers mou niercejau. 



& LE PARNASSE 

En B. d'Anduza , qu'era'l melhor hom de la encontrada , saup 
lo fag d'en Guilhem e de la dona ; e montet à caval e venc 
s'en à Balaun. E parlet ab en Guilhem , e dis li co s podia far 
qu'el ages tant estat de vezer sa dona. En Guilhem contet li tot 
ìo fag e la foldat que li era venguda. En B. cant auzi la razo 
tenc s'o à gran isquern , e dis li qu'el ne faria patz : dou el n'ac 
mot gran gaug , cant auzi que s'en volia entrametre. 

En B. s'en parti e veuc s'en à Javiac , e conlet tota la razon 
d'eu G. à la dona , e com el era mot trist e dolent per la folia 
que s'avia pensada : e comtet li tot l'esquern , com o fes per 
esproansa. E la dona reSpos que mot s'en tenia per falhida , car 
tant s'era humiliada ad el. En B. li dis , que per so li era à 
perdonar enans , per lo dreg que era sieu el tort d'en G. E preget 
la'n aytan caramen co poc ni saup , que per dieu e per merce 
li perdones 5 e qu'ela'n prezes venjansa can li plazeria. E la dona 
1 respos que pus el o volia ela 1 perdonaria , enaisi que per la 
falha qu'el fag avia , que se traisses la ongla del det menor ; e 
qu'el la y degues portar ab uu cantar , reprenen se de la folia 
c'avia facha. 

En B. d'Anduza , quan vi que alres far non podia , pres comiat ; 
et anet s'en à'n G. e dis li la resposta de la dona. En G. quant 
auzi que perdon trobaria fo molt alegres ; e rendet li gracias , car 
tan li avia acabat ab sa dona. Tantost mandet per un maestre , 
e fes se traire la ungla ab grau dolor qu'en sofri 5 e fes son 
vers e venc s'en à Javiac , el e mo senher B. Ma dona Gnilhalma 
issi lor encontra : en G. gitet se de ginolhs deuant ela , queren 
merce e perdo , e prezentet li la ougla. Ela fou piatoza e levct 
]o sus ; et intreron se totz tres en una cambra , et aqui ela lo 
perdonet baysan et abrassan E retrais li son cautar , et ela l'en- 
tendet alegramen. E pueys ameron se pus fort trop que non 
avian fag enans. 



27OI , ^225-6. 



M, 



.oiv vers mou mercejan ves vos , 
No per so , domna , qu'entenda 
Que ja merce de meus prenda: 
Tant es lo forfaitz cabalos , 
Per qu'ieu si be m destrui no m planh. 
Mas pos mi meteis ai perdut 
E vos ; que m faitz plus esperdut ; 
Si m pert mas paRulas be s tanh. 

Tant 



OCCITANIEN. 55 

Tant es mos afars perilhos 7 

Qu'ieu no sai co m'i emprenda ; 
Que pregars qu'om no l'entenda 
Val pauc ad home sofrachos , 
Per qu'cs dregz que malastruc s lanh. 
E pois per home recrezut 
Aug dir qu'anc dieus no fetz virtut : 
Per qu'ieu prec ses cug de gazanh. 

Be sai fallitz soi ad estros 

E noi a mas qu'om me penda, 
Qu'ieu no soi qu'en dreg contenda : 

Pero be sai si'l premier fos , 

Dretz fora no m cregues companh. 

Mas si'l forfaitz fosson mort tut y 

Qu'om non agues merces avut ? 

Mort e delit en foran manh. 



Mala vcngues aquel sazos , 

Que mot crei que car Io m venda j 
Et està ben qu'ieu aprenda 
En qual guiza viu besonhos , 
Quar ges tan ric joi no m'atanh. 
Mas no sai co m'es avengut , 
Las ! non avia '1 ben saubut. 
Aras lo sai ; per que m complanh. 

Domna , si ma mort vos es pros ; 
Ja non er qu'ieu me defenda 
Ni no m'auretz major renda > 

Et a'n pro qui es poderos 

De celui vas qui a cor gran , 

Et a l'ops que merce l'ajut ; 

Quar non es à merce tengut 

Aisso en que'l poder sofranh. 



r,j LE PARNASSE 

Ai ! las , ta mala fui iros 

Quan baisset vas rae sa benda ; 
E m quis francamen esmenda 
De so don degr' esser cocbos j 
E m fi pregar d'avol barganh ; 
Don m'a mil vctz lo cor dolgut : 
Qu'era m tengr' ieu per errebut 
Si m saludes com un cstranb. 

Domna , si tot no m tanb perdos ; 
No laissarai nous mi renda 
E mas mas no vos cstenda , 
Que merces vens los mals e'ls bos. 
E si pietatz tan vos franb , 
So qu'ieu non esper ni no cut , 
Que m perdonetz tort conogut , 
Si mais cai no m levetz del fanb. 

PEIRE DE BARJAC. 

Peire de Bahjac si fo uns cavalliers compaignon d'en Guilhem 
de Balaun ; e fo fort adreg e cortes , e tot aitals cavalliers com 
taingnia à Guilhem de Balaun. E si enamoret d'una domna dcl 
castel de Javiac , la moillcr d'un vavassor , el ella de lui ^ et ac 
d'ellci tot so qe il plac E Guilhem de Balaun sabia l'amor de 
ïui e d'ella. E venc si c'una scrra el venc à Javiac cpm Guilhem 
de Balaun , e fo sentatz à parlamen ab sa domna , et avenc 
si que P. de Barjac s'en parti rnalamen com gran desplazer , e 
com brau comiat qu'ella li det. E quant venc lendeman, Guilhem 
s'en parti e Peiie corn lui liist e dolenz. En G. demandet per 
que era tant trístz ; et el li dis lo covinen. En Guilhera lo 
confortet , disen qu'el en faria patz. E no fon lonc temps que 
il foron tornat à Javiac , e fon faita Ia patz j e s'en parti d'ella 
con gran plazer que la domna li fcta. Et aqui son escrit lo 
comiat qu'el pres de lei. 



OCCITANIEN. 

•7225. 

I ot francamen ■ domna , veing denan vos 
Penre comiat per to>temps à lezer ; 
E grans merces quar deingnastes voler 
Qu'ieu mi tengues de vostr'amor plus gai 
Tan quan vos plac. Mas aras , pos nous plai } 
Es ben razos que si voletz aver 
Drut d'autra part queus posca mais valer 
Ieu' 1 vos autrei : ja pietz nous en volrai , 
Ans aurem pois bon solatz entre nos , 
Et estarem com si de re no fos. 



Per so , domna , tostemps serai curos 
De vostr' afar , qu' aisso 'n volb retener ; 
Qu'ieu no lo posc gitar à non caler 
Aissi del tot, qu'enans vos servirai , 
Fors que jamais vostre drutz no serai , 
Si be m deves encaras lo jazer 
Que m promezest quan n'aurias lezer. 
Non dic per so que negun soing non ai ; 
Mas s'ieu en fos agutz ans poderos , 
Tal ora vi qu'ieu pogr' esser joios. 



Mas vos cujas , quar ieu soi adiros , 
Qu'aissi com soill nou o diga de ver j 
Mas d'er enan vos o farai parer : 
Qu'ieu ai cauzit en lei cui amarai , 
E vos avelz cauzit^ si com ieu sai , 
En un lal drut queus fara decazer ; 
Et eu en tal que vol pretz- mantener , 
En cui jovens s'apropcb' e de vos vai : 
Si tot non es de loc tan paratjos 7 
11 es assatz e plus bell' e plus pros. 



56 LE PARNASSE 

E sî'l jurars e'l plevirs de nos dos 
Pot al partir de l'amor dan tener , 
Anen nos en é las mas d'un prever, 
Absolvelz mi et ieu vos solverai ; 
E pois poircm quaseus d'aissi en lai 
Plus lialmen bon'amor mantener. 
E s'anc vos fis ren queus deja doler 7 
Perdonas me , qu'ieu vos perdonarai 
Alegramen ; qu'esliers non es ja bos , 
Si cle bon cor non es fatz lo perdos. 

Mala donma trop mi fezes zelos 
No fcssi re mas al vostre plazer j 
Quar hom zelos non a sen ni saber , 
Ni res no sab lo mal que zelos trai , 
Ni re zelos no sab que dilz ni fai , 
Ni nul zelos no pot en loc caber , 
Ni palz non a zelos mati ni scr ; 
Per que \os deu plazer quan m'en partrai, 
Qu'assatz val mais à ccllui qu'es lebros : 
Qu'adoncs sivals no sou tuit enoios. 

Fe que m devetz , si tot soi adiros , 
Prendatz comiat de mi, q'eu'l pren de vos. 

LO IIEIS D'ARAGON. 

^225. 

Lo Reis d'Ara.con , aquel que trobet , si ac nom Amfos ; c 
fo lo premiers reis que fo en Aragoo , lils d'en Raimon Berren- 
gier que fo coms de Barsaloua , qne conqnes lo regisme d'AragoD. 
e'l tolc à Sarrazins. Et anet se cnmnar à Roma ; e quant s'eii 
venia el mori en Poimon al borc Sa : vt Dalmas. E sos fils fo faiz 
reis , Anifos , que fo paiie del rei Peire , loqual fo paire del rei Jacnie. 



OCCITANIEN. 37 

2701 , 7225-6. 

Jler mantas guizas m'es dalz 

Gauz e deport e solatz ; 

Que per vergiers e per pratz , 

E per foillas e per flors , 

E pel temps qu'es refrescatz 

Aug alcgrar cantadors. 

Mas al mieu cant neus ni glatz 

No m not , ni m'ajud' estatz, 

Ni res fors dieus et amors. 

E pcro ges no m desplatz 
Lo bel temps ni la clardatz , 
Ni'l dous cant qu'es pels plaissatz 
Dels auzels , ni la verdors ; 
Qu'aissi m soi ab joi lassalz 
Ab una de las meillors. 
En leis es sens e beutatz , 
Per que li do tot quan fatz , 
E jois e pretz et honors. 

En trop ricas voluntatz 
S'es mos cors ab joi mesclatz : 
Mas uo sai si s'es foudatz, 
O ardimens o paors , 
O gran sens amezuratz , 
O si es astre d'amors ; 
Qu'anc de l'hora que fui nalz 
Mais no m destreis amistatz , 
Ni m senti mal ni dolors. 

Tan mi destreing sa beutatz , 
Sa proez' e sa bontatz , 
Que n'am mais suffrir en patz 
Peuas e dans e dolors, 



LE PARNASSE 

Que d'autra jauzen amatz 
Graus befaitz e gran socors. 
Sieus son plcvitz e juralz ; 
E serai ades seil platz ; 
Deuan totz autres seingnors. 

Quan mi membra del comiatz 
Que pris de lieis totz forsatz ; 
Alegres soi et iratz ; 
Qu'ab sospirs mesclatz de plors 
Me dis : bels amics , tornatz 
Per mcrce vas me de cors. 
Per qu'ieu tornarai viatz 
Vas lieis ; quar autr'embaissatz 
No m'es delietz ni sabors. 



rt.-v>/V!A 



GUILLEM DE CABESTANH. 

3701 , ^225 , 7614- 

Guiilem de Cabestanh fo un gentils castelas del cqmtat cle 
Rossilhon , que confinava con Cataloingna e con Narbones. Mot fo 
avinens hom de la persona , e presalz d'armas , e de servir e de 
cortesia ; e bos trobaires. Et avia en la soa oncontrada una domna 
que avia nom madomna Sermonda , moiller d'en Raimon de Cas- 
lel-Rossilho , qu'era mot ric e gentils , e braus , e mals et orgoillos. 
Longamen l'amet en G. de Cabestanh , e'n fet motas bonas can- 
sos ; e la domna 1 volc tan de be que 1 fey son cavayer , et es- 
teron ab gran joi essems lonc temps. E fon dic al marit d'ela, 
don el n'ac gran gelosia ; et enserret la en una tor , e li foron 
f'aitz man desplazer , don G. de Cabeslanh ac gran dolor ; dcyi 
i'es una canso : 

Lo dos cossire 
Que m don' amor soven. 

E quan R. entendet la canso crezet que fos de sa moiller , quar 
dis en uua cobla : 

Tot quan fas per temensa 

Deveíz en bona fei 
Penre, neis quan nousvei. 



OCCITANIEN. 3g 

Et aquest mot entendet : e niandet lo marit à 'n G. que ven- 
gues à parlamen. E menet lo ab si foras lonh del castel , et à 
trassio el li tolc la testa e mes la en un cavayrol ; e trais li lo 
cor del ventre , e fes lo porlav à un escudier à son alberc Et 
intrel s'en él castel , e fes lo cor raustir e far pevrada , per so 
la domna s'agradava fort de cor de salvaizina , e fes lo manjar 
à sa mnlher en semblan qu'el ne manjes. E quan l'ac manjat , 
el li dis que so que avia manjat era'l cor d'en G. de Cabestanh , 
e mostret li la testa , e demandet si l'era estat bos. E la doiuna 
conoc la testa , e dis que tan bos li era eslat , que jamais autre 
manjar ni autre beure no 1 tolria la sabor. El marit , quant o 
auzi , correc li dessus ab l'espaza 5 e la domna ac paor e fugî 
al balron , e se laisset cazer jos e fo morta. 

Et aquest mal fo sauputz per tota la terra , don fo mot grau 
tristeza de la domna e d'en G. de Cabestanh. Et ajusteron se 
los paiens d'en G. e de la domna , e totz los cortes cavayers 
d'aquela encontrada , e gueirejeron R. de Castel-Rossilhon. El 
rei Amfos d'Arago venc en la terra , quau saup lo fag , e pres 
R de Castel-Rossilho , e fes metr' en G. de Cabestanh denau 
1 us de la gleiza de San Joan à Perpinhan , e la domna ab .el. 
E fon una longa sazo que tug li cortes cavayer e las domnas 
gentils de Cataluenha e de Rossilho , e de Sardanha e de Nar- 
bones , venian far cascun an anoal per lur armas aital jom quan 
moriro , pregau nostre senhor que lur agues merce. 

Aissi com avetz auzit lo rei pres R. de Castel-Rossilho e 1 dese- 
retet , e 1 tolc lotz sos castels , e 1 fes morir en sas preisos , e 
douet totz sos bes als parens d'en G. e de la domna. 



2701 , 7225-6 , 7614 , 7698 , C. 



J_Jo clos cossire 
Que m don' amor soven, 

Domna , m fai dire 
De vos mans vers plazen. 

Pessan remire 
Vostre cors car e gen , 

Qu'am e dezire 
Mais que no fas parven. 
E si tot me delei ; 
Ges per tan nous abnei , 



4é LE PARNASSE 

Anceîs vas vos soplei 
Ab franca bevolensa. 
Domn' en cui beutatz gensa 7 
Mantas vetz oblit mei 
Que laus vos e mercei. 

Tot jorn m'azire 
L'amor queus mi dcfcn , 

S'ieu ja'l cor vire 
Ves autr'entendemen. 

Tout m'avetz rire 
E donat pcssamcn. 

Plus greu martire 
Nuls hom de mi no sen ; 
Quar vos qu'ieu pìus envei 
De re qu' él mon estei 
Desautorc e mescrei , 
E dezam en parvensa. 
Tot quan fas per temensa 
Devetz en bona fei 
Penre , neis quan nous vei. 

En sovinensa 
Tenc la car' c'l dous ris ; 

Vostra valensa 
E'l bel cors blanc e lis. 

S'ieu per crezensa 
Estcs vas dieus tan fis } 

Viu ses faillensa 
Intres en paradis. 
Qu'aissi soi ses totz cutz 
A vos de cor rendutz , 
Qu'autra jois no m'adutz ; 
Q'una no porta benda 
Qu'ie'n prezes per esmenda 
Baizar , ni fos sos drutz , 
Per las vostras salutz. 



OCCITANIETí. 

Ades comensa 
L'amor , e m'abclis 

La captenensa 
De vos cui soi aclis. 

Be par que m vensa 
Vostr' amor , qu'ans queus vis 

Fon m'entendensa 
Queus ames e servisj 
Qu'ab vos soi remazutz 
Sols e ses tot ajutz ; 
E n'ai d'autres perduts 
Mans dos : qui s vol los prenda , 
Qu'à mi platz mot qu'atenda, 
Ses totz covens saubutz 7 
Vos don m'es jois vengutz. 

Dieus ! co seria 
Qu'ieu merce no trobes 

Ab vos amia } 
La genser qu'anc nasques ! 

Qu'ieu noich e dia r 
Ginolhos e de pes f 

Sancta Maria 
Prec vostr' amor mi des. 
Qu'ieu foi noiritz enfans 
Per far vostres comans ; 
E ja dieus no m'enans 
S'ieu ja m'en voill estraire. 
Pros domna de bon aire 
Sufretz qu'ieu bais los gans , 
Que del plus soi duptans. 

Ans que s'estenda 
En mon cor la dolor ? 

Merce descenda 
Ea vos ; domn' ? et amor. 



4* LE PARNASSE 

Joi vos mi renda 
E m lonh sospir e plor ; 

Nous o defenda 
Paratge ni ricor : 
Qu'oblidatz m'es totz bes 
S'ab vos no m val merces. 
Ai ! bella dossa res , 
Ben feratz que corteza 
S'al priin queus aic conqueza 
M'amassetz , o non ges , 
Qu'eras no sai com s'es. 

No trob contenda 
Contra vostra valor ; 

Merces vo'n prenda 
Tal qu'à vos si' honor. 

Ja no m'entenda 
Dieus mest siei pregador , 

S'ieu vol la reuda 
Dels quatre reis major t 
Per qu'ab vos no m valgues 
Merces e bona fes ; 
Quc partir no m posc ges 
De vos y en qui s'es meza 
M'amor : c si fos preza 
En baizar , eus plagues f 
Ja no volgra solves. 

Anc res qu'à vos plagues , 
Franca domna corteza , 
No m'estet tan defeza 
Que ieu no la fezes , 
Ab que far o saupes. 

En Raimons , la beleza 
E'l bcs qu'en midons es 
M'an sai lassat e pres, 



OCCITANIEN. 43 



*»«IW*»**M*V\IVMVM.M»*^vv«plvv|lWWkWM»iV\V»«\»W»«*« 



G A V A U D A. 

2701 , 7226. 



D, 



'esemparatz , ses companho , 
E d'amors lonh del tot e blos } 
Cavalgava per un cambo y 
Iratz e tristz e cossiros , 
Lonc un broill , tro jois me retenc 
D'una pastorela que vi : 
Per qu'es mos jois renovelatz 
Quan mi remenbre sas beulatz , 
Que anc pos d'autra no m sovenc. 

Tost descendei sobre'l sablo 
E venc vas lieis de saut coitos 
Ella m ders un pauc lo mento , 
Ab un dos ris , ferm y amoros , 
Me dis : senher , cossius avenc 
Queus trartornessetz sai ves mi ? 
Cous es tan de mi azautatz ? 
Qu'ieu no sai que s'es amitatz , 
Per que m lonh de vos e m'estrenc. 

Toza , joi mi dona razo 
Per qu'ieu soi sà vengutz à vos. 
Quan mi mostretz vostra faisso 
Sobre totz jauzens fui joios. 
Per que mon cors fortz e destrenc 
Ab vostr'amor ; ves cui m'acli ; 
E sia volgutz et amatz 
Lo mieu jois e'l vostre sius platz ; 
Que jamais no rompa. ni Ircnc. 



4j LE PARNASSE 

Senher , si m'amistat vos do 
Ieu aurai nom na Malafos ; 
Qu'ieu n'espcr melhor guiardo 
D'autre , qu'ieu cug qu'en brcu m'espos. 
Dar vos ai est caircl que tenc } 
E tornatz en vostre cami , 
Qu'ab autras vos es ensaiatz 
Per semblan , don etz galiatz , 
Falsas que fan ric joi sebenc. 

Amiga , nous dis oc ni no 
De Ias falsas ab côr ginhos. 
Tan mi platz de vos e m sap bo , 
Que totz mals avers m'en es pros. 
En qual queus voillatz vos o prenc 7 
Quc ieu vos plevisc eus afi 
Que vostre soi endomenjatz ; 
E falz de mi so queus voillatz , 
Neis traire lo cor ab un brenc. 

Senher, qui messonjas a pro 
A semblan de ver non es tos : 
La saviez' à Salamo 
Aondera , s'amors no fos , 
Que mur e forsa e palenc 
Fe de sen ; et un frach bassi 
No valc quan fon apoderatz : 
E pos e'l ne fon enganatz , 
Gardalz en vos so qu'ieu ne prenc. 

Amiga , ab autr'ocaizo 
Mi tornas mon joi sus dejos j 
Que ja non cr ni anc no fo 
Qu'amors no sia bon'als bos. 
Per qu'ieu de ben amar no m fenc 
Que m don'al cor joi clar e fi 
De vos ; e prec merce m'aiatz , 
O m mctrei , si m'o alongatz 
Hermitas cl poig Dcnisenc. 



OCCITANIEN. 

Senher, ni prezic ni sermo 
Non aia mais entre nos dos ; 
Si m'es amics amigaus so , 
Quar tan n'es lecs et env'ejos. 
Ieu geli foras et espenc 
De mon cor brau orgolh comgi. 
Tot aisìi com vos deziratz 
Er mos jois al vostre privatz ; 
Que ses joi no val un arenc 

Amiga , ab tant ai assatz 
Per mil vetz s'es mon joi doblatz , 
Quar eri la vostr'amor atenc. 

Senher , e vos non o digatz , 
Si tan dur cor adomesjatz , 
Als parliers gola de lastenc. 



2701 , 7226. 

JLì'autre dia per un mati 
Trespassava sus pel cimelh , 
E vi de jos un albrespi , 
Encontra' 1 prim rach del solelh , 
Una toza que m ressemblet 

Cilh cui ieu vezer solia ; 

E destolgui m de la via 
Vas lieis , rizen me saludet. 

Totz jauzion de mon rossi 
Descendei jos sobrc'l gravelh ; 
E pres me pel punh , josta si 
Assec me à Fombra d'un telh , 
Et anc novas no m demandet. 

No sai si me conoi>sia. 

Ilh ? oc, per queus o mentria, 
Que'ls olhs e la boca m baizet. 



4G LE PARNASSE 

Per pauc de joi no m'endormi 

Quan mi toqueron siei cabelh. 

Bella, fi m ieu, com es aissi ? 

Dombredieu crei m'o aparelh. 

Senher , oc ; quar nos ajustet, 
Qu'alres no volh ni querria : 
E sius platz à mi plairia 

So don hom plus me castiet. 

Amiga , segon qu'ieu devi ; 
Tort n'ai si jamais m'en querelh : 
Mas tan prìvada es de mi , 
Dir vos ai mon privat cosselh , 
Amors m'a tout so que m donet : 

Cela que mot m'abelia 

Ar no sai vas on se sia 7 
Per qu'anc res pois no m conortet. 

Senher , ieu sai d'aquel lati , 
Per que la noich cossir e velh ; 
Anc pois que de vos me parti 
Mei olh no prezeron sonelh. 
Mal o fei qui tan nos lonhet , 

E res sos faitz no l'embria ; 

Que la nostra companhia 
Esterà meils qu'anc non estet. 

A mi per trastot bon desti 
Crei que m det dieus aquest parelh, 
Joi de cambra en pastori , 
Que m'es dous , don me meravelh ; 
Et anc mais tan be nons anet. 

Vostra merces e la mia 

Issit em d'autra bailia , 
Et amors en mi no s pecquet. 

Senher , na Eva traspasset 
Los mandamens que tenia : 
E qui de vos me castia 
Aitan se rauza en bavet. 



OCCITANIEN. 4 7 



RAYMBAUT D'AURENGA 

FJorissait en n5o. Mort vers 1173. Hist. génér. de Provence » 
par l'abbé Papon , T. II , p. 38 1. 

3794 , 7226. 

_tXMics , ab gran cossirier 

Son per vos et en greu pena j 

E del mal qu'ieu en sutfier 

No cre que vos senlatz gaire. 

Doncs per queus rnetetz amaire 
Pos à mi laissatz tot lo mal ? 
Quar abdui no'l partem egual. 

Domn' , amors a tal mestier , 

Pos dos amics encadena , 

Que'l mal qu'a e l'alegrier 

Senta quecs à son vejaire : 

Qu'ieu pens , e no soi gabaire , 
Que la dura dolor coral 
Ai eu tota à mon cabal. 

Amics , s'acsetz un quartiep 

De la dolor que m malmena ; 

Be viratz mon encombrier. 

Mas nous cal de mon dan gaire ; 

Que quar no m'en posc estraire, 
Com que m'an vos es cominal 
Ab me ben o mal atretal. 

Domna , quar ist lauzengier , 
Que m'an tout sen et alena , 
Son vostr' angoissos guerrier , 
Lais m'en no per talan Yaire. 



/j8 LE PARNASSE 

Quar nous soi pres , qu'ab lor brairc 
Vos an bastit tal joc mortal , 
Que noi jauzem jauzen jornal. 

Atnics , nul grat nous refier , 

Quar ja'l meu dans vos reí'rena 

De vezer me queus enquier. 

E si vos faitz plus gardahe 

Del mieu dan qu'ieu no volh faire , 
Beus tenc per sobreplus leial 
Quc no son cilh de l'Espital. 

Domna , ieu tem à sobrier , 

Qu'aur perdi e vos arena , 

Que per dig de lauzengier 

Nostr'amor torne s'en caire. 

Per so dei tener en gairc 
Trop plus que vos , per Sant Marsal ; 
Quar etz la res que mais me val. 

Amics , sius sai lauzengier 

E faitz d'amorosa mena , 

Qu'ieu cug que de cavalier 

Sias devengutz camiaire. 

E deg vos o ben retraire , 
Quar ben pareiz que pessetz d'al , 
Pos del meu pessamen nous cal. 

Domna , jamais esparvier 

Tío port ni cas ab cereua y 

S'anc pois que m detz joi entier 

Fui de null'autra quistaire ; 

Ni no soi aital bauzaire , 
Mas per enveja'l deslial 
M'o alevon e m fan venal. 

Amics , crcirai vos per aital 
Qu'aissius aia tostemps leial ? 

Domna , aissi m'auretz leial ? 
Que jamais no pensarai d'al. 

7225-6, 



OCCITANIEN. 49 



7225-6 , 7698. 



A. 



.ssatz sai d'amor ben parlar 
Ad ops dels autres amadors ; 
Mas al meu pro , que m'es plus car ; 
No sai ren dire ni comtar ; 
Qu'à mi no val bes ni lauzors , 
Ni los malditz, ni motz avars : 
Mas ar soi ves amor aitaus 
Fis e bos ; e francs e leiaus. 

Per qu'enseignarai ad amar 
Los autres bos domnejadors ; 
E si m crezon mon enseignar y 
Lor farai d'amor conquistar 
Tot aitan com volran de cors. 
E si' ogau pcudutz, o ars 
Qui no m'en creira ; quar bon laus 
N'auran cels qu'en tenhan las claus. 

Si voletz domnas gazaignar, 
Quan crezetz queus fassan honors , 
Sius fan avol respos avar, 
Vos las pones à menassar : 
E si vos fan respos pejors 
Das lor del punh per mei las nars ; 
E si son bravas sias braus : 
Ab gran mal n'aures gran repaus. 

Ancaras vos volh mas mostrar 
Ab que conqueres las melhors : 
Ab mal ditz et ab laig cantar 
Que fassas tut , et ab vanar ; 



5o LE PARNASSE 

E que honres las sordejors , 
Per lor anctas las levetz pars ; 
E que gardes vostres ostaus 
Que no semblon gleisas ni naus. 

Ab aisso n'aurcs pro so m par. 
Mas ieu tenrai d'autras colors , 
Pcr so quar no m'a grat d'amar, 
Que jamais no m vol castiar. 
Quc s'eron totas mas serors 
Per so lur serai íìs e cars ; 
Humils e simples e liaus ; 
Dous ; amoros ; fis e coraus. 

Mas d'aissous sapchalz ben gardar ; 
Que so qu'ieu farai er follors. 
No fassatz ; ver ; que nescis par 
Mas so qu'eu enseing tener car ; 
Si no volez sofrir dolors 
Ab penas et ab loncs plorars : 
Qu'aissi lor for' eu vers e maus 
Si mais m'agrades lor ostaus. 

Mas per so m pocs segur gabar 
Qu'eu ; et es me gran deshonors ? 
Non am re ni sai qu'es encar. 
Mas mon anel am que m ten clar ; 
Quar fon al det.... ar son trop sors ; 
Lengua , no mais : que trop parlars 
Fai pieg que peccatz criminaus : 
Per qu'ieu m tenrai mon cor enclaus. 

Mas be'l sabra mos Bel-joglars : 

1 Qu'ilh val tant e m'es tan coraus , 

Que ja de lieis no m venra maus. 

E mos vers tenrà , qu'er al paus ; 
A Rodes don son naturaus. 



OCCITANÏEN. 5i 



2701 , 3794 , 7226. 

J^scotatz ; mas no sai que s'es, 
Senhors , so que volh comensar. 
Vers y estribot ni sirventes 
Non es , ni nom no'l sai trobar , 
Ni ges no sai cossi'l fezes 
S'aital no'l podi' acabar. 

Que anc no fon mais fach aital per home ni pec 
femna en est segle ; ni en l'autre qu'es passatz. 

Si tot m'o tenetz à folles , 
Per tan no m poiria laissar 
Que ieu mon talan no disses ; 
No m'en cujes hom castiar. 
Tot quant es no pretz un poges , 
Mas so qu'ades vei et esgar. 

E dir vos ai per que : quar sieu o avia mogut e no 
vos o trazia à cap , tenrias m'en per fol. Quar mais 
amaria sieis deniers é mon punh ; que mil sols al cel. 

Ja no m deman ren far que m pes 
Mos amics , aquo 1 volh pregar, 
S'als ops no m vol valer manes , 
Pois m'o profer. Ab lonc tarzar , 
Ges meils que cel que m'a conques f 
No m pot nul autre galiar. 

Tot aisso dic per una domna que m fai languir ab 
bellas paraulas et ab loncs respiegz } no sai per que. 
Pot me bon esser ; senhors ? 



5a LE PARNASSE 

Que ben a passat quatre mes ; 
Oc ; e mais de mil ans so m par ; 
Que m'a autrejat e promes 
De s'amor so que plus m'es car. 
Domna ; pos mon cor tenetz pres , 
Adolsatz me ab dolz l'amar. 

Dius ajuda ! in nomine patris, et filii , et spiritus sancti. 
Dis : amen. Ostas , domna ; e que deabols er aisso ? 

Qu'ieu soi per vos gais , d'ira ples : 
Iratz } jauzens me faitz trobar ; 
E soi m'en partit de tals tres , 
Que'l mon non a 7 mas vos , lur par ; 
E soi fols cantaires cortes 
Tan qu'om m'en apela joglar. 

Domna , far ne podetz à vostra guiza 7 quo fetz n'Aima 
de l'Espatla , que l'estugct lai on li plac. E no sai qu'ieu 
m'anes alre contan , qu'à gensor mort no posc morir, 
si muer per dezirers de vos. 

Er fenisc mon no sai que s'es , 
Qu'aissi l'ai volgut batejar ; 
Pos mais d'aital non auzi ges 
Be'l dei enaissi apellar : 
. E diga'l , quan l'aura apres , 
Qui que s'en volha azautar. 

Vai , ses nom ; e qui te demanda qui t'a fach , digas 
K d'en Raymbaut ; que sap ben far una balla de foudat ; 
quan si vol. 

7226 , 7698. 

i eire RoGir.RS , h trassaillir 
M'er per vos los dilz els covens 
Qu'ieu aî à midons , totz dolens 
De cantar 7 que m cugei suí'frir. 



OCCITANIETí. 53 

E pos sai etz à mi vengutz 
Cantarai , si m n'ai estat mutz, 
Que no volh remaner cofes. 

Mout vos dei lauzar e grazir 
Quar anc vos venc cor ni talens 
De saber mos captenemens. 
E volli que m sapchatz alques dir, 
E ja l'avers no m si' escutz , 
S'ieu soi avols ni recrezutz ; 
Que pel ver no passetz ades. 

Quar qui per aver vol mentir , 
Aquels lauzars es blasmamens , 
E tortz , e mals ensenhamens ; 
E s fai als autres escarnir. 
Non es en digz bos pretz saubutz : 
Mas als fagz es reconogutz , 
E pels fagz veno'l digz apres. 

Per mi meteis voletz auzir 
Quals sui o drutz ; er clau las dens ; 
Qu'ades pueja mos pessamens 
On plus de preon m'o cossir : 
E dic vos ben qu'ieu no sui drulz , 
Tot per so quar no sui volgutz ; 
Mas ben am ; sol midons m'ames. 

Peire Rogiers y com posc suffrir 
Qu'ades am aissi solamens ? 
Meravilh me si viu de vens , 
Enaissi m fai midons morir. 
S'ieu mor pcr lieis farai vertutz , 
Per que m platz : que si fos perdutz. 
Dreg agra que plus m'azires. 



4 LE PARNASSE 

Ara 1 ven en cor que m'azir ? 
Mas ja fo qu'er autres sos sens y 
Qu'aitals es sos captenemens ; 
Per qu'eu loi dei tostemps grazir, 
Sol pel ben que m n'es escazutz. 
Ja mais no m'en vengues salutz, 
Li dei tostemps estar als pes. 

Si m volgues sol tan consentir 
Que tostemps fos sos entendens , 
Ab bels digz n'estera jauzens 
E fera m senes fag jauzir. 
E deuria n'esser cregutz , 
Qu'icu no quicr tan ja 'n fos crezutz 
Mas d'un bon respicg dou visques. 

Bon-respieg , d'aut b.as son cazutz j 
E si no m recep sa vertutz , 
Per cosselh li do que m pend.es. 

No/e. C'est la réponse à la pièce de P. Roger. Voyez son article. 



LA COMTESSA DE DIA. 

7225 , 7614. 

ojLb joi et ab joven m'apais , 

E jois e jorens m'apaia ; 
Quar mos amics es lo plus gais 7 

Per qu'ieu soi coiudet'e gaia. 

E pois eu li soi vcraia , 
Be s taing qu'cl me sia verais , 
Qu'anc de lui amar 110 m'estrais 

Ri ai cor que m'cn estraia. 



OCCITANIEN. 55 

Mout mi plalz , quar sai que val mais 

Cel qu'ieu ai dezir que m'aia ; 
E cel que primiers lo m'atrais , 

Dieu prec que gran joi l'atraia. 

E qui que mal l'en retraia , 
No creza fors so qu'ieu 1 retrais : 
Qu'om coill mantas vetz lo balais 

Ab qu'el mezeis se balaia. 

Domna quez en bon pretz s'enten 

Deu ben pauzar s'entendensa 
En un pro cavallier valen ; 

Pos ilb conois sa valensa , 

Que l'aus' amar à presensa : 
E domna , pois am' à presen , 
Ja pois li pro ni li valen 

No'n diran mas avinensa. 

Qu'ieu ai causit un pros e gen 

Per cui pretz meillur'e gensa , 
Larc et adreit e conoissen , 

On es sen e conoissensa. 

Prec li que n'aia crezensa , 
Ni hom no 1 posca far crezen 
Qu'ieu fassa vas lui fallimen , 

Sol no trob en lui faillensa. 

Amics , ]a vostra valensa 
Sabon li pro e li valen , 
Per qu'ieu vos quier de mantenen 
Sius platz vostra mantenensa. 

2701 , 3794 , 7225-6 , 7614 , M. 

J\. cantar m'er de so qu'ieu no deuria , 
Quar me rancur de cel cui soi amia ; 
Et eu l'am mais que nulla res que sia. 
Ab lui no trob merccs ni cortesia , 



56 LE PARNASSE 

Ni no nù val ma beutatz ni mos sens ; 
Qu'enaissi soi enganad' e trahia 
Com degr' esser si 1 fos desavinens. 

D'aisso m conort quar anc no fis faillensa , 
Amics , ves vos per nulla captenensa , 
Ans vos am mais no fes Seguis Valensa ; 
E platz me mout qu'ieu del amar vos vensa. 
Lo meus amics , quar etz lo plus valens y 
Mi faitz orgolh en digz et en parvensa j 
Et cs humils ves totas autras gens. 

Be m meravilh com vostre cors s'orgoilla, 
Amics , ves me , don ai razon que m doilla. 
Non es ges drcilz qu'autra domnaus mi toilla, 
Per nulla re queus diga nius acoilla ; 
E membre vos qual fo'l comensamens 
De nostr'amor. Ja domnedieus no voilla 
Qu'en ma colpa sia'l departimens. 

Proeza gran qu'él vostre cors s'aizinu 
E lo ric pretz qu'avetz m'en ataïna ; 
Q'una non sai , londana ni vezina, 
Si vol amar ; ves vos no sia clina. 
Mas vos , amics , es be tan conoissens 
Que be devetz conoisser la plus íina ; 
E membre vos del nostre covinens. 

Valer me deu mos pretz e mos paratges, 
E ma beutatz , e plus mos fis coratges : 
Per qu'ieu vos man lai on es vostr'estatges 
Esta canso , que me sia messatges. 
E volh saber ; lo meus bels amics gens , 
Per que m'etz vos tan fers ni tan salvatges ; 
Sius o fai far orgolhs o mal talens. 

Ailan e mais volh queus diga'l messatges, 
Qu'ea trop d'orgolh aut gran dan mantas gens. 



OCCITANIEN. 5 7 



'225. 



E 



stat ai en greu cossiner 
Per un cavallier qu'ai agut , 
E voil sia tostemps saubut 
Com ieu l'ai amat à sobrier. 

Ara vei qu'eu soi trahida , 
Quar eu no li donei m'amor ; 
On ai estat en gran error 

En leit e quan soi vestida. 

Ben volria mon cavallier 
Tener un ser en mos bratz nut 7 
Qu'el s'en tengra per errebut, 
Sol qu'à lui fes se cosseillier. 

Quar plus m'en soi abellida 
No fis Floris de Blancaflor : 
Mon cors l'autreji e m'amor , 

Mon sen 7 mos oills e ma vida. 

Bels amics , avinens e bos , 
Quoraus tenrai en mon poder ? 
E que jagues ab vos un ser 
E queus des un bais amoros. 

Sapchatz gran talen n'auria 
Queus tengues en loc de marit, 
Ab so que m'aguesses plevit 

De far tot so qu'eu volria. 



S. e Palaye. Manuscrit de modène. 



X i n joi me don' alegransa 7 
Per qu'eu cant plus gaiamen ; 
E no m'o teng à pezansa 
Ni k negun pessamen ? 



58 LE PARNASSE 

Quar sai que son à mon dan 
Aitals lausengier truan ; 
E lor maldis no m'esglaia , 
Ans en son dez tans plus gaia. 

En mi inges Fransa 

Li lausengier mal dizen , 
Qu'om non pot aver honransa 
Qui a 'b els acordamen ; 
Qu'ist son d'atretal semblan 
Com la nivol quan s'espan , 
Que'l solels en pert sa raia : 
Per qn'eu non am gent savaia. 

E vos gelos mal parlan 
Nous cuges qu'eu m'an tarzan 
Que jois e jovens no m plaia , 
Per tals que dols vos descaia. 



FOLQUET DE MARSELHA. 

I'lorissait en 1180. Hist. génér. de Provence. T. 2 , p. 3g3. 

2^01 , ^225. 

Foiquet de Marselha fo filh d'un mercadier de Genoa , quc 
ac nom sier n Anfos. E can lo paire mori , el lo layssec ric d aver. 
E el entendet en pretz , e mes se à servir valens homes , e à 
trevar ab lor et anar e venir. E fon fort grazit per lo rey Richart , 
e per lo bon coms R. de Toloza , e per en Rarral lo sieu senhor 
de Marselha. E trobet mot be : e fo avinens de la persona. E 
entendia se en la molher de son senhor en Rarral , e pregava la ; 
e d'ela fazia sas cansos. E anc per re qu'el fezes non li volc far 
plazer d'amor , per que tostems se plays en sas causos. 

Can lo bon rey Anfos de Castela fo estatz descofitz per lo rey 
de Marroc , lo qual era apelatz Miramamoli , e li ac touta Cala- 
trava e Salvaterra , e'l castel de Toninas , fon grans dols per 
tota Espauha , e per totz cels que auziro, , per so car crcstiantat 



OCCITANIEN. 5 9 

era tan descofida ; e car ìo bon rey era estatz descofitz , e avia 
mot perduda de sa terra : e soven intravan las gens del Mira- 
mamoli en las terras del rei'n Anfos , e i fazian gran dan. Lo 
bo rei Anfos niandet sos messatges al Papa , qu'el degues far socorre 
als baros de Fraasa e d'Englaterra , e al rei d'Arago , e al comte 
de Toloza. En Folquetz era amic del rei de Castela, e no s'era 
encaras rendutz en l'orde de Cistel ; si fes una prezicansa per 
confortar las baros que deguesso socorre al rei de Castela, mostran 
la honor que seria'l secors e'l perdo que n'aurian; e comensa aysi : 

Huei mais noi çonosc razo. 

Folquet , si com avetz auzit , amava la molher de son senhor 
en Barral , madona na Alazaitz de Roca Martina , e d'cla fazia sas 
cansos. E gardava se fort c'om non o saubes , car era molher 
de son senhor. La dona li sufria sos precs e sas cansos , per la 
gran lauzor qu'el fazia d'ela. En Barral si avia doas serors de 
gran valor e de gran beutat ; l'una avia nom na Laura de San 
Jorlan , l'autra na Mabilia de Ponteves : abdos estavo ab en Barral. 
En Folquet avia tanta d'amistat ab cascuna , que semblaus era 
que en cascuna se entendes per amor. E madomua n'Alazais crezia 
que entendes en madona Laura e que 1 volgues be. E si l'acuzet 
ela e'l fetz acuzar à motz homes , si qu'ela li det comiat , que 
no volia plus sos precs ni sos ditz; e que se partis de na Laura ; 
e que de leis non esperes mais be ni amor. 

Folquet fo mot dolens can sa dona l'ac donat comiat, e layset 
solas e chan e rire. E estet gran sazo en manimen , planhen la 
desaventura que l'era venguda ; car perdia sa dona qu'el amava 
mays que re , per lieis à qui el no volia be mas per cortezia. E 
sobre aquel marrimen el anet vezer l'enperayritz, molher d'en G. 
de Monpeslier , que fo filha al enperador Manuel , que fo caps 
e guitz de tota valor e de tot be , e ciamet se ad ela de la 
desaventura que l'era avenguda. E ela lo cofortet tan can poc , 
el preguec que uo s marris ui desesperes; e que per la sua amor 
chanles e fezes chausos. Dou el per lo sieu prec fetz aquesta que ditz : 

Tan mou de corteza razo. 

E avenc se que madona n'Alazais muri , en Barral sos marilz 
e senher de luy muri ; e muri lo bon rey Richart , e'l bon coms 
de Toloza , e'l rey 'n Aufos d'Arago ; don el per tristeza de sa 
dona e dels baros qu'ero mortz , abandonec lo mon ; e rendec 
se en l'orde de Cistel , ab sa molher et ab dos fils que avia. E 
fon fatz abas d'una rica abadia qu'es en Proensa, que a nom lo 
Torondet ; e pueis fon. fatz avesques de Toloza , e lai definet. 



Go LE PARNASSE 

2701 , 7220-6 , 7614 , 7698 , M. 



H, 



uei mais noi conosc razo 
Ab que nos poscam cobrir , 
Si ja dius volem servỳr , 
Pos tant enquer nostre pro 
Quc son dan en volc sufrir ; 
Que'l sepulcre perdem primeiramen 7 
Et ar sufre qu'Espanha s vai perden ; 
Par so quar lai trobavon ocaizo ; 
Mas sai sivals no lemem mar ni ven. 
Las ! quom nos pot plus fort aver somos 
Si doncs no fos tornatz morir per nos ! 

De si mezeis nos fes do 
Quan venc nostres tortz delir ; 
E fes so sai à grazir 
Quan si ns det per rezemso. 
Doncs qui vol viur' ab morir 
Si don per diu sa vida e la i prezen t 
Qu'el la donet e la rendet moren , 
Qu'atressi deu hom morir no sab quo. 
Ai ! com mal viu qui non a espaven ! 
Que'l nostre viure, don em cobeitos, 
Sabem qu'es mals et aquel morir bos. 

Aujatz cn qual error so 
Las gens ni que poiran dir , 
Que'l cors qu'om 110 pot gandii 
De mort , per aver quei do , 
Vol quecs gardar c blandir ; 
E de l'arma non a nul espaven 
Qu'om pot gardar de mort e de tormen. 
Pens quecs de cor si eu dic ver o no f 
E pois aura d'anar meillor talen : 
E ja noi gart paubreira nuls hom pros ; 
Sol que comens ; quç dius es pia.tos- 



OCCITANIEN. 61 

Cor sivals pot n'aver bo , 

D'aitans poira s'en garnir , 

Que l'als pot dieus totz complir 

E nostre rei d'Arago ; 

Qu'ieu no cre saubes fallir 
A nul quei an ab bon cor e valen , 
Tan pauc vezem que falh à l'autra gen. 
No deu ges far à dieu pejurazo , 
Que l'onrara si 1 serv onradamen ; 
Qu'ogan si s vol n'er coronatz sà jos 
O sus él cel ; uns no 1 falh d'aquest dos. 

E ja no pretz fol resso 

Lo reis castelas , ni s vir 

Per perdre , q'ans deu grazir 

A dius que 1 mostr' e'l somo 

Qu'en lui se vol enantir 
Et aulr'esfortz ses diu torn'à nien : 
Qu'aissi valrà son ric pretz per un cen 
Si acoill dius hoimais per companho , 
Qu'el no . vol re mas reconoissemen. 
Sol que vas dius no sia orgolhos , 
Mout er sos pretz onratz e cabalos. 

Vida e pretz , com vol de folla gen , 
On plus aut son cazon leugeiramen. 
Bastiscam doncs en ferma peazo , 
El pretz qu'este quan l'autre va cazen ; 
Que totz sos pretz , sos gaugz e sos laus fos 
En pessar fort quant dius à fait per nos. 

Bels Azimans, dius vezem queus aten, 
Queus volria gazanhar francamen, 
Qu'onrat vos tc tan quez à mi sap bo. 
No 1 fassatz donc camiar son bon lalen , 
Ans camialz vos : que val mais per un dos 
Com fos tan aut que forsatz caia jos. 



62 LE PARNASSE 



2701 , 3794 , 7225-6 , 7614 , 7698 , C , M. 



J.AN mou de corteza razo 
Mon cant per que noi deu falhir , 
Ans i dei meils endevenir 
Qu'anc mais no fis ; e direus co , 
Que l'emperairitz m'en somo. 
E plagra m fort que m'en gequis f 

S'ilh m'o sufris : 
Mas quar ilh es cim e razis 

D'ensenhamen, 
No s cove qu'al sieu mandamen 
Sia mos sabers flacs ni lens , 
Ans taing que s doble mos engiens. 

E s'anc parlei en ma canso 
De lauzengier , cui dieus azir , 
Eras los volh del tot maldir. 
E ja dius noca lor perdo , 
Quar an dig , so que vers no fo , 
Que'l bella cui ieu obedis 

Me relinquis ; 
E cuja qu'alhors ai assis 

Mon pessamen. 
Be mor doncs per gran fallimen , 
Si pert so qu'ieu am finamens 
Per so que dizo , qu'es niens. 

Mas ges per so no m'abando ; 
Que mantas vetz ai auzit dir 
Que messonja no s pot cobrir 
Que no s mostre qualque sazo. 
E pois dretz vens fals'ocaizo , 



OCCITANIEN. C5 

Encar er saubut e devis 

Com ieu'l soi fis ; 
Qu'aissi 1 soi subjetz et aclis 

De bon talen , 
Qu'en ieis amar an pres conlen 
Mos ferm coratges e mos sens r 
Q'usquecs cuj'amar plus formens. 

E si merces no m'i ten pro , 
Que farai ? poirai m'en partir ? 
Ieu , no : qu'apres ai à morir 
En guiza que m sap sobre bo y 
Qu'en pessan remir sa faisso 
Et en remiran ieu languis ; , 

Quar ela m dis 
Que no m dara so qu'ieu l'ai quis 

Tan longamen : 
E ges per aisso no m'alen 7 
Ans d'obl' ades mos' pessamens ; 
E mor aissi mescladamens. 

Amarai la doncs à lairo , 
Pos vei que no denba sufrir 
Qu'ieu ins é mon cor la desir. 
E sai qu'à far m'er , voill' o noj 
Que'l cors ten lo cor en preizo, 
Et a'l si vencut e conquis 

Que no m'es vis 
Qu'ilh des poder que s'en partis } 

Per qu'ieu n'aten 
Que merces la m venca breumen : 
Quar long servirs ab merces vens , 
Lai on no val forsa ni genhs. 

N Aziman , mout m'estera gen 
S'ieu mor per midons doussamens , 
Pos qu'à morir m'er eissamens. 



64 LE PARNASSE 

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GUIRAUDO LO ROS. 

7225 , 7698. 

Gl'iracdo lo Ros si fo de Toloza , fils d'uu paubre cavalier. 
E venc en la cort de son seignor lo comte Anfos per servir. E 
fon cortes e ben cantans 5 et enamoret se della comtessa filla de 
son seignor : e l'amor qu'el ac en leis l'enseignet à trobar , e 
fetz mantas cansos. 

Note. Ses chansons au nombre de six sont tendres-et faciles , 
inais pleines de lieux communs d'amour. 

BERTRAN DE BORN. 

2701 , 7225 , 7698. 

Bertran de Born si fo un castellans del evescat de Peiregors , 
vescoms d'Aut fort , un castel que avia pvop de mil bomes. Et 
avia fraires e cujav.i ls deseretar , si no fos lo rei d'Englaterra. 
Totz temps ac guerra con totz los sieus vezins,con lo comte de 
Peiregors, e con lo vescomte de Lemoges, e con son fraire Constanti , 
e con Richartz , tan quan fo coms de Peitieus. Bons cavalliers 
fo o bons guerriers , e bon domnejaire , e bons trobaire j e savis 
e ben parlans , e saup ben tractar mals e bens. Seingner era , 
totas ves quan se volia , del rei Enric e del fils de lui j mas 
totz temps volia que ill aguessen guerra ensems lo paire e lo fils , 
e'l fraire l'un con l'autre. E totz temps volc que lo reis de Fransa 
e'l reis d'Engleterra aguessen guerra essems ; e s'il aguen patz ni 
treva , ades se penet con sos sirventes de far e de mostrar com 
cascuns era desonratz en aquella patz. E si n'ac de grans bes e 
de grans mals. Mot fe be sirventes et anc 110 fes roas doas cansos. 
El rei d'Arago donet per molher las cansos d'en G.t de Bornelh 
als sieus sirventesc. Et aquel que cantava per el avia nom Pepiol. 
Et era azautz e cortes ; e clamava Rassa lo coms de Bretanha , 
e'l rei d'Englaterra Oc e No 5 e'l rei jove so filh , Marinier. E metia 
tot son sen en mesrlar guerras : e fes mesclar lo paire e'l filh 
d'Englaterra , tan que'l rei jove fo mortz d'uu cairel en un castel 
d'en Beilran de Born. 

En 



OCCITANIEN. 65 

En Bertran si s vanava qu'el cujava tan valer, que no s pensava 
que tot son sen l'ajrues mestier. E pueis lo rei lo pres ; e quan 
fo pres el li demandet si avia tot son sen : que aras vos aura ops. 
Et el respos , qu'el avia tot lo sen perdut j quar tot lo perdet 
quan lo rei jove mori. Adomcs se ploret lo rei de so filh ; e per- 
donec li , e 1 vesti , e 1 donet terras et honors. E visquet longamen 
él segle , e pueis se rendet en l'orde de Cistel. 



3794 > 7225-6 , 76l4, C. 



B 



e m platz lo dous temps de pascor 
Que fai foillas e flors venir ; 
E platz me quant aug la baudor 
Dels auzels , que fan retentir 

Lor cant per lo boscatge ; 
E platz mi quan vei sobre'ls pratz 
Tendas e pavaillos fermatz ; 

Et ai gran alegratge , 
Quan vei per campaigna rengatz 
Cavaliers e cavals armatz. 

E piatz mi cruan li corredor 
Fan las gens e l'aver fugir ; 
E platz me quan vei apres lor 
Gran ren d'armatz ensems venir ; 

E platz m'en mon coratge , 
Quan vei fortz castels asejatz 
E barres rotz et esfondratz ; 

E vei l'ost él rivatge 
Tot entorn claus de bons fossatz ; 
Am lissas et am pals serratz. 

Et atressi m platz de senhor 
Quan ven premiers à l'envaïr 
En caval armat ses temor , 
C'aissi fai los sieus enardir 

5 



6G LE PARNASSE 

Ab valen vassalatge ; 
E pois que l'estors es mesclatz ; 
Quascus deu esser acesmatz 

É segr'el d'agradatge : 
Quar hom non es à dreg prezalz 
Tro qu'a mantz colps pres e donatz. 

Lansas e brans ; elms de color ; 
Escutz trencar e desgarnir 
Veirem à l'entrar de l'estor ; 
E manz vassals ensems ferir ; 

Don anaran aratge 
Cavals dels mortz e dels nafratz. 
Quan seren en l'estor intratz ; 

Ja nuls hom de paralge 
No pens mas d'asclar caps e bratz : 
Que mais val mortz que vius sobratz. 

Ieus dic que tant no m'a sabor 
Manjars ni beure ni dormir ; 
Coma quant aug cridar : à lor ! 
D'ambas dos partz ; et aug enguir 

Cavals voiz per l'erbatge ; 
Et aug cridar : aiatz ! aiatz ! 
E vei cazer per los fossatz 

Paucs e grans per l'ombralge j 
E vei los mortz que pels costatz 
An los penons ab los cendatz. 

Pros comtessa ; per la meillor 
Q'om posqu'en tot lo mon cauzir 
Vos ten hom ; e per la gensor 
Q'anc si mires ni ja se mir. 

Bietritz ; d'aut paratge ; 
Bona domn'en ditz et en fatz ; 
Fons on sorzon totas beutatz ; 

Bella ses maïstratge ; 
Vostre ric pretz es tan pojatz 
Que sobre totz es enansatz. 



OCCITANIEN. 67 

Donzella d'aut linhatge ; 
Tal en cui es tota beutatz , 
Am fort e sui per leis amatz j 

E dona m tal coratge , 
Que ja no pens esser sobratz 
Per un dels plus outracujatz. 

Baros , metetz en gatge 
Castels o villas o ciutatz , 
Enans c'usquecs nous guerrejatz. 



D< 



7225 , 7614. 



'omna , pois de mi nous cal ; 
E partit m'avetz de vos 
Senes totas ocaizos , 

No sai o m'en quieira, 
Que jamais 
Non er per mi aitan jais 
Cobratz. E si del semblan 
No trob domn' à mon talan j 
Que vailla vos qu'ai perduda, 
Jamais no volh aver druda. 

Pois non posc trobar egal 
Tan bell' e que fos tan pros ; 
Ni sos rics cors tan joios ; 

De tan bella teira ; 
Ni tau gais , 
Ni sos rics pretz tan verais ; 
Irai per tot acaptan 
De cascun' un bel semblan ; 
Per far domna soicebuda ; 
Tro vos me siatz renduda. 

Fresca color natural 
Pren , Bel Cebelin , de vos ; 
Eill dous esguart amoros : 



68 



LE PARNASSE 

E fatz gran sobreira 
Quar rei lais , 
Quan res de be nous sofrais. 
Midons na Elis deman 
Son adreg parlar gaban , 
Qu'en don à midons ajuda : 
Pois non er fada ni muda. 

De Chales la vescomdal 
Volh que mi don ad estros 
La gol' e las mans amdos. 
Pois ten ma careira , 
Tío m biais , 
Yers Rocachoart m'eslais 
Als pes n i\gnes que m daran : 
Qu'Yseut la domn' à Tristan, 
Qu'en fo per totz mentaguda, 
No'ls ac tan bels à saubuda. 

N'Audiartz, si be m vol mal 7 
Volb que m don de sas faissos , 
Que l'estes gen liasos ; 
Equar es enteira 7 
Qu'anc no s frais 
S'amors ni s volv' cu biais. 
A mon Meils-de-be 1 deman 
Son adreit nou cor prezan, 
De que par à la véuda 
La fassa bon tener nuda. 

Domna Faidid' atretal 
Volh sas bellas dens en dos 7 
L'acuillir e'l gent respos 

Don es presenteira. 
Dins son ais 
Mos Bels-Mojols volh que m lais 



OCCITANIEN. 69 

Sa gaies'e son bel gran ; 
Equar saub sou ben estan 
Far , don es reconoguda , 
E no s'en cambia ni s muda. 



Bel-seìgner , ieu nous quicr al 
Mas que í'os tan cobeilos 
D'aqucsta com soi de vos. 

Q'una lecadeira 
Amors nais , 
Don mos cors es tan lecais , 
Mais volh de vos lo deman 
Que d'autra tener baisan. 
Doncs midons per que m refuda , 
Pois sab que tan l'ai volguda ? 

Papiol ; mon Aziman 
M'anaras dir en cantan, 
Qu'amors es desconoguda 
Sai , e d'aut bas cazeguda. 



2701 , 7225-6 , 7614 , M. 

Ì^'abrils e foillas e flors , 
E'l bel matis e'l clar ser ; 
E'l ric joi quez ieu esper 
No m'ajudon ct amors f 
E'L rossinholet qu'aug braire y 
E'l nou temps vertz e grazitz 
Que ns adutz jois e doussors , 
E'l cortes pascors floritz 
Midons son ardit no 1 creis , 
O no 1 merma l'espavens , 
Greu m'en venra jauzimens. 



LE PARNASSE 

Domna , s'ieu quezi socors 
Ves vos , non o fi de ver ; 
E veus m'al vostre plazer 7 
Mi e mos cantz e mas tors. 
E pren comiat del repaire 
On fui tan gent aculhitz y 
On reina pretz e valors. 
E cel que m'en te faiditz , 
Per honor de si meteis 7 
En fa bos acordamens 
Ab sol los afizamens. 



Vostre reptars m'es sabors 
Ric ; quar tan cujatz valer 7 
Que ses donar per temer 
Volriatz aver lauzors ; 
E qu'om nous auzes retraire 
S'usquecs fai que descauzitz. 
Mas semblaria m temors 
S'us n'era per mi cobritz 
Coms ni vescoms , dux ni reis 
Mas faitz vostres fagz tan gens 
Queus en segan ditz valens. 



Dos n'i a guerrejadors , 
Quar an de mal far lezer, 
Que no s sabon captener 
Nul temps meins d'enginhadors ? 
Tan amon lansar e traire ; 
E trob los totz jorns garnitz 
Com en Vivian de cors. 
Mas ieu no lur soi aizitz ; 
Qu'anc à bon pretz non atcis 
Rics hom , si jois e jovens 
E dos no li'n fo guirens. 



OCCITANIEN. 

D'autres n'i a bastidors 
Rics homes de gran poder , 
Quar sabon terra tener 
E fan portals e bestors : 
De caus e d'aren' ab caire 
Fan murs e voutas e vitz. 
E vei los bos manjadors 
E fan lurs dos plus petitz , 
Per que lur pretz no lor creis 
Quar aitals captenemens 
No val mest las bouas gens. 



D'autres n'i a cassadors 
Per la costuma tener , 
Que s fan ric home parer , 
Quar amon cas et austors , 
E corn e taborelairc. 
E vei los tan freolitz 
E mermadas lurs valors ; 
E lur pretz es tan frezitz , 
Que res mas bestias o peis 
No lor es obediens , 
Ni fa lors comandamens. 



Res dels rics tomejadors , 
Si tot s'i gaston l'aver , 
No pot à mon cor plazer , 
Tan los trob galiadors. 
Ilic hom que per aver traire 
Sec tornejamcn plevitz 
Per penre sos vavassors , 
Non l'es honors ni arditz, 
Mas el non estreing correis , 
Sol qu'ab el s'en an l'argens , 
S'om pois s'en es maldizens. 



LE PARNASSE 
i 

Pn'cs homes volh qu'ab arnors 
Sapchan cavallier aver , 
E que 1 sapchon retener 
Ab be fag et ab honors ; 
E qu'om los trob ses cor vaire ; 
Francs e cortes e cauzitz ; 
E larcs e bos donadors ; 
Qu'aissi fon pretz cstablitz 
Qu'om guerrejes ab torneis : 
E quaresmes et avens 
Fcsson soudadiers manens. 



Na Tempra , jois m'es cobitz 7 
Qu'ieu n'ai mai que s'era reis , 
Que'l fel mesclat ab cissens 
M'es esdevengutz pimens. 



Papiol , sias tan arditz , 
Pren mon cant e vai n'ab el 
A 'n Oc e No .- quar prezens 
Li fatz de mans digz cozens. 

GUILLEM RAINOLS, d'At. 

Florissait en n8o. Hist. géncr. de Provence. T. II, p. 3ga. 
7225. 

Ghillïm Rainols si fo uns cavalliers de la ciutat d'At , la 
qual ciutat es él comtat de Forcalquier. Bons tiobaire fo de 
sirveutes , dellas razos que corrìan entre'I rei d'Aragon e 1 conite 
de Tolosa ; e si fez à toz sos sirveutes sons nous. Fort fo temsuta 
per totz los baios , per los coseus sjrventes qu'el fazia. 



OCCITANIEN. 7 3 



RAIMONS DE DURFORT. 
7225. 

Ratmons de Durfort e'n Turcmalec si foron dui cavallier de 
Caersi , que feiren los sirvenles de la domna que ac nom madomna 
n'Aia , aquella que dis al cavallier de Cornil qu'ella 110 l'amari a 
si el 110 la cornava él cul. 

RAIMBAUT DE VAQUEIRAS. 

Connu par plusieurs pièces dès 1170. Hist. génér. de Provence. 
T. II , p. 38 7 . 

1*701 , 7614 , 7698. 

Raimbaut be Vaqdeiras fo filh d'un paubre cavayer de Proensa , 
del castel de Vaqueiras , que avia nom Peirors , qu'era tengutz 
per mar. E Raimbaut se fes joglars , et estet longamen ab lo 
princeps d'Aurenca Guillem del Baus. Ben sabia cantar e far 
coplas e sirventes \ e'l prmceps d'Aurenca si 1 fes grau be e gran 
bonor , e'I fe cono'sser e prezar. E pueis se parti de Iui , e anet 
se à Monferrat à messier lo marques Bonifasi , et estec en sa 
cort lonc temps. E crec de sen e de saber e d'armas ; et ena- 
moret se de la seror del marques , madomna Biatris , que fo mollier 
d'en Enric del Carret , e trobet de lieis mantas bonas cansos. 
Et apelava la Bels cavayers ; e fon crezut qu'ela li volgues ben 
per amor. 

Ben aves entendut qui fo Raimbaut de Vaqueiras , ni com 
venc en iiouor , ni per qui. ]\Ias si vos vueill dire que , quant lo 
marques l'ac fac cavayer , Raimbaut s'euamorec de madomna 
Beatiis sa seror , e seror de madomna Azalais de Salutz. Mot 
l'amet e la desiiet , gardan que no fos sauput j e mot la mes 
en pretz , e mains amics li ga/antret e maintas amigas. Et ela 
1 fazia gran onor d'aculhir ; et el moria de dezir e de temensa , 
quar non l'auzava pregar d'amor ni far semblan qu'el entendes 
en ella. JMas com honi dtstreg d'amor si 1 dis qu'el aniava una 



74 LE PARNASSE 

domna de gran valor , et avia gran prevadeza ab ela , e non 
li auzava dir lo bcn que 1 volia ni mostrar , ni jiregar d'amor , 
tan temia sa gran valor. E preguet la per dieu que li des con- 
selh , si 1 diria son cor ni sa voluntat , o si morria celan et 
aman. Aquela genlil domna , madomna Biatris , quant aiso auzi 
e conoc la bona voluntat d'en Raimbaut , e denan era ben aper- 
ceubuda qu'el moria lauguen deziran per ela , si la toquet piatat 
et amor ; e dis : Raimbaut , be cove que totz fis amics , si ama 
una gentil domna , que aia temensa à mostrar s'amor. Mas ans 
qu'el mueira si 1 don cosselh que lo 1 diga , e que la prec que 1 
prenga per servidor e per amic. Et assegur vos be que si ella 
cs savia e corteza , que uo s'o tendra en mal ni en desonor , ans 
lo'n prezara mai e l'en tenra per meillor home. Et à vos don 
coselh que à la domna ájue amas digatz vostre cor , e la voluntatz 
que vos li avetz ; e pregatz la que vos prenda per son cavayer. 
Qne vos etz tals que non a dona 61 mou que per cavayer e 
per servidor nous degues retener ; que madon'Azalais , comtessa 
de Saluza, sofri Peire Vidal $ e la comtessa de Burlatz , Ar. de 
Maruelh ; e madoua Maria , Gausselm Faiditz ; e la dona de 
Marselha , Folquet. Per qu'ieu vos do conseil et austorgui que 
vos , per la mia paraula e per la mia segurtatz , la pregues e 
l'enqueiras d'amor. 

En Raimbaut , qnant auzi Io cosselh e l'asseguramen que 1 do- 
nava , e l'autorc qu'cla li prometia , si li dis qu'ela era eisa la 
dona qu'el tant amava , e d'ela avia pres cosselh. E madona 
Biatris li dis que be fos el vengut ; e que s'esforses de ben far 
e de ben dire e de valer , e qu'ela lo volia retener per cavayer 
e per servidor. Don Raimbaut s'esforset d'enansar son pretz tal 
quan poc , c fes adoncs aquesta canso que dis : 

Era m requer sa costum' e son us. 

Et esdevenc se que la domna se colquet dormir ab el ; e'i 
marques , que tant l'amava , atrobet los dormen e fos iratz : e 
com savis hom no ls volc tocar. E pres son mantel e cobri los 
ne ; e pres col d'en Raimbaut et anet s'en. E quaut en Raimbaut 
se levet conoc tot com erà ; e pres lo mantel al col et anet al 
jnarques dieg cami , e aginolhet se denan el e clamet merce. 
El marques vi que savia com s' er' avengutz ; e membret li los 
plazers que li avia fatz en mans locs ; e car li dis cubertamens , 
per que no fos entendutz al querre del perdo , que 1 perdouec 
car s'era tomatz en sa rauba , selh que o auziron se cujeron que 
o disses per lo mantel , car l'avia pres. El marques perdonet li , 
e dis li que mais no tornes à sa rauba. E 110 fo saupat mas per abdos. 



OCCITANIEN. 7 5 

Apres esdevenc se que'l marques ab son poder passet en Ro- 
mania et ab gran ajuda de la gleiza , on conquis lo regisme de 
Salonic. Et adoncs fo cavayer en Raimbaut per los fatz que 
fes ; e lai li donet gran terra e gran renda , e lai mori. E per 
los fatz dc sa sor fetz una canso que trames à'n Peire Yidal , que di : 



Cant ai ben dig del marqpes. 
77.2.5. 



D 



'omna , tan vos ai pregada , 
Sius platz , qu'amar mi voillatz ; 
Qu'eu sui vostr' endomeniatz f 
Quar es pros et enseignada 
E totz bos pretz autreialz , 
Per que m plai vostr'amistatz. 
Quar es en totz faitz corleza, 
S'es mos cors en vos fermatz 
Plus qu'en nulla Genoesa f 
Per qu'er merce si m'amatz : 
E pois serai meils pagatz ; 
Que s'era mia'l ciutatz 
Ab l'aver qu'es ajostatz 
Dels Genoes. 

Juiar , voi no se corteso , 
Que me chardeiai de chò 
Que niente non farò. 
Ance fosse vos à peso 
Vostr'amia non serò. 
Certa ja v'escarnerò , 
Provensal mal agurado ; 
Tal enoio vos dirò , 
Sozo , mozo , escaivado y 
Ni ja voi non amarò , 
Qu'ech un bello mariò 
Que voi no se ben lo sò. 
Andai via , frar' ; en tempo 
Meillorado. 



7 6 LE PARNASSE 

Domna gcnt' et esserhida ; 
Gai' e pros e conoissens , 
Vailla m voslre cauzimens. 
Quar jois e jovens vos guida, 
Cortesi'e pretz e sens , 
E totz bos ensenhamená ; 
Per qu'ieus soi fidels amaire 
Senes tolz retenemens , 
Francs , humils e mercejaire , 
Tant fort me destreing e m vens 
Vostr'amors que m'es plazens : 
Per que sera jauzimens 
S'ieu sui vostre bevolens 
E vostr'amics. 

Juiar , vos semellai mato , 
Que cotal rason tegnei. 
Mal vignai e mal andei ; 
Non ave sen per un gato , 
Per que trop me decasei , 
Que mala cosa parei ; 
Ne non faria tal cosa 
Si sia fillo de rei. 
Credi voi que sia mousa ? 
Mia fe non averei. 
Si per m'amor ve cevei 
Ogano morrei de frei. 
Tropos son de mala lei 
Li Provensal. 

Domna no siatz tan fera , 
Que no s cove ni s'escai ; 
Ans taing ben , si à vos plai , 
Que de mo sen vos enquera 
E queus am ab cor verai ; 
E vos que m gitetz d'esmai, 



OCCITANIEN. 77 

Qu'eu vos son hom e servire. 
Quar vei e conosc e sai _, 
Quan vostra beutat remire 
Fresca com rosa de mai , 
Qu' él mon plus bella non sai ; 
Per qu'ieus am et amarai : 
E si bona fes mi trai , 
Sera peccatz. 

Juiar , to provensalesco , 
Si eu jaggauza de mi 7 
No preso un genoi. 
No t'enten plus d'un Toesco , 
O Sardo o Barbarî , 
Ni non o cura de ti. 
Yoi t'acavillar co mego ? 
Si io sa lo meu mari 
Mal plait aurai cousegui , 
Bel messer , verre vo di. 
No volo questo lati , 
Fradello , zo voi afi. 
Proenzal , va mal vesti , 
Largai m'estar. 

Domna , en estraing cossire 
M'avetz mes et en esmai ; 
Mas enqueraus preiarai 
Que voillatz qu'eu vos essai , 
Si com Provenzals o fai 
Quant es pojatz. 

Juiar , no serò con tego , 
Pois aissi te cal de mi. 
Meill valra , per Sant Marti , 
S'andai à ser Opeti , 
Que dar v'a fors un ronci ; 
Car si juiar. 



78 LE PARNASSE 



3701 , 3-q4 , 7226 , 7698 , C. 



E 



Ljra m requer sa costum' e son us 
Amors , per cui plang, plor , sospir e velh ; 
Qu'à la gensor del mon ai quist cosselh, 
E m dis qu'ieu am tan aut com poirai sus 
Bela domna ; quez ela m'er fiansa 
Qu'amor e prelz e pros m'er e non dans : 
Equar ilh es del mon la plus prezans , 
Ai mes en lieis mon cor e m'esperansa. 

E non ama lan aut com ieu negus 
En pros domna ; e quar noi trob parelh 
M'entent en lieis , e l'am per son cosselh 
Mais qu'auc Tisbe non amet Piramus , 
Quar jois e pretz sobre totas l'enansa ; 
Qu'el' es as pros plazens e gen sonans , 
Et als avols ab orgoillos semblans : 
Largu'es d'aver e d'onrada cundansa. 

Bona domna , aitan arditz e plus 
Fui , qum vos quis la joia del cabelh 
E que m dassetz de vostr'amor cosselh , 
No fon del saut de Gadre Menaudus ; 
Et à mi tanh mais de pretz e d'onransa 
Qu'endreg d'amor fon l'ardimen plus grans 
Mas ben deu far tan d'ardit vostr' amans 
Qu'el ne muera o n'aia benanansa. 

Anc Persavals , quant à la cort d'Artus 
Tolc las armas del cavalier vermelh , 
Non ac tan gaug com ieu dcl sieu cosselh. 
E f a m niorir si co mor Tantalus , 



OCCITANIEN. :9 

Qu'aisso m veda de que m det aondansa 
Leis qu'es gaia , cortez'e gen parlans f 
Franqu'et humils ab totz faitz ben estans ? 
E de bon sen e de bela semblansa. 



Ja mon Engles no m blasme ni rn'acus 
Si m lonh per lieis d'Aurengu'e de Montelh , 
Qu'aissi m don dieus del seu bel cors cosselh, 
Que plus valens de lieis no vis hom nus. 
E sieu fos reis d'Englaterr' o de Fransa 
Lonhera m'en per far totz sos comans ; 
Quar en lieis es mos cors e mos talans , 
E de ren als no m ve null'alegransa. 

Bel Cavalier en vos ai m'esperansa ; 
Equar vos es del mon la plus prezans 
E la plus pros no mi deu tener dans , 
Quar vos mi des cosselh e m fos fermansa. 

Na Beatritz de Monferrat s'enansa ; 
Quar totz bos faitz li van ades denan ; 
Per qu'ieu dauri ab sas lauzors mon can , 
E trai m'enan ab sa bela semblansa. 



2701 , 3794 , 7226 , 7698. 

jljras , quan vei verdejar 
Pratz e vergiers e boscatges y 
Volh un descort comensar 
D'amor , per cui vanc aratges : 
Q'una domna m sol amar , 
Mas camiatz l'es sos coratges , 
Per qu'ieu fauc desacordar 
Los mots e'ls sos e'ls lengatges. 



8o LE PARNASSE 

Eu soi cel que ben non aio 7 
Ni enqueras non l'averò 
Per abrilo ni per mayo , 
Si per madono no l'ò. 
Plus fresqu'es que flor de glaio ; 
Per que no m'en partirò : 
Cerlo que en son lengaio 
Sa gran beutat dire no so. 

Bella , doussa dama chera 
A vos me rent e m'autroi. 
Ja non aurai joi enteira 
Si je n'ai vos e vos moi. 
Molt estes mala guerreira 
Si je muer per bona foi ; 
Mais ja per nuilla maneira 
Non partirai de vostre lòi. 

Dauna , io me tenc à bos 7 
Qoar es Ia mes bon' e bera 
Anc sees , gaillard' e pros , 
Ab que no m fosetz tan fera. 
Mout avetz beras faissos 
Ab coror fresca novera : 
Bostes sui , e sibs ag os 
No m sofraisera íiera. 

Mas tan temo vostro pleito 
Todo' n soi escarmentado. 
Par vos ai pen' e maltreito 
E mei corpo lazerado. 
La nueit quan jatz en mei leito 
Soi moclias vetz respétado. 
Por vos ero non porfeito , 
Faillit soi en xnei cuidado. 



Bels 



OCCITANIEN. 

Bels Cavaliers ; tant es cars 
Lo vostr' onrat senhoratges ; 
Que quada jorno m'esglaio. 
Oime ! lasso , que farò ? 
Si celi que j'ai plus chera 
Me tua ne sai por quoi. 
Ma dauna , fe que dei bos 
Ni peu' cap sauta Quitei'a , 
Mon corasso m'avetz traito 
E mout gen faulan furtado. 



2701 , 3794, 7225-6, 7614, C. 

ii o m'agrad' iverns ni pascors , 
Ni clar temps , ni folh de garrics j 
Quar mos enans mi par destrics 
E totz miei mager gaug dolors ; 
E son maltrag tut miei lezer 
E desesperat miei esper ; 
Qu'aissi m sol amor e domneis 
Tener gai coma l'aiga'l peis : 
E pois d'amdui me soi partitz 
Com hom issilhatz e marritz, 
Tot' autra vida m sembla mortz 
E tot autre joi desconortz. 

Pois d'amor m'es fallida'l ílors 
E'l dous frutz , e'l gras e l'espics, 
Don gauzi' ab plazens prezics , 
E pretz m'en sobrav' ab honors ; 
E m fazi' entre'ls pros caber , 
Ar m'a tornat d'aut bas cazer ; 
E si no sembles fols esfreis 7 
Anc ílama plus tot non csteis 



82 LE PARNASSE 

Qu'îeu for'esteins e relinquitz } 

E perdutz en falz et en ditz , 

Lo jorn que m venc lo desconortz 

Que no merma , com que m refortz. 

Pcro no m comanda valors 7 
Si tot son iratz et enics , 
Qu'ieu don gaug à mos enemics 
Tan qu'en oblit pretz e lauzors : 
Qu'enquer posc dan e pro tener , , 
E far d'iratz joios parer 
Sai entre'ls Latins c'ls Grezeis. 
E'l marques , que l'cspaza m ceis , 
Guerreje lai blancs e droguitz : 
Et anc pois lo mon fo bastitz 
Nulla gens no fes tan d'esfortz 
Com nos ; cui dieu n'a gent estortz. 

Bellas armas , bos feridors , 
Setis e calabres e pics , 
E traucar murs nous et antics ; 
E vencer batalhas e lors 
Vei et aug ; e no posc vezer 
Res que m posc' ad amor valer : 
Ans vau queren ab rics arneís 
Guerras e cocbas e torneis , 
Don soi conqueren enriquitz. 
E pos jois. d'amor m'es fallitz 
Tot lo mons me par sol un ortz , 
E mos cants no m'cs mais cofortz. 

Anc Alixandres no fes cors , 
Ni Carles ni'l rei Lodo'ics ; 
Tan onrat ; ni'l pros n Aimerics ; 
Ni Rotlan ab sos ponhedors 



OCCITANIEN. 

No saubrou tau gen conquerer 
Tan ric emperi per poder 
Com nos , don poja nostra leis : 
Qu'emperadors e ducs e reis 
N'avem faitz , e castels garnitz 
Prop dels Turcs e dels Arabitz ■ 
Et ubertz los camis e'ls portz 
De Brandis trosc'al bratz san Jortz. 

Doncs que m val conquistz ni ricors ? 
Qu'icu ja m tenia per plus rics 
Quant er' amalz e fis amics , 
E m pascia , n Engles , amors ; 
N'amava mais un sol plazer 
Que sai gran terr' e gran aver ; 
Qu'ades on plus mos poders creis 
Ai major ir' ab mi meteis. 
Pos mon Bel Cavalier grazilz 
S'es de mi louhatz e fugitz , 
Nonca mais no m venra conortz : 
Per qu'es major l'ir'e plus fortz. 

Bcls dous Engles , francs et arditz, 
Cortes , essenhatz e noiritz ; 
Vos etz de totz mos gaugz conortz - t 
Equar viu ses vos fac esfortz. 

Per nos er Damas esvazitz 
E Jerusalcm establitz , 
E'l regne de Suri' estortz ; 
Que'l Turcs o troban en lor sortz. 

Los pelegris perjurs faiditz , 
Que nos an sai en camp gequitz ; 
Qui los manten è cort es tortz : 
Que quascus val mcns vius que mortz. 



84 LE PARNASSE 

•»«»I*VIV»W««**M«ÏV»IA»W*«V»W»*»»>M1»V1VMI»««WVV»*WI 

LO DALFINS D'ALVERNE. 

7225 , 7614. 

Lo Dalfins d'Alvebne si fo coms d'Alverne , uns dels plus 
savis cavalliers et dels plus cortes del mon , e dels larcs ; e'l meiller 
d'armas , e que plus saup d'amor e de domnei , e de guerra , e 
de totz failz avinens ; e'l plus conoissens c'l plus entendens , e 
que meils trobet sirveutes , coblas e tensos ; e'l plus gen parlans 
hoin que anc fos à sen et à solatz. E per larguesa soa perdet 
la meitat et plus de tot lo sieu comtat ; e per avareza e per 
sen o sab tot recobrar , e gazaignar plus que nou perdel. 



R 



2701 , 7225 , 7614. 



eis , pois que de mi cantatz , 
Trobat avetz canlador : 
Mas tan me faitz de paor , 
Per que torn à vos forsatz _, 
E plazentiers vos en son. 
Mas d'aitan vos ocaison , 
S' oimais laissatz vostres fieus 
No m mandetz qucrre los mieus. 

Qu'eu 110 soi reis coronatz , 
Ni hom de tan gran ricor 
Que posc' à mon fort seignor 
Defendre mas heretatz. 
Mas vos , cui li Turc felon 
Temion mais q'un leon , 
Reis e ducs , e coms d'Angieus : 
Sufretz que Gisors es sieus. 

Anc no fui vostre juratz 
E conoissi ma folor : 
Que tan caval mil soudor 
E taus esterlins pesatz 



OCCITANIEN. 

Donetz mon cosin Guion ; 
So dison siei conipagnon 
Tostemps segran vostr'estrieus } 
Sol tan larc vos tenga dieus. 

15en par, quan me mandavatz 
Qu'eu soli' aver valor , 
Que m laissassetz sordejor , 
Pois que bon me laissavatz } 
Pero dieus m'a fag tan pron , 
Qu'eutre'l Puoi et Albusson 
Posc remaner entre'ls mieus : 
Qu'ieu no son sers ni Judieus. 

Seigner valens et bonratz y 
Que m'avetz donat aillor , 
Si no sembles camiador 
Ves vos m'en fora tornatz. 
Mas nostre reis de saison 
Rend Usoir' e lais' Usson ; 
E'l cobrar es me mot lieus } 
Qu'ieu n'ai sai agut sos brieus. 

Qu'eu soi mout entalentatz 
De vos e de vostr'amor ; 
Que'l coms , queus fetz tan d'onor } 
D'Engolmes n'es gen pagatz : 
Que Tolueir'en la maison } 
A guisa de larc baron , 
Li donetz , q'anc non fotz grieus , 
So m'a comtat un romieus. 

Reis , boimais me veiretz pron , 
Que tals domna m'en somon } 
Cui soi tan finament sieus 
Que totz sos comans m'es lieus. 



8G LE PARNASSE 



\ <W-\ /».'V\ ^v^ * 



DEUDE DE PRADAS. 



^tui , n & £ if , 

Deude de Pradas si fo de Rosergue , d'un borc que a nom 
Pradas , pres de la ciutat de Rodes quatre legas; e fo canorgues 
de Magalona. Savis hora fo mot de letras e de sen nalural , e 
de trobar. E saup mout la natura dels auzels prendedors. E fes 
caiifos per sen de tiobar j mas no movian d'amor. Per que non 
avian sabor entre la aen , no foron cautadas. 



2^01 , 3794, 'j2l5-6 , M. 

ÏT 

J_i n un sonet gai e leugîer 
Comens canso gai'e plazen , 
Qu'estiers non aus dir 111011 talen 
Ki descubrir mon dezirier. 
Dczir ai que m ve de plazer , 
E'l plazer mou del bon esper , 
E'l bon esper de joi novel ; 
E'l joi novel de tal castel 
Qu'eu no volh dir , mas à rescos, 
A cels cui aniors ten joios. 

Joios son ieu ; et ai mestier 
De far plazer à bona gen , 
D'onrar joglars , d'aniar joven , 
De dar enans qu'om no mi quier; 
E quan del tot non ai podef 
Sivals que n'o faitz aparcr. 
Quanl autrui sai que m sia bel , 
Adoncs fas d'autrui ílor capel : 
E soi cortes tengutz pels pros 7 
Et enemic dels enoios. 



OCCITANIEN. 87 

Enoios son li lauzcngier 
E'ls gelos , q'us no s'cn defcn ; 
Quar 011 plus vos faran parven 
Queus amou de cor vcrtadier , 
Adoncs vos cujan decazer ; 
E pugnaran matin e ser 
Com vostre joi se descapdcl. 
S'als no podon mouran cembel , 
E seus voletz nous falh tensos : 
Mas sufrctz c venceres los. 

Bel acoillir e plazentier, 
Olh amoros , esguart rizen , 
Gai domnei ab motz d'avinen ý 
Fina beutat ab pretz entier 
Me fan ma domna tan voler , 
Que re no tenc autrui temer. 
E cpii s vol fenhedor m'apel , 
Qu'en prezen tenc sotz mo mantel 
Pros domna malgrat del gelos , 
Ab plazer de mos companhos. 

E pois no m podon mei guerrier 
Mermar nî tolre pensamen , 
E tenc mon cor aifan jauzen , 
No sai de que m leu cossirier. 
Que midons sab aitan valer 
Que quan se vol me pot aver _, 
Ja noi man letra ni sagel , 
Ni rn done cordon ni anel ; 
Mas denhe me dir : amics dos y 
Aissi com vos m'avetz ai vos. 

De ben amar non ai parier , 
Ni trop amador de mon sen ; 
Quar qui plus ama finamen 
De sidons ditz qu'ill s'o enquier. 



88 LE PARNASSE 

Ieu no l'ai ges ; mas ilh per ver 
A be me ses tot relener. 
Mas ieu no m dolh de tal clavel } 
Ans sent al cor un dous cairel 
Don fin'amor m'es gazardos ; 
Qu'aisso m dona que tanh à dos. 

De mo mal aip conosc en ver 
Que bati ferr freg ab martel. 
Folia fatz } quar i apel 
Tfeguua res ; mas que s'ieu fos 
Aissi com solh tot en perdos. 

Vai t'en canso , no t cal temer 
Fol augur de cat ni d'auzel , 
Tro sias denan Gui d'Uisel ; 
E di 1 : aissi m trarnet à vos 
Fol Cosselhs ; quar es amoros. 

PEIROLS. 
2701, 7225, 7614, 7698. 

Petrols fo us paubres cavalier d'Alvernhe , d'un castel que a 
nom Peirols , qu'es en la encontrada del Dalfi d'Alvernhe al pe 
de Rocafort. E fo corles hom et aviuen de la persona , tau que'l 
Dalfi lo tenia ab se , e'l vestia , e'l dava caval et armas , et so 
que mestiers l'avia. 

Lo Dalfi si avia una seror que avia nom Sail de Clanstra , bela 
e bona e molt prezada , avinens et ensenhada ; e si era molher d'en. 
Beraut de Mercuer , un gran bar d'Alvernhe. En Peirols amava 
aquela domna , e'l Dalfins la pregava per lui , e s'alegrava molt 
de las cansos que Peirols fazia de la seror , e niolt las fazia plazer 
à ]a seror ; e tant que la domna li volia ben e ill fazia plazer 
d'amor à saubuda del Dalfi. E l'avnor de la domna e de Peirols 
montet lau que'l Dalfi s'engelozi d'ella,car crezet qu'ella li fezes 
plus que covengues ad ella ; e parti lo de si e 1 lonhet , e 110 
1 vesti ni l'armet. E quan Peirols vi que non se poc mantener 
per cavalier , el se fe joglar et anet pcr corlz ; e recep dels barons 
e draps e deniers e cavals. E pres uioiller à Monpeslier e i definet. 



OCCITANIEN. 89 

3 :9 4, 7225-6, : 6 9 8, C, M. 

ÎT.I anta gens me mal razona 
Quar ieu uo cant plus soven j 
Mas aicel que m'ocaizona 
No sab cossi longamen 
M'a tengut en greu pessamen 
Cilh que mon cors enpreizona : 
Tot n'ai perdut jauzimen , 
Tal desconort me dona. 

Pero si m fos franqu'e bona 
Ma domn' al comensamen , 
Ara no m'acoill ni m sona 
Mas aissi com l'autra gen : 
Quar conois que l'am fuiameu 
Aita mal m'o gazardona. 
Amors fara falhimen 

S'aquest tort li perdona. 

De tota joia m'eslonja 
Ma domn' e no l'es honors y 
Qu'ab pauc de plazen messonja 
Me pogra far gent secors. 
Quar sai que non es mas folors 
So à qu'estendensa lonja , 
Don ai fait tantas clamors 

Qu'anta n'ai e vcrgonja. 

Partir m'en ai doncs ? Eu ; non ja ; 
Quar son pretz e sa valors 
M'o defen e m'o calonja , 
Qu'ieu no m'aus virar alhors. 
Per tot lo cor m'intra l'amors 
Si co fai l'aigu' en l'esponja : 
Tostemps me plaira'l dolors 

Com que m destrenh' e m ponja. 



9© LE PARNASSE 

Ades volh qu'amors m'assalha 
E m guerrei malin e ser ; 
Contra la sua batalha 
No volh ja repaus aver. 
E si tot non ai mon voler , 
Tals es cilh que me trebalha , 
Qu' él mon non es nul plazer 

Qu'aquest meu trebalh valha. (i) 

Lauzenja ni devinalha 
D'enoios no m cai temer. 
Sol pessars de lieis no m faiha ; 
Res no me pot dan tener ; 
Que'l cossir don ieu m'alezer 
M'apais meils d'autra vitalha. 
Per re qu'eu n'ai' en poder 
Mos cors no s'anualha. 

Cansos y à totz potz dire ver 
Qu' é mon cant non agra falha, 
Si m volgues d'amor valer 

La bella cui dieus valha. 



2701 , 3794, 7225-6, C. 

V^tuant amor trobet partit 
Mon cor del seu pensamen , 
D'una tenso m'assalhit 
E podetz auzir comen : 
Amics Peirols , malamen 
Vos anatz de mi lonhan j 
E pois en mi ni en can 
Non es vostr'entensios , 
Digatz pois que valretz vos 'ì 



(1) Note. Ben non è al mondo che al mio mal pareggi. 

Pitrarca. 



OCCITANIEN. 9 i 

Amors , tan vos ai servit 
E cauzimen nous en pren ; 
E vos sabetz quan petit 
N'ai avut de jauzimen. 
Nous ocaizon de nien ; 
Sol que m fassatz d'er enan 
Bona patz , als nous deman : 
Quar nul autre gazardos 
No m'en pot esser tan bos. 



Peirols ; metretz en oblit 
La bella domna valen , 
Quc tan gen vos acoillit 
E tan amorozamen , 
Tot per mon comandamen ? 
Trop avetz leugier talan ; 
E non erâ ges semblan f 
Tan gais e tant amoros 
Eralz en vostros cansos. 



Amors , midons , pois la vit , 
Ai amada longamen ; 
Enquer l'am ; tan m'abelit 
E m plac al comensamen : 
Mas folia noi enten. 
Pero mant amic partran 
De lor amigas ploran , 
Que ; si Saladis no fos ? 
Sai remanzeran joios. 

Peirols ; Turc , ni Arabit 
Ges per vostr' envazimen 
No laissaran Tor Davit. 
Bon cosselh vos don c gen , 
Amatz e cantatz soven. 



ga LE PARNASSE 

lrelz vos ? e'ls reis noi van ; 
Vejatz las guerras que s fan, 
Et esguaratz dels baros 
Co si trobon ocaizos. 

Aruors 7 anc mais no faillit T 
Er o faz forsadamcn : 
E prec dieus que m sia guit ; 
E que trameta breumen 
Entre'ls reis acordamen ; 
Que'l secors vai trop tarzan , 
El auria mestier gran 
Que'l marques valens et bos 
N'agues mais de companhos. 

Amors , quan li reis iran 
Del Dalfi vos dic aitan : 
Ja per guerra ni per vos 
No remanra ; tant es pros. 



2701, 3794, 7225-6, 7614, 7698 , M. 



0- 



tjora que m fezes doler 
Amors ni m dones esmai ; 
Ara m ten alegr' e gai ; 
Per qu'ieu cant de mon plazcr ; 
Quar plus ric joi ai conquis 

Qu'à mi non tagnia : 
E ricors quan s'umelia 
Humilitatz l'enrequis. 

Be m'agrad' e m'abelis 
De dos amics , quan s'escai 
Que s'amon de cor verai 
E l'un l'autre no trais ; 



OCCITANIEN. î)5 

E sabon loc e lezer 

Triar ses falhia } 
Qu'en lor bona companhia 
No posqu'enoios caber. 

D'er enan m'er à tener 
Al repropchier qu'om retrai : 
« No s mova qui ben estai. » 
No farai eu ges per ver , 
Que'l ílama qu'amor noiris 

M'art la noich e'l dia ; 
Per qu'ieu devenc tota via 
Si com l'aur él foc plus fis. 

Midons mercei e grazis 
La benauansa qu'ieu ai ; 
E ja non oblidarai 
Los plazers que m fai ni m dis, 
Qu' é mi non a mai poder 

Cilh qu'amar solia ; 
Qu'en plus franca senhoría 
Yolh ses engan remaner. 

Soven l'anera vezer 
La plus avinen qu'ieu sai 7 
Si'l deviuamen qu'om fai 
No m'avengues à temer. 
Pero mos cors es aclis 

Ves leis on que sia ; 
Quar senes leis no m poiria 
Nul joi pro tener qu'ieu vis. 

S'ieu fos part la Cros del Ris 
Don hom pois no torna sai , 
Nous pessetz que m pogues lai 
Retener nuls paradis. 



94 LE PARNASSE 

Tant ai assis mon voler 

En ma douss'amia , 
Qu'ieu ges de leis no m partria 
Per nul autre bon esper. 

Cansos ; lioimais pos tener 
Vas midons ta via , 
Qu'ieu sai ben qu'ella volria 
Tu auzir e mi vezer. 

Dalfi , s'auzes mon voler 
Dir à res que sia , 
Ab vos ai lan de paria 
Que ben saubratz tot lo ver. 



ALBERTZ MA.RQUES. 

27OI , H225. 

Albertz Marqiies si fo dels marques de Malespina. Valens hom 
fo e larcs , e cortes et enseigaatz ; e sab beu far coblas e sir- 
ventes e cansos. 

2'TOI. 



D. 



'omna, a vos me coman , 
Qu'anc res mai non amei tan. 
Amics , be vos dic eus man 
Qu'ieu farai vostre coman. 
Domna , trop mi vai tarzan. 
Amics , ja noi auretz dan. 

Domna , à la mia fe 
Morrai s'aissi gaire m te. 
Amics membre vos de me , 
Qu'ieus am de cor e de fe. 
Domn'aiatz en donc merce. 
Amîcs ; si aurai eu be. 



OCCITANIEN. 95 

Be soi gaî et amoros ; 
Domna , per l'amor de vos. 
Amics , lo meu cor joios 
Es vostre tota sazos. 
Domn'autrejatz lo me vos ? 
O ieu ; amics bels e bos. 



Domna , per vos me cofort 
E fas canson e deport. 
Amics ; ges non avetz tort, 
Qne be sabetz queus am fort. 
Domna , qo er del conort ? 
Amics ; bona fe vos port. 

Be soi garitz ab aitan ; 
Domna , de pen' e d'afan. 
Amics ; sufrcn, mercejan 
Conqueron li fin aman. 
Domna , trop me greva'l dan. 
Amics ; ieus retcn baizan. 

Domna , doncs à vos mi ren 
De mas junchas humilmen. 
Marques , en trop d'onramen 
Cujatz pujar veramen. 
Domna , qu'ieus am finamen. 
Marques ; e tu fas no-sen. 

Domna , molt ai gran talan 
Queus tengues à mon coman. 
Marques ; be m n'irai gardan 
E dizetz folia gran. 
Domna , ja noi agratz dan. 
Marques ; no m'en pliujen tan. 



96 LE PARNASSE 

AMA'^^MVU IVV\4^VVVVV%/VV\V1^VV^A^«^%^'VV1IVV\V%%V« %>%<*%/« 

O G I E R S. 

7225. 

Ogiers si fo un joglars de Vianes qu'estec lonc temps en 
Lombardia , e fez bons descortz , e fez sirventes joglaresc que 
lauzava l'uns e blasma los autres. 



ELIAS DE BARJOLS. 



N Eltas iie Barjoi.s si fo d'Agehes , d'un castel que a nom 
Perols. Fils fo d'un mercadier , e cantet meils de negun bome 
que fos en aquella sazon. E fetz se joglars 5 et acompaingnet se 
con un autre joglar que avia uom Oliver , et aneron lonc temps 
per cortz. El coms anfos de Proensa si los retenc ab se , e det 
lor moillers à Barjols e terra : e per so los clamavan n Elias 
et Oliver de Barjols. En Elias s'enamoret de la comtessa raa 
dompna Carsenda , moiller del Comte , quaut el fo mortz ea 
Cesilia , e fes d'elleis suas cansos bellas e bonas tant quant ella 
visquet. Et el s'eii anet rendre al hospital de Saint Beneic 
d'Avignon ; e lai definet. 

7698. 

Amor , be m platz e sap bo 
Quar per vostres faitz vilas , 
Mensongiers e soteiras y 
Vos mesprendon tug li pro. 
Tot per la vostra faillida 
Vos fui quascus eus oblida ; 
E pels fols captenemens 
Que faitz tan desavinens. 

Amor f 



'OCCITANIEN. 97 

Amor ; ieu vi la sazo 
Que vos eratz ílors e gras ; 
Ar vei qu'e'ls plus sobeiras 
En tenon tug mal resso : 
Qu'aissius es enmalezida 
Vas cels queus an obezida 7 
Qu'es mensongiers e volvens , 
E sirves los dessirvens. 



Amor , aissius dic de no , 
Qu'ieu no soi en vostras mas. 
Esparvier cs de vilas 
Qui se met en vostre pro. 
E gart me dieus d'aital vida , 
Que ja no m si'escarida 
Qu'ieu vos si' obediens 
Ni m torn éls vostres tormens. 

Amor , ieu no sai baro , 
Tan sia joves efas , 
Que mezes dos astezas 
Nius servis ses guizardo. 
Per que cels vos an gequida 
Queus an longamen servida ■ 
Quar meins n'a de jauzimens 
Qui plus vos ser lialmens. 

Al valen rei de Leo , 
Qu'es senbor de Castelas } 
De cui soi amics certas , 
Tramet si 1 platz ma canso. 
E s'es ben per lui grazida 
Meils n'er cantad' et auzida ; 
Quar el es sobre'ls valens 
La res cortez' e manens. 



8 LE PARNASSE 



B, 



7226 , 7698. 



>els Gazanhs , s'à vos plazia , 
Ben fora sazos 
Que'l vostre cors bels e bos , 
Humils de doussa paria , 
Fos d'amor tan cobeitos ; 
Pos negus non es tan pros 
Queus o diga, ni que ja sapcha tan 
Que vos o aus dir ni que vos o man. 

Qu'ieu sai qu'à vos tanheria 
Amics cabalos ; 
Tals don res à dir no fos , 
Aitals com ieu cauziria. 
Farai n'un lot nou qu'cr bos ; 
E penrai de las faissos 
De cada un , de las melhors qu'auran , 
Tro vos aiatz cavalier ben estan. 

Aimars mi don sa coindia ; 
En Trencaleos 
Sa genseza ; en Randos 
Donar , qu'es sa senhoria ; 
E'l Dalíìs sos bels respos ; 
En Peir cui es Monleos 
Do m son gabar ; e volrai d'en Brian 
Cavalleri' ; e'l sen volh d'en Bertran. 

Bels Castellas , cortezia 
Volh aver de vos ; 
E volrai que m do n Eblos 
Covit , quc plus non penria ; 
En Miraval sas cansos : 
En Pos dc Capduelh dó nos 
Sa gaieza ; en Bertrau la Tor man 
Sa drecheza mi don e no m soan. 



OCCITANIEN. gg 

Ailal l'auretz ses fadia 
Gai et amoros , 
Bel e ben fait e joios y 
E ples de cavalairia. 
Et es ben dreitz e razos 
Que vos l'ametz ct el vos ; 
Qu'assatz serctz ambedui d'un semblan , 
Sol no crezatz fals lauzengier truan. 

Note. L'idéc de cette pièce est la même que celle de la domna 
Soicebuda de Bertrand de Born. 



GAUCELM FAIDIT. 

2701 , -698. 

Gaucelm Faidit fo d'nn borc que a nom Uzerclia , qu'es en 
l'avescat de Lemozi. Fils fo d'un borzes : e cantava piegz d'omo 
del mon , e fes mot bos sos e bonas cansos. E fes se joglar per 
so car ac perdut tot son aver à joc de datz. Hom fo mot larcs 
e mot glotz de manjar e de beure , per que en devenc gros otra 
mesura. Mot fon lonc temps desastrucs de dos e d'onor à penre, 
que plus de 20 ans anet per lo mon qu'el ni sas cansos no foro 
grazitz ni volgutz. E pres molher una soudadeira que menet ab 
si per cortz , que avia nom Guilhelma Monja. Fort fo bella et 
ensenhada j et esdeveuc si grossa e grassa com era el. E fo d'un 
ric borc que a nom Alest , della marca de Proensa , della seiugnoria 
d'en Bernart d'Anduza. E messier Bonifassi , marques de Monferrat 
mes lo en aver et en raubas , et en gran pres lui e sas cansos. 

Vos avetz auzit qui fon Gaucelm Faidit , ni com venc ni estet. Mas 
el ac tan de cor que se enamoret de madona Maria de Ventadorn , 
de la meillor domna e de la plus avinens que fos en aquela sazo , 
e d'ela fazia sas causos. E la pregava en cantan , et en cantan 
prezicava e lauzava sa gran valor : et ela lo sufria per lo pretz; 
que li donava. Et enaissi duret lur amor be sept ans , que anc 
non ac plazer endreg d'amor. E si venc un dia en Gaucelm denan sa 
dona , e dis li o ela 1 faria plazer endreg d'aiuor , o ela lo perdria ; 
e serquaria dona don li venria grand be d'amor. E pres comiat 
d'ela iradanien. 



ido LE PARNASSE 

E madona na Maria mandet per una dona que avia nom madona 
Amliart de Malamorl , que era bela e gentil , e dis li tot lo fag 
d'en Gaucelm e de si ; e que la degues cosselhar co respondera 
à 'n Gaucelm , ni co 1 poiria retener ses far amor à lui. Et ela 
dis que no la cosselharia del laisar ni del retener ; mas ela 1 
faria partir de s'amor que no s'en rancuraria ni seria sos cnemicx. 
E madona na Maria fo molt alegra cant auzi aisso , e preguet 
li mot que o complis. Madona n'Audiattz s'en anet ; e pres un 
xnessatge cortes , e mandet dizen à 'n Gaucelm que ames may 
nn pelit auzel él punh , que una grua volan él cel. Gaucelm , 
cant auzi aqucl roan , montet à caval e anet s'en à madoua 
n'Audiart ; et ela 1 receup mot amorozamen. E el li demandet 
per que ela li avia mandat del pauc auzel e de la grua. Et ela 
1 dis que mot avia gran piatat de llli , car savia que el araava 
e non era amat : mas car l'avetz montat son pretz , e sapiatz qu'ela 
es la grua ; e ieu soi lo petit auzel que vos tenetz él punh , pcr 
far e per dir totz vostres comans. E sabes be que ieu soi gentils 
e auta de riqueza , e jove d'ans , e si dis hom que ieu soi fort 
bela. E anc mais no dei ni promis,ni enganiei ni fui enganada; 
e ai gran voluntat de valer e de esser amada , per tal que ieu 
gazanh pretz e lauzor. E sai que vos etz cel per cui o puesc 
lot aver ; e ieu tui cela cjue o puesc tot gazardonar. E vuelh» 
vos per amador ; e fas vos don de mi e de m'amor , ab tals covens 
que vos prengas comiat de madona Maria ; e que fassatz una 
canso rancuran d'ela cortezamen , e digas , que pus no vol segre 
autravia, que vos aves trobada autra dona , franca e geutil , quc vos 
amarà. E can Gaucelm auzí los plazers plazens que 1 dizia , e 
ves los amoros semblans que 1 mostrava e'ls precs cjue 1 fazia>e 
car era tan bela , fo sobrejires d'ainor cjue no saup on se fon. 
E can fo reconogul , e el li redet grans gracias aitan ron poc 
ni saup , com fera tot so qu'ela li comandaria ; e s partiria de 
s'amor de madona Mavia e metria tot son cor en ela. E aquesta 
promessios fes laús à l'autre. 

Gaucelm s'en anet ples de joia; e penset de far chanso que fos 
entenduda que parlit se era de madona Maria , e que autra ne 
avia atrobada que l'avia retengut ; e la canso dis : 

Tant ai sufert longamen grpu afan. 

Aquesta canso saup na Maria , e alegret s'en mot ; e madona 
n'Audiart atressi, car conoc qu'el avia partit son cor e son chant 
de madona Maria , car avia crezudas las falsas promessas de lieis 
per aquesta canso. E à cap d'una sazo Gaucclm Faidit anet 
vezer madona n'Audiart ab gran alegrier , com sel que esperava 
iptrai eu cauibra manteneia : et ela 1 receup ibrt. Eu Gaucelm 



OCCITANIEN. igi 

fo à sos pes e dis qu'el avia fag son comandamen , e coni el 
avia mudat son cor en ela ] e qu'ela li fazes los plazers qu'ela 
li avia promes , e que fos meritz de so que avia fag per ela- 
Madona n'Audiart li dis : que vos es trop valens e trop prezatz , 
e que non es dona él mon que no s degues tener per pagada ds 
sa nmor ] car vos es paire de valor. E ayso que vos promezi non 
o fi per vohmtat de vos amar per amors ; mas per vos traiie de 
preso on vos eras, e de aquela fola esperansa que vos a lengut 
pus de VII ans. E car sabia la voluntat de madona na Maria , 
car ieu sabia que res de vostres volers no vos atendera : car ieu 
serai vos amiga c bevolens é tot can comandares ses mal estar. 

Gaucelm auzi ayso e fo tristz e mam'lz j e comensa clamar rr.crce 
à la dona , qu'ela no l'aucizes ni I traïs , ni l'enganes. Ela 1 dis 
qu'ela no lo aussiria ni enganaria , ans vos ay trag d'enguan e 
de mort. Can vi que no valia clamar merce , anet s'en com liom 
marritz , car vi qu'enaissi era enganatzj car se era partitz de madona 
Maria , e so que l'avia pronies o avia fag pcr engan. E pesset 
que tornes merce clainar à madona Maríá , c fes aquesta canso 
que dis : 

No m'alegra chans ni critz 

D'auzelh mon felh cor engres. 

mas per chansos ni per res del mon non poc trobar perdo , ni 
foro auzitz sos precs. 

Can Gaucelm fo partitz de madona Maria per madona Audiart, 
aysi com avetz auzit , el estet lonc tems marritz per lo engan 
que ac pres. Mas madona Maria Garida d'Albusso , molher d'en 
Raynaut vescoms d'Albusso , lo fey alegrar e chantar ; que 1 dis 
tans de plazers eill mostret tant d'amoros semblaus , per qu'el 
s'enamoret d'ela e la preguet d'amor. Et ela , per so qu'el la mezes 
en pretz et en valor , si receup sos precs , e i 1 1 prorues de far 
plazer d'amor. Longamen durero los precs d'en Gaucelm , mot la 
lauzet k son poder : et ela , com se fos cauza qu'ela no s'alegres 
de la lauzors qu'el fazia d'ela , no l'avia nulh amor ni nulh semblan 
110 li fez. Mas una vez , can prenia comiat d'cla , el li bayset 
lo col 5 et ela luy sofri amovozamcn , don el visquet ab gran 
alegrier per aquel plazer. Mas ela amava'u Uc de la Signa , 
qu'era filh d'en Uc lo Brun coms de la Marcha , et era mot 
amic de Gaucelm. La dona sï estava al castel del Busso , on ela 
no podia vezer n Uc de la Signa ni far negu plaze j per que 
ela se fes malauta de mort , et vodet se ad anar à Nostra Dona 
de Rocamador. E mandet dire à'n Ugo de la Signa que vengues 
à Uzercha , en un borc on estava en Gaucelin Faidit , e que 
vengues à furt, e que descavalgues à l'alberc d'en Gaucelm ; et 
ela venria aqui e 1 faria plazer d'arnor : et assignet li Io jorn 



io2 LE PARNASSE 

que vengues. Can n Ugo o auzi ïo molt alegres , e venc s'en 
lai al dia mandat ; e desraontet en l'alberc d'en Gancelm : e la 
molher d'en G. can lo vi lo receup ab gran alegrier. E la dona 
venc e desmontet eu l'alberc , e trobet n Uc rescost en la cambra 
on ela devia jazer. Et ela can I'ac trobat fo molt alegra e estee 
dos jorns aqui ; e pueys s'en anet à Rocamador. Et el atendet 
la aqui tro que venc j e pueys estero aqui autres dos jorns cau 
fo venguda : e cada nueg jazian ensems ab gran joi. E non tardet 
gayre can s'eu foro tornatz qu'en Gaucelm venc , e sa molher 
contet li tot lo fag. Can Gaucclm o auzit per pauc no morí de 
dol , car crezia que non ames autre may lui; e car l'avia colgat 
en son lieg fo ne plus dolens. Don fe per aquesta razo una mala 
canso que dí : 

S'anc negus hom per aver fin coratge. 
Ayso es la derrcira qu'el fe. 

2701 , 3794 , 7226-6 , 7698 , M. 

JLjo rossinholet salvatge 
Ai auzit que s'esbaudeja 
Per amor en son lenguatge ; 
E m fai si morir d'enveja f 

Quar leis cui desir 

No vei ni remir ; 
îîi no m volc ogan auzir. 

Pero del dous can 

Qu'il e sa par í'an 
Esfortz un pauc mon coratge ; 

E vau conortan 

Mon cor cn cantan , 
So qu'ieu no cugei far ogan. 

Empero nul alegratge 
No m dona res quez ieu veja i 
Per qu'ieu penei mon folatge. 
Et es dreg qu'aissi m'esteja ; 

ïl deu m'aveiiir , 

Quar per fol cossir 
Laissiei mon joi à cauzir , 



OCCITANIEN. 

Don soi en afan 

E n'ai ira tan : 
E conosc en mon coratge , 

Qu'ai estat un an 

Que non aic joi gran 
Ni re que ra vengues à talan. 

E si tot plang mon damnalge, 
Mon cor aclin' e sopleja 
Vas lieis quez a senlioratge. 
E mi be tunli qu'esser deja } 

Qu'anc no m poc plus dir , 

Quan venc al partir , 
Mas sa cara 1 vi cobrir , 

E m dic sospiran 

A dieu vos coman. 
E quan pens en mon coratge 

L'amor e'l semblan f 

A pauc en ploran 
No m'auci quar noill sui denan. 

Midons , qu'a mon cor en gatge , 
Prec , si com cel que merceja, 
Que no m'aia cor volatge 
Ni fals lauzengier no creja 

De mi , ni s'albir 

Que vas autra m vir : 
Que per bona fe sospir 

E l'am ses engan 

E ses cor truan : 
Qu'ieu non ai ges tal coratge 

Com li fals drutz au ; 

Que van galian ; 
Per qu'âmors torna en soau. 

Anc no falsiei mon visatge 
Vas lieis cui mos cors s'autreja ; 
Pos l'agui fait homenatge ) 
E non ai cor que recreja 



io4 LE PARNASSE 

Ja del seu servir. 
Cui qu'enoi ni tir 

Seus soi ; e no m posc giquir 
De Heis tan ni quan y 
Qu'autra non deman, 

Ni non es en mon coratge 
Res qu'ieu volha tan : 
Per que la reblan 

Mas mas juntas humilian. 

Canso de te fatz messatge ; 
E vai adcs e d'espleja 
Lai on jois a son estatge , 
A midons que tan me greja ; 
E poiras li dir 
Qu'ieu mor de dezir. 
E s'ilh te denh' acuillir, 
Vai li remenbran , 
E no t'an tarzan 
Lo consirier e'l coratge, 
E l'amor tan gran 
Don mor deziran , 
Quar no la remir en baizan. 

Na Maria tan 
Avctz dc pretz gran , 

Per que son tug d'agradatge 
Mei ditz e mei can , 
Per la lauzor gran 

Quez ieu dic de vos en cantan. 



N 



2701 , 7 225-6 , 7698 , M. 



on alegra cant ni critz 
D'auzels mon fel cor engres ; 
Ni no sai per que cantes 
Ni perdes 



OCCITANIEN. io5 

Mos dilz , quar be los perdria 
S'ieu dizia 
Que m valgues 
Ab midons precs ni merces : 

Quar no s tanh ges 
Que per mi 1 sia queritz 
Perdo , tan li soi fallitz. 

Doncs per qu'er mos cant auzitz 
Si no 1 platz que m perdones ? 
Per que ? per so que 1 pregues 

Que s vengues 
De mi ; quar m'avenc un dia 
Que bauzia 
Ni no-fes , 
Ni pregar d'autra m plagues 

Tan que m tolgues 
Leis : don tanh que si' aunitz 7 
Quar mal ai sos dos grazitz. 

Qu'enaissi for'ieu gueritz , 
S'ela tan s'umilies 
Que vengamen n'entendes. 

Pos apres 
Vis co mos dans me castia , 
Si 1 plazia , 
Qu'aissi es. 
E quar anc fi re que 1 pes 

M'es tan mal pres , 
Qu'en lieis ai mans bes complitz 
Perdutz, e sai son traïtz. 

Q'una fals'enganairitz , 
On beutat mala nasques , 
Me fes falhir tan ; qu'ades 
Me pendes 



io6 LE PARNASSE 

Cilh que de nient m'avia 

Mes en via 

De totz bes. 
Pero s'om totz cels agues 

Mortz qu'an mespres , 
E noi fos capdels e guitz 
Merces , mans n'agr'om delitz. 

Doncs tot serai tant ardilz , 
Q'umils , mas juntas y cofes , 
L'iraï pregar k sos pes 

Que m dones 
Don que m perdon'o m'auciâ. 

Be m plairia 

M'aucies : 
Mas ieu non cre qu'ilh fezes 

Re qu'ieu volgues , 
Ans sai qu'es seu lo cauzitz. 
Qu'ieu moir' o viva marritz. 

Pero no m soi tan partitz 
De joi , ni dira tan pres , 
Qu'ieu no sofris e senhes , 

Si m mostres 
So sen e sa cortezia. 

Be m'auria 

Sobrepres 7 
Si'l sieu humil cors cortes , 

Francs , gent apres , 
De jois e d'amor noiritz, 
M'era de perdon aizitz. 

Al senhor cui Peiteus es 
Man que noill pes 
D'un no qu'es per me auzitz, 
Que val mil ocs afortitz. 



OCCITANIEN. 



2701 , 3794 , 7226 , 7614 , 7698 , M. 

X ant ai sufert longuamen greu afan 
Que , s'estes mais que no m'aperceubes , 
Morir pogra tost e leu si m volgues , 
Qu'à la bella non prezera dolors , 
En cui mala fo beutatz e valors , 
Don regardan part forsatz mon coratge. 
E pos 110 1 platz segrai altre viatge ; 
Qu'à lieis non cal , ni cre cpie s tenh'à dan 
De perdre mi ni'l bels ditz de mon can. 

Pero tal res ten hom vil qu'es prezan, 
E tal ren pert que dis que l'es ben pres , 
Que pois li fai sofracha mens de bes : 
Mas de midons es tan gran sa ricors , 
Que re no s te si m pert ni m vir aillors. 
Donc be fis ieu otracujat folatge , 
Quar percassiei ma mort e mon damnatge 
Per mon fol cor , que m fes dir en cantan 
So don degra gent cubrir mon talan. 

E pos mon cor e mei olh trahit m'an , 
E ma mala domn' e ma bona fes , 
Si que cascus m'agra mort si pogues , 
Clamar m'en dei com de mals bailidors. 
E li miei olhs mensongier , traïdors , 
No creirai mais ni fiansa ses gatge : 
Quar cel es fols que fai fol vassalatge , 
E fols qui vol aver à son coman 
Tot so que ve plazen e ben estan. 

Meravilh me , pos ab midons es tan 
Prctz e valors , rics fatz e ditz cortes , 
Com pot esser que noi sia merces j 
E m meravilh , de lieis on es honors , 
Jois e jovens ; que non i si' amors : 



io8 LE PARNASSE 

E m meravilh de domna d'aut paratge , 
Pros e gentil , qu'es de mal senhoratge ; 
Ni com pot far contra sa valor lan , 
Que desmenta son franc humil semblan. 

De tot aisso m'ai meravilha gran : 
E pos li platz que no se cami'en res 
No m tcnra mais enfrenat sos mal fres, 
Qu'eras m'en part > si tot s'es desonors ; 
Et agra m'ops que fos del mallrag sors. 
E pos li platz qu'alhors vir mon estatge 7 
Bon encontre m don dieus e bon intratgej 
E m lais trobar domna ses cor truan j 
Qu'ab mal senhor ai estat aquest an. 

Ab lot aital mal e brau e tiran 
Volgr' ieu estar voluntiers , si 1 plagues , 
Mais qu'ab autra que mais de be m fezes; 
E pois li platz à tal vau per socors 
Don me venon al cor plazens doussors. 
Bell'es e pros , franca , d'umil estatgej 
Et a m mandat per un cortes messatge ; 
Q'un pauc auzel sus mon punh que no s'an 
Am mais qu'al cel una grua volan. 

Mon Santongier man e mon Sobre-gatge 
Qu'ar ai comprat gran sen ab gran folatge ; 
E sai del ben e del mal d'amor tan, 
Que jamais jorn no m'aucirai pregan. 



l«%««\tA^WV«^« 



ELIAS CAIRELS. 

Elias Cairels si fo de Sarlat , d'un borc de Peiregorc , et era 
laboraire d'or e d'argen , e deseingnaire d'armas : e fetz se joglar. 
Mal cantava e mal trobava, e mal violava e peich parlava 5 e 
ben escrivia motz e sons. En Romania estet lonc temps j e quant 
el s'cu parti si s'eu tornet à Sarlat, e là el moric. 



OCCITANIEN. 109 

2701, 7225-6, 7698. 

L os cai la foilla del guarric 

Farai un gai sonet novel , 

Que trametrai part Mongibel 

Al marques que'l sobrenom gic 
De Monferrat e pren cel de sa maire ; 
Et a laissat so que conquis son paire. 
Mal ressembla lo filh Robert Guiscart, 
Qu'Antiocha conques e Mongiscart. 

Marques , los monges de Clunhic 

Volh que fasson de vos capdel , 

O siatz abbas de Cistel 5 

Pos lo cor avetz tan mendic , 
Que mais amatz dos buous et un araire 
A Monferrat , qu'alliors estr' emperaire : 
fien pot hom dir qu'anc mais filh de lhaupart 
No s mes en crotz à guiza de rainai t. 

Gran gaug agron tug vostr'amic 

Quant agues laissada la pel 

Don folres la cap' e'l mantel : 

Quar totz cuideron estre ric 
Cilli que per vos son liural à maltraire, 
Qui son tondut et an paor del raire. 
Quascus aten socors de vostra part : 
Si noi venelz, qui dol i a si'l gart. 

Marques , li baron vair'e pic 

An contra cel trait un cairel 

Que lor tornara sul capel. 

E de l'emperador Enric 
Vos dic aitan que be sembl'al rei Daire , 
Qui sos baros gitet dc lor repaire, 
Dont il ac pois de morir gran reguart : 
Mas manlas vetz qui s cuida calfar s'art. 



LE PARNASSE 

Lo regisme de Salonic , 
Ses peireir'e ses manganel , 
Pogratz aver ; e mant castel 
D'autres qu'ieu no mentau ni dic. 
Per dieu, marques , Rotlan dis e sos fraire, 
E Guis marques e'n Rainaut lor cofraire , 
Flamenc , Frances , Bergonhon e Lombart 
Van tug dizen que vos semblatz bastart. 

Vostr'ancessor , so au dir e retraire , 
Foron tug pros ; mas vos non soven gaire. 
Si'l revenir no prendetz geinh et art , 
Del vostr'onor pcrdetz lo terz e'l quart. 



BERTRANS DE LAMANON. 

Florissait en 1235. Hist. génér. de Provence. T. III , p. l\3S. 

Sainle Falaye. Manuscrit de Saibaute. 

Bertrars de Lamahon si fo de Proensa , íìlls d'en Pons de 
Brugeiras. Cortes cavalliers fo e gens parlans ; e fetz bonas coblas 
de solatz e sirventes. 

7226. 



u, 



s cavaliers si jazia 
Ab la res que plus volia ; 
Soven baizan li dizia : 
Doussa res , ieu que farai , 
Que'l jorn \en e la noich vai ? 

Ai ! 
Qu'ieu aug que li gaita cria : 
Via sus , qu'ieu vei lo jorn 
Venir apres l'alba. 

Doussa res , s'esser podia 
Que jamais alba ni dia 
No fos , gran merces seria , 
Al mens al loc on estai 
Fis ainics ab so que 1 plai. 
Ai î etc. 



OCCITANIEN. m 

I)oussa res , que qu'om vos dia , 
No cre que tals dolors sia 
Com qui part amic d'amia , 
Qu'ieu per me mezeis o sai. 
Ailas ! quau pauca noich fai ! 
Ai ! etc. 

Doussa res , ieu tenc ma via ; 
Voslres soi on quez ieu sia. 
Per dieu no m'oblidetz mia , 
Que'l cor del cors reman sai , 
Ni de vos mais no m partrai. 
Ai ! elc. 

Doussa res , s'ieu nous vezia 
Breumens , crezatz que morria , 
Que'l gran dezirs m'auciria ; 
Per qu'ieu tost retornarai, 
Que ses vos vida non ai. 

Ai! 
Qu'ieu aug que li gaita cria : 
Via sus 7 qu'ieu vei lo jorn 
Venir apres l'alba. 



N UC BRUNET ou BRUNENC. 
2701 , 7225, 761.4 , 7698. 

Uc Bhunet si fo de la ciutat de Rodes, qu'es de la seignoria 
del Comte de Tolosa , e íb clergues 5 e apres be letras e saup ben 
trobar. Subtils era mot e de gran sen natural ; e fes se joglars e 
fes motas de bonas cansos , mas non fetz sons. Et anet ab lo rei'n 
Anfos d'Arago , et ab lo corate de Tolosa , e ab lo romte de Rodes 
lo sieu seignor, et ab eu Bernart d'Anduza, et ab lo Dalii d'Alvernhe. 
Et entendet en una borzeza d'Orlhac , que avia nom madona 
Galiana ; mas ela non lo volc amar 11 i retener , ni far negnn plazer 
endreg d'amor : e tan qu'elaavia fag son drut del comte de Rodes, 
e donet comiat à 'n Uc Brunenc Et adonc n Uc , per la dolor 
que cl n'ac, mes se en l'ordre de Caitosa ; et aqui cl morí. 



ii2 LE PARNASSE 

2701, 3794^ 7225-6, C, M. 

vJuendas razos e novelas plazens 
Contem hoi mais el aiam bel solatz ; 
E parlam nos d'enois e de foldatz , 
Et apreudam cortezias e sens : 
Quar la foldatz ten dan mantas sazos, 
E sen cortes es gaug onratz e bos. 

Ab los joios deu horn esser jauzens, 
E gen parlar ab los enrazonatz ; 
Quar ailan so de bos motz , si'ls cercatz , 
Com de vilas e de desavinens : 
E gen parlars ab avinens respos 
Adutz amics e no creis messios. 

Mas d'una res soi en greu pessamens ; 
Don viura joi si cantar l'es emblatz ? 
Ni co sera cors ben amans triatz , 
Si ja non es ni jogans ni rizens ? 
Per cest o dic embroncatz cossiros , 
Quc à las vetz se fenhou Salamos. 

E qui cujatz queus sia defendens , 
Si avols es , qu'om nous apel malvatz? 
Que temps avetz e poder vos es datz , 
E noi vezetz mentre'l lum es ardens. 
Gardatz vos i que'l temps es tenebros 
E noi veiretz quan lo lum cr rcscos. 

Quar un perilh cor sobre totas gens , 
Mortz, quc dcsfai los comtes e'ls prelatz,- 
Per que val mais si fatz que si pensatz-, 
Qu'eu pauc de temps i ven alongamens : 
Pero lo fatz es avinens e bos 
Que no s'i paus malvada ocaizos. 

CADENET. 



OCCITANIEN. u5 



CADENET. 

Florissaît en 1180. Hist. géiiér. de Provence. T. IF, p. 384- 

7225. 

Cadenet si fo de Proensa , d'un castel que a nom Cadenet , 
qu'es en la riba de Durensa él comtat de Forcalquier. Fils fo 
d'un paubre cavallier ] e quant el era enfant , lo castel de Cadenet 
si fo destrutz e raubatz per la gent del comle de Tolosa , e li 
ome de la terra mortz , et el pres e meuat en Tolsan per un 
cavalier qu'avia nom Guillem de Lantar ; et el lo noiri en sa 
maisou. Et el venc bos, bel e cortes , e saup ben trobar e cautar 
e parlar ; et apres à trobar coplas e sirventes. E parti se del seingnor 
que l'avia noirit et anet s'en per cortz ; e fez se joglar e fazia 
se apellar baguas. Lonc temps anet à pe desastrucs per lo mon. 
E venc s'en en Proensa , e nuillz hom no lo conoissia ; e fes se 
clamar Cadenet , e comenset à far cansos bonas e bellas. En Raimonz 
Leugier , de dos fraires del evesquat de Nissa , lo mes en arnes 
et en honor : en Blancatz l'ouora e. 1 fetz graus bens. Longa sazorí 
ac gran ben e gran honor j e pois el se rendet à l'Ospital e lai 
deíinet. E tot lo sieu faig eu saubi per auzir e per vezer. 

■J225. 

.Lj'atttrier lonc un bos folhos 

Trobei en ma via 
Un pastor mot angoissos 

Cantan ; e dizia 

Sa cansos : amors 7 
Ie m clam dels lauzeujadors ; 
Quar la dolors 

Qu'a per els m'amia 

Mi fai pietz que'l mia. 

Pastre , lauzengier gelos 

M'onron quascun dia ; 
E dizon qu'ieu soi joios 

De tal drudaria 

Don mi creis honors ; 
E non ai d'autre socors. 



n4 LE PARNASSE 

Pero'l paors 
Que cil n'aa seria 
Vertatz, s'ieu podia. 

Senher, pos ìo fol ressos 
De lor gelozia 
Vos platz , pauc es ainoros ; 
Que lor felouia 
Part mans auiadors : 
Qu'ieu pert mìdons pels trachors. 
Et es errors 
E dobla folia 
Qui en lor se fia. 

Pastre , ieu no soi ges vos ; 
Que'l maritz volria 
Bates midons à sazos , 

Qu'adoncs la m daria j 
Quar per aitals flors 
Las an li gelos pejors : 
Qu'ab las melhors 
Ten dan vilania 
Ei val cortezia. 



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PERDIGOS. 
7225 , 7614, 7698. 

Perdigos fo joglar , e sab trop ben violar e trobar e cantar- 
E fo del avescat de Gavaudan , d'un borget qne a nom Lespero , 
e fo fdh d'un pescaire. E per son cert sen monlet en pretz ct 
en onor tan , que'l Dalfi d'Alvernlie lo tenc per son cavalier , e 
1 det terra e renda 5 e tug li bon home li fazian honor. E de 
grans bonas venturas ac lonc temps 5 mas molt se camiet lo seus 
afars , que mort H tolc las bonas aventuras e det li las malas , 
qu el perdet ]os amics e las amigas , e'l pretz e l'honor e l'aver. 
Après el anet ab lo prìnceps d'Aurenga en G. dcl Baus , et ab 
Folquçt de Marceilla , evesque de Tolosa , et ab l'abas de Cistel 



E. 



OCCITANIEtf. n5 

à Roma per mal del coms de Tolosa , e per adordenar crozada , 
e per deserelar lo bon comte R. E son neps lo coms de Bezers 
fon mortz , e Carcasses et Albeges fon destrng ; e'n muri lo rel 
P. d'Arago ab mil cavaliers denan Murel , e pus de XX mil 
auties homes. E à totz aquest faitz far fon Perdigos , e'n fes 
prezicansa en canlan per que se crozeron. E'u felz lauzors à dieu 
car los Fiances avian mort e descofit lo rei d'Arago , lo qual lo 
vestia e 1 dava sos dos ; per qu'el cazec de pretz e d'onor e 
d'aver. E can l'agron enrequit,tug silh que remazon vieu negus 
no 1 volgron vezer ni auzir. E tug li home de la sua amistat 
foron mort per Ja guerra , lo coms de Montfort , en G. del Baus , 
e tug l'autre c'avian faita la crozada. E lo coms R. ac recobrada 
sa terra , Perdigos non auzet anar ni venir , e'l dalfi d'Alvernhe 
ac li touta la terra e la reuda que li avia dada Et el s'en anet 
à'n Lambert de Montelh , qu'era genre d'en G. del Baus , e preget 
lo que 1 fezes recebre en una mayo de Sistel , que a nom Silva. 
bela ; et el fes lo i recebre , e lai morí. 

: 6 9 8. 

íntr'amor e pensamen _, 
E bos cug e greu cousir ? 
E fin joi e lonc dezir 
Mi menet levan cazen. 
E per loc sospir e plor 7 
De paor 
Que'l comiatz 
Que m fo donatz , 
Gent autrejatz ; 
S'oblit quar no soi tornatz. 

Lo bos cug en qu'ieu enten 
M'adui molt coral sospir, 
Tan tem él cujar fallir 
Qu'ai d'un ric emprendemen. 
E s'ieu trop estau aillor , 
Lei qu'aor 
Prec, si'i platz, 
Que no s deslatz 
Lo plaitz fermatz 
Que m fo per leis acordata. 



uG LE PARNASSE 

Quar parra d'afortimen 7 
Qui m ve laissar e gurpir 
Lei , q'usquecs volgr'obezir , 
Si m rete per cauzimen. 
Quar li valen valedor 
An sabor 
Qu'als laissatz 
Dezeretatz , 
Don par peccatz , 
Fasson captenh acabatz. 

Qui m laissa ses faillimen 
No m cug per aitan delir j 
Qu'enquer soi on posc guerir, 
Si dieus e'l Bautz mi cossen. 
Que lai trob fina valor 
Ses error ; 
Que l'onratz 
Pretz esmeratz f 
Sobremontatz , 
Ampara desamparatz. 

Fis jois dreituraus defen } 
Que qui que vejatz faillir, 
Que vos non prenguetz albir. 
Mas pretz e valor e sen 
Vos del dieus 7 queus fes meillor 
E gensor 
Dels regnatz : 
Per so gardatz 
Que l'enganatz 
Viu sal e l'autr' encolpatz. 

Del rei d'Aragon m'es gen ; 
Quar tan li platz cnantir 
Tot quan bos pretz deu grazir ; 
E'l rei'n Anfos eissamen ; 



OCCITANIEN. 117 

Qu'ab rics faitz d'emperador 
Creis honor. 
Don sapchatz 
Quer acordatz 
Los volgr'en patz 
Vezer contra'ls renegatz. 

Fillol , si faitz vostra tor , 
Ben gardatz 
Si ben l'obratz, 
Que compliscatz 
L'obr'e no la desfasatz. 

Ves n Arias mon senhor 
Vai e cor 
Cant mesclatz ; 
E di 1 si 1 platz 
Qu'entre'ls regnatz 
Par sos fis pretz esmeratz. 



BERRENGIERS DE PALAZOL, 
PARAROLS ou PALOU. 

^225. 

Berrengiers de Palazol si fo de Cataloingna , del comtat do 
Rossillon. Paubres cavalliers fo , mas adregz et enseingnatz , e 
bons d'armas. E trobet ben cansos : e cantava de n'Ermesscn 
d'Avignon , moiller d'en Arnaut d'Avignon , fils de na Maria de 
Peiralada. 

27OI , 7226. 

ÌJ'ietj sabi' aver guizardo 

De canso , si la fazia , 

Ades la comensaria 
Cucndcta. de motz e de so. 



íi8 LE PAItNASSE 

Que perdut n'ai mant bel canlar , 
Per qu'eras m'en pren espavens ; 
E si n'ai estat alques lens , 
No m'en deu hom ocaizonar. 

Qu'amadaus aurai en perdo 
Longuamen , en aital guia 
A ma bela douss'amia, 
Qu'anc re nous plac no m saupes bo ; 
îïi anc res no saubi pensar 
Qu'à vos fos pretz ni honramens , 
Qu'al tost íar no fos plus correns 
Que si'n degues m'arma salvar. 

E ja dieus amia no m do 
S'en lieis mos cors se fadia. 
La llor de la cortezia, 
Ella ra'aura o autra no, 
Quar sol à lieis m'cstug e m gar : 
E son aissi sieus solameiis, 
Qu'autre solas m'es eissamens 
Co qui m fazia sols estar. 

E no farai plus lonc sermo ; 
Quar on plus la lauzaria, 
Del laus sol qu'en remanria 

Cent domnas aurian ne pro ; 

Qui sabia ben devisar 

Las beutatz e'ls ensenhamens , 

E la cortezi' e lo sens 

Aissi com s'escairia far. 

Aissi fenira ma canso ; 

E no volh plus longa sia , 
Que plus greu la n'apenria 
Mo senher ; e siei companho , 
Lo coms Jaufres , que dieus ampaj 
Quar es adretz e conoissens ; 
E fai tan de rics fach valens , 
Lauzengier no 1 pot encolpar. 



OCCITANIEN. ìi 9 



BLANCATZ. 

Florissait en 1195. Mort vers 1225. Hist. génér. de Pnfvence. T. II, 
p. 396. 

7225. 

Ew Blaiïcatz si ía de Proensa , gentil bars et autz e rics. E 
plac li dons e domneis , e gnerra e messios , e cort et mazans e 
bruda , e chanz e solatz,e tuich aijuels faich per qu'om botis a 
pretz e valor. Et anc no fo hom à qui tant plagues prendre coni 
à lui donar. El fo aquel que mantenc lo desmantengutz e anparet 
los desanparatz. Et on plus venc de temps , plus crec de larguessa , 
de cortezia e de valor , d'armas e de terra e de renda e d'onor , 
e plus l'ameren li amic , e li enemic lo tensen plus : e crec sos 
sens e sos sabers , e sa gaillardia e sa drudaria. 



7225 , 7698 , M. 



E, 



itf Raïmbautz , ses saben 
Vos fara pros domn'amor 
Complid' , o per vostr' onor 
Fara cuidar à la gen , 
Ses plus , qu'il es vostra druda. 
E s'ar no sabes cauzir 
Lo meils , segon qu'auzetz dir , 
Vostra razos er vencuda. 



Blacas , d'aquest partimen 
Sai leu triar lo mellior : 
A lei de fin amador 
Mais volh aver cauzimen , 
Tot soavet e ses bruda , 
De madomna cui dezir , 
Que fol creire ses jauzir : 
Que long'amors es refuda. 



130 



LE PARNASSE 

Raïmbautz, li conoissen 
Vos o tenran à folor 7 
Et à sen li sordejor ; 
Quar per jauzir solamen 
Laissatz honor mantenguda. 
D'aitan nous podez esdir , 
Que pretz no s fassa grazir 
Sobr' autres faitz à saubuda. 



Blacas , tan m'es avinen 
Quant ab midons cui ador 
Posc jazer sotz cobertor , 
Ren als no m'es tan plazen 
Co quan la posc tenir nuda. 
Doncs com par qu'ab fals mentir 
Poscatz ma razon delir ? 
Mil tans val saber que cuda. 

En Ra'imbautz , qui soven 
Deroca son joinedor , 
Que 1 val si non a lauzor 
Ni non pot aver guiren? 
]Sfo pretz honor esconduda , 
Ni carboncle ses luzir , 
Tíi colp 7 qui no'l pot auzir, 
Ni olh sec ; ni lengua muda. 

Blacas ; beus dic veramen 
Que am trop mais frug que ílor ; 
E mais ric don de senhor 
Que si m pagava del ven. 
Ja ab promcssa perduda 
Lonc temps no m pot retenir 
Cilh per cui plang e sospir 7 
S'ab gaug entier no m'ajuda. 



OCCITANIEN. 121 

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BLACASSETZ. 

Florissait en i23o. ibid. 

jiï5 , 7614. 

En Blacàssitz fo fils d'en Blancatz , que fon meillor gentil hom 
de Proensa , el plus onratz baros , el plus adreilz , el plus larcs , 
el plus cortes , el plus gracios. Et el fon ben adreichamen sos fils 
en totas valors , et en totas bontatz , et en totas larguesas. E fon 
grant amador ; et entendia se de trobar e fon bon trobador, e fes 
mantas bonas cansos. 

fc%^V^»^VV^VV^.VVVVV^%rfV^%*^V%/WWV^/VV'V*^%^V%%'V%'VVV»/V^V^/^V^V^V» 

FOLQUET DE ROMANS. 

3^04. 

Folquet de R. si fo de Vianes , d'un borc que a nom Romans. 
Bons joglars fo e prezentiers en cort ; e de gran solatz ; e fo beit 
honratz entre la bona gen. E fetz serventes joglaresc de lauzar 
los pros et de blasmar los malvatz. E fetz molt bonas coblas. 



27OI , 7226 , C. 



0- 



'váv cug cantar ieu plang e plor 
D'aisso que vei esdevenir ; 
Qu'à per pauc no mor de dolor , 
Quant é mon cor pens e cossir 

La perd' el grand damnatge 
Qu'a pretz ; cortezi' e solatz : 
Que si de cantar vos mesclatz 

Nius donatz alegralge , 
Totz diran vos etz fols auratz 
Si dç tot joi no Yos lajssatz. 



i22 LE PARNASSE 

Tornatz es en pauc de valor 
Lo segle , qui ver en vol dir; 
E'í clergue son ja li pejor , 
Que degran los bes mantener ; 

Et an aital usatge ; 
Que mais amon guerra que patz , 
Tan lor plai malez' e peccatz : 

Per qu'él primier passatge 
M'en volria esser passalz ; 
Que'l mai de quan vei mi desplatz. 

E son ves els mezeis trachor 
Li rics malvatz , per qu'els n'azir ; 
Qu'els an olhs e non an lugor , 
Ni'n re no sabon avenir 

Que sia d'agradatge ; 
Qu'aissi ls eissorba cobeitaz , 
Engans , feuni' e malvestatz , 

Que perdut an paratge : 
E per aisso pert sas clardatz 
Pretz e valor e lialtatz. 

Be volgra fossem d'un senhor 
Ab tan de poder e d'albir , 
Qu'als avols tolgues ia ricor 
E no ls laisses terra tenir ; 

E dones l'eretatge 
A tals que fos pros e prezatz , 
Qu'aissi fo'l segles comensatz , 

E noi guardes linhatge ; 
E mudes hom lo rics malvatz, 
Si com fan Lombart poestatz. 

E prec al bon emperador , 
Que s'es crozatz per dieu servir 7 
Que mov'ab fors ' et ab vigor 
Ycs la ten-' on dieus volc morir^ 



OCCITANIEN. 123 

E mes son cors en gatge 
Per nos , e fon en crotz levatz 
E per iìos hatutz e nafratz. 

Don fam gran vilanatge, 
Quaf per nos son tan sufertatz 
Los Turcs fals e descofessatz. 

Tut deuriam avcr paor , 
Quar mcils no li sabem grazir 
So qu'el sofri per nostr'amor ; 
Qu'el receup mort per mort aucir 

Quan volc nostr' omenatge. 
Per que fo de bon' ora natz 
Totz hom qui 1 servira crosatz 

Ni fara'l sieu viatge ; 
Qu'anc pos qu'el fo deseretatz 
Non ac honor cristiandalz. 

Emperaire , si beus pessatz 
Com fai dieus vostras voluntatz, 

Mout I'auretz bon coratge ; 
Qu'el vol , et es ver so sapchatz , 
Que vos cobretz sas eritatz. 

Sirventes Mon Cenis passatz 7 
El à'n Oth del Caret digatz , 

Qu'ieus tramet per messatge , 
Qu'el an lai on Jesus fo natz , 
Pos er son bpn pretz coronatz. 



GUIRAUTZ DE BORNEILL. 

7225 , 7614 , 7698. 

Guiractz de Borneii.l si fo deLimozi, de l'encontrada d'EsidueílI, 
d'un n'c castel dél viscoute de Lemoges. E fo hom de bas afar , 
mas savis hom de letras e de sen natural. E fo meiller trobaire 
que negus d'a^uels qu'eron estat denaû ni foron apres lui ; per 



ia4 LE PARNASSE 

que fo apellatz maestre dels trobadors , et es ancar per totz aquels 
que ben entendon subtils ditz ni ben pauzatz d'amor e de sen. 
Fort fo honratz per los valens homes e per los entendeus , e per 
las dompnas qu'entendian los sieus maestrals ditz de las soas cansos. 
E la soa vida si esa aitals que tot l'ivern estava à scola et aprendia , 
e tota la estatz anava per cortz e menava ab se dos cantadors 
qne canlavau las soas causos. Non vol mais muiller j e tot so 
qu'el gasaiugnava dava à sos paubres parens et à la eglesia de la 
vila on el nasquet j la qual glesia avia nom et a encaias Saint 
Gervasi. 

2701 , 3794 > 7225-6 , 7614 t M. 



xjLlegrar me volgr' en cantan 
O cantar per que m'alegres ; 
E si d'un sol pauc m'ajudes 
Mon bel senher,.ai ben talan 7 
Que ja per nauza ni per dan 
Qui m creises ; no m desconortes : 
Qu'estiers no m fora frutz ni flors, 

Ni gen pascors, 

Joi ni solatz. 
Mas valha m cauzimen , si 1 platz , 
Que m'ajut bona sospeissos 
En un vers far que sia bos. 

E pero ben a mais d'un an 
Qu'om me pregava qu'ieu cantes ; 
E fora bon que m n'esforses y 
Si m pogues pagar dcl mazan. 
Mas volh que'l cor s'acord' al can ; 
E que la bôca rend'apres 
Dels bels digz e dcls faitz majors 
Gratz e lauzors : 
Quar si canlatz 
De tal cui plass' eus sofr'en patz 
Vostres precs e vostras cansos^ 
Pro von escai rics gazardos. 



OCCITANIEN. i25 

E seraus pretz, à mon semblan, 
Si vostre cant meillur' ades ; 
E si ja vis que meillures 
Lo mieus , qo fera sou coman 
Tostemps mais ! E si ja d'afan 
Qu'eu agues trait me corailles ; 
Tostemps mi defendes amors 

De sas honors j 

E fos mostratz 
Coma fol desaventuratz , 
De joi dezamparatz e blos , 
A cui no tanh honors ni pros. 

Dieus ! co m'er anatz regardan 
Si ja vira que m'agrades ! 
E no ges per so qu'ieu cujes 
Qu'en uulla re m'abelis tan. 
Pro m'ave meils que no deman: 
E cum , no m'o diras ? fols es : 
Ja sabs tu d'aquestz amadors 
Leus parladors , 
Que lor foudatz , 
Quan lor afar s'es aviatz , 
Lor tol plazer e ditz e dos ; 
E ls mena tristz e cossiros. 

Per qu'ieu, que no m'azaut d'engan, 
No volgra qu'autre m'ensenhes 
So que mon joi me destorbes, 
Ans agr'ops qu'empares enan. 
E per so m vau sols alegran 
E cossir com ja n'atendes 
Cosselh d'amics , quar de senhors 

M'es lor acors 

Sobretarzatz ; 
E lonh me de mos plus privatz , 
Tan dubti que locs e sazos 
M'embles qualque mot perilhos. 



jâ6 LE PARNASSE 

E no ges per so qu'ieu soan 
Lor solatz , e mout no prezes 
S'auzes dir , e que demandes 
Aissels que venon ni que van, 
Tals novas en qu'anes mesclan 
So que negus non entendes. 
Que per us prims entendedors 

Me tol paors 

E frevoltatz , 
Quar no cug esser ben amatz , 
Mans gabs , mans ditz , mans fagz ginhos 
Per que fora bautz e joios. 

Er diran tug qu'ieu dis ogan, 
Qu'à tot home qui ben ames 
Agr'ops un bon aniic trobes 
On de re no s'anes dubtan ; 
Quar us no sab de que ni quan 
Li er ops qu'om io cosselhes. 
Per qu'ieu dic qu'als fis amadors 

Es valedors 

Cosselh privatz; 
Quar greus er , si nous en gardatz , 
Que l'un dels totz tres companhos 
Nous sia soven enoios. 

Quascus si gart si com ieu fatz 
Tan be , Sobre-totz , que neis vos 
No sabetz quals es ma i-asos. 

Ben leu m'an lai part los glotos 7 
O sai e lai ; o sus o jos. 



OCCITANIEN. 127 



2701 , 7226. 

JLì'autrier lo primier jorn d'aost 
Vinc en Proensa part Alest ; 
E cavalcav' ab semblan mest, 

Qn'ira m tenia sobrieira , 

Quant auzi d'una bergieira ; 

E fon just' un plaissaditz. 

E quar fo suau lo critz 

Don retendi la ribieira , 

Vau m'en lai tot esbaïtz 

On amassava favieira. 

E si tot s'avia pel brost 
E strecba'l gonella que vest, 
Ans que li demandes : don est ? 
Ela m tenc à l'estrubieira ; 
Pois dis me i per qual dressieira 
Vengues ni don es issitz ? 
Ja m sembla sias marritz. 
No m'aiatz per trop parlieira , 
Que quar es sols escaritz 
Ai ben drech que vos enquieira. 

Toza , beus dirai , quan que cost, 
Pos tan gen m'en avetz enquist, 
Quals aventura m mena trist : 

De bon' ami' ai nescieira 

Que fos fin'e vertadieira ; 

Qu'eras me soi departitz 

D'una falsa b<-\iiritz 

Que m fa camiar ma carrieira ; 

E fora m Bapdtfa e guiiz 

Si no fos taa volatieira. 



ia8 LE PARNASSE 

Senher franc , à qui que s'ajost 
Ab ric'amor , non er, per crist } 
Si tot sa pro auzit ni vist , 
Ses clam ; qu'una cavalieira 
Vol be qu'om en fag o mieira 
Sos bes e'l mal si oblitz ; 
Qu'ades , non es tan garnitz, 
•Tornaraus d'autra mauieira ; 
Qu'estas autras camiairitz 
Segon lost autra carrieira. 

Toza , dieus volha que mi ost 
Del mal que tanta pena m bast, 
E perda'l dormir e'l depast. 
Mas volb ab la senba uieira 
!No crezatz que plus vos quieira ; 
Per so quar gen m'aculhitz 
Vos serai francs e cauzitz. 
Quar cove queus en refieira 
Merces quar nous enfugitz : 
De louh m'avizetz primieira. 

Senher , be m'aura ops qu'en sost 
Del fag , qu'enqueras l'oc non tast ; 
Que'l cors ai pauc e de scn cast , 
Si beus mi fas prezentieira : 
Pois cug segon ma paubrieira 
Que m sia datz bos maritz. 
Mas quar tan pauc m'enqueritz 
Farai d'aitan que laugieira , 
Qu'ab fis sagramens plevitz 
Aurelz m'amistat entieira. 

Toza , be'n fora gauzitz : 
Mas tant es ferma'l razitz 
Que mou de lai part Lobieira , 
Que'l mal , pois s'er endormitz f 
Ai paor que pieitz me fieira. 



Senhcr 



OCCITANIEN. ia9 

Senher ges non es arditz , 
Quar de mal queus er fugitz 
Temetz que pois vos enquieira. 
Mas pos tan m'es abelitz 
Sojornem en est' ombrieira. 

Toza , n'Escaruenh' es guitz 
De pretz , que m det companbieira 
Cortez' e fin'amairitz j 
Per que' 1 mal me fug à tieira. 

Senber un pauc es fallitz , 
Qu'eras d'autra companbieira 
Parletz que fossetz aizitz , 
Si tot ses plus ufanieiru. 



2701 , 3794, 7225-6, 7614, M. 



N< 



o posc sufrir qu'à la dolor 
De ma deu la lengua no vir f 
E'l cant à la novela flor 
L'an quan vei los ramels florir. 

Doussa votz pel boscatge 
Aug d'auzeletz enamoratz ; 
E si tot m'estau apessatz 

Ni pres de mal usatge , 
Quan vei camps ni vergiers ni pratz 
Ieu m renovel e m'asolatz. 

Qu'ieu no m'esfors d'autre labor 
Mas de cantar e d'esjauzir. 
Q'una noicb sommiei en pascor 
Tal somni que m fetz esbaudir , 

9 



j5o le parnasse 

Q'us esparviers ramatge 
S'era sus é mou pouh pauzatz 
E semblava s adomesjatz : 

Anc no vis tan salvatge ; 
Mas pois fo maniers e privatz 
E de bos gets apreizonatz. 

Lo somnhe dis à mon senhor f 
Qu'à son amic lo deu hom dir ; 
Et enarret lo m'en amor ; 
E m dis no podia ialhir , 

Que de i'aussor paratge 
Conquerrai tal amigu' en patz 7 
Quan be m'en serai trebalhatz , 

Quanc hom de mon linhatge 
Ni d'outra ma valor assatz 
Non amet tal ni fon amatz. 

Eras n'ai vcrgoïih' e paor , 
E m'esvelh en plang e sospir ; 
E'l somi tenc à grand folor 
E no crei que posc' avenir. 

Pero de fat coralge 
No volh partir un ric pessatz, 
Orgolhos e dcsmezurats ; 

Qu'apres nostre passatge 
Crei qu'el somni sia vertatz , 
Aissi dreg co m fon enarratz. 

E pois auziretz cantador 
E cansos anar e venir ; 
Qu'eras que tenon sai onor , 
M'aven un pauc plus enardir 

D'enviar mo messatge 
Que parte uoslras amistatz , 



OCCITANIEN. i5t 

Que sai n'es faita la mitatz 

Mas de lai non tenc gatge : 
Pero ja non er acabatz 
Nul fatz tro sia comensatz. 

Qu'ieu ai vist acomensar tor 
D'una sola peir' à bastir , 
E cada pauc pojav' aussor 
Tro que la podi' om gamir. 

Per qu'ieu prenc vassalatge 
D'aitan , si vos m'o cosselhalz, 
Que'l vers quant er ben asomiatz 

Trametrai él viatge , 
Si trob que loi porte viatz , 
Ab que s deport e s don solatz. 

E vos entendedors vejatz , 
Que sabetz mon lengatge , 
Quora que fezes motz serratz , 
S'ara los ai ben esclairatz. 

E soi m'en pels prims esforsats , 
Qu'entendan quals cansos ieu fatz. 



2701 , 3794 , 7225-6 , 7614 , 7698 , M. 



Í3'ara no poja mos cans 
No sai coin jamais s'enans ; 
E si no m val dos aitans 

Que far no solia , 
Ben auras dregz I9 m soans. 
E per que ? no m'o demans , 

Qu'ieu no t'o diria. 



,5a LE PARNASSE 

E seras mi drogomans ? 
A cui ? leis cui soi comans. 
E com entendra tos mans ? 

Ja d'aquo no t sia 7 
Que'ls dilz els falz els semblans ; 
El nom el pretz el bobans 

T'er guitz en la via. 

E tu ja t fas conoissens ? 
Ieu , oc. E tu non entens 
Qu'ieu fas motz ben aprendens 

E ses maestria ? 
Si fauc be ; mas totz es sens. 
Per que ? quar vol tota gens 

Li port garentia. 

Quo'l sieu bel cors avinens 
Es assazats e manens 
De tots bos ensenhamens 

E de cortezia , 
Ja n'auras tu malvolens 
Quar en trop lauzar t'emprens. 
E qui m graziria ? 

Seus enemics e guerriers 
No t falliran volontiers : 
Q'us enoios fols parliers 

Trob'om quascun dia. 
Fors qu'ieu no soi sobransiers f 
Mas si la'n blasmav' Ogiers 

Ieu l'en combatria. 



Quc'l sieu laus es dreituriers , 
El nom vers , el pretz entiers ,- 
E si m'era vis estiers 



OCCITANIEN. i35 

No m n'entrametria : 
Qu'anc fort no fui sovendiers 
De tals lauzars plazentiers } 

Ni non o faria. 

E tu que tanh sos lauzars ? 
Ja m'en forsa sobramars. 
Mais t'en valria calars. 

Be ditz gran folia j 
Que , per dieu , sol lo parlars 
M'adutz tals quals bos pensars 7 

Q'usquecs me valrìa. 

E si tos ditz no les cars 
No t'en volgras esser pars ? 
Eu, no per re ; que'l cujars 

M'ajud' e m'enbria 
So m'es vis tots mos afars j 
E val en mais mos cantars 

Per aital paria. 



E s'il bos reis dels Navars 
M'o lauza, de mantz blasmars 
Gaire no m daria. 



2701 , 7226. 

£3'es cantars ben entendutz 
Ei sofris pretz e valor ; 
Per qu'es lag de trobador , 
Des que son cant er saubutz 7 
Qu'el eis en sia lauzaire : 
Que be pareis al retraire 
Si 1 n'escai blasmes o laus. 



i54 LE PARNASSE 

E bos pretz reconogutz 
Dur' ades d'una color , 
Si'l senher guara com cor , 
Qu'aissi sera leu vencutz. 
E qui fort es rabinaire 
No sib ni no s pot estraire 
Qu'ans termini no repaus. 

E bon' amistat de drutz , 
Qui la noiris ab temor , 
Fa bon frug e bona flor , 
Qu'à quascus n'escai salutz. 
E nous aizinets gabaire , 
Si a ren fatz fis amaire , 
Ans cove francs e suaus. 

Qu'ieu ai d'amadors vist mutz , 
Pois si feron gabador : 
Quan guerra sors entre lor , 
Lo gabar es remazutz 
Escarnitz. Sobregabaire 
Dins e defors son repaire 
A pejor perilh que naus. 

Lo vers auzit e mogutz 
Coma de bon trobador f 
Pois revertis en error 
Lo cant quant era saubutz : 
Q'us se fazia clamaire 
Dels digz don autr'era laire , 
Com fes la gralha del paus. 

Rics savis descazegutz 
Pois foron larc donador ; 
Quar per agrei de folot 
Remania lor pretz nutz. 
E cui sens non es guidaire 
No sab ni pot à cap traire ; 
Ans par à la fin bertaus. 



OCCITANIEN. i35 

Et ieu que soi sà vengutz , 
Bos reis , per vostra valor ; 
E noi mou à contador 
Mas del vers quant er saubutz 
Ves lo vostr'entier vejaire : 
Quar sai quens etz guitz e paire 
De pretz e tenetz las claus. 

Et creis vos ades vertutz , 
Qui que s vir de dretz- en caire ; 
E dieus si 1 platz laus esclaire , 
Qu'ieus am servir e non aus. 



PEIRE D'ALVERNHE. 

7225 , 7614 , 7698. 

Peire d'Alvernhe si fo del evesquat <le Clermon. Savis hom 
íb e ben letrat , et fo fils d'un borges. Bels e avinens fo de la 
persona ,• e trobet ben e cantet ben. E fo lo premiers bon tro- 
baire que fo él mon , et aquel que fes li meillors sons de vers 
que anc fosson faichs él vers que dis : 

De Jost' als breus jorns es loncs sers. 

Canson no fetz , que non era adonc negus cantars apellatz 
cansos , mas vers : mas pueis en Guirautz de Borneill fetz la 
primiera canson que anc fos faita. Mout fo onratz e grasitz per 
tots los valens barons e per totas las valens dompnas. Et era 
tengutz per lo meillor trobador del mon , tro que venc Guirautz 
de Borneill. Mout se lauzava en sos cantars e blasmava los autres 
trobadors , si qu'el dis en una copla d'un sirventes qu'il fes : 

Peire d'AIvernhe a tal votz 
Que canta de sobr' e de sotz , 
E siei sons son dous e plazen : 
E pois es maïstre de totz , 
Ab q'un pauc esclarzis sos mots , 
Qu'à penas nulls hom los enten. 



i56 LE PARNASSE 

Longamen estet e visquet al mon con Ia bona gen , segon que 
m dis lo daiíìns d'Alvernhe , en cui ternps el nasquet J e pois donet 
se en orde et aqui mori. 



2701 , 7225-6, 7614 , 7698, c. 



D, 



'e jost' als breus jorns e'ls loncs sers , 
Quan la blanc' aura brunezis , 
Volh que branq' e brolh mos sabers 
D'un nou joi quc m frug e m lloris ; 
Pos dels verts folhs vei clarzir los guarrics ; 
Per que s retrai entre la neus.e'l freis 
Lo rossinhol el tortz , el gais , el pics. 

Qu' otr' aisso m'agrada'l parers 

D'amors londans e de vezis ; 

Quar pauc val levars ni jazers 

A lieis ses lui que l'es aclis : 
Qu'amors vol gaug e grupis los enics. 
E qui s'esjau à l'ora qn'es destreis , 
Beu pur que cel volri' esser amics. 

Mas ieu no sai quals capteners 

Me sofri , qu'una m'a conquis 

On reviu jois et nais valers 

Tal que denan li trassalis. 
Ou'ab enquerer del dig m'en ve destrics , 
Tan tem qu'el meils lais e diga'l sordeis , 
On plus mon cor mc ditz : quar no t'en gics ? 

Ben vei e sai e crei qu'es vers 
Qu'amors engraiss'e magrezis 
L'un ab trichar , l'autr' ab dir vers , 
Uns ab plors et autrcs ab ris ; 
E cel que s vol es manent o mendics : 
Mas ieu n'am mais so qu'en ai , qu'esser reis 
Que fos senhor d'Escotz et de Galics. 



OCCITANIEN. i3 7 

Quar si fos ja dcl mieus volers 

Lo sieus bos coratges devis , 

Lai on madomna m tol temers 

De so per que plus m'esbaudis ! 
Qu'anc no 1 sai dir lauzengas ni prezics , 
Mas meillor cor l'ai trop que no pareis : 
S'ella no'l sab morrai m'en lotz antics. 

Tan m'es dos e gens sos vezers 

E'l joi que m'es él cor assis , 

Qu'ades brota lo bos espers 

Qu'en ai , per que m'en enriquis : 
Qu'anc lan no fui volpils ni no m camics ; 
Sol que m'anes à lei , qu'ieu aqui eis 
No m saubes far de gran paupreira rics. 

Cest es jois e gaug e plazers 

En que manta gen s'abelis ; 

E sos pretz mont' à gran poders , 

Quar mans jois sobresenhoris : 
Qu'ensenhamens e beutatz l'es abrics 
D'un ram d'amor qu'en lei s'espan e creis , 
E fara tro qu'ieu sia blanc co nics. 

Cest vers sabra , so m pes , violar Audrics , 
Quel d'Alvernhe ; e dis qu'ora ses domneis 
No pot valer plus que ses gra l'cspics. 

Per qu'ieu cosselh ja no t'en desrazics ; 
Quar mais conquis aqui on ilh m'ateis , 
Que si m dones Fransa'l rei Lodoics. 



i58 LE PARNASSE 



7 6 9 8, C. 



R 



ossinhol en son repaire 
M'iras madomna vezer , 
E diras li'l mieu afaire ; 
Et ilh diga 't del sieu ver 
E mant sai 
Com l'estai. 
Mas de mi 1 sovenha ; 
Que ges lai , 
Per nul plai , 
Ab si no t retenha. 

Que tost no m tornes retraire 
Son estar , son captener ; 
Qu'ieu non ai amic ni fraire 
Don tant ho volha saber. 
Ar s'en vai 
L'auzel gai 
Ab gaug , on quc venha 
Ab essai , 
Ses esglai , 
Tro quc trop l'ensenha. 

Tan quan l'auzel de bon aire 
Vi sa beutat aparer , 
Dous cant comenset à braire 
Si com sol far contra'l ser. 
Pois s'apai 
Que no brai , 
Mas de leis engeinha 
Co 1 retrai 
Son pantai : 
So qu'ilh auzir denha. 



OCCITANrEN. i3d 

Cel queus es verais amaire 
Volc qu'ieu él vostre poder 
Vengues sai esser cantaire , 
Per so queus fos à plazer. 
E sabrai 
Quan m'irai 
De vos , quor que m venha 7 
Que 1 dirai ? 
Si ren sai 
Per qu'el lai s'en fenha. 

E si 1 port per que s n'esclaire 
Gran gaug en podetz aver , 
Qu'anc hom no nasquet de maire 
Tan de beus posca voler. 
Eu mourai 
Et irai 
Ab gaug , on que venha... 
No farai 
Quar non ai 
Dig qual plag m'en prenha. 

D'aisso serai plaidejaire 
Qu'en amor ha bon esper. 
Tío s deuria trigar gaire 
Tan quan l'amors n'a lezer , 
Que tost cái 
Blanc en bai 
Coma flors en lenha 3 
E val mai 
Qui'l fag fai } 
Ab qu'om l'en destrenha. 



i4o LE PARNASSE 



5698. 



B 



Eif a tengut dreg viatge 
L'auzel lai on el tramis ; 
Et ilh envia m rnessalge 
Segon que de mì s jauzis : 
Mot mi platz , 
So sapchatz y 
Yostra parladura 7 
Et aujatz 
Queill digatz 
So don mi pren cura. 

Fort mi pot esser salvatge 
Quar s'es lonhatz mos amis 7 
Qu'anc hom de negun linhatge 
No vi que tan m'ahelis. 
Trop viatz 
Fo'l comiatz 7 
Mas s'ieu fos segura , 
Mais bontatz 
N'agrassatz ; 
Per qu'ieu n'ai raucura. 

Que tan l'am de bon coratge 
Qu'ades soi entr'on dormis 7 
Et ab lui ai guidonatge , 
Joc e gaug , e jois e ris. 
E solatz 
Qu'ai en patz 
No sab creatura 7 
Tau quan jatz 
E mos bratz 
Tro que s trasfigura. 



OCCITANIEN. i4i 

Tostenrps mí fo d'agradatge 
Pos lo vi et anc que 1 vis ; 
E ges de plus ric paratge 
No volh autr'aver conquis. 
Mos cuidatz 
Es bon fatz : 
No m pot far tortura 
Vens ni glatz , 
Ni estatz , 
Ni caut ni freidura. 

Bon'amors ha un uzatge 
Com bos aurs quant ben es fis , 
Que s'esmera de bontatge 
Qui ab bontat lo servis. 
E crezatz 
Qu'amistatz 
Quascun jorn meillura : 
Meilluratz 
Et amatz 
Es cui jois aùra. 

Dous auzel en son estatge 
Iras quan venra'l malis ; 
E diga 1 eu dreg lengatge 
En qual guiza l'obedis. 
Abrivatz 
N'es tornatz 
Trop per gran mezura $ 
Doctrinatz ; 
Emparlatz 
De bon' avenlura. 



142 EE PARNASSE 



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GUIRAUTZ DE CALANSO. 

7225. 

Guirautz de Calanso si fo un joglars de Gascoingna. Ben sab 
letras e subtils fo de trobar j e fes cansos maestradas desplazens , 
e descortz d'aquella saison. Mal abelivols fo en Proensa e sos 
ditz j e petit ac de nom enlre'ls cortes. 



';22 5-6 , 7698. 



s 



1 tot Faura s'es amara 
Don s'esclarcisson li branc 7 
Ges per aisso no m'estanc 
D'un vers far en bella rima ; 
Per que sapchon li plusor 
Que no vei bon trobador 
Qu'ab mi no pogues aprendre. 

E pois quascus desampara 
Vers per canson , eu no planc 
Lo dan qu' a'l cors sobre'l flanc , 
E'l geinh e l'art e l'escrima. 
Mas l'un vol qu'om cant d'amor ; 
L'autre vol motz de folor , 
L'autre leu vers per entendre. 

Per que bella razos cara 
Se pert , que'l clop e li ranc , 
E'l catz qu'estai sos lo banc 
Qu'apres los autres resima ; 
Trobon e son cantador ; 
E'l malvatz entendedor 
Lauzon so qu'om deu rependre. 



OCCITANIEN. i45 

E quant hom razon no guara 
Ab manz dilz cars mi remanc , 
Quar so vei cazer él fanc 
Que degr'aut pojar al cima ; 
E calon s'en li meillor : 
Tan pauc son li valedor 
Qu'om no pot ab lotz contendre. 

Mas una flor blanq' e blara 
Mi ten alques mon cor franc ; 
E s'enans no m val , lot blanc 
M'aura com en l'ora prima. 
Mas si m leuges ma dolor 
Ben tengra'l joi per greignor : 
Que mai pretz donar que vendre. 

Mas la bella fresca cara 
No vei , per que no m refranc 
Del greu mal don me complanc , 
Qu'ins e'l cor me ten que m lima. 
A lei de fin amador 
Dezir so don soven plor ; 
Qu'en als no me posc enpendre. 

E pero si no m'ampara 
No dei d'als pensar ni d'anc , 
Ni es ni er ni fon anc 
Autra per que m refrangima 
Mon cor qu'ieu ja'l vir aillor : 
Qu'à lei de bon jogador 
Volh tot en un loc despendre. 

Del bon rei fauc ma lauzor 
D'Arago , quar ab honor 
Sab tot quant el fai despendre. 



i44 LE PARNASSE 



BONIFACI DE CASTELLANA. 

Florissait en i25o. Hist. génér. de Provence. T. II, p. ^\&. 
3794 , 7226. 



G. 



Tuerr' e trebalhs e brega m platz , 
E m platz quan vei reiregarda , 

E m platz quan vei cavals armatz , 

E m platz quan \ei grans colps ferir , 
Qu'enaissi m par lerr' estorta ; 

Qu'aitals es mos cors e mos sens , 

E de plag sai quascun jorn mens. 

Cil d'Ast prendon tregas e patz , 
E perdon tro à Stafarda 
Tota la terra qu'es de lalz ; 
Qu'enaissis o ai auzit dir 

Que Cunis era lor porta ; 
Et ar vei que lor es nozens 
E no fai pas lors mandamens. 

Lo dans dels Proensals mi platz , 
Equar degus no s pren garda : 
E'ls Frances son tan ensenliatz , 
Que quascun jorn los fan venir 

Lialz ab una redorta : 
E no lor val nul cauzimens , 
Tan los tenon per recrezens. 

Mout m'enoia dels avocatz 
Que'ls vei anar ab gran arda ; 
E pesa m conseil de prelatz ; 

Qu'anc 



OCCITANIEN. !45 

Qu'anc nul home no vi jauzír ; 

Ans qui son dreg lor aporta , 
Els dison : aisso es niens } 
Tot es del comte veramens. 



Los Genoes vei trop mermatz 
E'l capitani que ls garda ; 
E de Ventamila'l comtatz 
Perdon que solian tenir : 

Donc be m par Genoa morta ; 
La poestatz n'es non calens 
Que lur sol esser defendens. 

Enans penria l'esporta 
Qu'ieu no li defenda mas gens 
Am cavaliers et am sirvens. 

Mauri , us jois me conorta , 
Qu'ieu sai be que la plus valens 
Me vol mais que totz sos parens. 



SORDELS. 



Lo Sordels si fo de Sirier de Mantoana , fils d'im paubre ca- 
vallier que avia nom sier el Cort. E deletaise en cansos aprendre 
et en trobar , e briguet con los bons homes de cort et apres tot 
so qu'el pot ; e fes coblas e sirventes. E venc s'en à la cort del 
comte de San Bonifaci , e'l coras I'onret molt j et enamoret se 
de la moiller del comte à forma de solatz , et ella de lui. Et 
avenc si que'l coms estet mal con los fraires d'ella , e si s'estra- 
niet d'ella. E sier Icellis e sier Albrics } li fraire d'ella , si la. 

10 



i4G LE PARNASSE 

feirent envolar al comte à sier Sordel ; e s'en venc estar eon lor 
en gran benanausa. E pois s'en anet en Proensa , on il receps 
grans honors de totz los bos horaes j e del comte e de lacomtessa, 
que li deron un boa castel e moiller gentil. 

2^01 , 7225-6. 

JT lanher volh en Blacatz en aquest leugier so 
Ab cor trist e marritz ; et ai eu ben razo , 
Qu'en lui a mescabat senhor et amic bo , 
E quar tut l'aip valen en sa mort perdut so. 
Tant es mortals lo dans qu'ieu non ai sospeisso 
Q'unca mais se revenha , s'en aital guiza no 
Qu'om li traga lo cor e qu'en manjo'l baro 
Que vivon descoratz , pois auran de cor pro. 

Premier mange del còr , per so que grans ops l'es , 
L'emperaire de Roma , s'el vol lo Milanes 
Per forsa conquistar ; quar lui tenon conques 
E viu dezeretatz malgrat de sos Ties. 
E de seguentre lui mang'en lo reis Frances , 
Pos cobrara Castela qu'el pert per nescies : 
Mas si pes' h. sa mair' el non manjara res , 
Quar ben par à son pretz qu'el no fai ren que 1 pes. 

Del rei Engles me platz , quar es pauc coratjos , 
Que mange pron del cor ; pois er valens e bos 
E cobrara la terra , per que viu de pretz blos , 
Que 1 tol lo rei de Fransa quar lo sab nualhos. 
E lo reis Castelas tanh qu'en mange per dos , 
Quar dos regismes ten ni per l'un non es pros : 
Mas s'il en vol manjar tanh qu'en manj'à rescos , 
Que si'l niair' o sabia batria 1 ab bastos. 

Del rei d'Aragon volh del cor deja manjar , 
Que aisso lo fara de l'anta descargar 
Que pren sai de Marselh' e d'Amilhau ; qu'onrar 
No s pot estiers per re que posca dir ni far. 



OCCITANIEN. i4 7 

Et apres volh del cor don hom al rei Navar, 
Que valia mais coms que reis , so aug contar. 
Tortz es quant dieus fai hom'en gran ricor pojar ; 
Pos sofracha de cor de pretz lo fai haissar. 

Al comte de Toloz' a ops qu'en manje be , 
Si 1 menibra so que sol tener e so que te ; 
Quar si ab autre cor sa perda non reve , 
No m par que la revenh' ab aquel qu'a en se. 
El coms Proensal tanh qu'en manje ; si 1 sove 
Qu'om que dezeretatz viu gaire non val re : 
E si tot ab esfors si defen ni s capte , 
Ops l'es manje del cor pel gran fais que soste. 

Li baro m volran mal de so que ieu dic be ; 
Mas be sapchan qu'ie ls pretz aitan pauc com ilh me» 

Bel-restaur , sol qu'ab vos posca trobar merce , 
A mon dan met quascun qui per amic no m te. 



S A V A R I C. 

2701 , 7223. 

Savaric de Mabi.eon si fo un rics baros de Peitieu , fils d'Enrics 
de Malleon. Seigner fo de Malleon e de Talarnom , e de Fon- 
tenai , e de Castelaillon , e de Boet , et de Benaon , e de saint 
Miquel en l'ertz , et de Ia isla de Riers , et de l'isola de Niues , 
e de Nestrine , e d'EngolIius , e d'autres maiuz bons locs. Bels 
cavaliers fo e cortes et enseingnatz , e larc sobre totz los larcx. 
PIus li plac dons e dompneis , et amor e torueiament , que ad 
home del mon , et de cbanz et de solatz , e Irobars et corlz c 
messios. Plns fo fiu amics de domuas et d'amadors que nuills 
autres cavalliers , e plus envejos de vezer bons homes e de far li 
plazer. E fo lo meiller guerrer que anc f'os él mon. Tal vez ne 
fo aventuros , e tal vez ne trobet dan : e totas las guerras qu'el 
ac forou con lo rei de Fransa e con la soa gen. E dels sieus bons 
faich se poiiia far un gran libre , qui lo volgues escrire , con 
d'aquellui que ac plus en si d'umolitat et de merce e de fran- 
quessa , et que mais fez de bons faich d'omc qu'ieu anc vis ni 
auzis , et plus n'avia voiuutat de far. 



i43 LE PARNASSE 



2701. 

En Savaric de Mal leo fo vengntz à Benaujatz per vezer la 
vescomtessa na dona Guillerma , et el entendia en ela 5 e tray 
ab lui'u Elias Rudels , senher de Bragairac , e Jaufre Rudelh 
de Blaya. Totz tres la pregavo d'amor ; et enans c'aysso fos el' 
avia cascun tengut per sou cavayer , e l'un non o sabia de l'autre. 
Tug tres foron asetatz pres d'ela , l'un d'una part , l'aulre d'autra , 
lo ters denan ela. Cascus d'els la esgardava amorozamen ; et ela , 
com la plus ardida dona c'om anc vis , comenset ad esgardar en 
Jaufre Rudelh de Blaya amorozamen , car el sezia denan ; et 
a n Elias Rudelh de Bragairac pres la man , et èstreis la fort 
amorozamen ; e de mossenh en Savaric causiget lo pe rizen e 
sospiran. Negus no conoc lo plazer l'un de l'autre entro qu'en 
foron partitz , qu'en Jaufre Rudelh o dis à'n Savaric com la 
dona l'avia esgardat ; e'n Elias dis lo del ma. En Savaric , caut 
auzis que à cascus avia fag aital plazer , fon dolens ; e de so 
que fon ad el fag non parlet , mas apelet Gaucelm Fayzit e'n 
Ugo de la Bacalayria , e si lur dis en una cobla al cal avia 
fag may de plazer ni d'amor. E la cobla del deman comessa : 
Gaucelm , tres joc enamorat. 

Beus dic d'en Savaric que be fon sel qu'era razitz de tota la 
cortezia del mon ; et en totz bos fatz c'om puesca pessar de 
bon home el fon maystre de totz. Et avia amada et onrada louc 
tems una dona gentil de Gascuenha , madona Guillerma de 
Benaujatz , molher que fo d'en P. de Gavaret , qu'era vescoms 
de Beraumes e senher de San Macari e de Lengo ; e puesc dire 
per ver que anc tans de bos fatz no fezes hom per dona. Mot 
longamen lo paget esta doua ab sas folas promessas et ab bels 
mandamens , et joyas donan. E mantas vez fes lo venir de 
Peitieus en Gascuenha per mar e per terra ; e caut era vengutz 
gen lo sabia enganar ab falsas razos , que no 1 fazia plazer 
d'amor. Et el era'n tan enamoratz que no conoysia l'engan : mas 
sos amics d'el li deron ad entendre l'engan. E mostreron li una 
dona de Gascuenha , qu'era de Manchac e molher d'en Guiraut de 
Manchac , joves e bela et avinens , e deziroza de pretz et de 
vezer en Savaric per lo be qu'en auzia dire. En Savaric can vi la 
dona azautet li mot à meravilhas et preget la d'amor. E la dona , 
per la gran valor que vi en el , retenc lo per son cavaye» , e det 
ìi jorn qu'el vengues à leys per penre so que demandava. Et el 
parti s'en mot alegres , e pres comiat e tornet s'en à Peytieus. 

E no tarzet gayie que madona na Guillerma Benauja saupet lo 
fag , e com l'avia dat jorn de venir ad ela per far son plazer. 



OCCITANIEN. 149 

Adonc fon mot giloza e trista car non l'ac retengut ; et fes fa.t 
sas letras e «os mans 'e salutz aitan caramen co saup ni poc , e 
mandet à'n Savaric que al jorn que l'avia dat la comtessa de 
Manchac , que vengues ad ela à furt à Benaujas per aver d'ela 
tot son plazer. E sapias per ver que ieu Uc de San Circ , que 
ay escrichas estas razos , fuy lo messatge que lai aniey e 1 portcy 
totz los mans e'ls escritz. Et en la sua cort si era lo prebost de 
Limotges , qu'era valens hom et ensenhatz , e bos trobaires. En 
Savaric , per far à lui honor , li mostret tot lo fag e so que 
cascuna l'avia dig e promes. En Savaric dis al prebost que li'u 
demandes en chantan , e que li'n partis tenso , à la cal d'estas 
doas devia anar al jorn que li avian donat. E'l prebost comes lo , 
e di : 

En Savaric ieu vos deman 

Que m diatz en chantan. 



G 



3794 , 7225-6 , C , M. 



aucelm , tres jocs enamoratz 
Partisc à vos et à'n Ugo 5 
E quascus prendatz lo plus bo 
E laissatz mi lo queus volhatz : 
Q'una domn'a tres pregadors , 
E destrenh la tan lor amors ? 
Que quan tug trei li son denan 
A quascun fai d'amor semblan. 
L'un esguard' amorozamen , 
L'autr' estrenh la man doussamen , 
Al terz caussiga'l pe rizen : 
Digatz al qual , pois aissi es , 
Fai major amor de totz tres. 

Senher Savaric , ben sapchatz 
Que l'amic recep plus gen do 
Qu'es francamen , ses cor felo 7 
Dels bels olhs plazens esguardatz : 
Del cor mou aquela doussors , 
Per qu'es cent tans majer honors. 
E de la man tener dic tan 
Que no li ten ni pro ni dan ; 



LE PARNASSE 

Qu'aital plazer comunalmen 
Fai domna per aculhimen. 
E del caussigar non enten 
Que la domn' amor li fezes , 
Ni deu per amor esser pres. 

Gaucelm dizetz so que vos platz , 
For que no mantenetz razo , 
Qu'en l'esguard no conosc nul pro 
A l'amic que vos razonatz j 
Et es nescies e folors , 
Qu'olh esguardon lui et alhor? 
E nul autre poder non an. 
Mas quan la man blanca ses gan 
Estrenh son amic doussamen , 
L'amors mou del cor e deissen. 
En Savarics , quar part tan gen , 
Mantenga'l caussigar cortes 
Del pe , qu'ieu no'l mantenrai ges. 

N Ugo , pos lo meils me laissatz 
Mantenrai leu ses dir de no. 
Donc dis que'l caussigar que fo 
Fatz del pe es fin'amistatz 
Celada de lauzenjadors ; 
E par be , pos aital secors 
Pres l'amic rizen jauzian , 
Que l'amors fos ses tot engan. 
E qui'l tener de la man pren 
Per niajor amor fai non-sen. 
E d'en Gaucelm no m'es parven 
Que l'esguard per melhor prezes , 
Si lan ni quan d'amor saubes. 

Senher , vos que l'esguard blasmatz 
Dels olhs e lor plazen faisso , 
No sabetz que messatgier so 
Del cor que los a enviatz ; 



OCCITANIEN. i5i 

Que l'olh descobr' als amadors 
So que reten e'l cor paors : 
Don totz los plazers d'amor fan. 
E mantas vetz rizen gaban 
Caussiga'l pe à manta gen 
Domna , ses autr'entendemen. 
En Ugo manle fallimen , 
Que'l tener de ma non es res 
Ni no cre que d'amor mogues. 

Gaucelm encontr'amor parlatz 
Vos e'l senber de Malleo , 
E pareis ben à la tenso : 
Que'ls olhs ; que vos aves triatz 
E que rasonatz per melhors , 
An traït mans entendedors. 
E de la domn' ab cor truan ; 
Si m caussigava' 1 pe un an , 
Non auria mon cor jauzen. 
E del man dic senes conten 
Que l'estrenhers val per un cen : 
Quar ja si al cor no plagues 
Amors noi agra'l man trames. 

Gaucelm vencutz es del conten 
Vos e 'n Ugo certanamen : 
E volh qu'eu fassa jutjamen 
Mos Gardacors , que m'a conques ; 
Na Maria on bos pretz es. 

Senher , vencutz no soi nien ; 
Et al jutjar er be parven : 
Per que volh quei si'eissamen 
Na Guillerma de Benagues 
Ab sos ditz arnoros cortes. 



i5a LE PARNASSE 

Gaucelm , tant ai razo valen 
Qu'amdos vos fors' e mi defen : 
E sai n'un' ab gai cors plazen 
En qui'l jutjamen fora mes ; 
Mas pro vei qu'en i a de tres. 



GUILLEMS DE BERGUEDAN. 



27OI , 7220. 

GriLtEMS de Bergcedan si fo un grntils bars de Cataloingna , 
vesroms de Berguedau , seingner de Madorna e Derriechs , bons 
eavalliers e bons gueners. Et ac gran guerra con Raimon-Folc de 
Cardona , qn'era plus rics et plus grans qu'el. Et aveuc se que 
un dia se trobet con Raimon-Folc et ausis lo malámen : et per la 
mort d'en Raimon-Folc el fo deseretalz. Longa saison lo manten- 
guen siei paren e siei amic } mas tuil l'abandoneren , per so que 
ttlich los escogosset , o de las moillers , o de las fillas , o de las 
serrors , que anc no fos negus que lo mantengues , mas d'en 
Arnaut de Castelbou , qu'era un valehz hom , genlils e grans 
d'aquela encontrada. Bons sirvenles fetz 011 disia mals als uns e 
bens als altres ; e se vana de totas las domnas queill sotfrian 
amor. Mout li vengon grans aventuras d'armas et de dompnas , 
e de grans desaventuras. I'ois l'aucis uns peons. 

7225. 

vJansoneta leu e plana , 

Leugereta , ses ufana , 

Farai e de mo marques , 

Del trachor de Mataplana , 

Qu'es d'engaus frazitz e ples. 

A ! marques , marques , marques } 

D'engans etz frazitz e ples. 



Marques , ben aion las peiras 
A Melgurs de pres Someiras 



OCCITANIEN. i55 

On perdes de las dens tres : 
Ni ten dan , que las primeiras 
I son e noi paron ges. 
A ! marques , etc. 

Del bratz nous pretz una figa , 
Que cabrella par de biga 
E portatz lo mal estes : 
Ops i auriatz ortiga 
Que'l nervi vos estendes. 
A ! marques , etc. 

Marques , qui à vos se fia , 
Ni à amor ni paria , 
Garder se deu totas ves 
Cum que s'ane de clar dia j 
De nueg ab vos non an ges. 
A ! marques , etc. 

Marques , ben es fols qui s vana 
Qu'ab vos tenga meliana 
Meins de braias de cort ves : 
Et anc fils de cristiana 
Pejor costuma no mes. 
A ! marques ; marques , marques , 
D'engans etz frazitz e ples. 



c. 



V-Jossiros cant e plang e plor 
Pel dol que m'a sazit e pres 
Al cor 7 per la mort mon marques 
En Pons lo pros de Mataplana , 
Quez era francs , larcs e cortes ; 
Et ab totz bos captenemens ; 
E tengutz per un dels meillors 
Que fos de San Marti de Tors 
Tro Cerdai' e la terra plana. 



i54 LE PARNASSE 

Loncs cossìriers ab greu dolor 
Jl laissat , e noslre paes 
Ses conort , que non i a ges , 
En Pons lo pros de Mataplana. 
Pagans l'an mort ; mas dieu l'a pres 
A sa part , que 1 sera garens 
Dels grans forfagz et dels menors ; 
Que'ls angels li foron autors 
Quar mantenc la lei cristiana. 

Marques , s'ieu dis de vos folor 
Ni motz vilans ni mal apres , 
De tot ai mcnlit e mespres. 
Qu'anc pos dieus basti Mataplana 
Noi ac vassal que lan valgues > 
îíi que tan fos pros ni valens , 
Tíi tan onratz sobre'ls aussors , 
Ja s fosso ric vostr' ancessors : 
E non o dic ges per ufana. 

Marqucs , la vostra desamor 
E l'ira qu'é nos dos se mes , 
Volgra ben , se à dieu plagues , 
Ans qn'eississetz de Mataplana , 
Fos del tot patz per bona fes. 
Que'l cor n'ai trist e vauc dolens 
Quar no fui al voslre secors 7 
Que ja no m'en tengra paors 
Nous valgues de la gent trufana. 

En paradis él loc meillor , 
Lai o'l bon rei de Fransa es , 
Prop de Rotlan sai que l'arm'es 
De vos marques de Mataplana : 
E mon joglar de Ripoles 
E mon Sabata eissamens 
Estan ab las domnas gensors f 
Sobre pali cobert de flors , 
Josta'n Olivier de Lausana. 



OCCITANIEN. i55 

(VMIVM/W*V»IW«»»M*VV»IVV1VMH»*IVV>***\***WIW»%*»»*»»« 

FOLQUET DE LUNEL. 

2"JOI , 7226. 

± er amor c per solatz , 

E per fin joi mantener , 

E per far à leis plazer 

Si posc de cui soi denatz ; 

Fas cansoneta leugeira ; 

Equar soi de tal maneira , 
Que noicli ni jorn la fin'amor no m gic 
Qu'ieu port à leis , que d'amar m'afortic. 

E si tot s'es brugs levatz 

Que ditz qti'er no pot valer 

Canso qu'om fassa , ges per 

Aquo fis enamoratz , 

Pos es ben en la carreira 

D'amor , no tanh que sofeira 
De far canso , si sab ; si tot l'antic 
Doctor feiron cants qu'om mais lor grazic. 

Mas ja per otracujatz 

Reprendedors retener , 

No volrai mon car saber 

Que no sia prezentatz , 

Quan levaran en cadeira , 

Per fina valor enteira , 
Lo pros comte de Rodes na Enric , 
Per cui anc hom iui lauzan no mentic. 

Mas er es us temps qu'assatz 
Trob' om qui ditz mal-saber, 
Et enois e non-dever , 
A quascus de so que 1 platz. 



r56 LE PARNASSE 

E qui canso vertadeira 

Fai de razo drechureira 
ïîo i'es grazit tan com son cril mendic : 
Don jois e cants e pretz prendon destric. 

E non deu esser blasmatz 
Qui lauza so don ditz ver , . 
Ans li'n deu hom grat saber 
Quan lauza so qu'es vertatz. 
Mas qui lauzor ufaneira 
Pai de razo messongeira 
Be l'en deu hom blasmar e far enic , 
No per midons lauzar , qu'anc no fallic. 

Si de la Vilassa neira 
Qu'espaventalh de favieira 
Semhla , s laissa nostre coms tutz em ric ; 
E de rnaldir de ma genser se gic. 

Na Biatritz a maneira 
De Lunel tan plazenteira , 
Que tug aquill sou siei coral amic 
Que la vezon , tan gen dieus la complic. 



GUILLEMS DE LA TOR. 



7- 



.5. 



Goili-ems de la Tor si fon joglars , e fo de Peiregorc , d'un 
castel qu'om ditz la Tor. E venc en Lombardia ; e sabia cansos 
assatz , e s'entendia e chantava e ben e gen , e trobava : mas 
quan volia dire sas cansos , el fazia plus lonc sermon de la razon 
que non era la cansos. E tolc moiller à Milan , la moiller d'un 
barbier bella e jove , la quat envolet e la menet à Com ; e volia 
li meils qu'à tot lo mon. Et aveuc si qu'ella mori , don el se det 
si gran ira qu'el venc mat ; e crezet qu'ella se fezes morta per 
partir se de lui. Don el la laisset dez dias e dez nueig sobre'l 
Bjonimea ; e chascun. ser aaava al aiouiuaca , e trasia la fora e 



OCCITANIEN. x5 7 

jçardaVa per lo vis baisan et. abrasan. E pregava la qu'ella li parles 
eill disses se ella era morta o viva ; e si eia viva , qu'ela tornes 
ad el ; e si morta , qu'ella li disses quals penas avia , que li faria 
tantas messas dire e tautas alimosuas faria per ella , que la traiua 
d'aquellas penas. 

Sabut fo en la ciutat per los bons bomes , si que li ome de la 
terra lo feron anar via de la terra. Et el auet cerquan per totas 
partz devius e devinas , si ella mais poiria torîiar viva. Et uns 
escarniers si li det à creire que si el legia chascun dia lo salteri e 
disia cent el patres nostres , e dava à sept paubres elemosinas ans 
qu'el manges , et aissi fesses tot un an que non faillis dia , ella 
venria viva ,• mas non manjeria ni beuria ni parlaria. El fo inolt 
alegres quant il so auzi , e comenset ades à far so que aquest 
li avia enseingnat ; et enaissi o fes tot l'an entier , que anc non 
failli dia. E quant el vit que ren noill valia so que à lui era 
enseinguat , el se desesperet e laisset se morir. 



LANFRANC CIGALA. 

7225. 

En Lanfranc Cicala si fo de la ciutat de Genoa. Gentils hom 
e savis fo ; e fo jutges cavalliers , mas vida de juge menava. Et 
era gians amadors 5 et eutendia se en trobar e fo bon trobador, 
e fes mantas bonas cansos : e trobava voluntiers de dieu. 



,220. 



E 



isct/r prim cantar e sotil 
Sabria far si m volia ; 
Mas no s tanh qu'om son cant asil 
Ab tan prima maestria 
Que no sia clars com dia : 
Que sabers a pauc de valor 
Si clardatz no'l dona lugor : 
Qu'escuretatz tota via 
Ten hom per mort , mas per clardad reviu j 
Per qu'ieu caut clar e d'iyern e d'estiu. 



r58 LE PARNASSE 

Tan tosl cant d'ivern quan d'abril , 
Ab sol'que razos i sia ; 
E prez rnais , qui qu'en als s'apil , 
Clar dig ab obra polia 
Qu'escurs motz ab seran lia. 
E no m par qu'aia tan d'onor , 
Si tot la cuj 'aver major , 

Cel que son cant ser' e lia , 
Com cel que fai ab clardat agradiu : 
Per qu'eu quan cant en cautar clar m'abriu. 

E qui m'en tenia per vil 
Ni m'o contav' à folia , 
Ben sai qu'ab quatr'omes de mil 
D'aiso no s'acordaria. 
E pois tan gran partz fos mia , 
S'el en prendia desonor 
Poiri' encolpar sa follor : 

El es ben grans aurania , 
Qu'escurs inotz fai q'us qu'aia sen autiu 
Tals que no sab trair' aiga de clar riu. 

Autr'avoleza femenil 

Que nais d'enoi ab feunia , 
Fan cil qu'en blasmar l'autrui fil 
S'aprimon ab vilania. 
Mas qui far non o sabria 
Per que blasma l'autrui labor ? 
Aisso tenc eu per gran crror 
E per mon grat no seria , 
Que ges no mou si non de cors caitiu : 
Per qu'eu cosselh à quascun que s n'esquiu. 

Mas eu am domna senboril , 
Gai' e de bella paria , 
Li cui fag son clar e gentil , 

Nuirit de fin pretz qu'els guia ; 
Que li cal tan cortezia , 



OCCITANIEN. i59 

Que d'un plazen ris me socor 

Ades quan me ve per amor : 

E'ì bais m'a mes en tal via , 
De qu'ela m fetz per sa merces aisiu , 
Que conquerai l'onrat joì senhoriu. 

Ab franc vol et ab cor humil 
Soi totz sotz sa senhoria , 
Ni ai cor que m'en desapil 
Si m dures mil ans ma via ; 
Que tan vas lei s'umelia 
Mos cors d'umelian doussor , 

Que m tenh per pagatz de dolor 
Si ja meils no m'en venia : 
Mas midons es conoissens , ab pretz viu 
M'issautz si 1 platz pos eu tan m'umeliu. 

Domna de vos cant e d'amor } 
De que m tenon fol li plusor. 
Mas ges per fol no m tenria 
Qui sabia don mos cantars derriu : 
Mas eu am mais que m tenh'om per aurin. 

Plazen domna , tot autre joi esquiu ; 
E de vas vos mi venon joi dont viu. 



Q 



^22D. 



uan vei far bon fag plazentier 
Mi platz far cantaret plazen , 
Non ges de la chiílas del ven , 
Quar ieu no volh tau vil mestier 
Qu'en faitz menutz mon saber se decaia , 
Mas lo cabals es razos qu'eu retraia 7 
Sivals per dir als avols so que il pes 
E per plazer dcls gais e dels cortes , 
E per onrar cels que fan faitz onratz : 
Quar qui bea fai tauh qu'en sia lauzatz. 



160 LE PARNASSE 

Per que m plaiz dir laus vertadier 

Cantan de tot home valen : 

Pero no m cal gaire soven 

De tal cant avcr cossirier , 
Tan trob' om pauc de cels cui valors plaia : 
Mas d'aquels paucs non es razos qu'om taia 
Sos honratz faitz, per qu'eu non tairei ges 
So que s'a faig l'onratz reis dels Frances , 
Quar s'es primiers per far secors crozatz 
Al sant regne on dieus fu mortz e natz. 

Lau e pres et honor en ver 

Lo reis del bon comensamen, 

Pero dels meillors si n'aten 

Qu'om li fara laus plus entier. 
Doncs so qu'a gent comensat à cap traia , 
Quar en la fin canton lauzor veraia , 
E pas de cors la mar , que grans ops es ; 
Que de lai son crestiau mort e pres , 
E'l sepulcr' es fondulz e derocatz 
On dieu s pauset quan fon de crotz levatz. 

E sai son crestian guerrer 

Entr'els ; et aquo mortalmen ; 

E non an dol ni marrimen 

D'est' anta ni d'est' encombrier. 
Pero si sai la guerra no s'apaia 
Cresliantatz greu sera que non caia. 
Sabes per que ? quar él mon non es res 
Mels posca ver autrui com cl-metes. 
Pero si cai dir posc eu que m desplatz ; 
Mas non posc mais , quar poder no m'es datz. 

Eu no tenc ges per cavallier ^ 

Qui non socor de bon talen , 
O de son poder francamen 
Dieus ; pos el u'a tan gran mestier. 

Lo 



OCCITANIEN. 161 

Lo rei Frances lau , que par que cor n'aia ; 
E los malvatz baros , cui que desplaia _, 
Repren , qu'à dieu fallon so qu'an promes. 
Mas ges per nom no'ls volh aver repres , 
Quar s'ieu degues blasmar lotz los malvatz 
Tart finera lo cantaret qu'eu fatz. 

Hom demanda tot jorn e quer 

A dieu conseil e garimen ; 

Et el voluntiers nos enten : 

Mas ara quant el nos requier 
Non es auzitz , de que mos cors s'esmaia. 
Malvatz baron , cuidatz qu'aiso s'escaia 
Que dieus vos vaill' e vos non l'ajudes ? 
Ja sabes vos qu'en crotz per vos fon mes. 
Nous sai plus dir j mas s'ara nous crozatz , 
Pos pretz perdretz que la vida perdatz. 

Si nous valetz , senher dieus , vos-metes y 
Dels crois barons secors non esperes. 
Pero si mortz pren los baros malvatz 
Secors n'aurez ; quar pois regnara patz. 

N UC DE SANT CIRC. 
7225 1 , 7614. 

N Uc de Saint Circ si fo de Caersi , d'un borc que a nom 
Tegra. Fils fo d'un paubre vavassor que ac nom n Arman de 
Saiut Circ , per so que'l castels don el fo a nom Saint Circ , 
qu'es al pe de Sainta Maria de Rocamaior , que fo destruichs pec 
guerra e derrocatz. Aquest n Uc si ac gran ren de frairés majors 
de se ; e volgron lo far clerc e manderon lo à la scola à Monpeslier. 
E quant eill cuideron que ampares letras , el amparet cansos e 
vers , e sirventes e tensos e coblas , eill fach eill dich dels valens 
horr.es e de las valens domnas que eron al mon ni eron estat : 
e con aquel sabers s'ajoglari. El coms de Rodes e'l vescoms de 
Torena si 1 leverent molt à la joglaria , con las tensos e con 
las coblas qu'el feirea cona lui e'l, bons dalfiu d'Alvemhe. 

1 1 



)G2 LE PARNASSE 

Et estct lonc temps en Gascoingna paubres , cora à ps cora à 
caval. Lonc temps estet com la comtessa de Benauges , e per leis 
gazagnet l'amislat d'en Savaric de Maleon , lo cals lo mes en 
arnes et en roba. Et estet lonc temps con el en Peitieu et en 
las encontradas , pois en Cataloingna et en Aragon et en Espaigna , 
con lo bon rei Amfos e con lo rei Amfos de Leon e cou lo rei 
Peire d'Aragon ; e pois en Proensa cou totz los barons , pois en 
Lombardia et en la Marcba. E tolc moiller e fez enfans. Gran ren 
amparet de l'autrui saber e voluntiers l'enseingnet à autrui. Cansos 
fes de fort bonas e de bons sons e de bonas coblas ; mas no 
fes gaires de las cansos , quar no fo enamoratz de neguna. 
Mas se sap feigner euamorat ad ellas ab son bel parlar , 
e sap ben dire en las soas cansos tot so queill avenia de lor : e 
ben las sap levar e ben far cazer , quand el lo volia far , ab los 
sieus vers et ab los sieus digz. Mas pois qu'el ac moiller nou fetz 
cansos. 

2701, 7226-6, 7614, c. 



JLjongamen ai atcnduda 
Una razon avinen 
Don fezes canso plazen ; 
Mas enquer no m'es venguda. 
Donc s'ieu vol de la razo 
Qu'en ai far vera canso ; 
Ela sera mieg partida 
Canso joioz' e marrida , 
Lauzan del be qu'ai avut 
E plagnen quar l'ai perdut. 

Cuï dieus vol be cil ajuda : 
Qu'à mi volc ben longamen f 
Que m det lo ric joi jauzen 
De vos qu'eras ai perduda. 
Ai ! dieus y tan plazen mi fo 
Lo jois' e tan mi saup bo } 
E taut aic avinen vida ! 
Mas aoras m'es falbida , 
Que m sent d'aut bas cazegut 
E'l cor de tot joi mogut. 



OCCITANIEN. ï65 

De l'onor qu'ai receubuda 
Del vostre cors covinen 
Ai mon cor trist e dolen j 
Quar vei que'l voler vos muda 
Qu'aviatz en la sazo , 
Quan dieus volia mon pro. 
Ai ! tan mi dol la partida ! 
E si l'amors es fenida , 
Mal ai vostre cors vezut 
E'l be quei es conogut. 

Fola domna pens' e cuda 
Que leu pren so que dissen ; 
E per fol nesci parven 
Ai vista tal decazuda , 
Qu'estava en ric resso 
De valor e de faisso. 
Quar cela que foudatz guida 
Cuja s'esser enrequida , 
Quan ve que siei fag menut 
Intran en crim et en brut. 

E pos domn' es deissenduda 
Per blasme de fallimen 
Non a mais retenemen , 
Qu'onors de lonh la saluda. 
Quar de justa fallizo 
Troba greu domna perdo , 
Aus li corr quascus e 1 crida ; 
Et ans que torn' en oblida 
Lo crims a tan corregut 
Qu'ilh es tornad' en refut. 

Domna , sius es irascuda 
Vas me , ges nous me defen 
Nius me tolh nius vau fugen ; 
Qu'a,nc , pois yos aÌG conoguda , 



ï64 LE PARNASSE 

Non agui m'enlensio 
En autra si en vos no. 
Quar vos ni'es tant abelida 
Que d'autra no volh guerida ; 
Ni ses vos no volh m'ajut 
Dieus 7 ni m don joi ni salut. 

Lai on non es conoguda 
Dreitura ni fallizo , 
Qui va demandar razo ? 
E lai on blasmon fallida 
Degr' esser onoi-s grazida : 
Mas ieu ai tart conogut 
So que m notz ni m'a nogut. 

»4MWW«M»MVn«VIIUWWV%WW«MMl«tMI< 

NAT DE MONS. 



2701 , 7 



226. 



Jja valors es grans e l'onors , 
El fach el dich , el bel semblan 
Cortes e franc e ben estan 
Dels reis e dels autres senhors. 
Mas fach ni dich ni semblan plazentier 
Tan solamen no dona pretz entier ; 
Qu'om pot falhir tant e far mals e tortz 
Que perdra'l pretz que 1 doua bos esfortz. 

Dels reis fora grans lor lauzors , 
Qui be cossira'l be que fan ; 
Mas de falhir se plevon tan 
Que'l blasme tol al laus son cors. 
E'l rei son plus de falhir prezentier , 
Quar greu auz'om vedar so que rei quier ; 
Per que de reis cui falhir es deportz 
Esta son pretz eu perilhozas sortz. 



OCCITANIEN. i65 

Si falhirs fos tan gran temors 
Com es dans à cels que forfan , 
Ja no falhira tan ni quan 
Negus , per fort que 1 fos sabors. 
Falhir apel so don blasme se mier , 
Qu'autre falhir no m fai nul cossirier ; 
Mas quan cossir dels dans quals es plus fortz , 
Mais notz blasme que res , neis que la mortz. 

Morir es mals si'l falh valors , 
E val tan quan destriga'l dan. 
Doncs qui falh ni forsa tot l'an 
Mas que no val mortz l'es socors ; 

Doncs per blasme vedar a mortz mestier. 

Mas part blasme no vei nuls pejurier ; 

Ni leu no m ven paor ni desconortz 

De si meteis } qui del blasm'es estortz. 

Blasmes es grans e desonors 

A rei que leu man ni desman , 

Quar sembla de leugier talan 

E leu par bes so qu'es folors 
Reis deu aver dur cor e dreiturier , 
Que non aia voler ni cug leugier , 
Ni camie leu sos sens ni sos acortz; 
Quar qui leu vol leu falh e leu s'estortz. 

Rei d'Aragon , senher on pretz se mier 7 
Vos voles be so que hom vos profier : 
Doncs ja de dieu , que tant es grans e fortz , 
Servir no s vir vostre valens esfortz. 



166 LE PARNASSE 

WVIIW1VI^»M«MM«<miwi«WM«*VIIVVIIWItM«MiU«kMMVm« 

LO COMS DE PROENSA. 

Rahnond Bérenger en 1235. Hist. généï. de Provence, Tom. II. 
p. 417. 

M. 

xjLmics n Arnaut , cent domnas d'aut paratge 

Van outramar e son en mieja \ia ; 

E no podon ges complir lor viatge y 

Ni sai tornar per nulla res que sia , 

Si non o fan per aital covinen 

Q'un pet fassatz , de que mova tal ven 

Per que la naus venga s'à salvamen : 

Faretz l' o no f que saber o volria ? 

Senher en Coms , ieu soi d'aital uzatge 
Qu'ades mantenh domnas e drudaria ; 
E si be'l pet no me mou d'agradatge 
leu lo farai , quar si non o fazia 
Failliria vas donmas malamen. 
Per quieu vos dic del tot certanamen 
Quc si la naus no ven à salvamen 
Apres lo pet , totz m'en concagaria. 

Amics n Arnaut trop parlatz follamen , 
Per lo blasmc gran qu'auretz de la gen 
Que vol passar tan gen cors avinen 
Ab vent de cul eu terra de Suria. 

Senher en Coms , mout es meils per un cca 
Qu'eu fassa'l petz per lor donar de ven ; 
Qu'eu lais morir tan gens cors avinen : 
Qu'eu non posc dir quecun qui gaz non sia. 



OCCITANIEN. 167 

LA COMTESSA DE PROENSA. 

Béatrix de Savoie en 1235. Hist.génér. de Provence, Tom II, p. 417. 

c. 

V os qe m semblatz dels corals amadors 
Ja non volgra que íosses tan doptans ; 
E platz mi molt car vos destreing m'amors , 
Q'autressi sui eu per vos malananz. 
Ez avez dan en vostre vulpillage 
Qar nous ausas de preiar enardir , 
E faitz à vos ez à mi gran damnage : 
Qe ges dompna non ausa descobrir 
Tot so q'il vol per paor de faillir. 



MORGUE DE FOISSAN ou FRAIRE MENOR. 

2701 , 7226.. 



B 



e m'a lonc temps menat à guiza d'aura 
Ma bon'amors , quo fai naus sobrevens ; 
Mas lo perils m'assuav' e mc daura 
Lo bon esper qu'ai en vos fermamens , 
En cui amar es ferms totz mos talena : 
Qu'aissi m'an pres de vos qu'es blond'e saura 
Las grans beutats els fis ensenhamens. 

No m'agraz ops que m fos tau agradiva 
Vostr'amistat _, domna de bos aips ílors , 
Pos deviatz envas me tan autiva 
De cor esser , e lonhar mi'l secors 
Qu'ai atendut longamens : quar us plors 
M'en sors tan grieus que 110 cre gaire viva , 
Si m desirenhetz t domna ; vos et amors. 



iG8 LE PARNASSE 

E ja de vos no m do so qu'ieu dezire 
Jamais Jhezus , si per als à morir 
Tem ; mas per so quar sai ses contradirc 
Que pos mortz fos nous poiria servir. 
Pero s'il mal vos plazon ni'l martir , 
INi'l grieu afan de que ieu sui sufrire ; 
Ben aia'l mal e l'afan e'l cossir. 

Qu'à mi no deu plazer mas so queus plaia ; 
Pos del'tol soi vostres ab bona fe , 
Sol no volhatz que d'amar vos m'estraia ; 
Quar lo poders non es ges mieus de re. 
Be soi conques mas trop soi lonh de be , 
Qu'en tal cossir m'an empench que m'esglaia 
Ir'e pezars e domna ses merce. 

E vos arnors , pos ab tan ferm coratge 
Vos am eus ser , per queus trob tan nozen? 
Qu'ades m'aucizetz tollen alegratge _, 
Et ades mi revivetz joi renden , 
Per qu'ieu trac piegz d'ome del tot moren. 
Doncs pos avelz en mi plen poderatge 
Amor , merce' ; no mueira ían soven. 

Domna per vos m'es amors tan sobreira j 
E si m'auci de vos vcn l'ocaizos. 
Don volgra be queus auzes esquerreira 
Nomnar vas fe : mas en vos fallizos 
îíou deu pensar sia. Pero de vos 
Tcnc er que m faitz mal , domna plazenteira , 
Mon cor e mi e mas bonas cansos. 

Vostres tan sui , domn'agradiv' e pros , 
Qu'on piegz mi faitz ab amor plus enteira 
Humils e francs c fis soplei i>as vos. 

THote. Cette pièce a cela d'original , que le dernier vers de chaque 
couplet ft de la Gnale est le premier Jans différentes pièces <3 autres 
trouJmdours. PéUarque a suivi cet exemple dans sa 7.' chanson. 



OCCITANIEN. 169 



a^-v*.-* v«.\%« «%w>% »^»^% «a^*«v\w«4%«v«i 



AIMERIC DE PEGULHA. 

27OI , ^225 , 7614. 

Aïmeric de Pegui-ha fon de Toloza , fils d'nn borzes qu era 
mercadiers de draps. Et apres causos e sirventes ; mas mot mal 
rantava. E enamoret se d'una bnrzeza sa vezina , et aquela amors 
li mostret trobars e fes de leis mantas bonas causos Mas lo marit 
se mesclet ab lui e fes li desonor : en Aimeric s'en venget , que 
1 feri ab uua espaza per mieg lo cap , per que l covenc à faizir 
de Toloza. E anet s'en à'n G. de Berguedan que l'arulhi ; et 
enanset lui e son trobar eu la primeira chauso qu'el avia laita , 
tan qu'el li donet son palafre e son vestir : e presentet Io al rei 
ïì Amfos de Castella , que 1 crec d'aver e d'arnes e d'onor. E 
lai estet lonc temps ; pueis veg s'en en Lombardia , on tug li 
bon home li feron honor : e lai definet en eretgia , segou c'om 
ditz. 

E fon aventura que'l marit guerit de la nafra e anet à San 
Jacme. En Eimeric saup o e ac voluntat d'intrar en Toloza. E 
venc s'cn al rei e dis H que si plazia volria anar vezer Io marques 
de Mouferrat ; e 1 rei si I det bando d'anar , e mes lo en arnes 
de totas res. En Aimeric dis al rei que passar volia à Toloza , 
mas regar avia de so qu'el sabia , qu'el rei sabia tot lo fag e vi 
que la amor de sa dona lo lirava , e det li companha tro Mon- 
peslier. Et el det as entendre tot lo fag als companhos e qu'els li 
ajudesso , qu'el volia vezer sa dona en forma de malaute : et els 
responderon qu'els feran tot so que comandaria. E quan foron à 
Toloza , los compans demanderon I'alberc del borzes , e fon lor 
ensenhatz. E troberon la dona e disseron li que un cozi del rei 
de C.astelJa era malautes , que anava en pelerinatge ; et que 1 
plagues que lainz pogues venir. Ella respos que lainz seria servitr 
et onralz. 

En Aimeric venc de nueg e'ls compagnos colqueron lo en un 
bel lieg. E lendema n Fimeric mandet per la dona ; e la dona 
venc en la cambra e conoc n Aimeric , e det se grans meravilhas 
e demandet li com era pogut intrar en Toloza. Et el li dis que 
per s'amor ; e comtet li tot lo fag. E la dona fes parvent que 1 
cubris dels draps e baizet lo. D'aqui enam no sai co fo , mas tan 
que X jorns lai estec n Eimeric per occaizo d'esser malautes. E 
cant s'eu parti d'aqui anet s'en al marques , 011 fon ben aculhil. 



i 7 o LE PARNASSE 

2701 , 3794 } 7225-6 , M. 



D, 



'omna per vos estauc en greu tormen. 
Senher fols es , qu'ieu nul gral nous en sen. 
Domna , per dieu aialz-en cauzimen. 
Senher vostres precs lii anatz perden. 
Bona Domna jaus am ieu finamen. 
Senher et ieus volh pietz qu'à l'autra gen. 
Domna per so n'ai eu lo cor dolen. 
Senher et ieu alegres e jauzen. 

Donma , ja mor per vos ses nul coíort. 
Senher be trop n'aurctz fait lonc acort. 
Domna ja es ma vida piegz de mort. 
Senher so m platz , sol qu'ieu non aia tort. 
Domna de vos non ai mas desconort. 
Senher , edoncs cujatz queus am per fort ? 
Domna ab un semblan m'agratz estort. 
Senher respieitz noi aiatz ni conort. 

Domna vauc donc alhors clamar merce. 
Senher analz ; e doncs qui vos rete ? 
Domna no posc , que vostr'amor me te. 
Senes cosselh , senher , o fas de me. 
Domna trop mal mc respondes ancse. 
Senher quar piegz vos volh qu'az autra re. 
E doncs , domna , no m faretz ja nul be ? 
Senher aissi er com dizetz so cre. 

Amors gitat m'avetz à no m'en cal , 
Amics 7 per dieu no posc faire ren al. 
Amors e vos ja m'eretz de tot mal. 
Amics per so von trairei san e sal. 
Amors per que m fetz cauzir domn'aital ? 
Amics ieu vos mostrei so que mais val. 
Amors , no posc sufrir l'afan coral. 
Amics , per so queram autre logal. 



OCCITANIEN. 171 

AmorS en tot quan faitz vos vei fallir. 
Amics à gran trot me voletz laidir. 
Amors e doncs per que m volets partir ? 
Amics quar greu m'cs quan vos vei morir. 
Amors ja no cugetz qu'alhor me vir. 
Amics per so pessatz del ben sufrir. 
Amors semblaus si ja'n poirai jauzir ? 
Amics vos o j sufren et ab servir. 



M 



27OI , ^225-6. 



.antas vetz soi enquentz 

En cort cossi vers no fatz j 

Per qu'ieu volh si' apellatz , 

E sia lors lo cauzilz , 

Cansos o vers aquest cants : 

E respon als demandans 
Qu'om no troba ni s'ab devizio , 
Mas sol lo nom , entre vers e canso. 

Qu'ieu ai motz mascles auzitz 

E cansonetas assatz , 

E motz femenis pauzatz 

E verses bos e grazitz : 

E cortz sonetz e cochans 

Ai auzit é verses mans ; 
Et auzida cansonet' ab lonc so , 
Els motz d'amdos d'un gran el cant d'un to. 

E s'ien en soi desmentitz, 
Qu'aisso no sia vertatz , 
Non er hom per me blasmalz 
Si per dreg m'o contraditz ; 
Ans es sos sabers plus grans 
Entre'ls bos , e'l mieus mermans , 
d'aisso m pot vencer segon razo : 
'ieu rion ai ges tot lo sen Salamo. 



17* LE PARNASSE 

Quar es de son loc partitz 
Domneis , que ja fo prezatz , 
Me soi alques desviatz 
De joi , tan m'estau marritz. 
Qu'entr' amairitz et amans 
S'es mes us pales engans , 
Qu'enganan cre l'us l'autre far son pro j 
E noi guardo temps ni per que ni quo. 

Qu'ieu vi ans que fos faiditz , 

Si fos per amor donatz 

Us cordos , qu'adreg solatz 

Tí'issi e cortz et covitz. 

Per que m par que dur dos tans 

Us mes no fazi' us ans 
Quan renhava domnei ses tracio : 
Greu es qui vei com es e sab quo fo. 



E non estau relenquitz , 

Si tot mi soi desamalz , 

Qu'ieu no si'enamoratz 

De tal qu'es cim e razitz 

De pretz , tan qu'à mi es dans j 

Pos la valor e'l semblans 
Son assemblatz en tan bella faisso , 
Qu'om noi pot neis pessar melhorazo. 

Ai ! bel cors cars , gen noiritz , 
Adretz e be faissonatz , , 
So qu'ieus volh dir devinatz , 
Qu'ieu no soi ges tan arditz 
Queus prec que m'ametz 7 abans 
Vos clam merce mercejans : 
Sufrelz queus am e nous quier autre do $ 
E ges d'aquest no m devetz dir de no. 



OCCITANIEN. i 7 5 

Ves Malespina vai cants 
Al pro Guillem qu'es prezatz , 
Qu'el aprendra de tu los motz e'l so , 
Qual que s volha per vers o per canso. 

Na Beatritz d'Est l'enans 
De vos mi platz que s fa grans , 
Qu'à vos lauzar s'en son pres tug li bo ? 
Per qu'ieu de vos dauri mo vers-canso. 

^■%.%^/» ^W>.^^^^V»^ «^«V. ^>-»~> ^V^-^-v %^/fc W>M ^fc%.»« ^««O^ 



GUILLEMS MAGRET. 

^225. 

Gi'ti,i.ems Magret si fo uns joglars de Viaues , jogaire e tave- 
niers ; e fes bonas causos e bons sirventes e bonas coblas. E fo 
ben volgutz et onratz , mas anc mais non anet en arnes , qne 
tot quant gazaingnava el jogava e despeudia malamen en taverna. 
Pois se rendet en un hospital en Espaingna , en la terra d'en 
Roïz Peire dels Gambiros. 



E 



2701 , 3794 j 7225-6 , 7698. 



ivaissi m pren co fai al pescador , 
Que non auza son peis manjar ni vendre 
Entro que l'a mostrat à son senhor : 
Qu'en tal domna me fai amor entendre , 
Que quant ai fag sirventes ni canso , 
Ni nulla re que m pes quc 1 sia bo , 
Ieu lai tramel per so qu'ilh en retenha 
So que 1 pìaira e que de mi 1 sovenha : 
E pois ab lo seu remanen 
Deport m'ab la corteza gen. 

Aissi co fan volpil encaussador 
Encaus soven so que non aus atendre f 
E pendre cug ab la perdilz l'austor , 
E corabat so doa ieu no m posc defendre. 



174 LE PARNASSE 

Com batalhiers qu'a perdut son basto 7 
Que jai nafratz sotz l'autre campio 
E per tol so l'avol motz dir no denha , 
Que per son dreg a respieg que revenha, 

Si fai , et es proat per cen j 

Per que n'ai inajor ardimen. 

Ardiment ai e sai aver paor , 
E quan locs es tensonar e contendre ; 
E sai celar c gen sufrir amor , 
Mas re no m val. Per que m cuja'l cor fendre, 
Quar d'eis son tort no posc trobar perdo 
Ab leis que sab que seus serai e so , 
Qu'amors o vol , cossi qu'ilh se captenha , 
Et ieu trop mais. Dieus do que be m'en venha I 

Quar ses leis non ai garimen 

Ni posc pojar s'ilh no dissen. 

On mai la vci la tenon per gensor 
Mei olh , que m fan enílarnar et encendre ; 
Mas ieu sai be qu'ilh a tan de valor 
Qu'aisso la m tol , mas merces la m pot rendre. 
Per que n'estau en bona sospeisso f 
Et estarai tro sian oc siei no 
E que baizan ab sos bels bi - atz me cenha ; 
Qu'esser pot be qu'enaissi s'esdevenha , 

Qu'autre blat ai vist ab fromen 

Afinar et ab plomb l'argen. 

Ses tot engan e ses cor trichador 
M'aura s'ilh plai qu'aital me volha prendre. 
E ja noi gart paratge ni ricor , 
Q'umilitat deu tot orgolh dissendre. 
E pois ilh sab qu'anc no fei fallizo 
Encontra leis ni l'ac talan felo , 
S'aisso noi val cortezia noi renha , 
Que tot bon pretz a qu'à domna convenha ; 

Et en tot bon comensamen 

Deu aver melhor fenimen. 



OCCITANIEN. 175 



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MARCABRUS. 

S. e Palaye. Manuscrit de Saibante. 

Marcabrus si fo gitatz à la porta d'un ric homes , ni anc no 
saup hom qu'il fo ni don. En Aldrics del Vilar fetz lo noirîr : 
apres estet tan ab un trobador qne avia nom Cercamon , q'el 
comenset à trobar ; et adoncx avia nom Pan perdut , mas d'aqui 
enan ac nom Maicabrun. Et en aquel tcmps non apellava hom 
cansson , mas tot quant hom cantava eron vens. E fo niout cridat 
et auzit pel mont e doptatz per sa lenga ; car fo tant maldizens , 
que à la fin lo desfairon li castellan de Guian , de cui avia 
dich mout grant mal. 

3 '^04. 

Marcabrus si fo de Gascoingna , fils d'una paubra femna qne 
ac nom Maria Bruna , si com el dis en son cantar : 

Marcabruns , lo filhs na Bruna , 
Fo engendratz en tal luna 
Qu'el saup d'amor qom degiuua. 

Escoutatz , 
Que anc non amet neguna 
Ni d'autra no fon amatz. 

Trobaire fo dels premiers q'om se recort. De caitivelz vers e de 
caitivetz sirventes fez ; e dis mal de las femnas e d'amor. 

2701 , 7225-6 , C , M. 

JLj'autrier just'una sebissa 
Trobei pastora rnestissa , 
De joi e de sen massissa. 
Si com filha de vilana , 
Cap' e gonel' e pelissa 
Vest e camiza treslissa , 
Soslars e caussas de lana. 



176 LE PARNASSE 

Ves leis vau per la planissa : 
Toza , fi m ieu , res faitissa , 
Dol ai gran del ven queus fissa. 
Senhor , so m dis la vilana , 
Merce dieus et ma noirissa 
Pauc m'o pretz si'l ven m'erissa ? 
Qu'alegreta soi e sana. 

Toza , fi m ieu , causa pia 7 
Destors me soi de la via 
Per far à vos companhia ; 
Quar aital toza vilana 
Tío pot ses parel paria 
Pastorgar tanta bestia 
En aital terra soldana. 

Don , fai cela , qui que sia } ■ 
Ben conosc , seu o folia , 
La vostra parelharia. 
Senher, so m dis la vilana, 
Lai on se tanh si s'estia ; 
Que tal la cuj' en bailia 
Tener non a mais i'ufana. 

Toza de gentil afaire 7 
Cavalliers fo vostre paire 
Queus engenret en la maire f 
Quar es corteza vilana. 
Coni plus vos gart m'es belaire ; 
E pel vostre joi m'esclaire 
Si fossetz un pauc humana. 

Don , tot mon linh e mon aire 
Vei revenir e retraire 
Al vezoig et à l'araire , 
Senher , so m ditz la vilana : 
Mas tal se fa cavalgaire 
Qu'atretal deuria faire 
Los VI joras de la semana. 



Toza ; 



OCCITANIEN. 177 

Toza , fi m ieu , gentil fada 
Vos adastrec quan fos nada 
D'una beutat esmerada 
Sobre tot' autra vilana : 
E seriaus be doblada 
Si m vezi' una vegada 
Sobiras e vos sotana. 

Senher } tan m'avetz lauzada 
Que tot' en soi enoiada. 
Pois en pretz m'avetz levada ; 
Senher , so m dilz la vilana ; 
Per tal n'auretz per soldada , 
Al partir ; bada , fol , bada , 
E la musa meliana. 

Toza ; fel cor e salvatge 
Adomesg'om per uzatge. 
Be conosc al trespassatge 
Qu'ab aital toza vilana 
Pot hom far ric <:ompanatge , 
Ab amistat de coratge , 
Se l'us l'autre non engana. 

Don , hom cochat de folatge 
Jura , pliu e promet gatge. 
Si m fariatz homenatge , 
Senher , so m ditz la vilana ; 
Mas ges per un pauc d'intratge 
No volh mondes piuzelatge 
Camiar per nom de putana. 

Toza , tota creatura 
Revertis à sa natura. 
Parelhar parelhadura 
Devem ieu e vos , vilana ; 
A l'abric lonc la pastura : 
Que meils n'estaretz segura 
Per far la causa dossana. 



i 7 8 LE PARNASSE 

Don , oc : mas segon drechura 
Cerca fol sa folatura , 
Cortes corteza ventura , 
E'l vilas ab la vilana. 
E mans locs fai sen fraitura 
Qui noi esguarda mezura , 
So dis la gens anciana. 

Toza , de vostra figura 
No vi autra plus tafura 
* Ni de son cor plus trefana. 

Don , lonh avetz ; no s'atura : 
Que tals bad'en la penchura 
Qu'autre n'espera la mana. 



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PEIRE VIDAL. 

2^01 , ^225 , 7698. 

Peire Vidal sì fo de Toloza , fils fo d'un pelissier. E cantava 
mielhs c'om del mon , e fo bon trobaires ; e'lh plus fols honie 
del mon , qu'el crezia que tot se pessava fos vers. E plus leu li 
avenia trobar que à nulhs hom , e pus rics sos f e , e majors folias 
d'amors. E dis grans mals d'autrui ; e fon vers que un cavalier 
de Sau Gili li fes talhar la lengua , per so qu'el dava ad entendre 
qu'el era drutz de sa molher : e'n Uc del Baus si 1 fes guerir e 
medegar. E cant el ibn gueritz el s'en anet outra mar , e de lai 
menet una grega que le fon donada à muiller en Cipry. E 1 fou 
dat à entendre qu'ela era neita de l'emperador de Costautinopoli , 
e qu'el per lieis devia aver l'emperi per razon. Don el mes tot 
can pot guazanhar en navili , qu'el crezia anar conquistar l'emperi 5 
e portava armas emperials , e s fazia apelar emperaire e la molher 
emperairitz. Et entendia en totas las bonas donas que vezia , e 
totas las pregava d'amor ; e totas li dizian d'oc : don el se crezia 
drutz de totas e que cascuna moris per el. E totas ves menava 
rics destriers e ricas armas , e cadieira emperial : e crezia esser 
lo melhor cavayers del mon per armas , e'l plus amat pcr donas. 

Peire Vidal , si co vos ai dig , s'entendia en totas las bonas 
donas , e crezia que totas lo auicssou pcr auior. E s'eutendia eu 



OCCITANIEN. 179 

madona na Alazais , tnolher d'en Barral de Marcelha , laqual 
amava mot P. Vidal per son trobar e per sas belas folias que 
fazia : e clamavan se abbedui Raynier. P. Vidal si era privatz de 
cort e de cambra d'en Barral plus c'ome del nion- 

En Barral sabia be que P. Vidal se entendia en sa molher e 
tenia les assolas ; e tug aquilh que o sabion e la dona o prendion 
en solas , aissi com fazian totas las autras : et el era tan savis 
qu'el crezia esser amatz. E can P. Vidal se corrossava ab ela , 
en Barral fazia Ia pas' manteuen , e 1 fazia per mérce tot so que 
demandava. E can venc un dia P- Vidal saup qu'en Bariau se 
era levatz e que la domna era tota sola en sa cambra. El s'en 
enet denan ela e atrobet la dormen , et aginollet ?e e baizet li 
la boca. E ela senti lo baizar e crezet que fos en Barrau , e rizen 
ela se levet _ e garda e vi lo fol P. Vidal , e comenset à cridar 
et à far gran rimor. E vengron sas donzelas al crit e demanderon 
qu'es aisso ? E P. Vidal s'en issi fugen. E la domna mandet pec 
en Barrau e fes li gran clam de P.. Vidal que la avia baizada ỳ 
e ploran preguet qu'el ne degues prenre vengansa. Tantost en 
Barrau , aissi com valent hom , pres lo fag en solas , rizen e 
reprenden sa molher car ela meuava tal dol. Mas no la 'n poc 
castinr qu'ela no menes gian dol per lo fach , e sercan e queren Io> 
mal P. Vidal ; e grans menassas fazia de lui. P. Vidal per paor 
monta en una nau et anet s'en à Genoa j e lai estet tro que 
passet oltra mar ab lo rei Richart , que ac paor de perdre la 
persona. Lai estet longa sazo , e i fes motas bouas causos recordan 
lo baizar emblat ; e dis en una canso que di : 
Que de leis non avia 
Avut nengun guazardo , 

Mais un petit cordo. 
Si agui , 
C'u mati 

Entrei en sa maio , 

E 1 baizei à lairo 

La boca e'I mento. 

Et en un autre loc dis : 

Pus onratz 
Fora c'om natz , 
Si'l bais emblat mi fos dat 
E gent aquitat. 

Et en autre loc dis : 

Be m bat amors ab las vergas qu'ieu cuelh , 
Quar una vetz en son rial capduelh 
L'emblei un bais don tan fort me sove 
Ai ! tan mal trai qui so que ama no ve! 



i8o LE PARNASSE 

Aisi estet longa sazo otra mar , que non auzava torn ar en 
Proensa. En Barral , que 1 volia tan gran be com ave s auzitz , 
preguet tan sa niolher , que esta 1 perdonet lo bai et ela loi 
autrejet en dos. En Barral mandet à P. Vidal grassia e bona 
voluntat e de sa molher , e que vengues. Et el venc ab gran 
alegrier à Marcelha , e fon fort be aculhit per cascu , e fo li tot 
perdonat ; don P. Vidal fes esta chanso : 

Pos tornat soi en Proensa. 

P. Vidal , per la mort del bon comte R. de Toloza , se esmaric 
mot e det se giau tristessa. E vestic se de negre , e talhet las coas 
e las aurelhas à totz sos cavals ; et à tota sa mainada fes toldre 
los cabelhs et ù se meteis , mas las barbas ni'ls guinhos nolc se 
tolgron. Mot anet longa sazo à lei de fol e de dolen. Et avenc se 
en la sazo qu'el anava aissi dolen , que'l rei' n Anfos d'Arago 
venc en Proensa ; e vengro ab lui tolz los bos homes de sa terra , 
Blascols Romieus , en Garsias Romieus , en Martis del Canet , 
en Miquels de Luzia , en Sas d'Antilon , en Guillems d'Alcalla, 
cn Albertz de Castelveil , eu Raimon-Gausseran de Pinos , en 
Guilems-Raimons de Moncada , eu Arnautz de Castelbon , en 
Raimons de Caveira ; e troberon P. Vidal enaissi dolen e marrit 
à lei de fol. El rei preguet P. Vidal j e tug li baro que ero 
sos amics especials , que el degues laissar aquel dol j e que cantes 
e se alegres , e que fes una chanso que portes en Arago. Tan lo 
preguet lo rei e siei baro , qu'el dis que se alegraria e Jaissaria lo 
dol , e faria chanso e tot so que s volgra. 

Et el amava la Loba de Puegnaulier e madoua Estefania que 
era de Sardanha ; et era s de novel aras enamorat de na Raymbauda 
de Biolh , molher d'eu Guillem. Rostanh de Biolh , que es en 
Proensa , que es en la montanha part Lombardia. La Loba si 
era de Carcasses .• en P. Vidal se fazia apelar lop per ela e portava 
armas de lop. Et en la montanha de Cabaretz elh se fes cassar 
als pastors ab cas et ab mauslis et ab lebriers , si com om cassa 
lop ; e vestia una pel de lop per donar à entendre qu'el fos lop. 
Els pastors ab los cas lo cassero e 1 baratero si malamen , qu'el 
en fo portat per mort al alberc de la Loba de ruegnautier. Et 
cant ela saup qu'el era P. Vidal , ela se comenset fort ad alegrar 
de la folia que avia facha , et à rire , el marit atressi : c receubron 
ìo ab gran alegrier. El marit de ela lo fes penre e fes lo metre en loc 
rescost , al miels que poc ni sa-up 5 et ac li metjes tro que fon gueritz. 

Et aissi com vos ai dig de P. Vidal qu'el avia promes al rei 
e à sos baros de far chanso ; can fau gueritz , lo rei fes far armas 
à se et à P. Vidal 5 e genset se fort , e fes aquesta canso que di : 
De chantar m'era laissatz 
Per ira e per dolor. 



OCCITANIEN. 
7225-6. 

J\ b l'alen tir vas me l'aire 
Qu'ieu sen Venir de Proensa , 
Tot quant es de l'ai m'agensa 
Si , que quan n'aug ben retraire 
Ieu m'o escout en rizen 
E'n deman per un mot ccn ; 
Tan m'es bel quan n'aug ben dire. 

Qu'om no sab tan dous repaire 
Com de Rozer troca Vensa } 
Si com claus mars e Durensa , 
Ni on tan fis jois s'esclaire : 
Per qu'entre la franca gen 
Ai laissat mon cor jauzen 
Ab leis que fa'ls iratz rire. 

Qu'om no pot lo jorn mal traire 
Qu'aia de leis sovinensa , 
Qu'en leis nais jois e comensa ; 
E qui qu'en sia lauzaire 
De be qu'en diga noi men : 
Melber es , e ses conten , 
E genser qu'él mon se mire. 

E s'ieu sai ren dir ni faire 
Ilh n'aia grat , que sciensa 
M'a donat e conoissensa 
Per qu'ieu soi gais e cantaire - y 
E tot quan fauc d'avinen 
Ai del sieu bel cors plazen , 
Neis quan de bon cor cossire. 



ibr 



182 le parnasse 



3701, 3794 i 7225-6, 7614 > C, M. 



B 



e m pac d'ivern e d'estiu , 
E de fretz e de calors ; 
Et am aitan neu com flors , 
E pros mort mais qu'avol viu j 
Qu'enaissi m ten esforsiu 
E gai joven et amors. 
Equar am domna novela , 
Sobravinen e plus bela , 
Paro m rosas entre gcl 
E clar temps ab trebol cel. 

Ma donm'a pretz soloriu 
Denan mil combatedors ; 
É conlra'ls fals fenbedors 
Ten establit Montesquiu. 
Per qu'en son ric senboriu 
Lauzengiers no pot far cors , 
Quar sens e pretz la capdela : 
E quan respon ni favela 
Siei dig an sabor de mel , 
Don sembla San Gabricl. 

E fa s temer plus que Griu 
A vilas domnejadors ; 
Et als fis conoissedors 
A solatz tan agradiu , 
Ou'al partir quecs jur'e pliu 
Quc domn'es de las melhors. 
Per so m traïn'e cembela 
E m tra'l cor de sotz Faisscla , 
Don m'a leial c fizel 
E just plus que dieus Abel. 



OCCITANIEN. i83 

L'onrat prelz nomiuatiu 
Creis lan sa fina valors , 
Que no pot sofrir lauzors 
La gran forsa del ver briu. 
Siei enemic son caitiu 
E siei amic rics e sors. 
Olh , front , nas , boq'e maissela , 
Blanc pietz ab dura mamela , 
Del talh del fil d'Israel , 
Et es colomba ses fel. 

Lo cor ten morn e pensiu 
Aitan quan estauc alhors ; 
Pois creis m'en gaug e doussors 
Quan del sieu gen cors m'aiziu , 
Qu'aissi com de recaliu 
Ar m'en ve freg ar calors. 
Equar es gai' et isnela 
E de totz mals aibs pucela , 
L'am mais , per San Raphael , 
Que Jacob no fes Rachel. 

Vers vai t'en ves Montoliu, 
E di m'à las tres serors 
Que tan me platz lor honors 
Qu'ins é mon cor las escriu : 
Vas totas tres m'umiliu 
E'n fas domnas e senhors. 
E si m plagra de Castela 
Trop mais una jovencela , 
Que d'aur cargat un camel 
Ab l'emperi Manuel. 

Per l'apostol qu'om apela 
San Jacme de Compostela , 
Ieu sai un tal San Miquel 
Que ra val mais que cel del cel. 



ï84 EE PARNASSE 



! 7 OI , 7: 



S 5-6: 



IJar' amiga , douss' e franca , 
Covinens e bell' e bona , 
Mos cors à vos s'abandona 
Si qu'ab autra no s'estanca ; 
Per queus port amor certana , 
Ses orgolh e ses ufana ; 
E mais dezir vostr'amansa 
Que Lombardia ni Fransa. 

Quar vos etz arbres e branca 
On frutz de gaug se sazona ; 
Pero qui à vos s'adona 
No tem folzer ni lavanca : 
Quar vostr'amor segurana 
Gueris e m reven e m sana , 
E m tol enoi e pezansa 
Ab gaug de fin' alegransa. 

Qu'ab color vermelh' e blanca 
Fina beutatz vos faissona ; 
Ad ops de portar corona 
Sus en l'emperial banca. 
Equar es douss' et humana 
Tenous tut per sobirana 
De joi c de benestansa , 
E de valor e d'onransa. 

Ges no s dol de pe ni d'anca 
La bella na Guillamona , 
Ni es falsa ni feìona } 
Ni no porta soc ni sanca. 
Anc ta gentil ciudadana 
No nasquet ni tan doussana , 
Neis la filha na Costansa 
Per cui jovens saul' c dansa. 



OCCITANIEN. 18Í 

Qu'om no poiria ab planca 
Gitar de linh de Narbona ; 
Quar eu tan cora revirona 
Cels , non a saura ni dauca 
Tan avinen crestiana , 
Ni juzieva ni pagana : 
Que denan totas s'enansa 
Vostra covinens semblansa. 

Vielha rica tenb per manca 
Quant a poder e no dona , 
Et acolb mal e pieitz sona , 
Pretz la mens que s'era ranca. 
Mas de gentil castelana , 
Ben fait' ab color de grana , 
Am mais la bon'esperansa 
Que pel froncida ni ransa. 

Qui d'en Diego s'arranca 
Non a mestier mas que s pona , 
O qu'om tot viu la rebona 
En privada pozaranca , 
A lei de checa vilana , 
Recrezen , cor de putana , 
Si tot al taulat se lansa 
Ni s ponha d'emplir sa pansa. 

2701, 7225-6, 7698, C, M. 



D, 



'e cantar m'era laissatz 
Per l'ir'e per la dolor 
Qu'ai del comte mon senhor : 
Mas pos vei qu'al bo rei platz , 
Farai tost una canso , 
Que porton en Arago 
Guillems e Blascols Romieus , 
Si'l so lor par bon e lieus. 



m LE PARNASSE 

E s'ieu cant com hom forsatz 7 
Pos mosenher n'a sabor 
No tenga per sordejor 
Mon cant ; que'l cor m'es viratz 
De lieis on anc non aic pro } 
Que m gieta de sospeisso : 
El partir es me tan grieus 
Que res non o sab mas dieus. 

Traïtz son et enganatz 
A lei de bo servidor , 
Quar hom me ten à folor 
So don degr'esser onratz ; 
E n'aten tal gazardo 
Com cel qui ser à felo : 
Mas si d'er enan soi sieus 
A mens me tenh que juzieus. 

A tal domna m sui donatz 
Que viu de joi e d'amor 7 
E de pretz e de valor j 
On s'afina si beutatz 
Com l'aur en l'arden carbo. 
Equar mos precs li sap bo , 
Be m par que'l segles es mieus 
E que'l rei ten de mi fieus. 

De fin joi sui coronatz 
Sobre tot emperador ; 
Quar de filha de comtor 
Me sui tant enamoratz , 
Don n'ai mais ab vm cordo 
Que na Raïmbauda mdo, 
Que'l rei Richartz ab Peilieus 
Ni ab Tors ni ab Angieus. 



OCCITANIEN. 187 

E sì tot Lop m'apelatz 
No m'o tenc à desonor , 
Ni si m cridan li pastor , 
Ni si m sui per lor cassatz ; 
Et am mais bosc e boisso 
No fauc palais ni maizo ; 
Et aviol er mos trieus 
Entre vent e gel e nieus. 

La Loba dis que sieus so 7 
Et a ben drech e razo ; 
Que per ma fe meils sui sieus 
Que no son autrui ni mieus. 



2701 , 3^94 » 7225-6 , C , M. 



D, 



'rogman senher , s'ieu agues bon deslrier 
En plag foran intratz li miei guerrier , 
Qu'aissi mezeis quaut hom lor mi mentau 
Me temon plus que callas esparvier , 
E no prezon lor vidas un denier ; 
Tan me sabon fer e salvatg' e br-au. 

E s'ieu agues caval adreg corsier , 
Suau s'estes lo reis part Balaguier 
E dormis si planamen e suau ; 
Qu'ieu tengr'en patz Proens' e Monpeslier , 
Que raubador ni malvat rocinier 
No rauberan mais Venaissi ui Crau. 

Quant ai vestit mon blanc ausberc doblier , 
E cinh lo bran que m det Guigo l'autrier , 
La terra crolla per aqui on vau : 
E non ai ges enemic tan sobrier 
Que tost no m lais las vias el semdier , 
Tan me dubton quan senton mon esclau. 



188 LE PARNASSE 

D'ardimen val Rotlan et Olivier , 
E de domnas Bernart de Mondeidier ; 
Equar sui pros per aquo n'ai bon lau. 
Mout mi venon sovendet mcssatgier 
Ab anel d'aur , ab cordon blanc o nier ; 
Ab tals salutz don totz mos cors s'esjau. 

E si cossec janglos ni lauzengier , 
Qu'ab fals cosselh gaston l'autrui sabrier 
E baisson joi à prezent et à frau ; 
Per ver sabran qual son li colp qu'ieu fier : 
Que s'avian col de ferr' o d'acier 
No ls valria una pluma de pau. 

En totas res sembli ben cavallier. 
Si m sui ; e sai d'amor tot son mestier 
E tot aisso qu'à drudari' abau ; 
Qu'anc en cambra no vis tan plazentier ; 
Ni ab armas tan fer ni tan sobrier. 
Don tal mi tem qu'era no m vi ni m'au. 

Si'l reis torna à Toloz' e'l gravier 
E'l coms eix fors e siei caitiu dardier ; 
Que cridon tug : ad espazas tornau ! 
D'aitan mi van qu'ieu n'aurai'l colp premier ; 
E farai tan que s n'intron à doblier 
Et ieu ab lor , qui la porta no m clau. 

Na Vierna ; merce de Monpeslier 
En raina sai amaretz cavallier ; 
Don joi m'es mas cregutz per vos ; dieu lau. 



OCCITANIEN. iSg 



2^01 , ^226. 



M, 



on cor s'alegr' e s'esjau 
Per lo gentil temps suau ; 
E pel castel de Fanjau 
Que m resembla paradis , 
Qu'amors e joi s'i enclau 
E lot quant a pretz abau , 
E domneis verais e íìs. 

Non ai enemic tan brau , 
Si las domnas mi mentau 
Ni m'en ditz honor e lau , 
Qu'ieu no 1 sia bos amis. 
Equar mest lor non estau 
Ni en autra terra vau , 
Plang e sospir e languis. 

Mos bels arquiers de Laurac , 
De cui m'abelis e m pac , 
M'a nafrat de part Galhac 
E son cairel él cor mis ; 
Et anc mais colp tan no m plac , 
Qu'ieu ne so^orn' à Saissac 
Ab fraires et ab cozis. 

Per tostemps lais Albeges 
E remanh en Carcasses , 
Que'l cavalîier son cortes 
E las domnas del païs. 
Mas la Loba m si conques , 
Que , si m'ajut dieus ni fes , 
Al cor m'estau siei dous ris. 



i 9 o LE PARNASSE 

A dieu coman Monrial 
E'l palaitz emperial , 
Qu'ieu m'en torn sai à 'n Barral 
A cui bon pretz es aclis : 
E cobrar m'an Proensal , 
Quar nulla gen tan no val 7 
Per que serai lor vezis. 



2^01 , <J225-6 , 7698. 



M 



ixJ. o xj t es bona terr' Espanha , 
El rei am senhor en so 
Dous e car ? e franc e bo , 
E de corleza companha : 
E s'i a d'autres baros 
Mout avinens e mout pros , 
De sen e de conoissensa, 
E de fatz e de parvensa. 

Per que m platz qu'entr'els remanha 
En l'emperial reio ; 
Quar ses tota contenso 
Me rete gent e m gazanha 
Reis emperaires n Ainfos , 
Per cui jovens es joios ; 
Quez él mon non a valensa 
Que sa valors no la vensa. 

Fach ai Fobra de Faranha 
E la muza del Breto , 
Per qu'ieu mezeis no sai quo 
M'en rancur e m'en complanha ; 
Que'l ver dir m'es angoissos 
E'l mentir no m'es nul pros : 
Daus totas partz trob falhensa 
En la sua bevolensa. 



OCCITANIEN. 191 

Mout m'a tengut en greu lanha 
Quar l'ai servid' en perdo j 
E servirs ses gazardo 
Crei que captals i sofranha j 
Que viels paupres sofrachos 
Venc entre'ls rics vergonhos : 
Per qu'om deu cercar guirensa 
Ans que torn en decadensa. 

E pos madomna m'estranha, 
De so que no 1 platz que m do 
S'amor , tart veirai Orgo 
Ni'l rial castel d'Albanha. 
E ja ta pauc orgolhos 
Amic ni tan amoros 
Non auran mais part Durensa , 
En la terra de Proensa. 



2701 , 3794, 7225-6, C , M. 



N, 



eu ni gel , ni plueja ni fanh 
No m tolon deport ni solatz ; 
Que'l temps escur me par clardatz 
Pel novel joi en que m refranh , 
Quar jove domna m'a conques : 
E s'ieu lieis conquerre pogues , 
Quan la remir tan bela m par 
Que de gaug cujera volar. 

Com l'austor qu'es pres en l'aranh , 
Qu'es fers tro s'es adomesjatz , 
Pois torua maniers e privatz , 
S'es qui be'l tenga ni l'aplanh , 
E val mais d'autre quant a pres j 
Tot atretal uzatgcs es , 
Qui jove domna vol amar , 
Que gen la deu adomesjar. 



, 9 a LE PARNASSE 

Las aventuras de Galvanh 
Ai eu e mai d'autras assatz ; 
E quan soi en caval armatz 
Tot quan trobi pesseg e franh. 
Cent cavalliers ai totz sols pres 
E d'autres cent ai lot l'arnes ; 
Cent domnas ai faitas plorar 
E cent autras rir' e jogar. 

Ab pauc de foc fon l'aur e'l franh 
L'obrier entro qu'es esmeratz , 
Don l'obr'es plus plazens assatz ; 
Per qu'eu del lonc maltrag no m planh. 
E si'l foc d'amor se fos mes 
En lieis si com s'es en mi pres , 
De ben o val pogra cantar : 
Pero no m dei desesperar. 

A drutz de bona domna tanb 
Que sia savis e membralz , 
E cortes et amezuratz , 
E que no s trebalh ni s lanb : 
Qu'amors ab ira no s fai ges 7 
Que mezura d'amors frutz es ; 
E drutz qui s'a bon cor d'amar 
Deu s'ab gaug d'ira refrenar. 

Ar ai conquist sojorn en banh , 
]}en autamens soi albergatz 
Ab lo comt' Enric , de que m platz 
Quar negus bos aips no 1 sofranh. 
Larcs es et arditz e cortes , 
Et estela del Genoes ; 
E fa per terra e per mar 
Totz sos euemics tremolar. 



Ab 



OCCITANIEN. i 9 3 

Ab lo Comt' Arman m'acompanh ; 
Quar es francs e gen ensenhatz 
Tot enaissi com s'el fos natz 
A Toloza part Caramanh : 
Qu'ardimen ha d'Aragones 
E gai solatz de Vianes , 
E sembl'à mi de domnejar 
Et al rei de Leon de dar. 

De bonas domnas no m'estranh 
E plai me jovens e beutatz _, 
E plai nie cors gen faissonatz. 
Mas no mi platz bar que m reganh 
Ni que trop H dur son arnes , 
Qu'ieu en conosc tals dos o tres 
Qu'om pogra per vilas comtar , 
Ab sol que saubesson arar. 

A l'uzatge m tenh del estranh 7 
Que quan uo m sen aventuratz 
Ieu m'esforz tan deves totz latz 
Que pren e conquier e gazanh. 
E si mos volers m'avengues 
D'aisso de que m soi entremes f 
Al meu emperi ses dubtar 
Fera tot lo mon soplejar. 

Ieu soi senher dels Genoes , 
Que'ls grans els pauc ai totz conques : 
Li gran mi fan tot mon afar , 
E'l pauc m'onron e m tenon car. 



i3 



j 9 4 LE PARNASSE 



2701 , 3794 , 7225-6 , 7614 , 7698 , C , M. 

Xo s tornat soi en Proensa 
Et à madomna sap bo , 
Be dei far gaia canso 
Sivals per reconoissensa. 
Qu'ab servir et ab bonrar 
Conquier hom de bo senhor 
Don e befag et honor , 
Qui be 1 sap tener en car ; 
Per qu'ieu m'en volh esforsar. 

Equar anc no 1 fì falhensa , 
Soi en bona sospeisso 
Que'l maltrag me torn en pro , 
Pos lo be tan geu comensa : 
Que poiran se conortar 
En mi tut l'autr' amador _, 
Qu'ab sobresforsiu labor 
Trac de freida neu foc clar 
Et aigua doussa de mar. 

E pos en sa mantenensa 
Aissi del tot m'abaudo , 
Ja 110 m deu dire de no : 
Que ses tola retenensa 
Soi sieus per vendr' e per dar ; 
E totz hom fa gran folor 
Qui di qu'ieu me vir alhor : 
Mais am ab lieis mescabar 
Qu'ab autra joi conquistar. 

Ses peccat fis penedensa 
Et ai quist ses tort perdo ; 
E pres de nien ric do 
E d'ira gran bevolensa ; 



OCCITANIEN. i 9 5 

E gaug entier de plorar , 
E d'amar doussa sabor ; 
E soi arditz per paor ; 
E sai perden gazanhar 
E quan soi vencutz sobrar. 

Estiers non agra guirensa : 
Mas quar ve que vencutz so 3 
Fai madomna tal razo 
Que vol qu'om vencutz la vensa ; 
Qu'aissi s deu apoderar 
Ab bumilitat ricor , 
E quar no trob valedor 
Que m'an vas lieis razonar, 
Mas sol per merce clamar. 

E cel que longu'atendensa 
Blasma fai gran falhizo t 
Qu'er an Artus li Breto 
En cui avion plevensa. 
Et ieu per lonc esperar 
Ai conquist tan gran doussor f 
Lo bais que forsa d'amor 
Me fes à ma domn'emblar, 
Qu'era lo m denh' autrejar. 

Bel Rainier per ma crezensa 
Nous sai par ni companho f 
Quar tut li valen baro 
Valon sotz vostra valensa. 
E quar dieus vos fes ses par 
Eus det mi per servidor , 
Servir vos ai de lauzor 
E d'als quant o poirai far , 
Bel Rainier , quar iestz ses par. 



196 LE PARNASSE 



2701 , 3794 , 7225-6 , 7614 , 7698 , C. 

ÌJi co'l paubre quan jatz él ric ostal , 
Que no s'i planh si tot a gran dolor , 
Tan tem que lorn ad enoi al senhor , 
No m'aus planher de ma dolor mortal. 
Be m dei doler pois ella m mostr' orgolh 
La res del mon qu'ieu plus dezir ni volh f 
Sivals d'aitan no l'aus clamar merce , 
Tal paor ai qu'ades s'enoi de me. 

Aissi co'l fol que bad'al veirial , 
Tan li par bel contra la resplandor , 
Quant ieu l'esguart n'ai al cor tal doussor 
Que m'en oblit per lieis que vei aital. 
Be m bat amor ab las vergas qu'ieu colh 7 
Quar una vetz en son real capdolh 
L'emblei un bais don al cor mi sove.... 
Ai ! quan mal viu qui so qu'ama no ve ! 

Si m'ajut dieus , peccat fa criminal 
Ma bella quar ilh sempre no m'acor j 
Pois en lieis ai tot mon cor e m'amor 
Si que non pes de null'autre jornal. 
Dieus ! com sona tan gen ni no m'acolh , 
Pos pro no m te d'aco don pìus me dolh. 
E cuja m doncs aissi lonhar de se ? 
Ans sufrirai so qu'ai sufert jassc. 

Quar sufrir tanh à senhor naturai 
Lo tort el dreg , e sen el la folor ; 
Qu'om de guerra no deu portar honor 
Pos es faizitz de son propre logal. 
Be soi faizitz si de s'amor me tolh : 
No m'en tolrai , ans l'am mais que no solh. 
Tenra m ja vil pos à mal me rete : 
Non o deu far quar pcr s'amor m'ave. 



OCCITANIEN. 

Aissi m'a mes madomu' en son cabal f 
Que si m fai mal ja no m'aura pejor ; 
Que'l sieu plazer m'a tan doussa sabor , 
Que neis del mon no mi membra ni m cal. 
Non es nul jorn s'amor él cor no m brolh 
Per gaug qu'ieu ai quan la vezon mci olh : 
E quan mon cor pensa de son gran be 
Alre no volh ni dezir autra re. 

Sabetz per que li port amor coral ? 
Quar anc no vi tan bela ni gensor , 
Ni tan bona : per qu'ieu n'ai gran ricor 
E soi amîcs de domna que tan val. 
Ai ! si ja vei qu'ensems ab mi despolh 
Meils m'estara qu'al senhor d'Essidolh , 
Que mante pretz quant autre s'en recre ; 
E non sai plus autre de sai Jaufre. 

Als quatrc reis d'Espanh'estai mout mal 
Quar no fan patz et acort entre lor ; 
Quar autramen ilh sou de gran valor _, 
Adreg e franc , e cortes e leial : 
Sol que d'aitan gensesson lor escolh 
Que viresson lor guerr'en autre folh , 
Contra la gen que nostra lei mescre ? 
Tro qu'Espanha fos tota d'una fe. 

Bel castiatz , senher , per vos mi dolh 
Quar no vos vei ; e quar mi dons no m ve f 
Na Vierna cui am de bona fe. 

Ieu dis lo ver aissi com dir lo solh : 
Qui ben comens' e pois ja s'en recre } 
Meils li fpra que no comenses re. 



197 



ujB LE PARNASSE 



X 



2701 , 7225-6 , M. 



ant an ben ditz del marques 
Joglar truan e garbier , 
Que tug en son vertadier , 
Qu'ieu no sai que m'en disses. 
Pero sua es valensa 
On fin pretz nais e comensa , 
E renovela valor 
E'n fai dir vera lauzor. 

Per so m'an Lombart conques 
Pos m'apelet car messier 
Tals , qu'anc no vis nul arquier 
Tan prim ni tan dreg traisses ; 
E m fer al cor ses bistensa 
Ab un cairel de plazensa , 
Fabregat en foc d'amor , 
Temprat de doussa sabor. 

Olhs negres e cils espes , 
El nas qu'es eh loc d'arbrier , 
Veus l'arc don tan gran colps fier 
Ab un esguart demanes , 
On escut 110 fai guircnsa. 
E pois à leis platz que m vcnsa 
No m'o tenh à desonor ; 
Que'ls fortz venson li forsor. 

Mil tans es doblatz sos bes 
Que'l comtes de l'escaquier , 
Quar al seu pretz drechurier 
Noi sofranh neguna res ; 
Que dig e fag e parvensa 
A de Monbel e d'Àrgensa, 
E de Monrosier color 
En sas cambras de valor 



OCCITANIEN. 199 

E si mos fraires saubes 
Que m rete per soudadier , 
No 1 tengran bueias d'acier 
Que vezer no la vengues. 
E trobera ses falhensa 
Dous frug d'onrada semensa 7 
E cort de valen senhor 
Ab un avinen trachor. 

E si'l rei Aragones 
No m'agues tout alegrier , 
Ieu agra fin gaug entier 
Ab domnas de Carcasses ; 
Car m'abelis e m'agensa 
Lor fatz e lor capteuensa , 
El cavalier e'l comtor , 
El baron e'l vavassor. 



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LO VESCOMS DE SANT ANTONI. 
7614. 

Lo vescoms de Saint Antoivin si fo del evescat de Caortz , 
seigner de Saint Antonin e vescoms. Et aniava una geutil domna 
moiller del seignor de Pena d'Albìges , d'un ric castel e fort. La 
domna gentils e bella e valens , e mout prezada e mout lionrada ; 
et el mout valens et enseignatz , e larcz e cortes , e bos d'armaz , 
e bels et avinens , e bon trobaire. Et avia uom Raimon Jordan ; 
la domna era apellada la vescomtessa de Pena. L'amors dels dos 
si fo ses tota mesura , tant se volgren de ben l'us à l'autre- 

Et avenc si qe'l vescoms si anet una vetz en garnimen ; e sì 
fo una batailla grans , el vescoms si fo nafratz à mort. E fo dich, 
per sos enemicz q'el era mortz ; et ela de gran dolor que n'ac si 
s'en anet ades , e si s rendet en l'orden dels Eretges. E si cum 
dieus volc lo vescoms garic de la nafra e meilloret , e uegus noil 
volc dire q'ela i s fos renduda. E qan fon ben garitz el s'en veuc 
à Saint Antoniu , e fon li dicli cum la domna sera renduda , 
per la tristessa qu'il ac de lui qand ill auzi q'el era mortz. Dond 
el perdet solatz e ris et alegressa , e cobret plains e plors et 
çsmais ., ui non cavalguet ni anet d'entre bona geu. Et estet enaissi 



2oo LE PARNASSE 

plus d'un an , don totas las bonas gens d'aquellas encontradas 
n'aviant gran marrimen. Don madona Elis de Monfort , qu'era 
moiller d'en Guillem de Gordon , fìlla del vescomte de Torena , on 
era jovens e beutatz e corfezia , ]i mandet pregan mout avinenmens 
que per la soa amor se degues alegrar : qu'ieu vos fatz de mon 
cors e d'amor prezen del mal que vos avotz pres ; e prec vos eus 
clam merce que vos me ven^alz vezer. Qan lo vescoms entendet 
los honratz plazers que la domna li mandava , s'ill comenset una 
gran doussors d'amor venir ,al cor j et adoncs el se comenset alegrar 
et esgauzir , e venir entre las bonas gens. E vestic se e sos compai- 
gnos et appareillct ben et honradamen , et anet à madomna Elis 
de Monfort ; et ella lo reeeup ab gran plazer et ab gran honor 
q'el li fetz. Et el fon gais et alegres del honor e dels 'plazers 
cj'ela ill fetz e £11 dis ; et ela mout alegra de la bontat e de la 
valor qu'ill trobet en lui , ni no fo pas enpentida dels plazers ni 
de las amors qu'ill l'avia mandadas. E la saup ben grazir, e preguet 
]a q'ela ill fezes tan d'amor per que el saubes que per dreich cors 
l'avia mandatz los plazers plazen , dizen qe'ls portava en son cor 
totz jorns escritz. E la domna o fetz ben , qu'ella lo pres per son 
cavallier e receup son omenatge ; efella'se det à lui abrassan e 
baizan , e il det l'anel de son det per fermansa e per segurtat. 

Et enassi se parli lo vescoms de la domna gais e joig , e tornet 
en cantar et en alegransa ; e fetz adonc Ia chanson que dis : 

Vas vos soplei en cui ai mes m'entensa. 

Et enans qu'el fezes la chanson , una nuoich qand el dormia 
li fon vejaire que amors l'assaillis d'una cobla , que dis : 

Raimon .Tordan , dc vos eis voill aprendre 
Cous es laissatz de solatz ni de chan. 
Ja soliatz en dorunejar entendre 
Mout leialmen , so faziatz semblan , 
Eus feigniatz eus en faziatz gais ; 
Mas aras vei qu'avetz fenit lo lais : 
Encolpatz etz si non es qei responda. 

^225-6. 

XJo clar temps vei brunezir 
E'ls auzeletz esperdutz , 
Que'l fregz ten desfregz e mutz 
E ses conort de janzir. 
Donc eu cpae de cor sospir 



OCCITANIEN. aor 

Per la gensor re qu'anc fos , 
Tan joios 
Son , qu'ades m'es vis 
Que folh' e ílor s'espandis. 

D'amor son tug miei cossir , 
Qu'al sieu servir soi rendutz ; 
E pois tan d'onor m'adutz 
Ben o dei à deu grazir , 
Que'l meils del mon sai cauzir. 
Si s fera quascus de vos 
Volentos y 
Sius o acuillis 
La bella cui soi amis. 

Sos amics son e serai 
Aitan quan la vida m dur ; 
E no crezalz que m pejur , 
Enans mi meillurarai : 
Que'l païs on el' estai 
Azor , soplei et acli 
Ab cor fi ; 
E lai vir soven 
Mos olbs y tan l'am finamen. 

Ailas ! tan destressa m fai 
De lei vezer tor e mur ! 
Mas d'aisso m'en asegur 
Per uu messatgier qu'ieu n'ai , 
Mon cor que soven lai vai j 
E conorta m'enaissi , 
Qu'endreg mi 
Non au ni enten 
Prec d'amic ni de paren. 

En lei son tut mei cofort 
E ves autra no m destolh , 
Ni null'autra non acolh 



202 LE PARNASSE 

Que ja 1 deman dreg ni lort. 
Que la bona fe que 1 port 
M'a si mon coratj' assis 
E devis , 
Qu'ieu non ai poder 
De null'autr' amor voler. 

E s'ieu en dic mon conort 
No m'o tengas ad orgolh : 
Quar eu l'am tant e la volh y 
Que , s'era coita de mort 7 
No querri' à deu lan fort 
Que l'ai sus en paradis 
M'acoillis , 
Com que m des lezer 
D'una noitz ab liei jazer. 

Si com ieu dic ver 
Mi don dieus ab liei jazer. 



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JORDAN DE BONELS. 

^225. 

Jobdan de Bonels si fo de Saintonge , de la marqua de 
Peitieu j e fez raantas bonas cansos de na TiboTS de Monlausier , 
qne fo moiller del comte de Gollena , e pois moiller del seignor 
de Mon au&ier e de Berbesiu e de Cales. 

■J225 , 7698. 

Ì3'ira d'amor tengues amic gauden , 
No fora cel que meils anes de me ; 
Quar pen'e dol , e dans e marrimen 
Ai sofertat longamen : e cove 
Qu'ieu aia'l mal e madomna lo be, 



OCCITANIEN. 2o5 

È pos aissi li plai ab me devire , 
Quar sab e crei que 110 l'auzi re dire y 
Volh tot sofrir s'eila'l vol et amors : 
Guardatz s'ieu soi dels feignens amadors. 

Ara diran tut li desconoissen 
Que cel es fols qu'am' autrui mais que se. 
Donc no sabetz qu'orn non a ges de sen 
Quant en amar s'es espres senes fre. 
Ni castiars ni blasmars noi val re 7 
Ni desamat non a poder que s vire , 
Qu'ab ambas mans contra l'afan no s tire 
Si com ieu faz ; e quar mi for' honors 
Cugei vencer totz los bos sufridors. 

Qu'ieu n'ai plorat mantas vez dolzameu 
Quan be m cossir com li dirai ni que ; 
E quan l'esguart n'ai tan dur espaven 
No l'aus mostrar co 1 port tan bona fe. 
Quan cuida'l cor parlar temensa'l te , 
Quar si mais val meils deu sos precs assire , 
E son aissi dos per un li sospire : 
Ar son arditz , ar me torna paors , 
Ara s'en vai , ara torna colors. 

Si com Faigua sofre la nau corren , 
Pois es tan grans que mil homes soste 
E d'un clavel pert son afortimen 7 
Sofrira ieu meils de tot'autra re 
Mas quan de lieis que m defaill ab merce. 
Quar cum plus l'am meils a cor que m'aïre , 
Et on piegz trac plus dobla'l mei martire ; 
El dous esguard m'es com la bella ílors 
Qu'apres lo frug amarcis las sabors. 

E fa trop mal domn' à mon escien 
Pois fa scmblant , don pregar s'esdeve } 
A caYallier ni 1 don' entendemen 



ao4 LE PARNASSE 

Que 1 don s'araor , si com una fez me j 
E fai o pieg quan no l'au ni no 1 ve. 
E s'ieu fos fals , enganans ni traïre 
Encontr'amor , adonc for'ieu gaudire } 
Mas ves amor no val forsa ni tors y 
Ni re mas cor de verais amadors. 

A Chaletz vai cansos à midons dire 
A na Guibors , cui beutatz saup elire 
E pres e jois , e larguez' e valors , 
Qu'à lei me clam de sos mals noiridors. 

E potz aitan sus en sa cart'escrire 
Que ja bels ditz ni semblans de dous rire 
No creirai mais , ni olhs galiadors 
Que guardon sai e plus soven aillors. 



AIMERIG DE BELENOI. 



27OI , -J22 



5. 



N Aimerics de Belenoi si fo de Bordales , d'un castel que a 
nom Lesparra , neps de maestre Peire de Corbiac. Clercs fo , 
mas fez se joglar ; e trobet bonas cansos , e bellas et aviuens , 
d'una domna de Gascoingna que avia nom Gentils de Ruis , e 
per lei estet Ionc temps en aquella eucontrada. Pois s'en anet en 
Cataloingna , et estet lai tro qu'el mori. 

27OI , -J225-6. 

Jt o s lo gai temps de pascor 

Renovel' e ve 
Vestit de folh e de flor , 

Cantarai de se , 
Qu'atressi s'es mos pessatz 
De fin joi renovelatz ) 



OCCITANIEN. ao5 

Quar mos sobransiers volers , 
A cui no platz vils plazers } 
A trobat à son talen 
Domna de cor e de sen , 
Orgolboza et bumil , 
De captenemen gentil. 

Amar me fai ad bonor 

Mo fin cor ancse ; 
Ses blasmes e ses folor 

D'autrui e de me. 
Qu'anc no m'abelis beutatz , 
JNi paratge ni rictatz , 
Si noi fos sens e sabers , 
Que fan far e dir plazers ; 
E gardar de fallimen 
Domn' e cel qu'à lieis'enten : 
Et ai cor tan senboril 
Quaz autr'amor no m'apil. 

Mas qui vol d'entendedor 
Proar s'ama be y 
Guart so sen e sa valor 

E cossi s capte. 
Que s'es ben enamoratz ? 
Li fag el ditz el solatz 
Seran plus ric que'l devers. 
Qu'amors non es mas plazers f 
E tug bel captenemcn 
Movon d'amar leialmen : 
Mas ieu no trob entre mil 
Un qu'e' los sieus fagz no guil. 

Qui vol apenre d'amor 
Amar li cove , 
Que ja per essenbador 
Non apenra re. 



206 LE PARNASSE 

Que fin'amor , so sapchatz 7 
Non es als mas voluntatz 
Qu'adutz ins él cor vezers } 
Don la rete bels plazers , 
E viu de dous pessamen : 
Per q'usquecs am'et enten 
En aut loc o en sotil , 
Ves que s'a ric cor o vil. 

Mas tant a fina valor 
Cella que m mante , 
Que no tem lauzenjador 

Ni fals digz so cre. 
Que'l sieu gen cors , ric , prezatz ; 
Complilz de totas beutatz, 
Conois messonjas e vers , 
Per que no tem far plazers 
Qu'ab sen soana e pren ; 
E jutja tan leialmen 
Que'l palais ten per cortil ; 
Tan son siei fag agradil. 

Ni ieu plus ho vau queren 
Terra ni baro ni gen : 
Tug autre fag mi son vil , 
Tan son li vostre gentil. 



E 



BONIFACI CALBO. 

^225. 



n loc de verjans floritz 
E folhatz , 
Volgra per camps e per pralz 
Vezer lansas e penos ; 
Et en loc de cants d'auzeus 
Auzir trompas e flauteus , 



OCCITANIEN. 207 

E grans retins de colps e de cridans ; 
Qu'adoncs fora cabalos lo niazans. 

Bel ni'es lo retins el critz 
Dels armatz , 
Quan soi ben encavalgatz 
Et ai bellas garnizos. 
Qu'aitan gai soi et irneus 
A l'encontrar dels tropeus ; 
Com li privat en cambras e parlans ; 
E tan volgut com il en cochas grans. 

Per qu'ieu volgra fos partitz 
Lo prezatz 
Reis n Anfos de sos regnatz , 
Qu'adoncs faria dels pros 
E dels valens sos capdeus : 
Qu'en* fatz perillos ni greus 
No ten pro lauzengers nî soplejans ; 
Qu'al major ops li fail cors e talaus. 

Mas trop me par endormitz ; 
Que m desplatz , 
Quar en vei desconortatz 
Los sieus e meins coratjos. 
E s'ara ; mentr'es noveus 
L'afars ; no conorta 'ls seus ; 
Venir l'en pot tal mescaps e tals dans 
Qu'il fara pron si'l restaur' en dez aus. 

Reis n Anfos ; ja'ls crois marritz 
Non crezatz , 
Ni'ls feignen alegoratz : 
Qnar amon dins lor maizos 
Mais bos vis e bos morseus , 
Qu'ab afan penre casteus ; 



2o8 LE PARNASSE 

Ciutatz ni reings , ni faire faitz prezans f 
Tan lor es cars legors e pretz soans. 

Vai dir , sirventes noveus 7 
A cellei cui soi miels sieus , 
Que'l bes que me fai es à totz los prezans 
Enantimens , et als crois dezenans. 



722D. 

\fvi ha talen de donar f 
Tal don que sia lauzatz 
Entre'ls savis , deu pensar 
Tres cauzas , ben o sapchatz. 
Quals es el eis tanh que s pes 
E qual cel que'l don deu penre f 
E quals lo dos ; qu'estiers res 
îïo 1 pot de blasme defendre. 

Qu'om don tan gran no deu dar 
Qu'en sia trop fort grevatz t 
Ni tan pauc qu'à soanar 
Lo tanha cellui qui er datz j 
Tíi dons avinens non es 
Qu'om lo'n poiria rependre , 
O cauzir qu'el no saubes 
So que tanh à far entendre. 

E quant hom per si honrar 
Da'l sieu e n'es desonratz 7 
3Nío s pot majormen desfar f 
Qu'aver el honors prezatz 
Val mais que nuls autre bes. 
Doncs qui'ls pert no pot contendrc 
Que d'autra guiza pogues 
Tan bassa valor descendre. 



Per 



OCCITANIEN. 209 

Per que requerr' e prcgar 
Lo rei Castellan me platz 
Que 1 deia mos cantz membrar , 
E no crei' us seus privatz ; 
Quar il an tal us apres 
E tal art , soil vol aprendre , 
Que quecs , per pauc qu'el n'agues ? 
Son pretz volri' escoiscendre. 

Tan mi fai madomn'amar 
Amors qu'en sui fol jutjatz ; 
Que quan deuria ponhar 
El rei de servir , li fatz 
Plazers : e no m'en tol ges , 
Quar sai qu'il m'en degra rendre 
Bon gazardo , si 1 plagues 
Adreg sa merce despendre. 



BERTOLOME ZORGI. 

7225. 

En Bertolome Zorgi si fo nn gentils hom de Veníse. Savís 
hom fo de sen natural , e saup ben trobar e cantar. E si avenc 
«na sazon qu'il anet per lo mon , e lo Genoes , qui guerrejavon 
ab los Venisians , si lo priron e lo meneron pres en saa terra. 
Et estagan là en prison , en Bonifaci Calbo si fez aquest sirventes 
qu'es escrit cà de sus , que comensa : 

Ges no m'es greu s'ieu no, sui ren prezatz , f 

blasman los Genoes car il se lasavon sobrar Venesian , digan 
gran vilania d'els De qu'en Bertolome Zorzi fetz un autie sirvente» 
qui es escritz qà de sotz , lo qual comensa : 

Molt me sui fort d'un chant meraveillatz , 

14 



aio LE PARNASSE 

escusau los Venesians et encolpan los Genoes. De que en Bonifaci 
Calbo se ten encolpatz de so qu'el ávia'n ditz ; e per so se lorneron 
l'un à l'autre e foron granz amis. Longa sazon estet en Bertolome 
Zorgi en prison , entorn VII ans j e quant il fu issitz for de 
prison il s'en anet à Venise ; e'l seu comun lo mandet per Cas- 
tellan en un castel qui ven apellat Coron , e lai defiuet. 



^225. 

J_j' autrier , quan mos cors sentia 
Mant' amorosa dolor , 
Anav' enqueren la llor 
Don podi' esser garitz ; 
E trobei un'amairitz 
A l'ombraill d'un' abadia, 
Qu'à son amic prometia 
D'azemplir tot son talan , 
Mas apres no passct gaire 
Qu'ela ill fetz dol e mal traire ; 
E qu'el dizi'en ploran : 
Hei ! amors , dreg no consen 
Qu'om jutj'autrui à tormen , 
Si razos l'eu pot defendre ; 
Per queus avetz fatz gran tort , 
Quar ses ma razou aprendre 
Vos m'avetz jutjat à mort y 
Sol quar madomna vol dir 
Qu'à razon lanh qu'ieu dej' aissi morir. 

Mas quan cel que s complagnia 
Fag avia sa clamor , 
Respondia ill voz d'amor : 
Amans qui m fai jutjairitz 
Au jutjar segon qu'il ditz ; 
Quar hom jutjar no deuria 
Mas segon so qu'eutendia. 



OCCITANIEN. 211 

Per qu'aissius anei jutjan , 
Quar re non auzi relraire 
Don me pogues dreg estraire 
Pos qu'ieu n'auzia'l demau. 
Mas era volh à prezen 
Revocar lo jutjamen , 
E vos domu'e lui entendre. 
Per qu'eu vos man eus recort 
Que vos dejatz razon rendre 
Per queus l'aziras tan fort , 
Pos qu'el s'en vol escondire 
Qu'ieu en dirai mon vejair'al fenir. 

Don l'amairitz respondia : 
Amors , trop fai gran follor 
Qui discon so dezonor. 
Mas quar estz fals descauzitz 
Vol que sos torlz si' auzitz. 
Gaire no loi cclaria 7 
Quar pieg de mort icscairia ; 
Tan fprt s'azauta d'engan : 
Cum hom mais vol s'onor faire , 
Et el plus li vol atraire 
Desplazer , ant' et afan. 
E si fon à mi parven 
Qu'eu li fis don avinen , 
E mal grat d'autrui reprendre 
Jauzir mant plazen conort ; 
Et el cu felz briu estendre 
Que m lolc solatz e deport , 
E m fetz mant enoig auzir 
De cels cui dei per razon obezir. 

E l'amans si s'escondia } 
Dizen : amors , janglador 
Solon virar joi en plor 
Entre'ls ílacs amans voulitz 5 
Mas eutre'ls ferms afortitz 



212 



LE PARNASSE 

Noi degran aver bailia , 
Que per lor vils janglaria 
No deuria tener dan , 
Pos ancse sui fis amaire, 
Equar d'amar be no m vaire , 
No degr'anar sospecban , 
Cil qui m denbet far jauzen , 
Qu'ieu fezes descelamen 
Don pogues dol e mal prendre 
Et ieu dan e desconort. 
Mas si vol mon dreg comprendre , 
Pes qu'ab gran messonj' enlort 
Pot hom briu à greu cauzir 
Si non es fag ab devinans issir. 

E l'amairitz redizia : 
Amors , pauc a de valor 
Lo dreg d'aquest amador , 
Si tot vas me contraditz : 
Qu'el m'es tan d'alre fallitz 
Qu'escondir no s'en poiria. 
Qu'aissi com cel qui volia 
La man sol quar vic lo gan , 
Volc l'engres fals engenhaire , 
Sol quar denhei de bon aire 
Son voler seguir ogan , 
Pojar outra mon talen 
En far fag descovinen , 
Ben qu'el noi pogues atendre 
Que no fos fag à mal port 
Mos pretz e m'onor deiscendre. 
Equar son cors pres acort 
De voler m'aissi trazir , 
Guardatz si tanh queus lo deiatz aucir. 

E l'amans apres dizia : 
Amors , totz hom qu'an honor 
Deu dir ver à son senhor , 



OCCITANIEN. ai3 

Si ben ies sos dregz peritz : 
Quar senher non es cauzitz 
Si merces no l'umelia. » 
Per qu'ieu no contradiria 
Qu'adon no m sobrec d'aitan 
La beutatz de la bellaire , 
Qu'es d'onor e de pretz maire. 
Qu'ieu no m'anava pensan 
Mas de penre jauzimen , 
Non ges contra so iramen j 
Ans li posc à dreg contendre 
Qu'anc cor no portiei ni port 
Qu'auzes s'onratz escoiscendre j 
E que m pogr' aver estort 
Ses damnatge de martir , 
Si vostre dreg m'agues volgut seguir. 

E pos ab tan consentia 
La domn' à son servidor , 
Que'l jutjar fos entre lor 
Escoutatz et obezitz. 
Don la votz à l'auziritz , 
Qu'à jutjar lo plag avia , 
Comenset dir : bell' amia , 
L'amar d'aquest vostr' aman 
Compres ai el votr' afaire ; 
Per qu'ieu dic al mieu vejaire 
Qu'en vos anar descolan 
Noi agues de fallimen. 
Mas en sobrier pensamen 
I regn' alques de mesprendre , 
Cui tanh que perdon aport 
L'afans qu'es pres en atendre 
Patz del vostre dezacort. 
Don volh queus deia servir 
E queus deiatz son servizi grazir. 



2i4 LE PARNASSE 

Mas apres lo jutjamen 
Cauzi lor captenemen , 
E vi l'un e l'autre prendre 
Joi e solatz e deport. 
Don m'atrais , per meils comprendre 
Lor alegrier , jost' un ort , 
On auzei tal frug culhir 
Que m fetz irat : e ja m podes auzir. 

Noms verais , ieus fatz prezen 
Del plag e del jutjamcn , 
Qu'à cela'l fassatz entendre 
Cui tostemps ins él cor port ; 
E quar mi fassatz apendre 
S'à lei par quei ages tort 
El jutjamen à dreg dir 
Ni en voler la sentenz' obedir. 



M, 



7220. 



otjt fai sobreira folia 
Qui ditz fol d'en Peire Vidal } 
Quar senes gran sen natural 
Sos motz dir hom no sabria ; 
E d'aisso m n'es garentia : 
« Quant hom es en autrui poder 
No pot totz sos talans complir ; 
Ans l'ave soven à gequir 
Per autrui grat lo sieu voler. » 

Mas pero ges no diria 
Qu'ieu no conogues ben de mal 7 
E qu'ieu no tengues per venal 

Tot home qu'autr'en crezia ; 

Ni tanh ges que plus en dia : 



OCCITANIEN. 2i5 

« Quar qui vol al segle caber 
Mantas vetz l'aven à sufrir 
So que 1 desplai , ab gen cubrir 
Per semblansa de non-caler. » 

E si plus dire m tanhia , 
Ben auzera dir que m desval ; 
Qu'adreg m'a trobat e lei.al 

Tals qu'apensar si deuria ; 

Que pogra senes bauzia ; 
« Tant ai de sen e de saber 
Qu'à la vetz sai mon meils cauzir, 
E gen conoisser e grazir 
Qui m sab honrar e car tener. » 

Equar tant a de feunia 
Qu'à cels cui deu valer no val , 
On plus en auria'l logal , 

Qui pogues e noill nozia 

Gaire valer no volria : 
« Mas qui pot e no \ol valer 
Com no s'esforsa de morir , 
Des que la mortz no 1 denh'aucir 
Per far enoig e desplazer ? » 

Hoi mais fastics me seria 
Coblejar d'aisso que no m cal , 
Qu'en lonc plaig d'avol desleial 

No tanh qu'adreg hom estia. 

Don volh seguir autra via , 
« Qu'onor e pretz volh manteuer 
E bonas domnas obezir , 
Et à corteza gent servir : 
E non ai gran cura d'aver. » 

Doussa res , dir no sabria 
Com vos port fin'amor coral , 
Ni com son fag trist mei jornal 



i*6 LE PARNASSE 

Pos nous vi com far solia , 

Que sai aisso queus quezia. 

« Bella domna , deu cug vezer 

Quan lo vostre gent cors remir ; 

E quar tan vos am e dezir 

Grans bes m'en deuri' escazer. i> 

E no per tan si feiria 
S'acsetz cauzit lo dol mortal 
Que lai m'intret sobre'l portal 

Queus dis : adieu , douss' amia. 

Qu'ab l'amor que m destrenhia , 
« Domna , quan vos vi remaner 
Ni m'avenc de vos à partir , 
Tan m'angoisseron li sospir 
Qu'à pauc no m'avenc à cazer. » 

En mon ditz mei cant fatz saber 

Qu'om no deu son sen descobrir ; 

Mas gran sciens 'es sen cobrir 

Lai on no-sens pot plus valer. 



PEIRE BERMON Ricas novas. 

Florissait eu ia35. Hist. génér. de Prov. T. II , p. 399. 

2 .7° l > 3 794- 

J_jn la mar major son e d'estiu e d'ivern , 
E sai pron de la mar per que dreg m'i govern } 
Si qu'enemic qu'ieu aia no pes que m descazern 
De la mar on domnei ; e no m part del estern. 
Fals lauzenjadors rent als deabols d'ifern , 
Qu'ieu no ls blan ni no ls tem una rusca de vern ; 
E sai n'un que s nafret tan lag quan fes l'esquern 
Que no 1 gariran tug li metge de Salern. 



OCCITANIEN. 217 

A 'n Sordel man e prec , quar se fenh mos amics , 
Que si'n Barrals me falh ni m ven tan gran destrics , 
Qu'el m'essenh on tenrai , qu'el sap totz los abrics. 
Mas no m tramet' à cel de cui s'es enemics 
Quar la mula no 1 det , de que fo tan enics ; 
Molt laill ques francament , mas anc no 1 valc prezics. 
E D'autres pres lur dos , quar d'Espanha venc rics , 
Et apres de Peitau on dav' en Savarics. 

Aras vei qu' à 'n Sordel es pojat sus él cap 
Que ab son sirventes , don fa tan gran aclap 
Que par qu'anbroc los vers o que'ls mescl' en enap , 
Pero siei dig parscon ses coa ni ses cap. 
Equar es tan arditz prec dieus que no m'atrap , 
Qu'el fes tal ardimens qu'entre'ls Lombartz no cab $ 
Els rics homes conois de Trevisa tro Gap 
E plus de cels d'Espanha : trop conois e trop sab. 

Anc no fon en Sordel , que hom ten per rainart , 
Cavaliers , per ma fe so m dis ad una part 
Joanet d'Albusson ; si dis ver el so gart. 
E si ja dels Lombartz partis un pauc plus tart , 
Jamais à Cananillas no vengra far issart. 
E si tot se fenh drutz , pecs es qui n'a regart : 
Quar si tug son tan freg com el l'autre Lombart 
No son bon ad amor ; per sa molher m'en part. 

Ans mos cors no s parti , tan no nevet ni ploc , 
Pos fui ben entaulatz del joc d'amor no s moc. 
Mot sai ab cavalier gen jogar et ab roc , 
Et anc nuls hom sa domua plus gen cobrir no poc. 
Mas en Sordel joguet adoncs ab lo badoc 
Quan la fersa n'adus pres de si él deroc , 
Per que fon del tot matz ; don vesti trop lag floc , 
Quar anc de joc d'amor pois no saup tener toc. 

Del senhor de Leo dis tot lo mal que poc 
Sordel > tan li es greu quan quier qui no 1 dis d'oc. 



2i8 LE PARNASSE 



GAUBERT DE PUEGSIBOT. 

27OJ , -J225. 

Gaudert de Puegsibot fo gentils hom , e fon de l'avescat de 
Lemozi , filh del castela de Pueg sibot ; e fo mes monges cant 
era efans en 11 n monestier de Sanl Launart. E saup ben letras 
e ben cantar e trobar. E per voluntat de femna isic del monestier , 
e venc s'en à selui on venian tuit aquil que per cortesia volion 
onor ni bienfait , al pros , al valen, en Savaric de Mal leo j et 
el arnesquet lo à joglar de veslir e d'arnes. Et anet per cortz t 
e fes mantas bonas cansos. 

Et enamoret se d'una gentil donzela bela ; e d'ela fe sas cansos j 
et ela no 1 volio amar si no s fezes cavayers e no la tolgues 
per molher. Et el contet o tot à 'n Savaric , et el lo fes cavalier 
e donet li alberc , terra e renda ; et el pres la donzela per molher 
e tenc la à gran honor. 

Et avenc se qu'el anet en Espanha e la dona remas. Et us 
cavayers de la lerra si entendia en ela , e fes e dis tan que ab 
se la 'n menet ; e tenc la longa sazo per druda , e pueys la layset 
malamens anar. E cant Gaubert toruava d'Espanha el alberguet 
un ser en la ciutat 011 ela era. E cant venc lo ser el anet defora 
per voluntat de fenina , et intret eu l'alberc d'una paubra femna , 
que 1 fon dig que lainz avia uua bela donzella. Et el intret e 
trobet que aquela era la soa molher ; e cau la vi fon grau dol 
entr'els e gran vergouha. Ab leis estec aquela nueg , e lendeman 
s'en anet ab ela e menet la en una mongia , et aqui la fesrendre. 
E per aquela dolor el layset lo trobar e'l cantar. 



2701 , 7225-6 , 7698 , C , M. 
T 



U 



na grans amors corals 
Me destrenh e m te f 

Si quc no pens de ren als 
Mas clamar merce ; 

E pos mi d'als no sove, 



OCCITANIEN. 219 

Sembli'n fatz entre las gens 
E par menre ma sabensa. 
Doncs amors que m fors' e m vens 
Degra vencer mas clamors ; 
Qu'als vencedors es honors 
Que merce los vensa. 

A tort mi ven de vos mals 

E no sai per que. 
Mas d'aitan , amors ; sivals 

M'en venjarai be , 
Qu'à cels que no sabon re 
Com vos est deconoissens 
Dirai vostra captenensa , 
Don vos seretz mens valens 
E n'auretz mens servidors ; 
Quar sera ma gran dolors 

Recels e temensa. 

E pos no m val qu'ieu soi tals 

Com à drutz cove , 
Si m fazia desleials 

Auria'n ja be. 
Beti leu lai virera'l fre , 
Mas no dei , so m ditz mos sens ; 
Far per falhimen falhensa. 
Mais volh sufrir los tormens 
Ab los leials amadors , 
Qu'ab los fals galiadors 

Far de joi parvensa. 

Amors vostre nom es fals , 
Quar non amatz me , 
Quez ieu sui fis e leials 

E vos am ancse. 
E pos aissi s'esdeve 



22o LE PARNASSE 

Qu'ieu vos son obediens 
D'amor e de bevolensa , 
E vos m'es mal e cozens , 
Ses befatz e ses socors , 
Per dretz seri' eu amors 
E vos malvolensa. 

Vostr' uzatges es aitals , 

Quar celui queus cre 
Merma de joi sos captals. 

Quar de vos no ve 
Mas engans ses tota fe 
E mals senes jauzimens ; 
E senes benfag cozensa. 
Trop fatz d'autres fallimens 
Mes calar me fai temors : 
Qu'orgolh es grans e folors 

Qui ab plus fort tensa. 

Savaric , part los valens 
Fatz valer vostra valensa. 
E vos qu'es à dretz plagnens 
D'amors , sias m'en actors 
S'es tals com ieu dic amors 
Ni sa captenensa. 

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RAIMONS DE MIRAVAL. 

2701, 7225, 7614, 7698. 

Ramun de Miravals fo us paubres cavalliers de Carcasses , que 
non avia mas la quarta part de Mifavals ; et en aquel castel non 
estavo 4° homes. Mas per lo seu trobar e per son bel dire , e 
car el saup plus d'amor et de domnei , e de totz los faitz avinens , 
e de totz los ditz plazens que corron entr'amadors et amairitz , 
el fo amat e tengut car per lo Goms B.. de Toloza , qu'el clamava 



OCCITANIEN. 2 2l 

son Auáiart , et el lui. El coms li dava caval et armas , els draps 
que besoignaven , e so que 1 fazia mestier. Et era senher del 
alberc de lui , e senher del rei P. d'Arago , e del vescoms de 
Bezers , e d'en Bertran de Saissac , e de totz los grans baros de 
aquela encontrada. E non era neguna gran domna ni valens que 
110 dezires e no se penes que el entendes eu ela , o que li volgues 
be per domesteguessa , quar el las sabia pus onrar e far grazir 
que nuls autr'om j per que neguna no crezia esser presiada , si 
no fos sos amics Rainions de Miraval. E R. de Miravals s'entendet 
en mantas domnas , e'n fetz mantas bonas cansos ; e no se crezet 
mais qu'il de neguna endreg d'amor agues ben , e totas l'enganereu. 

Ben avetz auzit R. de Miravals qui fo ni don , per qu'ieu vos 
vuelh dire mais de son fag Don el amava una dona de Carcasses 
que avia nom na Loba de Pueguautier , filha d'en R. de Puegnautier j 
et era molher d'un cavayer ric e poderos de Cabaret , pariers del 
castel. La Loba si era sobreavinens e voluntoza de pretz e d'onor $ 
e tug li baro de la encontrada e li estranh que la vezian entendian 
en ela : lo Coms de Fois , en Olivier de Saissac , en P. Rotgier 
de Mirapeys , en Aimeric de Monrial , eu P. Vidal , que fes 
mantas bonas cansos de lieis. En R. de Miravals si l'amava mais 
que totz , e la metia enans à son poder ab sas cansos e en 
comtans , com sel que o sabia meils far de cavalier del mon , 
ct ab plus plazens razos et ab plus bels digz. E la Loba per 
lo gran pres en que el l'avia meza , car conoissia qu'el la sabia 
enansar fort e dezenansar , ela li sofria sos precs e 1 prometia 
de far plazer endreg d'amor , e l'avia retengut baizan. Mas ela 
o fazia tot per engan , et amava lo coms de Fois tan que ela 
ne avia fag son drut. Et era l'amor paleza de lor per tota l;i 
encontrada de Carcasses , don ela fon descazucha de pres e de 
honor e d'amics : que lai tenian per morta tota domna que fassa 
íon drut d'aut baro. 

En Miravals auzi la novela del mal c'avia fag , e que P. Vidal 
n'avia facha una mala chauso d'ela que di : 

Estat ai una gran sazo ; 

en la cal el dis en unas coblas : 

Mot ai mon cor felo 
Per lieis que mala fo. 

Miravals Fo sobre totz pus dolens , et ac voluntat qu'en diches 
mal e en decazer ponhes ; e pueis pesset se que mai valia que 
ponhes en ela enganar , aisi com el' avia lui enganat : e comensa 
la à defendre , à cobrir e à razonar del fag del Comte. La Loba 
auzi que Miravals la defendia del mal que avia fag , sobre la 



222 LE PARNASSE 

gran tristeza qù'cl avia. Si s'alegra molt per Ia defensio de 
Miraval , per so qu'ela avia major paor del que de totas las autras 
gens. E si'll fai venir à se e sill regrasia molt en ploran del 
roantenemen e de la defensio qu'el fazia d'ela ; e si li dis : Miraval , 
s ieu anc iorn agui pretz ni honor , ni amic ni amiga , ni fos auzida 
ni prezada Iuenli ni pres , ni aigui ensenhamen ni cortezia , per 
vos m'es tot avengut e de vos o tenb. E cum so sia causa que 
ieu non ai fag tot so que vos aves volgut endreg d'amors , no 
m'o a vedat amor d'autrui , mas una paraula que vos disscs cn 
una vostra canso , que ditz : 

Amor me fai cantar et esbaudir... 
Bona domna 110 s deu d'amor gequir ; 
E pus tan fai qu'ad amor s'abandona , 
No s'en cocb trop ni massa non o tir , 
Que mens en val tot fag qne dessazona. 

Et ieu volia vos far tan de plazer ab onrada razo , per que 
vos l'acsetz plus car , que no m'eu volia cochar 5 que non a mais 
dos ans e cinq mes que vos retengui baizan , si com vos dicbes 
en vostra canso : 

Passatz so cinq mes e dui ans 
Qu'ieu vos retengui à ìr.os comans. 

Aras vei be que vos no m voles abandonar > per lo blasme 
fals e mensongier que m'aun mes enemix et enemiguas de sobre 
me. Per so vos dic que pos vos me mantenes contra tota gent , 
et ieu me tuelli de tota autra amor per vos , e don vos lo cor 
e'l cors per far tot cant que vulhatz } e met me del tot en vostre 
podci' e en vostras mas , e prec vos que m defendatz à vostre 
poder. Miraval ab gran alegreza receup Io dou de la Loba , et 
ac dt> licis tot so que à lui plac longa sazo. Mas denan s'era 
enamoral de la marqueza de Menerba , qu'cra joves e gaia e 
<>-eiitiIs domna j e non avia mentit ni enganat , ni era estada 
enganada ni traïda. E per aquesta se parti Miravals de la Loba , 
per que fez aqùesta canso que dis : 

S'ieu en cantar soven 
No m'atur ni m'aten , 
Non cujetz que sabers 
M'en falha ni razos. 
la quals es aisi. 

Vos avez entendut d'en R. de Miravals co saup enganar la Loba 
e remaner ab lieis en patz. Mas ar vos dirai de n'Alazais de 
Boissazon cora l'enganet j et una autra apres qu'era sa vezina , 



OCCITANIEN. aa3 

ua Esmengarda de Castras , et el dezia hom ]a bela d'Albeges. 
Abdoas ero de l'avescat d'Albi : n'Alazaiiz era d'un caslel quez 
a nom Lombes , molher d'eu Bernat de Boisazo ; na Esmengarda 
si era d'un borc quez a nom Castras , molher d'un ric valvassor 
qu'era fort de temps. 

Miravals s'enamoret de n'AIazais qu'era joves e gentils s bela , 
e volnntoza de pretz e d'onor e de lauzor. Ecar ela conoissia 
que Miravals li podia plus donar de pretz que nuls hom que fos, 
si fo molt alegra car vit qu'el l'amava ; e fetz li totz los semblans 
e los plazei< que dona pot far à hnrae. Et el la enanset cantan 
e comtan à son poder , e de lieis fes motas bonas cliansos. E mes 
la en tan gran prelz , que totz los baros de aquela terra entendero 
en ela ; lo vescomte de Bezers , e'i Coms de Toloza , e'l rei Peire 
d'Arago , als cals Miravals la avia tan lauzada , que'l reis ses 
vezer s'en era fort enamoratz , e l'avia mandatz sos messatges e 
sas joias. Et el ac voluntat de lieis vezer ; e Miravals ponhet 
mot com el la vis , e fetz una cobla en sa chanso que dis : 

Ar ab la forsa del freis.... 
S'à Lombers corteja'l reis 
Per tostemps er jois ab lui ; 
E si tot s'es sobradeis 
Per un ben en venran dui : 
Que la cortezi' e'l jais 
De la bella n'Alazais , 
E'l fresca color e'l pel blou 
Fan tot lo segle jauzion. 

Donc lo rei s'envenc en Albiges à Lombes per vezer n'Alazaitz ; 
en Miravals venc ab lo rei , pregan lo rei que'l li degues valer 
ab madomna n'Alazais. Fort fo ereubulz et onratz lo reis , e vegut 
volentiers per madomna n'AIazailz. Ji.1 rei , tantost can fon assegut 
apres d'ela , la preguet d'amor ; et ela autrejat de far tot so que 
volria. Si que la nueg ac lo rei tot so que volc ; el lendema fo 
saubut per tot lo castel e per tota la coit del rei. En Miravals , 
que atendia esser rics de joi per prec del rei et auzi aquestas 
novelas , fo fort marrit ; et anet s'en e laisset lo rei e la dona. 
Longamen se plais del mal que avia fag la dona , e de la felonia 
que.'l rei avia facha de lui ; don el per aquesta razo fe esta 
chanso : 

Entre dos volers soi pessiu. 

Can lo Coms de Toloza fon deseretatz per la guerra e per 
los Frances , et ac perdut Argensa e Belcaìre ; e Ii Frances agro 
San Gili e Albiges e Carcasses ; e Bederres fon destruitz e'l vescomte 
de Bezeis era mort , e tota la bona geu d'aquela eucontrada foro 



224 LE PARNASSE 

morta e guandida al Coms , ab cui el se clamava'n Audiart , el 
vevia ab gran dolor , per so que tota la bona gent , de cui era 
ìo Coms senber e maystre , e donas e cavaliers ero morlz e. dese- 
retatz. Pueis avia sa molher perduda , aisi com auziretz , e sa 
dona l'avia traït e avia son castel perdut. Avenc se que'l reis 
d'Arago venc à Toloza per parlar ab lo Comte , e per vezcr sa 
seror madona na Elionor e madona Sancba. E confortet mot sa 
seror e'l Comte e sos filh , e la bona gen de Toloza. E promes 
al Coms qu'el li rendria e cobraria Belcaire e Carcassona , et à 
Miravals lo sieu castel ; e que la bona gen cobraria lo joi que 
avia perdut. En Miravals , per joi qu'el ac de la promessio que'l 
rei fes al Comte et à lui de rendre so qu'avion perdut , e per 
lo tems d'estat qu'era veugutz , ja agues el preponut de no far 
cansos entro quez agues cobrat lo castel de Miraval que avia 
perdut , e car s'era enamorat de madona na Helionor , molher 
del Comte , qu'era la plus bela dona del mon e la melhor , à 
cui el non avia encaras fag semblan d'amor , fes esta canso que di : 

Bel m'es qu'ieu chan e condei 
Pos l'aur'es dossa e'l temps jai. 

E cant ac facha Ia canso la trames en Arago , per que'I rei 
venc ab mil cavayers à servizi del Comte , per la promessio qu'el 
avia fncha. Don lo rei fon mortz per los Frances denan Murel 
ab totz los mil cavayers que avia ab se , que negus non escapet 
ab vida. 

Dig vos ai de n'Alazais de Boisazo com engannet Miravals e si 
meteusa auci ; ara vos vuelh dir com na Esmengart de Castras 
saup que n'Alazaitz l'avia escarnit , mandet per en Miravals. Et 
el venc , èt ela 1 dis que mot era dolenta de so que se dizia de 
jia Aîazais , don ela avia cor e voluntat de far esmenda à lui de 
se mezeissa , del mal que li avia fag n'Alazais. Et el fon leu per 
enganar , can vit los bels semblans e'Is bos ditz ab qu'ela li 
presentava l'esmenda del dan qu'el avia pres 5 e dis li que 
voluntiers voldria prendre de lieis la esmenda. Et ela pres lo per 
cavalier e per servidor ; e Miravals la comenset à lauzar et à 
grazir , et à enansar son pretz e sa valor. E la dona avia sen 
e saber e cortezia , e saup gazanhar amics et amigas. En Olivitr 
de Saissac , que era un gran bar de la terra , si entendia en ela 
e la pre^ava de penre per molher. 

En Miravals , can vi que l'avia tan montada en pretz et en 
onor , volc gazardo ; e si la preget que li fezes plazer endreg 
d'amor. E ela dis que no 1 faria plazer de drudaria , qu'enaus 
lo pendria per marit , per so que lur amor no s pogues partir ni 
s rompes ; e quel degues partir sa n;olhei - de se , laqual avia nora 

madona 



OCCITANIEN. 225 

madona Gaudairenca. Don Miravals fon fort alegres e janzens 
cant auzit que per marit lo volia ; e anet s'en al sieu castel , e 
dis à sa molher que no volia molher que saupes trobar , que 
assatz avia en un alberc d'un trobador j e que se aparelhes 
d'anar ves l'alberc de son paire , qu'el no la tenrÌR plus molher. 
Et ela entendia en un cavayer que avia noin Guillern Bremon % 
don ela fazia sas dansas. Cant ela auzi so que en Miravals lî 
dis fes se fort irada , e dis que mandaria per sos parens. E 
mandet per en G. Bremon que vengues , que ela lo pendria per 
marit e s n'iria ab el. G. Bremon cant auzi las novelas fo molt 
alegres ; e pres cavalìers e venc s'en al castel d'en Miraval e 
desmontet à la porta. E na Gaudairenca o apres , e dis à'rt 
Miraval que siei amic eron vengut per lieis , e qu'ela s'en volia 
anar ab lor. Miravals fo molt alegres e la dona plus. La dona 
fo aparelhada d'anar • en Miravals la menet fora e troba cn 
G. Bremon e sa companha e receup los fort. Can la dona volc 
montar él caval e ela dis à'n Miraval , que pus qu'ela volia 
partir de liei , que la des à'n Guilhem Bremon per molher. 
Miravals dis que voluntiers , si ela o volia. En G. se trais enan 
e pres l'anel per espozar 5 en Miraval la 1 det per molher e 
menet la'n. 

Can Miraval ac partida sa molher de Se , anet s'en à madona 
na Imenjarda ; e dis li qu'el avia fag son comandamen de sa 
molher , e qu'ela denhes faire e dir e li atendes so que li avia 
promes. E Ja dona li dis que ben avia fag 5 e que s'en tornes h. 
son castel e que fezes son aparelhamen de far grans nossas e d« 
recebre lieis per molher , car ela mandaria tost per el. Miravals 
s'en anet e fes gran aparelhamen per far nossas. Ela mandet per 
n Olivier de Saissac , et el venc tost : et ela 1 dis co ela faria 
tot so qu'el voldria , e'l penria per marit. Et el'fo lo plus alegres 
hom del mon ; e acorderon aisi lur fag que'l ser la'n menet al 
sieu castel , e l'endeman l'espozet e fes grans nossas e grau cort. 

Las novelas vengro à'n Miravals que la dona avia pres n 
Olivier de Saychac per marit. Fort fo dolen e trist , car l'avia 
fag sa molher laissar , e que l'avia promes que 1 prendria per 
marit , e que n'avia fag son aparelhamen de nossas ; e dolens 
de n'Alazais del mal qu'ela avia fag ab lo rei d'Arago : e sí 
perdet tot joi e tot alegrier e tot solatz , e cantar e trobar. E 
estet com hom esperdutz ben dos ans ; e mans cavaliers trobador 
se trufavon de lui per los esquerns qu'en fazian. Mas una gentil 
dona que avia nom Brunessen , molher d'en P. Botgier de 
Cabaret , que era envejoza de pretz e d'onor , si mandet saludan 
e pregan e confortan à'n Miravals que s degues alegrar per 
l'amor de lieis : e que saubes per veritat qu'ela I'anaria vezer si 

1 5 



226 LE PARNASSE 

no volia venir vas lieis , e li faria tan d'amor , qu'el conoisiria 
be qne no 1 volia enganár. E de aquesta razo fes esta chanso 
que di : 

Ben aia'l messatgier. 



A: 



2^01 , ^225-6 , 7698. 



Mons me fai cantar et esbaudir , 
E m tol deport ab cossirier que m dona ; 
E torna tot moii solatz en cossir ; 
Que si non es ma canso sobrebona 
Non dei esser aissi del tot blasmat : 
Pero si cug canlar à voluntat 
D'entendedors e de drutz e d'amigas. 

Mas no vol ges à domnas cossentir 
So per qu'à dreg vei qu'om las ocaizona , 
Que tals n'i a que no volon cauzir 
El temps qu'otn plus d'amar las arazona : 
Pois quan joven lor estrai sa beutat 
Prendo'l sordeis qu'avian soanat , 
Aissi com fes lo Lombartz de las fìgas. 

Bona domna 110 s deu d'amor gequir ; 
E pos tan fai qu'ad amor s'abandona 7 
No s'en coch trop ni massa non o tir , 
Quar mens en val tot frulz que dessazona : 
Mas sapcha gen celar tota vertat , 
Que cilh qu'eu als li serian privat 
Ad ops d'amar li serian destrigas. 

Ges la bella qu'ieu pìus am no s'albir 
Qu'en re l'ensenh ni 1 casti ni 1 despona, 
Qu'ilh sab tan be laissar e far e dir 
Per que no m cal que ren als hi apona. 
E si li platz que m retenh' à celat } 
Per tres razos don li drut son amat 
Li serai bos ; messatgiers so li m digas. 



OCCITANIEN. 

S'ieu ja res fauc don madomna s'azir 
No'lh perdon dieus si ella m'o perdona ; 
Quar no la volh galiar ni trazir , 
Ni razonar so qu'ella m mal razona. 
Tot m'es honors quant à lieis si' onrat , 
E grazisc tot quant à lieis ven à grat ; 
E volh n'aver guerras et enemigas. 

Bona domna , on qu' aia domnejat , 
Volh que tengas Miraval domenjat ; 
E mas cansos en cap d'autras atnigas. 

Si tot m'aves , Mais d'amic , cor irat , 
A vostr' ops ai Miraval si gardat , 
Que vos l'aves et ieu n'ai enemigas. 

Mantel , de sen , de pretz e de beutat 
E de joven vos vei tan gen honrat , 
Que sai ne son mantas domnas enigas. 



2701 , 7225-6 , 7698 , M. 

x\ r ab la forsa del freis , 
Quan tot lo mons trembl'e brui , 
Val mais solatz e domneis 7 
E cants e totz bel desdui , 
Qu'él temps quan folh' e ílor nais : 
A celui qu'es pros e gais , 

Contra l'us del temps e del mon , 

l$e par que bon cor li aon. 

La gran beutatz que pareis 
En la bella cui hom sui , 
El ric pretz qu'à tot jorn creis 
M'an tout domnejar d'autrui. 



x»8 LE PARNASSE 

Mas un dous esguart m'atrais 
Vas liei servir , don jamais 
No temsera fam , freg ni son , 
S'agues cor del dig que m respon. 

En amors a mantas leis ? 
E de mantas partz adui 
Tortz e guerras e plaideis. 
Leu reven e leu refui , 
Leu s'apai' e leu s'irais : 
E qui d'aisso l'es verais 
Soven sospira de prion , 
E mantz enois blan e rescon. 

Anc mais ni tan no m dcstreis : 
Mas er ai trobat ab cui 
Mi mou paors et esfreis , 
E m cass' e m pren e m destrui. 
Et ieu ges per tan no lais 
Que l'ai don me mou l'esglais 
No tenha mon cor deziron , 
On plus lo dezir me cofon. 

Pero , si tot m'es gabeis , 
Mos bos respietz m'i condui ; 
E si m dizia sordeis , 
No volh tornar lai don fui. 
Pos vengutz es à l'assais 
Poder a que m derc o m bais ; 
Qu'ieu no íug si m ras o si m ton f 
Ni ja no volh saber vas on. 

S'à Lombers corteja'l reis 
Tostemps mais er joi ab lui , 
E si lot s'es spbradeis , 
Per un be li'n veuran dui : 



OCCITANIEN. 229 

Que la cortezi' e'l jais 

De la bela n'Azalais , 
El fresca color e'l pel blon 
Fan tot lo segle jauzion. 

Domna tan vos soi verais , 
Que de totz cortes assais 
Volh que Miraval vos aon ; 
Mas nous volh dir quals es ni don. 

Per mon Audiartz son gais , 
Que tota gens ab eslais 
Prezon mais lo Comle Ramon 
De null autre Comte del mon. 



2701 , 3794 j 7^25-6 , 7698 , M. 



B 



el m'es qu'ieu cant e condei 
Pos l'aur 'es douss' e'l temps gais ; 
E pels vergiers e pels plais 
Aug lo retint e'l gabei 
Que fan l'auzelet menut 
Entre'l blanc e'l vert e'l vaire ; 
Adonc se deuria traire 
Cel que vol qu'amor l'ajut 
Vas captenensa de drut. 

Ieu no soi drutz mas domnei , 
Ni no m sent pena ni fais , 
Ni m rancur leu ni m'irais , 
Ni per orgolh no m recrei. 
Pero temensa m fai mut , 
Qu'à la bella de bon aire 
Non aus mostrar ni retraire 
Mon cor , si'l tenc escondut 
Tro qu'aia'l sieu conogut. 



2 3o LE PARNASSE 

Be vol qu'om gen la cortei 
E plai li solatz e jais , 
E no l'agrad' om savais 
Que s'en deguis ni s malmei. 
Mas li pros son be vengut ; 
A cui fai tan bel vejaire 
Que quascus es sos lauzaire } 
Quan son d'enan lieis mogut , 
Meils que s'erau siei vendut. 

No crei qu'ab lieis apparei 
Beutatz d'autra donma mais 7 
Neis ílor de rozier quan nais 
Non es plus fresca de liei : 
Cors be fag e gen cregut , 
Boqu'et olhs del mon esclaire , 
Quc beutatz noi posc plus faire ; 
Si mes tota sa vertut 
Que res no l'es remazut. 

Ses pregar e ses autrei 
Son intratz en greu pantais 
Com pogues semblar verais 
S'ieu sa gran valor desplei ; 
Qu'enquer non a pretz avut 
Domna que nasques de maire , 
Qu'encontra'l sieu valgues gaire ; 
E si n'ai mans car tengut 
Que'l sieu al melhor vencut. 

Ja madomna no s malei 
S'ieu à sa merce m'eslais , 
Que non ai cor que m'abais 
Ni ves amor me desrei ; 
Qu'ades ai del meils volgut 
Defors e dins mon repaire : 
E de lieis no soi gabaire , 



OCCIÏANIEN. 23i 

Qu'en plus non ai entendut 
Mas gen m'acolh' e m salut. 

Canso vai me dir' al rei 7 
Cui joi guid' e vest e pais , 
Qu'anc no 1 trobei en biais , 
Qu'aital com lo volh lo vei. 
Ab que cobre Montagut 
E Carcasson' e'l repaire , 
Pois er de pretz emperaire ; 
E temeran son escut 
Sai Frances e lai Masmut. 

Domn' ades m'avetz valgut 
Tan que per vos soi cantaire ; 
E no cugei canso faire 
Tro'l fieu vos agues rendut 
De Miraval qu'ai perdut. 

Mas lo rei m'a covengut 
Que lo me reudr' ans de gaire 
E mon Audiart Belcaire ; 
Pois auran domnas e drut 
Cobrat lo joi qu'an perdut. 



2^01 , 3^94 , 7225-6 , 7698 , M. 



B 



'ept aia'l messatgiers 
E cilh que lo m trames f 
A cui rent mil merces 
Si ja ra torn' alegriers. 
Pero de mos mals cossiriers 
Qu'ai avutz soi tan sobrepres , 
Qu'à penas crei que domna per amor 
M'aia bon cor ni m volha far honor. 



a3a LE PARNASSE 

Ab mans adregz mestiers 
Avia joi conques 
Tals , que ciig que m valgues 
Si de lai fos entiers. 
Que massa rics ni pretz sobriers 
No cugera que mi nogues , 
Qu'ieu esgardei domna de tal valor 
Que de beulatz fos bass'e de ricor. 

Tals que ja lauzengiers 
No s'en entremezes , 
Quar mans enois n'ai pres- 
Mentr'era drutz leugiers ; 
Qu'adoncs cujava q'us empiers 
No m tengues madomn' en defes , 
Per que m tornet mantas vetz à folor 
E mantas vetz en gaug et en doussor. 

Per so m'era derriers 
De totz los autres mes , 
Que mon loc no m tolgues 
Rotlan ni Oliviers , 
Ni ges Orestains ni Augiers 
No cujera que s'i mczes : 
Mas me ten hom per tan bon cauzidor 
Que so qu'ieu volb ten quascus per melhor. 

Be m cugei fos estiers 
Madomna que non es ; 
Que tostemps li tengues 
L'esbaudimens premiers 
Sos fols cujars e messongiers , 
E cossec la sa mala fes. 
De son pauc pretz li fassa dieus menor ; 
Que mon fin cor a tornat en error. 



OCCITANIEN. 235 

Qu'ieu fui al prim destriers 
Et apres palafres ; 
Era creis tan l'arnes 
Que trop peza'l dobliers. 
E pois vei que na'er rnal loguiers 
E temi que l'afan cregues , 
Don no m'aura jamais per servidor ; 
E lais me dieus mo meils trobar alhor. 

Domna que torn en blasme sa valor 
No deu aver de Miraval la tor. 

Mon Audiart sal dieus e sa honor, 
Que totz lo mons val mais per sa valor. 



2701 , 3794 j 7225-6 , 7614 , C , M. 

X^ntre dos volers soi pensius , 
Que'l cor me dis que no cant mais , 
Ni amor no vol que m'en lais 
Tan quant él segle sia vius. 
Del laissar ai gran razo 
Que ja mais no fes canso ; 
Mas eras cant quar amor e jovens 
M'o ensenha, e mezura e sens. 

E s'anc nul jorn fui esforsius 
D'esser adretz y cortes ni gais , 
Era m'es ops que m'i eslais 
Ab faitz et ab ditz agradius : 
Qu'en tal domn'ai sospeisso 
Que'i seu rics , car gazardo 
No pot servir nuls hom desavinens , 
Quar ilh no fai ni'lh plai res desplazens. 



a&4 LE PARNASSE 

Vas bona domna son autius , 
Mas no de re que sos pretz bais ; 
Equar una domna ine trais 
Tornar m'en ai vilas mesçlius ? 
Non ja ; tenria li pro 
Si la tornav' en resso ; 
Qu'à las avols no ten dan fallimens > 
E prezo s mais per gabs e per contens. 

Ab aitals bonratz senborius 
Ai eu estat lostemps verais , 
Qu'afans ni pena ni esglais 
!Ni nul maltrag no m fos esquius. 
Quar tug dizon à lairo 
Qu'anc d'amors no fì mon pro 
Menton , qu'avut n'ai bes e gauzimens , 
E n'ai sufert dans e galiamens. 

De cui que s vol baisse sos brius 
Plus l'ouor midons mont'e nais ; 
Qu'aissi com lu roza e'l glais 
Genson quan repaira l'estius 7 
Midons a tot l'au sazo , 
Qu'ilh sab gensar sa faisso 
Ab bels semblans et ab cuendes parvens 7 
Don creis sos prelz e sos captenemens. 

Per lieis am fontainas e ìius , 
Pratz e vergiers , e boscs e plais , 
Las domnas , els pros els savais ; 
Els fols els savis els badius 
De la franca regio 
Don ilh es e de viro : 
Quar tant es lai assis mos pessamens 
Que mais no cug sia terra ni gens. 



OCCITANIEN. 255 

N'Alazais de Boissazo 
Fai son pretz meillor de bo ; 
E perda dieus qui l'er desavinens , 
Pos tan gen sec sos bels comensamens. 



2701 , -J225-6 , 7614 > 7698 , M. 



ì^'iEtr en cantar sovcn 

No m'atur ni m'aten , 

Nous cujetz que sabers 

M'en falha ni razos , 

Ni talans amoros , 

Que'l plus de mos volers 

Es en joi et en can ; 

E de razos ai tan , 
Que cantar en poiri' assatz : 
Mas tot quan sai no volh sapchatz. 

Qu'amat ai longameu 
Tal domn' ad escien , 
Qu'anc servirs ni plazers 
No m'i poc esser bos } 
Ni pregars ni cansos , 
Ni celars ni temers , 
Qu'ieu noi trobes engan. 
Et ieu sofren mon dan 
Saub l'enganar totz enganatz 
E remaner ab lieis en patz. 

Qu'estiers no m fora gen , 
Pos del mieu fallimen 
Era vist lo parers , 
Qu'ieu encerques son pros ; 
Entro que d'ambedos 
Fos pres eguals lezers , 



236 LE PARNASSE 

Que si fes son talan 
Ieu m'anei percassan ; 
E fo plus adretz lo mercatz 
Que de liei si m parlis iratz. 

Drut que de sidons pren 
Nul autre venjamen 
No sab que s'es jazers; 
Que malditz e tensos 
Fan d'ensenhat janglos. 
E pois non es tot vers 
Quan domua fai semblan y 
Qu'ilh vol que la deman 

Tal que ja no 1 sera privatz ; 

E si s'en tenra per pagatz. 

Que quant ieu mi prezen 
En loc de cauzimen , 
Noii es mos capteners 
Lauzengiers ni ginhos , 
Ans plus temens q'us tos 
Soi lai on es poders. 
E dieus me don l'aulr'an 
Trobar domna prezan , 
Qae'l gazardos m'en si' onratz 
Quan serai per lieis trebalhatz. 

Tot quant es de joven 
E de fin pretz valen 
Ten la marqueza ders 
De Mencrb' à sazos j 
E per pauc cntre nos 
No poja sa valors. 
Mas en parli dobtan 
Qu'enemigas ne blan ; 
E pois de lieis no m n'escai gratz , 
Lo tortz me sia perdonatz. 



OCCITANIEN. a5 7 

Mais d'amic , on qu'ieu an 
Vos es caps de mon can 
E de Miraval poestatz : 
Mas no volh que l'anel perdatz. 



GUILLEM PEIRE DE CAZALS. 

7226. 

J\ r a s pos vei mon benastruc 
Temps , que quascus dezir'e vol , 
Ai cor que cant d'un' amistat 
Que m fai madomn' e tan de grat , 
Per qu'ieu la dubti e la col 
E soven n'aspir e n'aluc. 

Vers es qu'ieu n'aflam e n'aluc , 
Tan m'apimp' e m'acuelh e m col ; 
E tan li ven mos bes à grat _, 
E tan sai qu'en autr'amistat , 
Si doncs tant oblidar no m vol , 
No pot hom veire tan astruc. 

Doncs be m dei tener per astruc 
Quan cella del mon qu'om plus vol 
Cossen qu'ieu aia s'amistat. 
Assatz lo dei tener à grat 
Qu'ilh qu'es genser josta si m col , 
E non tem bruida ni aluc. 

Qu'ieu mantas vetz à gran aluc 
Ái vist qu'à penas te ni col , 
Qu'ades so don ieu 1 deja grat 
No fassa, tan vol m'amistat ; 
E s'aissi longamen la vol 
Gen mi sent en amor astruc. 



258 LE PARNASSÉ 

Miels e mai d'aulre m vei astruc 
Per so que'I miels del mon me vol , 
Don pren la melhor amistat ; 
Qu'aissi platz tot e ven à grat 
Quan que madomna fai e col , 
Qu'on mais n'ai per mais pren aluc. 

N Ardit , fort li dei s'amistat 
Grazir quar me denha ni m vol > 
Qu'ieu jauzisc à guiza d'astruc. 



AIMERIGS DE SARLAT. 

7225. 

N Aimerics de Sarlat si fo de Peiregors , d'un ric borc que 
a nom Sarlat. E fo fort subtils de dire e d'enteudre , e venc 
trobaire j mas no fe mas nna canson. 

2701 , 3794 , 7225 , 7614 , 7698 , c. 

JT 1 s e lciaìs e senes totz engans , 
Aissi com cel qu'a tot conques amors 
Aurai en patz sufertas mas dolors , 
Que no m'anei plangen ni rancuran ; 
Ans ai amat longamen desamatz 
Vostre gen cors , domna cui me soi datz : 
E pos merces ab vos re no m valria. 
Partirai m'en. Ieu ? no } que non poiria. 

Ans alendrai sufren e mercejan 
Tro que de vos aia qualque secors , 
Qu'à tot lo mens m'er l'atendres honors , 
Bona domna ; si tot trai greus afan ; 



OCCITANIEN. 2J9 

Quar trop val mais rics esperars onratz 
Q'un avol dos don hom no fos pagatz : 
Per queus serai amics ses felonia 
Tro queus apel senes mentir amia. 

Bona domna foldat fas per semblan , 
Quar en cantan retrai vostras lauzors 
E la bcutat don sobratz las gensors. 
Ops me fora queus anes oblidan ; 
Qu'orgolh von creis eus merm' umilitatz 
On plus vos vau membran vostras beutalz , 
Ni la ricor qu'es aut sobre la mia : 
Dir u'ai donc mal ? Non ieu , que mentiria, 

Mil vetz m'aurai acordat en pessan 
Cossius pregues , pois rete m'en paors j 
Quar oblidar me fai vosiras lauzors , 
Si com hom fai dins del Tertre camian 
Que s'oblida so don es plus membratz 7 
Quieu quan vos vei soi del tot oblidatz : 
Mas per so m plai quar falhimcns seria 
S'ieu per deman lo bon solatz perdia. 

Domna be sai qu'à vostra valor gran 
M'aonda cor e sofranh me ricors ; 
E si del plus podetz fairé clamors , 
Vos et amors volh sialz à mon dan. 
E si per so , donma , m'ocaizonatz 
Quar no soi rics , sera tortz e peccatz .- 
Que tan no val neguna manentia 
Endreg d'amor com fis cor ses bauzia. 

Pros comtessa , lo nom de Sobeiratz 
Es lonh auzit e per tot eissaussatz : 
Per qu'ieu no m part de vostra senhoria , 
Ni no farai aitan com vius csiia. 



a4o LE PARNASSE 

BERTRAN CARBONEL. 

Flovissoit cn 1200. Hist. génér. de Provence. f. II, p. 4°3. 

2701. 

X e r espassar l'ira e la dolor 

Qu'ai dins mon cor 7 e per confizamen 

Qu'ai bon en dieu , fas lo comensamen 

D'un sirventes conlra la gran folor 

Que fals clergue fan sotz bella semblansa ; 

Qu'il dizon be , mas en vei ses dubtansa 

Qu'il fan tot mal , don ieu ai dolor gran 7 

Quar cel que vai la lei de dieu moslran 

Degra ben far e seguir dreg semdier : 

Mas cobeitat fai home messongier. 

Laia cauza es tengud' al doctor 7 
So dis Catos , quan nescis lo repren ì 
E qui mais val mais fai de falhimen , 
Quan falh en re , que us hom ses valor. 
Qui prezica qu'aiam en dieu fiansa 
E fassam be per la su' amistansa 
Certas ben dis ; mas lo repres deman 
Qu'o dis per que fai nul fach mal estan ; 
Que honestat non porla costalier 
Ni fier ni franh ni fai fach de murtrier. 

Ai ! fals clergue , messongier , traïdor , 
Perjur 7 lairo , putanier , descrezen 7 
Tan fatz de mal quascun jorn à prezen 
Que tot lo mon avetz mes en error. 
Anc Sans Peire non tenc captal en Fransa 
Ni felz renou ; ans tenc drech la balansa 



De 



OCCITANIEN. 241 

De liautat : no fatz vos pas semblan, 

Que per argen anatz à tort vedan } 

Pueis n'absolvetz , pueis nos datz empachier , 

Pueis ses argen noi trob'om dreicburier. 

No m crezatz pas si fol entendedor 
Blasme totz clercs , mas los fals solamen ; 
Ni d'autra part no vazan entenden 
Qu'aisso diga per dubtansa de lor : 
Mas que m plagra fezesson acordansa 
Dels reis que an guerr'e dezacordansa , 
Si qu'outra mar passesson est'autr' an 
El Papa ab els , e lai fezessou tan 
Que crestiantat s'en dones alegrier : 
E valgra mai , qu'encar son sà guerrier. 

Ar es ben drech ; pos ieu n'ai dich blasmor , 
Que'l be que fan laus e vaza dizen : 
Drap de color e vaissela d'argen 
Refudan tot per dieu nostre senhor. 
Aissi ls gart dieus de mal e de pezansa 
Com els non an ni orgolh ni bobansa , 
Ni riquezas no van cobezejan , 
Ni joc d'amor ; mas autre dieu non an. 
Adoncs mostran quan mueian qu'en l'armier 
S'en vai l'arma e la carn él carnier. 

Al plus privat Proensals ses dubtansa 
Que huei viva e de mais d'alegransa 
Yai sirventes , à cel on quar lai van 
Miei sirventes ; dir que'l pretz qu'entrenan 
Sosten que 1 gart de fals clercs ; quar leugier 
Son à mal far e fals e messongier. 



16 



aia LE PARNASSE 



2^01. 

J an rics clergues vei trasgitar 
Enaissi co'l trasgitaire , 
Que'l filha qu'an de comaire 
Fan lor nept' al maridar. 

Et atrob ne d'autres fols vers 
Quez an tan d'ipocrisia , 
Qu'om no conois lor bauzia 

Ni l'engans don lor ven l'avers. 

Falses clergues y c qual devers 
Es fassas tan gran folia , 
E que'l be mostres lot dia ? 
Es fols doncs vostres volers. 

Bos pastres no deu hom pregar 
Sas fedas per nul afaire ; 
E que vos o vulhatz faire 

Qu'es pastor y fariatz à cremar. 

Qui ben vol de dieu prezicar 
No deu esser fols ventaire y 
Quar fols es lo prezicaire 
Que ben ditz e vol mal far. 

E fols si no 1 destrenh temers y 
E fols qui s fenh que bos sia ; 
E fols cel que dieus oblia y 

E fols qui sec sos vas plazers. 

On que s'an lo devis poders 
Sab qu'als clers fai bona via , 
E sab be la trichairia 
Deis fals ples de malsabers ; 

E sab com per outracujar 

An portels tras lor repaire, 
Per on intran li cofraire 

Vergonhos quan van cofessar. 



OCCITANIEN. a45 

Lo mal qu'il fan deu hom blasmar 

E'l be grazir e retraire. 

Ufana no lor plai gaire , 

Qu'aisso lor posc ieu lauzar ; 
Ni rics manjars ni rics jazers , 

Ni orgolh ni felonia ; 

Mas empero tota via 
Fan so cpi'à dieus es desplazers. 

Cel hom cui es fis pretz vers , 
Sirventes , e cortezia , 
Al mieu car senhor t'envia 
Dir qu'ie 1 prec que s gar de fals clers ; 

E qu'ieu soi sieus ses bauzia 
Per far e dir totz sos plazers. 

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GUILLEM FIGUIEIRA. 

Guillems Figuera si fo de Tolosa , fils d'uu sartor et el £o 
sastre. E quant li Frances aguen Tolosa si s'en venc en Lombardia. 
E sap ben cantar , e fez se joglar enlre los citaudis. Non fo honi 
que saubes caber entre'ls baros ni entre la bona gen , mas mout 
se fez grazir als arlots et als putans et als hostes taverniers. E 
s'el vezia bon home de cort venir lai on el estava , il n'era tristz 
e dolens ; et ades se penava de lui abaissar e de levar los arloU- 



N< 



7225 , 7614.. 



o m laissarai per paor 
Q'un sirventes no labor 
En servir dels fals clergati | 
E quan sera laboratz , 
Conoisseran li pluzor 
L'engan e la fclonia 
Que mou de falsa eleraa ; 



a44 LE PARNASSE 

Que lai on an mais forsa ni poder 
Fan plus de mal e plus de desplazer. 

Aquist fals prezicador 
An mes lo segl' en error ; 
Qu'il fan los mortals peccatz. 
Pos cels cui an prezicatz 
Fan so que ven far à lor 7 
E tug segon orba via : 
Doncs si l'uns orbs l'autre guia 

No van andui en la fossa cazer ? 

Si fan , so dis dieus qu'en sab be lo ver. 

Vers es que nostre pastor 

Son tornat lop raubador , 

Qu'il rauban devas totz latz. 

E mostrau semblan de patz , 

E confortan ab doussor 

Las oveillas noit e dia ; 

Pos quas las an en bailia 
Et il las fan morir e decazer 
Ist fals pastor 7 don ieu m'en desesper. 

Pois fan autre dezonor 
Al segl' et à dieu major ; 
Que s'un d'els ab femna jatz f 
Lendema tot orrezatz 
Tenra'l cors nostre senhor ; 
Et es mortal eretgia : 
Que nul preire no deuria 
Ab sa putan orrezar aquel ser 
Que lendeman deja'l cors dieu tener. 

E si vos en falz clamor ; 
Seran vos encuzador 
E seretz n'escumenjatz ; 
Ni , s'aver no lor donatz _, 
■íVb els no« aures amor 



OCCITANIEN. 245 

Ni amistat ni paria. 

Vergina Sancta Maria , 
Domna sius platz laissas me'l jorn vezer 
Que 'ls posca pauc dubtar e mens temer. 

Vai sirventes , ten ta via , 
E di m'à falsa clerzia 
Qu'aicel es mortz qui s met en son poder : 
Qu'à Toloza ne sab hom be lo ver. 

NA CASTELLOZA. 



Na Castelloza si fo d'Alvergne , gentils domna , rooiller de\ 
Truc de Mairona ; et amet n Arman de Breon , e fetz de lui 
sas cansos. Et era una domna mout gaia e mout enseignada , e 
mout bela. 

7226 , M. 

JtLmic, sius trobes avinen , 
Humils e franc e de bona merce , 
Beus amera. Quant era m'en sove 
Queus trob ves mi e mal e fel e tric , 
E m fatz cansos per tal que fass'auzir 
Vostre bon prelz ; don eu no m posc sofrii 
Que nous fassa lauzar à tota gen , 
On plus mi faitz mal et aziramen. 

Jamais nous tenrai per valen 
Nius amarai de bon cor per ma fe. 
Per ver veirai si ja m valria re 
Sius mostrava cor felon et enic. 
Non farai ja , qu'eu no volh poscas dir 
Qu'eu anc ves vos agues cor de faillir ; 
Qu'auriatz pois qualque razonamen , 
S'ieu fazia ves vos nul íallimen. 



-m\6 le parnasse 

Eu sai be qu'à mi esta gen , 
Si be dizon tug que mout descove 
Que domna preia cavallier de se , 
Ni que 1 tenha tostemps tan lonc prezic. 
Mas cel qu'o ditz no sab ges be cauzir , 
Qu'eu volh pregar enans que m lais morir 
Qu' e'l pregar ai mant dous revenimen 
Quan prec cellui don ai greu pessamen. 

Assatz es fols qui me repren 
De vos amar , pos tan gen mi reve ; 
E cel qu'o ditz no sab que s'es de me , 
Ni nous vit ges abs uels si com vos vic 
Quan me dissetz que non agues consir 7 
Que qualqu'ora poiri' endevenir 
Qu'eu n'auria encora jauzimen : 
De sol lo ditz n'ai eu lo cor jauzen. 

Tot' autr' amor teiug à nien ; 
E sapchas ben que mais jois no m sosle 
Mas lo vostre , que m'alegr' e m reve 
On mais en sent d'afan e de destric : 
E cug ades per plan essai jauzir 
De vos amic , qu'eu no posc convertir ; 
Ni joi non ai ni socors non aten 
Mas sol aitan com n'aurai en dormen. 



Oi mais no sai queus me presen , 
Qu'essaiat ai et à mal et à be 
Vostre dur cor don lo meus no s recre ; 
E nous o man qu'eu mezeis jaus o dic. 
E morrai me si no m volez jauzir 
De qualque joi ; e si m laissatz morir 
Faretz peccat e seretz n'en tormen ; 
E serelz en blasmatz vilanamcn. 



OCCITANIEN. 247 



-7225 , M. 

tl a de cantar no degr'aver talan , 

Quar on mais cant e pieitz mi vai d'amor ; 

Que planc e plor fan en mi lor estatge , 

Quar cn mala merce 

Ai mes mon cor e me ; 

E s'in breu no m rete , 

Trop ai fac lonc badatge. 

Ai ! bels amics ; sivals un bel semblan 
Me faitz enan qu'eu moira de dolor. 
Que l'amador vos tenon per salvatge 

Quan joi no m'ave 

De vos , don no m recre 

D'amar per bona fe 

Tostemps ses cor volatge. 

E ja ves vos non aurai cor truan 
Ni ples d'engan, si tot vos n'ai pejor , 
Qu'à grant honor m'o tenc en mon coratge. 

Ans pens , quan m'en sove ; 

Del ric pretz queus mante ; 

E sai ben queus cove 

Domna d'aussor paratge. 

Despois vos vi faitz ai vostre coman ; 
Ez anc per tan , amîcs , nous aic melhor : 
Que pregador no m fan re ui messatge 

Que ja m viretz lo fre. 

Amics , non fassatz re. 

Equar joi no m soste , 

Ab pauc de dol non ratge. 

Si proi agues ben m'enibrer , qu'antan 
Aic vostre gan qu'embliei à gran temor. 
Pois ac paor quei aguessotz damnatge 



248 LE PARNASSE 

De cella quius rete , 
Amics ; per qu'eu dese 
Lo torniei : quar ben cre 
Que no n'ai poderatge. 

Dels cavalliers conosc quei fan lor dan , 
Quar ja pregan domnas plus qu'ellas lor } 
Qu'autra ricor noi an ni senhoratge. 

Que pois dbmna s'ave 

D'amar , pregar deu be 

Cavallier ; si'n lui ve 

Proess'e vassalatge. 

Domna n'Almirs , ancse 
Am so don mal me ve j 
Quar cel que pretz mante 
A ves me cor volatge. 

Bels-noms , ja no m recre 
De vos amar jasse } 
Quar i trob bona fe _, 
Bontatz e ferm coratge. 



7225 , M. 



M 



otT avetz fag lonc estatge , 
Amics ; pos de mius partitz j 
Et es me greu e salvatge , 
Quar me juretz e m plevitz 
Quez als jorns de vostra vida 
Jïon acses domna mas me : 
E si d'autra vos perte , 
Mi avetz mort' e traïda , 
Qu'avi' en vos m'esperansa 
Que m'aruasseU ses dubtansa. 



OCCITANIEN. a4 9 

Bels amics , de fin coratge 
Vos'amei , pos m'abelilz : 
E sai que fatz ai folatge , 
Que plus m'en es escarilz , 
Qu'anc 110 fis ves vos ganchida 
E si m fazetz mal per be. 
Beus am e no m'en recre : 
Mas amor m'a tan sazida , 
Qu'ieu no cre que benanansa 
Posc' aver ses vostr' amansa. 

Mout aurai mes mal uzatge 
A las autras amairitz j 
Qu'om sol trametre messatge 
E motz triatz e cauzitz ; 
Ez ieu tenc me per guerida , 
Amics , à la mia fe , 
Quan vos prec ; qu'aissi m cove : 
Que'l plus pros es enriqida , 
S'a de vos qualqu'aondansa 
De baisar o de coindansa. 

Mal agu' ieu s'anc cor volatge 
Vos aic nius fui camiairitz ; 
Ni drutz de negun paratge 
Per me no fon encobitz. 
Ans soi pensiv' e marida 
Quar de m'amor nous sove ; 
E si de vos joi no m ve 
Tost me trobarez fenida : 
Qu'à petit de malanansa 
Mor donma s'om noca 1 laosa. 

Tot lo maltrag e'l damnatge 
Que per vos m'es escaritz , 
Vos fai grazir mon linhatge ; 
E sobre totz mos znaritz. 



a5o LE PARNASSE 

E s'anc fes vas me faillida . 
Perdon laus de bona fc ; 
E prec que venhatz à me . 
Depois quez aurez auzida 
Ma canso : queus fatz fiansa 
Sai trobetz bella semblansa. 

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CERCAMONS. 

■J225. 

Cercamohs si fo uns joglars de Gascoirigna , e trobet vers' e 
pastoretas à la usanza antiga. E cerquet tot lo mon lai on poc 
anar , e per so fez se dire Cercamons. 

27OI , 7225. 

\Jvath l'aura doussa s'amarzis 
E'l folha cai de sul verjan , 
E l'auzel canton lor latis' . 
Et ieu de sai sospir e can 
D'amor que m te lassat e pres ; 
Et ancar no l'aic en poder. 

Las ! qu'ieu d'amor non ai conquis 
Mas las trebalhas e l'afan ; 
Tíi res tan greu no covertis 
Com so que plus vai deziran ; 
Ni tal enveja no fai res 
Com aisso qu'om ,no pot aver. 

Pero d'un joi m'en csjauzis 
D'una , qu'anc re non amei tan. 
Quan son ab lei si m'esbaïs 
Qu'ieu no sai dire mon talan; 



OCCITANIEN. sêi 

E quan m'en vau vejaire m'es 
Que tot perda'l sen e'l saber. 

Tota la gensor qu'anc hom vis 
Encontra leis no prelz un gan. 
Quan tot lo segle brunezis 
Lai on ilh es aqui resplan. 
Dieus mi respit tro qu'ieu l'agues 
O qu'ieu la vej' anar jazer. 

Tíi mor , ni viu , ni no garis , 
Ni mal no sent e si l'ai gran ; 
Quar de s'amor no soi devis , 
Ni no sai que n'aurai ni quan : 
Qu'en lieis es tota la merces 
Que m pot sorzer o decazer. 

Totz trassalh e bran e fremis 
Per s'amor dormen e velhan. 
Tal paor ai que no m falhis , 
No sai pensar com la deman. 
Mas servir l'ai dos ans o tres , 
E pois be leu sabrai lo ver. 

S'ela no m vol , volgra moris 
Lo dia que m pres à coman. 
Ai ! dieus , quan suavet m'aucis 
Quan de s'amor mi fes semblan ! 
Quar mort m'a e no sai per ques , 
Qu'ieu mas una no volh vezer. 

Gaug ai s'ela m'enfolctis 
O m fai muzar o vau badan ; 
Et es me bel si m'escarnis , 
O m torn atrac o m vauc enan ; 
Qu'aprop lo mal m'en venra bes 
Ben tost, s'à lieis v«n à plazcr. 



a5u LE PARNASSE 

Per lieis serai totz fals o fis , 
O vertadiers o ples d'engan , 
O totz vilas o totz cortes , 
O trebalhiers oab plan deman. 
Cercalmon ditz : greu er cortes 
Hom que d'amor se desesper. 

Las ! cui que plass' o cui que pes 
Ela m pot si s vol retener. 



CLARA D'ANDUZA. 

"ŷ226. 

JLjn greu esmai et en greu pessamen 

An mes mon cor et en granda error 

Li lauzengier e'l fals devinador , 

Abaissador de joi e de joven ; 

Quar vos qu'ieu am mais que re qu'él mon sia 

An fait de me departir e lonhar , 

Si qu'ieu nous posc vezer ni remirar 7 

Don muer de dol e d'ir' e de feunia. 

Cel que m blasma vostr' amor ni m defen 
No podon far en re mon cor melhor , 
Ni'l dous desir qu'ieu ai de vos major , 
Ni l'euveja ni'l dezir ni'l talen. 
E non es hom ; tan mos enemics sia , 
Si 1 n'aug dir ben que no 1 tenha en car ; 
E si'n ditz mal , mais no m pot dir ni far 
Neguna re quez à plazer me sia. 

Ja nous donets , bels amics , espaven 
Quez ieu ves vos aia cor trichador , 
Ni queus camge per nul autr'amador , 
Si m pregavon d'autras domnas ua cea ; 



OCCITANIEN. 255 

Qu'amors , que m te per vos en sa bailia , 
Vol que mon cor vos estuj'e vos gar j 
E farai o : e s'ieu pogues emblar 
Mon cors 7 tals l'a que jamais no l'auria. 

Amics , tan ai d'ira e de feunia 
Quar no vos vei , que quant ieu cug cantar 
Plang e sospir j per qu'ieu no posc so far 
A mas coblas que'l cor complir volria. 



ARNAUT DANIEL. 

27OI , -J225, 76l4 3 7698- 

Ariïaut Daniel si fo de l'encontrada don fo'n Arnaut de 
Maruelh , del evesquat de Peiregors , d'un castel que a nom 
Ribayrac , e fo gentils hom. Et emparet ben letras , e fes se 
joglars \ e pres manieira de trobar en cars rims , per que sas 
cansos no so leus ad entendre ni d'aprendre. Et amet un' auta 
domna de Gascuenha , molher d'en G. de Buovila ; mas anc non 
ac plazer endreg d'amor , per que dis : 

Ieu soi Arnaut qu'amas l'aura 
E cas la lebre ab lo bou , 
E nadi contra suberna. 

lonc temps estet en aquela amor , e'n fes motas bonas cansos. 
Et el era mot avinens hom e cortes. 

E fon aventura qu'el fon en la cort del rei Richart d'Englaterra : 
et estant en la cort , us autres joglars escomes lo com el trobava 
en pus caras rimas que el. Arnaut tenc s'o ad esquern , e ferou 
messios cascuu de son palafre que no fera , en poder del rey. 
El rey enclaus cascun en una cambra. En Arnaut , de fasti qu'eu 
ac , non ac poder que lassetz un mot ab autre. Lo joglar fes sou 
cantar leu e tost. E els nou avian mas decx jorns d'espazi \ e 
devia s jutjar per lo rey à cap de cinq jorns. Lo joglar demandet 
à'n Arnaut si avia fag : e'n Arnaut respos que oc , passat a 
tres jorns j e non avia pessat. 

El joglar cantava tota nueg sa canso per so que be la saubes ; 
e'n Arnaut pesset co 1 traisses isquern : tan que venc una nueg 
el jogiar cajitava , e'n Aruaut la ya tot' arreteuer e'l so. E can 



2 54 LE PARNASSE 

foron denan lo rry , n Arnaut dis que volia retraire sa chanso ; 
e comenset niot be la chauso que'l joglar avia facha. El joglar 
can I'auzic gardet lo en la cara , e dis qu'el l'avia facha. El reis 
dis co s podia far ? El joglar preguet al rei qu'el ne saubes lo 
ver. El rei demandet à 'n Arnaut com era estat. En Arnaut 
comtet li tot com era estat. El rei ac ne gran gaug e tenc s'o 
à gran esquern. E foro aquistiat los gatges , et à cascu fes donar 
bels dos. E fo donatz lo cantar à 'n Arnaut Daniel , que di : 

Anc ieu non l'ac , mas ella m'a. 

2701 , 7225-6 , 7698. 

j\ y c ieu non l'ac , mas ella m'a 
Trastot en son poder amors ; 
E fai m'irat , let , savi , fol , 
Com celui qu'en re no s torna : 
Qu'om no s defen qui ben ama. 

Qu'amors comanda 
Qu'om la serva e la blanda , 
Per qu'ieu n'aten , 
Sufren , 
Bona partida 
Quan m'es escarida. 

S'ieu dic pauc ins él cor me sta. 
Estar me fai temens paors ; 
La lengua falh , mas lo cor vol 
So don dolens se sojorna : 
Gen languis raas no s'en clama ; 

Qu'en tot à randa 
Co mav ni terra guaranda 
Non es tan gen , 
Plazen , 
Com la cauzida 
Qu'ieu ai encobida. 

Tan sai son pretz fin e certa 
Per qu'ieu no m posc virar alhors. 
Per so fas ieu que'l cors m'en dol. 



OCCITANIEN. 255 

Quan lo sol clau ni s'ajorna 
Ieu non aus dir que m'aflama. 

Lo cor m'abranda ; 
Mas li olh an la liuranda, 
Quar solamea 
Vezen 
M'estai aizida : 
Veus que m ten à vida. 

Fols es qui per parlar en va 
Quer com sos joi sia dolors ; 
Que lauzengier , cui dieus afol , 
Non ag ges lengua adorna : 
L'us cosselha , l'autre brama 7 

Per que s demanda 
Amors tals fora granda. 
Mas ie m defen 
Fugen 
De lor brugida ; 
Et am ses falhida. 

Mans bons cantars levet e pla 
M'agr'ieu fait , si m fezes socors 
Cilh que m dona joi e'l me tol. 
Quar soi letz or m'o trastoma 7 
Que ab son vol m'euliama. 

Res no 1 dcmanda 
Mos cors ni no 1 fai ganda ; 
Ans francamen 
Li m ren : 
Doncs si m'oblida 
Merces er perida. 

Per jauzen mi ten e per sa 
Un bel plazer ab que m'a sors ; 
Mas mi no passara ja'l col 



a5G LE PARNASSE 

Per paor qu'ilh no m fos morna 
Qu'enquera m sent de la ílama 

D'amor , que m manda 
Que mon cor non espanda. 
Si fatz soven 

Menten , 
Pois vei per crida 
Mant'amor delida. 

A Meils-de-ben 

Prezen 
Canso grazida 7 
Qu'Arnautz non oblida. 



2701 r 7225-6, 7614 ; M. 

J_J n est sonet cuend' e leri 
Fas motz e'ls capus e'ls doli , 
E seran verais e cert 
Qu'an n'aurai passat la lima : 
Qu'amors m'a de plan , e daura 
Mon cantar , que de lieis mueu 
Cui pretz manten e governa. 

Tan l'am de cor e la queri 
Qu'ab sobre voler la m toli f 
Que per sobramar la pert j 
Que'l sieu cors sobretracima 
Lo mieu tot , e no s'eisaura. 
L'amors qu'ins él cor mi pleu 
Me ten caut on plus iverna. 

Tot jorn melhur et esmeri 7 
Quar la gensor am e coli 

Del mon ; sous dic en apert ; 

Seus 



OCCITANIEN. 25: 

Seus soi del pe tro la cima. 
Piegz trac aman qu'om que laura : 
Qu'auc non ainet plus d'un ueu 
Cel de Monclar n'Audierna. 

Ges pel maltrag quei soferi 
De ben amar no m destoli ; 
Si tot m'euten à dezert , 
Per leis fas e'l son e'l rima 
De cahtar , e no sen aura : 
Enans n'ai fag un vers nueu f 
Qu'obrador n'ai e catema. 

No volh de Roma l'emperi 
Ni qu'om m'en fass' apostoli f 
Qu'en lieis non aia revert 
Per cui m'art lo cor e m rima. 
Que quan remir sa crin saura 
Ni son bel cors blanc e nueu 7 
Mais l'am que qui m des Luzerua. 

Mil messas n'aug e'n proferi , 
E fas lums de cer' e d'oli , 
Que dieus me don bon acert 
Dc lieis que veus ses escrima : 
E si'l mallrag no m reslaura 7 
L'amor que dal cor m'esmueu 
Mi a.uci e si enferna. 

Eu son Arnautz qu'amas l'aura 
E catz la lebr' ab lo bueu , 
E uadi contra suberna. 



258 LE PARNASSE 



IWWV^vVWUW«»%WtVU^lW\ 



GUILLEM ADEMAR ou AYMAR. 

27OI , 7225 , 7614. 

Guillem Ademar fon de Gavaudan , d'un castel que a nom 
Merueis. Gentils hom era , filh d'un cavallier que non era rics ni 
manens : el seingner de Merueis si 1 fetz cavallier. Et el era valens 
e gen parlans , e fon bos trobaires. E non poc mantener cavalaria 
e fes se joglars. E fon mot grazit per là on estet , per los baros 
e per las domnas 5 e fes mantas bonas chansos. E cant ac lonc 
temps vescut el se rendet à l'orde de Granmon , e là muri. 

8794 > 7226-6, 7614 j 7698, C, M. 

JLj l temps d'estiu quan par la flor él brolli 
E son bradiu li auzelet d'orgolh } 
Ai pessanien d'amor qui m dezacolh ; 
Que nulla re tan no dezir ni volh. 
Ai ! douss' amia , 

Malaus viron mei olh 

Si cauzimens no m guia. 

Vejaire m'es qu'ieu no soi cel que solh , 
Si m'a sospres us grans mals don mi dolh. 
Don ieu morrai , si la dolor no m tolh 
Ab un dous bais dins cambras o sotz folh. 
Ai ! douss' amia ; 
Malaus viron mei olh 
Si cauzimens no m guia. 

Membreus , domna , quan me dest senhoriu. 
De vos servir m'autrei tan com eu viu. 
Tortz er sius prec , qu'anc ren no vos forfiu ; 
Ja no m poscan dan tener enemiu. 
Ai ! douss' amia } 
Qu'à son coral amiu 
No deu hom far guanchia. 



OCCITANIEN. á5g 

Neguna res non es ta fort esquiu 
Com es d'amor lauzenjador bradiu ; 
Qu'aia poder que menta so que pliu } 
Mas fos A r erais e tengues so que diu. 
Ai ! douss' amia , 
Qu'à son coral amiu 
No deu hom far guanchia. 

Ieu ai ja vist home , que conois fort 
Et a legit negromansi' e sort , 
Trahit per femn' à peccat et à tort ; 
Et ieu , lasset , no m'en tenc per estort. 
Ai ! douss' amia , 
Guidatz me à bon port ; 
Si dieus vos benezia. 

Jamais no volh cant ni ris ni deport , 
S'era no m fai la bell' ab si acort. 
Pres n'ai lo mal don cug qu'aurai la mort ; 
Si'n breu de temps no fai de que m cofort. 
Ai ! douss' amia ; 
Guidatz me à bon port , 
Si dieus vos benezia. 



GUI DUISSEL. 

2701 , 7225 , 7614 , 7698. 

Gci d'Uissel fo de Lemozi , gentils castelas ; et el e siei fraire 
e son cozi si ero senhor d'Uissel \ que es bos castels , e si ne 
avian motz d'autres. E l'us de sos fraires avia nom n Ebles e 
l'autre en Peire , e'l cozìn avia nom n Elias. E tug quatre si 
eron trobador : en Gui si trobava bonas cansos , en Elias bonas 
tensos , en Ebles las malas teusôs , en Peire cantava tot quant 
els trobavan. En Gui si era canorgues de Brieude e de Monferran , 
e si entendet lonc temps en madona Margarida d'Albusso e en 
la comtessa de Monferran , don fetz maiutas bonas cansos. Mas 
jo legatz del Papa li felz jurar que niais no fezes cansos ; e per 
lui laisset lo trobar e'i cantar. 



2 0« LE PARNASSE 

2';oi , 7225-6. 
T 

JLj'atjtre jorn per aventura 
M'anava sols cavalcan , 

Un sonet notan , 
Trobei toza ben estan , 
Simpl' e de bella faitura , 

Sos aignels gardan. 
E quant ilh m'auzi cantan , 

Trais s'enan 
E pren me pel fren e jura 
Que tau mala no íi can ; 
E crida : Robi , no s n'an. 

Toza , bclla creatura , 
Fi m'ieu , qual forfag tan gran 

Vos ai fag si m can ? 
II respos de mal talan ; 
Quar lei qu'era fin e pura 

Apellest d'engan. 
E Robi venc ab aitan 

Menassan : 
Mas quan me vi m'assegura 
E dis que noi penrai dan ; 
Que trop n'ai eu pres ogan. 

Quant ilh vi que non a cura 
Que m fassa re mal estan, 

Ilh s'en vai ploran ; 
E Robi dis sospiran : 
Pauc val merces ni dreitura 

Lai on poder an. 
Per qu'ieu tenh à fol araan 

Qui las blan : 
Quar aitals es lor natura , 
Que dels fallimens que fan 
Volon que sufram l'afan. 



GCCITANIEN. 261 

Robi laissatz la rancura , 
E queretz d'aissi enaii 

Tal que uous engau ; 
Et ieu amarai Durau , 
Que ux vol donar tal centura 

Que val un bezan. 
E vos no m donest un gan 

D'aquest an , 
Ni nous peza'l desmezura 
D'est fals maldizen truan , 
Per que m'anatz encolpau. 

E Robi com follatura , 
Qui que s'agues dic enan , 

Vai s'umilian : 
Mas ilb no l'au per semblan , 
Ans fug on plus l'esconjura. 

E'l fol sec pregan. 
Et ieu , que vauc remiran 

Que faran , 
Tenc aprop els l'ambladura ; 
E pero no m cochei tan 
Que no los trobes baizan. 

E dissero m'en gaban , 
Que m'en an 
Querre merces e dreitura 
A lei don menti cantan : 
E que m'en lais ab aitan. 

Et ieu , que ls vis abrassan 
E baizan , 
Prec dieu que m do l'aventura 
Qu'ieu trob domna ses engan f 
Ab qui fassa so qu'ilh fan. 



262 LE PARNASSE 



2701 , 7226. 

Xj'aittrier de just' una via 
Auzi cantar un pastor 
Una canso que dizia : 
Mort m'an semblan traïdor. 
E quant el vi qu'ieu venia 
Salh en pes per far m'onor ; 
E ditz : dieus sal mo senhor , 
Qu'er ai trobat ses falsia 
Leial amic celador , 
A cui m'aus clamar d'amor. 

Ieu , quant auzi que volia 
Far de s'amia clamor , 
Li dis , enans que plus dia , 
Que suefr' en patz sa dolor ; 
Qu'ieu l'am , e ges no volria 
Fezes de son dan pejor 
Per ditz de lauzenjador. 
Qui ben ama ben castia ; 
E qui conorta folor 
Vol qu'om la fossa major. 

El pastor que'l mal sentia 
Tornet son cantar en plor ; 
E dis : mot ai gran feunia 
Queus fassatz castiador _, 
Vos que dig avetz man dia 
Mal de domnas e d'amor , 
Per qu'ieu soi en gran error : 
E sai que ver dis Maria , 
Quant ilh dis que cantador 
Son lcugier e camiador. 



OCCITANIEN. 265 

Er aujatz tàn gran folia , 
Fi m'ieu , d'aquest parlador , 
Que , quan li mostrei la via 
D'esser francs e sofridor , 
M'apellet de leujairia ! 
Mas ieu sai sofrir aor 
Tan que , quan prenc deshonor , 
Dic que servit o avia : 
Et apela ìn peccador 
Quan tot lo peccat es lor. 

Ab tan vi venir s'amia 
Lo pastre de culhir ílor j 
E viratz li totavia 
Camiar paraul' e color. 
Bella , si anc jorn fos mia 
Ses par d'autre pregador , 
Ar nous quier autra ricor 
Mas del tort qu'ieu vos avia 
Patz vencud' e patz d'amor , 
Tro que la m fassatz melhor. 

Ela respos al pastor 
Qu'el' es sa leial amia : 
E feira 1 semblan d'amor 
5i no 1 fazia paor. 

Et ieu , qu'era sols ab lor , 
Quan vi qu'enoi lor fazia 
Laissièi lieis à l'amador : 
Parti m d'els e tinc alhor. 



2tí4 LE PARNASSE 



3794, 7225-6, 7614, M. 



S, 



be m partets , rnala domna , de vos , 
Non es razo qu'ieu me parla de can 
?ïi de solatz ; quar faria semblan 
Qu'ieu fos iratz de so don sui joios. 
Ben fui iratz , mas eras m'en reperj , 
Qnar apres ai del vostr' ensenhamen 
Com posca leu camiar ma voluntat : 
Per qu'ara cant d'aquo don ai plorat. 

Plorat n'ai eu , e'l mager ocaizjs 
M'en ven de tal que no s n'ira camian ; 
Qu'à mi noB es , si tot s'en vai gaban , 
Anta ni dans , nî leis honor ni pros. 
Quar si m camiet per lui nesciarnen ; 
Lui camiara ben leu plus folamen , 
Per qu'ieu no 1 sai d'aquest cambi mal grat : 
Tan camiara tro l'aia'l cors camiat. 

Maìa domna , anc no cugci quc fos 
Que s ieu perdes no m'o tengues à dan j 
Quar l'acuihir , don vos sabiatz tan , 
E'l gen parlar ab las plazens faissos 
Vos fazîan sobre lotas valeu : 
Mas araus tol foudat l'aculhimen , 
E'l gen parlar es mesclat ab barat ; 
Et en breu temps vos perdretz la beutat. 

Tan quant hom fai so que deu es hom pros , 
E tan lcials quan se gara d'engan : 
Per vos o dic , si beus lauzei cantan 
Meutr' era'l digz vertadiers c'ls fagz bos. 



OCCITANIEN. 265 

Ges pcr aisso no devetz dir qu'ieu men ; 
Si tot nous tenc ara per tan va!eu : 
Quar qui laissa so qu'a ben comensat 
ISom a bou pretz per aquo qu'es passat. 

Mala domna failz m'avetz enoios 
E mal parlier , dou non agra talan ; 
Pero be sai qu'à mal m'o tomaran 
E que mens n'er prezada ma cansos. 
Mas non er fait , que tant ai longamen 
Vostre voler volgut enfeiramen , 
Per qu'az horas m'es tant en us tornat 
No posc dir sen que vos fassatz foudat. 

Adreg fora , si tot non cs razos , 
Que si domna fezes ren mal estan , 
Qu'om loi celes e'ls bes traisses enan : 
JVlas aras es passada la sazos , 
Per queus devetz gardar de fallimen. 
A vos o dic , de totas o enten , 
Que si failletz ja no vos er celal ; 
Ans en vol hom mais dir que per vertat. 

Mala domua , lo cor mi part e m fen 
Quan mi membra del bel aculhimen , 
Quan vos mi diest lo baizar car comprat 
Per qu'ieus rendei lo fals anel veirat. 

Rei d'Arago , domnejan e meten 
E conqueren conqueretz pretz valen : 
Cregut avetz bon pretz é comensat ; 
E s'o laissatz perdut avetz lo grat. 



s6G LE PARNASSE 



MARIA DE VENTADORN. 

S. e Palaye. manusc. du Vatican 3207. 

Ben avetz auzit de madompna Maria de Ventadorn com ella 
fo la plus preziada dompna qe anc fos en Lemozin , e aqella qe 
plus fetz de be e plus se- gardet de mal. E totas vetz l'ajudet 
sos senz e follors no ill fetz far follia ; et onret la deus de bel 
plazen rors avinen ses maestria. 

En Guis d'Uisels si avia perduda sa dompna , si com vos aves 
ausit en la soa canson que dis : 
*» 

Si be m partetz , mala dompna , de vos , etc. 

don el vivia en gran dolor e en tristessa. Et avia lonc tems q'el 
Bon avia chanlat ni trobat , don totas las bonas dompnas d'aqella 
cncontrada n'eron fort dolentas ; e madompna Maria plus qe totas , 
per so qu'en Guis d'Uisels Ja lauzava en totas sas cansos. El coms 
de la Marcha , lo cals era apellatz n Ucs lo Brus , si era sos 
cavalliers , et ella ll'avia fait tan d'onor e d'amor com dompna 
pot far à cavallier. Et un dia el dompnejava com ella , e si agon 
una tenson entre lor ; qc'l coms de la Marcha dizia qe totz fis 
amaire , pos qe sa dompna li dona s'amor 11 i 1 pren per cavalier 
ni per amic , tan com el es lials ni fis vas ella , deu aver autau 
tle seignoria e de comandamen en ella com ella de lui. E madompna 
Maria defendia qe l'amics 110 devia aver en ella seignoria ni coman- 
damen. En Guis d'Uisels si era en la cort de madompna Maria ; 
et ella , per far lo tornar en cansos et en solatz , si fes una cobla 
en la cal Ii mandet si se covenia qe'ls amics ages aitan de seignoria 
en la soa dompna , rom la donipna en lui. E d'aqesta razon 
madompna Maria si l'escomes de tenson 5 e dis en aissi : 



G 



2701 , 7698 , C. 



' u 1 d'Uisel , be m peza de vos 
Quar vos es laissatz de cantar } 
E volgraus i enquer tornar. 
Equar sabetz d'aitals razos , 

Icu vos deman si deu far engalmen 

Domna per drut , quan lo quier francamen ; 

Com el per lei tot quan tanh ad amor ; 

Segou lo dreg que tenon l'amador. 



OCCITANIEN. 267 

Domna na Maria , tensos 

E tot cant cujava laissar ; 

Mas aoras no posc mudar 

Qu'ieu no cant à vostre somos. 
E respon vos de la domna breumen , 
Qe per sou drut deu far comunalmen 
Com el per lei ses garda de ricor : 
Qu'en dos amics non deu aver major. 

Gui , tot so don es cobeitos 

Deu drutz ab merce demandar ; 

E domna deu lo autrejar , 

Mas deu ben esguardar sazos. 
El drut deu far precs e comandamen 
Com per amigu' e per domn'eissamen j 
E domna deu à son drut far honor 
Com ad amic c no com à senhor. 

Domna , sai dizen entre nos 

Que lai on domna vol amar 

Engalmen deu son drut honrar 7 

Pois engalmen son amoros. 
E s'esdeve qu'ell' am plus finamen , 
Li dig e'l fag o dcvo far parvcn ; 
E s'a ves leis cor fals ni trichador , 
Ab semblan bel deii cobrir sa dolor. 

Gui d'Uisels , ges d'aitals razos 

No son li drut al comensar ; 

Ans dis quascus , quan vol pregar , 

Mas junchas e de genolhos : 
Domna volhatz queus serva humilmen 
Com lo vostr'om. E s'ell' enaissi 1 pren ; 
Ieu lo jutge per dreg à traïdor 
Si s ret pariers e s det per servidor. 



*G$ LE PARNASSE 

Domna , ben es plaigz vergonhos 

Ad ops de domna razonar , 

Qne celui no tenha per par 

A cui a fait un cor de dos. 
O vos diretz , o no s'estara gen , 
Que'l drutz la deu amar plus leialmen ; 
O vos diretz que son par entre lor , 
Que re no 1 deu lo drutz mas per amor. 

GAUBERT AMIELS. 

7225. 

Gaubertz Amiels si fo de Gascoingna , paubres cavalliers e cortes 
e bons d'armas. E sap irobar ; e non entendet mais en domna plus 
gentil de se ; e fes los sieus vers plus mezuratz de hom que auc 
ruais trobes. 



7225 , M. 



B 



reu vers , per tal que mens y poing ; 
Fas 7 e que sia leu apres ; 
Qu'eu son trobaires , mas non ges 
De cels rics que s fan auzir loing. 
E s'anava mos cants tro lai 
Don la razos ven à mi sai ; 
Ja no volria plus anes. 

De trop ric' amor non ai soing , 
Sol de mon paratge n'agucs ; 
Que'l poders ni'l semblan non es 
E mi , ni sui fatz , dieus el doing , 
D'enquerre ric joi ni s'escai ; 
îí'esdevenir que ben o sai , 
Noi poiria quan bei poignes. 



OCCITANIEN. 269 

Mais dei donc amar é mon poing 
Ub bel auzelet qu'eu tengues , 
Qu'al cel doas gruas o tres 
Qu'eu no prengues ; ni no somoing 
Domna d'amar , s'à far no fai. 
Ja'l fol cabrier no semblarai 
Qu'enques la reina l'ames. 

Las ricas cimas no calomg , 
Lais las als domnadors cortes ; 
C'una conois que m'a conques , 
Tal que de Paris troc' al Groing 
Genser non es , ni miels no m vai 
A nulla de fin pretz verai 
Ab poder que la ten en pes. 

Ad aquesta soplei e joing 
Mas mans per referre merces , 
Que la benanans' ou m'a mes 
Me va miels ; e ges no m vergoing 
Si trop rica domna non ai , 
Que'l sen e la beutat l'estai 
Tan aut que paucas li son pres. 

De ma ricor , ni mens ni mai , 
Am ; e conois que miels m'estai 
Que si trop altament ames. 



GUI DE CAVAILLON. 

Florissait en 12 10. Hist. génér. de Provence , T. II ; p. 4°7> 
S. e Palaye. Manuscrit tlu Valican 0207. 

GuiS de Cavailloiï fo un gentils bars de Proensa , seingner de 
Cavaillon , larcs hom e cortes , et avinens cavalliers , e mout amat 
de domnas e per totas gens ; e bons cavalieis d'armas e bons 
gerrers. E fetz bonas teosons e bonas coblas d'arnor e de solatz. E 



270 



LE PARNASSE 



si se crezet q'el fos drutz de la comtessa Garsenda , moiller que 
ib del comte de Proensa , qe fo fraire del rei d'Aragon. 



M. 



•enheiras e cavals armatz 
Ab vassals valens e prezatz 
Auran oimais loc e sazon ; 
E mand al don de corteson , 
Si tot s'es ab Frances juratz 7 
Que non cuja estar en patz 
Contra'l cossolat d'Avignon. 

E ja non volh esser celatz 
Que'l dans d'aquel del Bauz mi platz ; 
Et ai cn be dreit e razon , 
Qu'il me fonderon Robion 
Et ancar no m'en sui vengatz : 
Mas domenlres qu'eu tenc los datz 
Lor en cug rendre guizardon. 

Nostre mieg-prince s'es clamatz 
Reis de Viena coronatz ? 
So sabon be tut siei baron. 
Ar li vai dire , Bernardon , 
Que non iesca de sos regnatz 
Si fort be non era guiatz 7 
Que trop soven cai en preison. 

Coms , si voletz esser presatz ; 
Sias adreg et enseingnatz , 
Larcs e de bella mession : 
Qu'enaissius tenra hom per bon ; 
Si als estrains et als privatz 
Donatz , e'ls enemics baissatz ; 
E qu'ametz mais dir oc que non. 



OCCITANIEN. 2-: 



7226. 

Ìjenher Coms , saber volria 
Qual tenriatz per melhor , 
Si l'apostolius rendia 
Vostra terra per amor , 
O se per cavalairia 
La conqueretz ab lionor , 
Sufertan freit e calor : 
Qu'ieu sai be lo qual volria ; 
S'era homs de gran valor , 
Que'l maltrach torn en legor. 

Lo Coms de Toloza li respondet : 

Per dieu , Gui , mais amaiia 
Conquerre prelz e valor , 
Que null'autra manentia 
Que m tornes à desonor. 
Non o dic contra clerzia 
Ni m'en esdic per paor , 
Qu'ieu 110 volh castel ni tor 
S'ieu eis no la m conqueria : 
E miei ourat valedor 
Sapchan que'l gazanh es lor. 



GUILLEM DEL BAUS. 

Florissait en 1210. Mort vers ì'ati i3i8. Hist. géaér. de Provence. 
T. II , p. 4o5. 

S. e Palaye. Manuscrit du Vatican 3207. 

Gcilems del Bauz , princeps d'Aurenga , si raubet un mercadaa 
de Fransa , e tolc li un gran aver en la sua strada El mercadaus 
s'en anet à reclam al rei de Fransa. El reis li dis q'el no li podia 
far dreit , que trop li era loiug : mas te doa paraula q'eu calqe 



a 7 2 LE PARNASSE 

maneira qne tu t'en pos valer si t'en val. El borges anet e fetz 
contrafar l'ancl dol rei , e feU letras de part lo rei à'n Guilelm del 
Baus q'el vengues al rei , prometen ad el grans bens e graus 
bonors e grans dons. E quant Guilems del Baus ac las letras 
alegret s'en tnout , et aparellet se granmen d'anar al rei. E moc 
e venc s'en à la ciutat don era lo mercadans qu'el avia raubat , 
q'el no sabia dont el fos. El borges , qan sap q'en Guillelms era 
en la ciutat , si lo fetz prendre e totz los compaignos ; e si 1 coven 
àrendretot so que li avia tout e refar tot lo dan : et auet s'en 
paubres desasiatz. Et anet s'en presar una lerra d'en Aimar de 
Pitheus que a nom l'Osteilla j e qant s'en venia per le Roine en 
una barca , preiron ]o )i pescador d'en Aimar. En Rambaut de 
Vaqueiras , qe s'apellava Engles , s'en fcs aqestas coblas : 

Tuit me pregon , Engles , q'eu vos don saut. 

M. 

J_j n Gui à tort me menassatz ; 

E faitz hi que desmezuratz 

Quar m'anatz troban ocaizon ; 

Qu'ieu vos dic, si dieus mi perdon , 

Qu'anc per mi no fos encaussatz 7 

Ni vcncutz ni desbaratatz , 

Ni fui al vencemen d'Usson. 

De llobion don m'encolpatz 
Anc per mi no fon derrocatz , 
Mas be'n fis baissar un canton. 
Eu no sai si m'o fis o non , 
En Gui , mas vos vos en clamalz : 
Mas al senhor cui es Seciatz 
En fis ben aver sa razon. 

E sab n Agout vos encontratz ? 
Conseil que sia faita patz 
E que remanhatz amic bon ; 
E plegasselz vostre leon , 
Q'un petit va trop irissatz : 
Que sins avia totz manjatz 
A vos no teuria nul pron. 

En 



OCCITANIEN. 275 

En Gui , trop fos bcn cosselhatz 
Quan venguetz querre nostra patz 
Eus mezetz en nostra preizon j 
Et en Marseilla crei que fon : 
Mas lo coms vos nos ha emblatz ; 
E cre qu'avers hi es pauzatz 
O n'atendetz son guizardon. 

Amics en Gui de Cavaillon ; 
Si ben vos etz rics et honratz ; 
No siatz trop desmesuratz , 
Qu'en pauc d'ora camia'l baillon. 

A la reïna ; Bernardon ; 
Mi \ai dire tost e viatz 
Mil salutz e mil amistatz j 
E tramet li esta tenson. 



TOMIERS e'n PALAZIS. 

Florissaient en 1225. Hist. génér. de Provence. T. II , p. fa%. 

7225. 

Tomiers e'n Palazis si fazian sirventes del rei d'Aragon , e del 
comte de Proensa e de Tolosa , e d'aquel del Baus , e de las 
rasons que coriau per Proeusa E foron dui cavallier de Tarascon, 
amat e ben volgut per los bons cavalliers e per las domnas. 



RAIMON DE CASTELNOU. 

^226. 

vJTes, si tot estan suau 
Cels qui solion cantar } 
No lais qu'ades alegrar 

18 



274 LE PARNASSE 

No m volha si cora solia ; 
Qu'ancse m platz que cant' e ria, 
E tenga solatz e joia , 
Si tot pez' à la gen croia. 

De dieu e d'amor me lau 7 
Qu'els me fan jauzen estar , 
E tot en patz suffertar 
So don autre s plangeria : 
E per els jau tal amia 
Cui platz mos bes e ma joia , 
Tan qu'ieu pretz mens la gen croia. 

E si ls aug ieu totz à frau 
Pro vetz de me mal parlar , 
E de mon joi rancurar. 
E si quascus d'els sabia 
Lo be que m creis quascun dia , 
E la honor e la joia , 
Veiratz mazan de gen croia. 

E ja miei enemic brau 
No m cujon de joi ostar y 
Qu'enans me fan esforsar - y 
Don lor creis ir' e feunia ? 
E vilaua gelozia , 
A mi benanans' e joia : 
Qu'aissi m vengi de gen croia. 

Mas cels en cni pretz Venclau 
Am ieu e dei ben aniar , 
Qu'on plus me veiran montar 
En bes e mais lor plairia. 
A mi platz lor cortezia , 
Lor creissemens e lor joia , 
Don fan languir la gen croia. 



OCCITANIEN. 275 

Domna , cel qui vos mentau 
Volh be qu'ieu aia'l cor clar , 
Qu'ades quan vos aug nomnar 
M'es \ r cjaire qu'ab vos sia. 
E si m soi ieu tota via , 
Qu'el cor es ab vos en joia 
Qu'e's londana dc gen croia. 

Mos pas ades se cambia 
De ben en miels tota via , 
Qu'ilh es fontana de joia 
E ditz mat à la gen croia. 



PJCHARTZ o RIGAUT DE BERBEZILS. 
7225 , 7614. 

Richartz de Berbesieu si fo ud cavalliers del castel de Berbesieu 
de San onge , del cvesquat de Saintas , paubres vavassors. Bons 
cavalliers fo d'armas e beis de persona , e saup miels trobar 
qu'entendre ni que dire. Mout fo paures dizens entre las gens j 
et 011 çlus vezia de bons homes , plus s'esperdia e mens sabia ; e 
totas vetz li besoingnava altre que 1 conduisses enan. Mas bea 
cantava e dizia sons , e trobava avinenmen mots e sons. 

Et euamoret se d'una domua moiller d'en Jaufre de Taonai , 
d'un valen baron d'aquela encontrada. E la domna era gentils e 
bella , e gaia e plazens , e mot envejoza de pretz e d'onor , filla 
d'en Jaufre Rudel prince de Blaia. E quant ella conoc qu'era 
enamoratz d'ella , fetz li doutz semblan d'amor ; tan qu'el cuilli 
ardimen dellei pregar. Et ella con douz semblanz amoros retens 
sos precs , e los reoep e los auzi , com domna que avia voluntat 
d'un trnbador que trobes d'ella. Et aquest comenset à far sas 
cansos d'ella , et apellava la Meillz-de-domna en sos cantais. Et 
el si se deletava molt en dire en sas cansos similitudines de bestias 
e d'aussels e d'omes , e del sol e de las estellas , per dire plus 
novel las rasos qu'autre non agues ditas ni trobadas. Mout lon- 
gamen cantet d'ella , raas anc aoi; fa creiut c^u'ella li fezes amcr 
della persona. 



a 7 6 LE PARNASSE 

La domna morì ; et el s'en anet en Espaigna al valen baron 
don Diego j e lai visquet , e là mori. 

2701 , 7225-6 , C , M. 



AiRESsrcom Persavaus , 

El temps que vivia , 
Que s'esbaïc d'esguardar 
Si , que no saup demandar 
De que servia 
La lansa ui'l grazaus ; 
Et ieu soi atretaus , 
Miels-de-domna , quan vei vostre cors gen , 
Qu'eissamen 
M'oblit quan vos remir ; 
Eus cug pregar , e no fauc ; mas cossir. 

Ab lo dous esguartz coraus , 
Quez an fach lor via 
Per mos ollis ses retornar 
El cor , on los teuh tan car r 
Que si 1 plazia 
Qu'aitals fos mos captaus , 
Dels trebalhs e dels maus , 
Miels-de-domna , que trac per vos soven 
Tan greumen. 
Mais am per vos morir 
Que d'autr' aver nul joi , tan vos dezir. 

Si'l vostre durs cors fos taus 
Com la cortezia 
Queus fai d'avinen parlar , 
Leu pogratz de mi pensar 
Qu'ans m'auciria 
Queus pregues , car non aus : 
Qu' c mon cor ten enclaus , 



OCCITANIEN. 277 

Miels-de-domna , de vos un pessamen 
Tan plazen , 
Que quant en re m'azir 
Del dous pensar pert l'ir' ab l'esjauzir. 

Si com l'estella jornaus , 
Que non a paria , 
Es vostre ric pretz ses par ; 
E l'olh amoros e clar , 
Franc ses feunia ; 
Bel cors plazent e guaus , 
De totas beutatz claus , 
Miels-de-domna , e de bel estamen ; 
Que m defen 
Lo pensar d'esmarrir : 
So no m pot hom deslonhar ni guandir. 

Bona domna naturaus , 
Merce vos querria 
Que pogues merce trobar 
Ab vos , que per autr'afar 
Gaug no m daria , 
Merceus clam e ren aus , 
Merces es mos cabaus , 
Miels-de-domna , si merces nous en pren r 
Veramen 
M'er per vos à morir : 
Res mas merces no m pot de mort guerir. 

Yielha de sen e de laus ; 
Joves on joi lia j 
Vielha de pretz e d'onrar , 
Joves de bel domnejar , 
Lonh de folia ; 
Vielh' en totz fagz leiaus' 7 
Joy' on joyea es saus ? 



278 LE PARNASSE 

Miels-de-domna , viclh' en tot bel joven 
Avinen ; 
Vielha ses velhezir , 
E joves d'ans e de gent. aculhir. 

Miels-de-domna , en re no m'en repen 
Se n'aîen 
Lo joi qu'es h vnnir ; 
Que bon' arnor gazanh' om ab servir. 



GUILLEM MONTANAGOL , de Toloza. 

T226. 



B 



ei> m'es quant d'armatz vei refrim 
De trompas lai on hom s'escrim , 
E trazon príin 
L'arqviier melhor 
Nostri e lor y 
E vei de senhas bruelha : 
Adoncs trassalh 
Cor de vassalh 
Tro que sos cors s'orguelha. 

Coms de Toîza , on plus esprim 
Los rics , vos vei de pretz al cim : 
E .vuelh quaissi m 
Don dieus s'araor , 
Cum part lauzor 
Vostre ric pretz capduelha ; 
Sol qu'à iiii tilli 7 
Q'ui araus falh , 
Mai ab vos nn s'acuelha. 



OCCITANIETÎ. a:9 

La Marcha , Fois e Rodes vim 
Falhir ades als ops de prim : 
Per qu'ie ls encrim 
De part honor 
E de valor , 
Don quascus si de>puelha , 
Qu'en tal sonalh 
An nies batal 
Don non tanh pretz los vuelha» 

Jamais no cug que s desencrim , 
Quar trop s'a levat pejor crim 
Que'l de Caïm , 
Hom qni l'amor 
Del ric senhor 
De Tolos' era s tuelha : 
Quar qui defalh 
Tîi à senhor falh 
Greu er que no s'en duelha. 

Si'l rei Jacme , cui no mentim , 
Complis so qu'el e nos plevim y 
Segon qu'auzim 5 
En gran dolor 
Foran ab plor 
Frances , qui qu'o desvuelha : 
E quar de falh 7 
Qu'ades no salh , 
Tot lo mons lo'n reiruelha. 

Engles de flor 
Faitz capei e de fuelha. 
Tîous detz trebalh , 
Neis quius assalh , 
Tro qu'om tot vos o tuelha. 



a8o LE PARNASSE 



7225-6. 

Xe r lo mon fan l'us dels autres rancura , 
Li clers dels laics e'l laic dels eissamen j 
E li poble s planhon de desmezura 
De lor senbors , e'ls senhors dels soen : 
Aissi es ples lo mons de mal talen. 
Mas er venon sai de ves Orien 
Li Tartari , si dieus non o defen , 
Que ls faran totz estar d'una mensura. 

Per mant forfag e per manta laidura 
Qu'an fig e fan clerc e laic malamen ? 
Venra si ven esta dezaventura 
A crestias , si dieus merce non-pren, 
Que fass' al Papa metr' atempramen 
En so don an li clerc e'l laic conten : 
Quar s'il los fai ben d'un acordamen , 
No lor pot pueis nozer null' aventura. 

A I per que vol clercs bella vestidura , 
Tîi per que vol viure tan ricamen , 
îíi per que vol bella cavalgadura ? 
Qu'el sab que dieus volc viure paubramen. 
Tíi per que vol tan l'autrui ni enten ? 
Qu'el sab que tot quan met ni quan despen , 
Part son manjar e son vestir vilmen, 
Tol als paubres , si no men l'Escriptura. 

Els grans senhors per que no s prendon cura 
Quc no fassan tort ni fors' à lor gen ? 
Qu'ieu non tenc ges per menor forfaitura 
Qu'om forse'ls sieus com quan l'autrui dreg pren } 
Ans es majer , quav falbis doblamen : 
Quar so de se ni d'aulrui no defen 
A son poder ni los sieus , drechamen 
Falh endreg lor tan qu'en pert sa drechura. 



OCCITANIEN. 281 

Mas totz pobols a de bon sen frachura 
Qu'à sou senhor fass' en re falhimen : 
Quar totz hom deu amar d'amistat pura 
Son bon senhor e servir leialmen. 
A senhor tanh qu'am los sieus bonamen , 
Que lialtatz lor ne fai mandamen 
Que l'us ame l'autre tan coralmen 
Que no s posca entr'els metre falsura. 

Reis Castellas , l'emperi vos aten : 
Mas sai dizon , senher , qn'atendemen 
Fas de Breto ; per que s mou gran rancura. 

Quar d'aut rei tanh quant un grand fag enpren 
Qu'el trag' à cap o'n segua sa ventura. 



GUILLEM DE SAN LEYDIER o DEISDIER. 



2701 , 7225, 7614, 7698. 

Gcillem be San Leidier fo us rics castelas de Noaillac , del avescat 
del Puoi Santa Maria. E fo mot honratz honi e bons cavaliers d'armas , 
e larcx donaire d'aver , e molt gent ensenhat e cortes , e molt fis 
amaire . e molt amatz e grazitz. Et entendet se en la marqueza 
de Polonhac , qu'era sor del dalfin d'Alverne e de n'Azalais de 
Claustra , e moiller del vescomte de Polonhac. En GuiIIems si 
fazia sas cansos d'ella e l'amava per amor , et apellava se ab ella 
Bertran , et ab 11 Ugo Marescalc dizia altresi Bertran , qu'era 
sos compaing e sabia totz los faitz d'en G. e de la marquesa : e 
tut trei si clamaven Bertran l'uns l'autre. Esteron en mot gran 
alegrier lonc temps los tres Bertrans j mas G. tornet en gran 
tristessa , car li dui Bertran feron gran fellonia de lui e gran 
vilauia , si com poires auzir. 

Dig vos ai d'en Guillem qui fo ni don , e de sa dona , nì com 
duret lor amor de la marquesa e de lui. E molt l'avien menada 
avinenmen , senes blasme e senes folor , car molt tenion cubert so 
que fazia à tener cubertz et en crezensa. E molt s'alegravou totas 
las gens de l'amor de lor , per so que niaint fait avinen s'en fazion 



282 LE PARNASSÇ 

e s'en dizion per la lor amor. Et en aquela sazo si avia una dona 
mot bela e mot ensenhada en Vianes , so era la comtessa de 
Rossilho j e tug li grau senhor e baro li porlavon mot gran onor. 
E en G. mais que tug , car el la lauzava mot e la vezia voluutiers; 
e la amava e deleitava se en parlar de lieis , que lotz hom crezia 
que fos sos cavalliers. E la dona se agradava mot de lui. 

Tau s'agradava en G. de lieis qu'el n'eslava de vezer la mar- 
queza , don ela n'ac gelozia , e crezet cert que fos sos drutz ; e 
tota la gent o crezia , mas non eia. Tan que la marqueza mandet 
per n Uc Marescalc e s clamet à lui d'en G. e dis que vengar 
se volia d'en G. per sen d'en Uc. E enaisi qu'ieu vuelh far mon 
cavallier de vos , per so car sai qui es ; e car non trobaria 
cavallier que m convengues mai de vos , ni de cui en G. degues 
esser tan irat com de vos. E vuelh anar en pelerinatge ab vos à 
Sant Antoni en Vianes ; e anarai à San Leidier à niaio d'en G. 
jazer en sa cambra , e él seu leig vuelh que vos jaguatz ab mi. 
E can n Uc o auzi meravilliet se mot fort , c dis : dona , trop 
me dizes d'amor , e veus me à tot vostre roandamen. 

La marqueza s'aparelhet gent e be , e mes se en la via ab sas 
donzelas e sos cavaliers ; e venc s'en à San Leidier e i descavalquet. 
Mais G. non era él ca^tel > pero la marqueza fo gen aqulhida à 
sa voluntat ; e can ven la nueg colquet ab si n Uc él lieg d'en 
G. E si fon saupuda la novela per la terra. E can G. o saup fon 
trist e dolens , mas no li'n volc mostrar brau semblan à la marqueza 
lii à'n Uc , ans fazia semblan que res non saupes. Mas esforset 
se fort de servir la comtessa àe Rossilho , e parti son cor de la 
marqueza. E adonc el fe aquesta chanso que dis : 

Fos tan mi fnrs' amors c'aissi 'ni fai entremetre. 
et en la toinada el dis : 

Bertran , Bertran , ben feira ?i mespendre 
Si'l messonja fos vers , et alhors ad apendre. 

Auzit aves d'eu G. de San Leidier qu'amava la comtessa de 
Polonhac , la cals avia nom Marqueza , et ela no 1 volia relener 
per cavalier ni far negun plazer endreg d'amor Ans , can venc à 
îa parii , ela '1 dis : en G. , si lo vescoms mos marilz no m 
comandava e no m pregava , nous tenria per mon cavalier ni per 
mon servidor. E can G. auzi la resposta fo trist e marritz ; e 
pesset en cal manieira poiiia penre genh que fezes pregar la 
marqueza à son marit co 1 retengues per son cavalier : e acordet 
se que fezes un vers en persona de son marit. Lo vescoms se 
deleitava mot él cantars d'en G. e cantava mot be e bel. En G. 
si fe un vers que ditz ; 



OCCITANIEN. 283 

Dona , ieu vos soi messaígiers 
Del vers et entendres de cui. 

E quant l'ac fag el lo mostret al vescomle , al marit de la 
domna , e comtet li la razo per qu'el l'avia fait : q'una soa 
domna l'avia dit qu'ela no l'amaria si non la fazia pregar à son 
marit. El vesconis fo molt alegres cant auzi lo vers , e apres lo 
voluntiers ; e can be lo saup cantet lo à sa molher. E la dona 
entendet lo tantost , e recordet se de so c'avia prnmes à'n G. 5 é 
dis à si meteissa : Uei mais no m puesc defendre ad aqucst per 
razo. E a cap de tems G. venc vezer sa dona , e dis li co el avia 
fag son comandamen , e com l'avia fag pregar à son marit. E adonc 
la marqueza lo receup per cavalier e per servidor ; e lor amoi 
estet et anet si com ai dig en I'autra razo. 



27OI , 3794 , 7225-6 , 7614. 



D 



omna ; ìeu vos sui messatgiers 
Et él vers entendretz de cui ; 
E salut vos de part celui 
Cui vostre jois alegr' e pais : 
E sapchatz be de cert hoimais 
Que sos messatgcs vertadiers 
Sera del vers , qui que'l vos can. 

Tant a en vos sos cossiriers 
Que tot' autr' amor en defui ; 
Et aulre volers no l'adui 
Lo dezir que 1 ten en pantais. 
Deziran , cre morir se lais , 
Que tra pieg qu'autre carceriers 
Que no mor e languis cujan. 

L'amors que 1 vens e'l deziriers 
L'a si destreg ; que ses autrui 
Parl' atressi com seran dui , 
Qu'à si meteis dis quan s'irais : 
Ai ! cors , per que m'aucis ni m trais ? 
Que fols faras e que lèugiers 
S'enaissi m'aucis deziran. 



a84 LE PARNASSE 

Ja per enoios lauzengiers , 
Per cui amors baiss' e destrui , 
No 1 tolhatz lo joi que 1 condui 
Ni'l bon esper per qu'el es gais : 
E quar no s biaisset ni s frais 
Vostre pretz , qu'es à totz sobriers ; 
" No comensetz ves lui l'engan. 

Engans es e cor volatgiers , 
E blasmes don tot lo mon brui , 
D'amic quan se part ni s desdui 
De celui que l'es plus verais , 
Qu'anc no Ih fetz fencha ni essais ; 
Ans es humils e gen parliers 
A totz , que no s'o ten à dan. 

No sabetz quals es lo premievs 
Qui sobre l'autre s taing en dui ? 
L'ainor se sojorn' e s'esdui ; 
E si re li torn' en biais 
Ni aprop lo be ven l'esmais ; 
Lo rics jois qu'es vengutz premiers 
Sobrevens l'ir' e vai falsan. 

De trastotz autres cavaliers 
Vos vet s'amor mas quan de luî ; 
Qu'el es de ric pretz e d'astrui , 
E sa proeza creis e nais. 
E si amar voletz jamais , 
Lui prec que ames voluntiers ; 
Qu'ieu no 1 sai don domna 1 soan. 

No sai quals es lo cavaliers 
E s'ieus en prec no vos enui ; 
Que l'ira qu'aviatz ab lui 



OCCITANIEN. s85 

Per m'amor no sia hoi mais ; 
Ans prec que sia fis e pais f 
Tan sui vostre bons cosseliers : 
E devetz far , qu'ieu o coman. 

Bos vers , s'ab merce la m conquiers , 
Miels serai sieus qu'anc mais no fui. 
D'aitan quan lo solèMhs relui 
Es la mielher qu'él mou s'apais ; 
E'l genser e cilh que val mais ; 
Per qu'ieu remir plus voluntiers 
Son païs , que totz m'en resplan. 

Per so lo bon pensar engrais ; 
E'l voler es tan sobraitiers 
Que nul' autr' amor uo m reblan. 

E si tot me falh messatgiers ; 
No lai trametrai mon Bertran. 



2701 , ^225-6. 



E 



l mon non a neguna creatuia 
No trueb sa par , mas ieu 110 trob la mia ; 
Ni ges no sai on ja trobada sia 
Qu'aissi ames de leial fe segura ; 
Qu'ieu am plus fort cella que me guerreja 
No fai nul drutz leis qu'en baizan s'autreja. 
Pos malgrat mieu l'am , per que m fai maltraire ,, 
Si m'ames re cujatz sieu l'ames gaire. 

Ho ieu : sapchas que no fora mezura , 
Pos er l'am tan que m'es mal' enemia 
Et ieu l'am sols , est' amor qne m'embria ? 
Si fa ; sivals tau quan lo respieg dura. 



286 LE PARNASSE 

, Aquest respieg on hom re non espleja 
Non es causa que hom persegre deja , 
Ben o conosc , si m'en pogues estraire : 
Mas no posc ges ; tan soi leial amaire. 

Be m volgra mal si 1 fezes forfaitura 
Ni l'agues dig nul enoi ni folia : 
Mais quar enans sorf ric pretz quascun dia 
De mou poder , e m plai quan se melhura , 
E fai sabef qu'à totas senhoreja. 
Quant ieu l'esguar no fa parven que m veja ; 
A totz aulres es franqu' e de bon aire , 
Mas à mi sol no vol bel semblan faire. 

Quar costum' es de domna que sia dura 
E port' orgolh celui qui s'umilia. 
Ai ! bella res , co vos falh cortezia 
Ves me tot sol , qu'om mais no s'cn rancura ? 
Voletz mi mal quar sol mi faitz enveja , 
E quar vos am mais d'autra re que seja ? 
Per aquest tort mi podetz ios olhs traire , 
Que ieu ni vos uon o podem desfaire. 

A totz jorns creis e dobl' e s'asegura 
L'amor qu'ie 1 port , mas lo fatz desembria ; 
E mens n'aurai so cug à ia partia , 
Qu'al comensar vei qu'ades se pejura : 
Que s'ieu m'irais de tot en tot sordeja. 
Doncs no sai eu de qual guiza m'esteja , 
S'ira mi nolz e patz no mi val gaire : 
S'enaissi m vai be soi doncs encantaire. 

Amics Bertrans , vos quez es galiaire 
Es mais amalz qu'ieu que soi fis amairc. 



OCCITANIEN. 287 



2701 , 3794 , 7225-6 , M. 



P 



os lan me fors'amors que m'a fag entremetrc 
Qu'à la gensor del mon aus ma canso trametre 7 
Ni ves aihor no posc mon fin cor esdemetre , 
Be deuria mos sens sutils en lai esmetre , 
Si 1 plagues que m laisses en so servici melre 
Cilh cui hom liges sui ses dar e ses prometre. 

Lo prometre m'es gen , e fo falsa'l promessa, 
Mais que s'autra m'agues en re joia tramessa j 
E si neguna mais ses de mi entremessa 
Entenda ves autrui , qu'ieu tenc drech' esdemessa 
Mo ferm voler ves tal , si m'ajut sans ni messa , 
Don non aus far semblan quei aia m'amor messa. 

Mess' ai i tan m'amor que no m'cn posc estraire, 
Ni autra senes lieis no m pot nul joi atraire. 
Mas sieu no ïo i dic , que no loi aus retraire 
Estiers qu'é ma cansos , dic ai tal contrastaire 
Don crei qu'ilh o enten ; qu'om res no pot plus traire 
Per paor qu'envejos no la m pqscan sostraire. 

Sostrag m'a lot lo cor qu'ieu no sai on me tenha , 
Que partir no m'en puesc ni cug que ja i atenha ; 
Mas sol la prec d'aitan s'à lieis plai mi mantenha. 
No l'enueg si ben dic ni en mal no s'o tenha , 
Qu'ab aitan m'er grau gaugz totz mals qu'ieu en sostenha, 
Qu'ades aurai respieg qu'à merce mi ref.enha. 

Retcner no m puesc ges mon voler ni abatre , 
Qu'ades an mais e miels e no m puesc escombatre. 
Trop m'a fait en ric loc mos fols volers abatre ; 
Mas negus hom no m pot cor destrenher ni batre. 
Que farai donc s'ieu l'am e no m'en puesc esbatre ? 
Languirai dcziran , qu'ab lieis uo m'aus combatre. 



288 LE PARNASSE 

Conibalre no s deu hom que'l genser e'l miels faita 
Ilh no sia del mun , e que gensers afaita 
Tot quan í'ai segon prctz , que res non dezafaita ; 
Per que sa gran valor non deu esser desfaita : 
E s'amors es cn loc mespreza ni forfaita , 
Sol que lieis fass'amar cs endreit se refaita. 

Refaitz for' en dezir , sol qu'ilh denhes empenre 
Un jorn qu'à lieis vengues que m fezes dezapenre 
Lo mal qu'ai per no re ; e que m laisses apenre 
So que nuls hom no sab ni s'en laissa repenre. 
Mas tan vei sos ric pretz per tot lo mon perpenre ; 
Per qu'ieu cug qu'ilh me lais, qu'ella pot qui s vol penrc. 



i»^.-w.-» vv^v^-v wv.vw w/vw% ■»*»-» wrvw» .vvw"fcv ivv^ 



GAUSSERAN DE SAN LEIDIER. 
7225 , 7614. 

Gacsseran de-S. Leidier si fo del evesqat de Veillac , gentils 
castelans , fils de la fila d'en G. de San Leidier. Et enamoret 
se de lá comtessa de Vianes , filla del marques Guillem de 
Monferrat. 

»»VW»*Ï^*VIV»VWWT.«^IWWV»VVW»VWVIÍVWW1VV»W**» 

PEIRE DURAND. 



2701. 



D 



'un sirventes m'es pres talens , 
Que razo m'o mostr' e m'o di ; 
E quanl er falz tenra'l cami 
Tot dreg à Miravals correns 

A'n Ramon , don ai pezansa ; 

Que fe trop gran malestansa 



Contra 



OCCITANIEN. 289 

Contra domnei don tostemps fos amatz ; 

E s'anc tenc dreg viatge 
De drut cortes , ar camia son coratge. 



En lui se mostra conoissens 
Quel reprochier que'l savi di , 
Qu'om no conois tan ben en si 
Com en autrui son falhimen : 
Qu'el sol aver s'esperansa 
En joi et en alegransa _, 
Mas eras n'es malamens cambiatz } 

Que mes a tal usatge 
Don ja no s pot esdir de vilauatge. 

Quar per sos bels captenemens 
E per son bel trobar parti 
Sa corteza molher de si , 
Ben par qu'él cosselh es sirvens. 
Issitz es de l'esperansa 
D'esser drutz à ma semblansa ; 
Quar si 1 plagues mais domncis ni solalz 

No fera tal otratge 7 
Don tug cortes volguessem son damnatge. 

Quar maritz à cui platz jovens 
Sofrir deu , per so qu'atressi 
Sofran lui sei autre vezi ; 
Atressi l'es camiatz sos sens , 
E quar en tal malestansa 
Punh qu'ab lieis ai' acordansa : 
E si la vol ni sos cobrars li platz 7 

Fassa 1 tan d'avantatge 
Que suefr' un drut que trob à son coratge. 

E pueis er sos albercs jauzens 
Quant ab licis aura faita íì , 
Ab que jamais non la casti 
De trobar ni de motz plazens ; 

J 9 



29 o LE PARNASSE 

, Qu'aissi er d'agradatge 

A vos cortes et al gilos salvatge. 

Ja , Caudaiga , ben sapchatz 
Qu'iratz soi del devinatge 
Qu'aissius es pres del vostre franc coratge. 



MûSENHER EN PEIRE , REIS d'ArAGO ; PEIRE 

SALVATGE; Lo Coms de FOIS. 
7225-6. 

1 eire Salvatg' en greu pessar 

Me fan estar dins ma maizo 

Las ílors que sai volon passar , 

Senes gu'ardar dreg ni razo. 

Don prec aicels de Carcasses 
E d'Agenes , 

Et als Gascos prec que lor pes 
Si flors me fan mermar de ma tenensa : 
Mas tal cuja sai guazanhar perclo , 
Que perdos l'er de gran perdicio. 

E mos neps que sol flors portar 

Vol camhiar , don no m sap bo f 

Son senlial ; et auzem comtar 

Que s fai nommar rei d'Arago. 

Mas cui que plass' o cui que pes f 
Los meus jaques 

Se mesclaran ab seus tornes , 
E volha dieus que'l plus dreituriers vensa ; 
Qu'ieu ja nul temps per bocel de Breto 
3S^o laissarai lo senhal dcl basto. 



OCCITANIEN. 291 

Si midons quez a cors cortes 7 
Ples de totz bes , 
Salvatge , valer nii volgues 
E del sieu cors me fes qualque valensa ; 
Per enemics no m calgra garniso , 
Ab sol qu'ieu vis la sua plazen faisso. 



Resposta de Peire SALVATGE. 



ìJenher, reis qu enamoratz par 
Non dcu estar ab cor fclo 
Contra flors , ans deu arbirar 
Com posca far al bon resso 
Culhir las flors en aquel mes 

On l'estiu es 
E las flors naisson plus espes : 
E'ls culhidors sian d'aital valensa , 
Qu'en poig ni plan , eii selva ni boisso 
No laisson flor de sai Monmelio. 



M. 



Lo Coms DE FOIS. 
7225. 



a s qui a flor se vol mesclar 
Ben deu gardar lo sieu baston _, 
Quar Frances sabon grans colps dar 
Et albirar ab lor bordou. 
E nous fizes en Carcasses 
Ni en Genes } 
Ni en Gascon , quar no l'amon de res 
De pos vas mi ai faita la falhensa. 
En breu de temps veirem mos Brogoignon 
Cridar Monjoi ; çl criden Aragon. 



292 LE PARNASSE 



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PEIRE DE BOSSINHAC. 



^225. 

Peiri »f. Bossiciuc sî fo un clercs gentils hom d'Autafort , 
del castel d'en Bertran del Bom. Trobaire fo de bons sirventes de 
reprendre las domnas que fazian mal , e de reprendre los sirventes 
d'eu Bertran del Born. 



2^01 , 7225-6. 



Q 



uan lo dous temps d'abril 
Fa'ls albres secs folhar , 
E'ls auzels mutz cantar ; 
Quascus en son lati , 
Ben degr' aver en mi 
Poder de tal trobar , 
Com pogues castiar 
Las domnas de falhir ; 
Que mals ni dans no m'en pogues venir. 

Qu'ieu cugei entre mil 
Una bona trobar , 
E non o puec anc far ; 
Ans segon lor traï , 
E fan o atressi 
Co'l laires al bendar , 
Que vol aver son par 
A las antas sofrir , 
Per que'l mazaus sobre lui totz no s vir. 

Qui en loc feminil 
Cuja feudat trobar 
Ben fari' à blasmar ; 



OCCITANIEN. 2<>5 

Qu'ieu ditz qu'en jatz cani 
Vai be cercar saï. 
Ni qui vol comandar 
Sos poletz ni bailar 
Al niblan per noirir , 
Ja us dels grans no m do pois per raustir. 

E quella que del fil 
A sos ops no pot far , 
Ad autra'n fai filar ; 
E ja pejor mati 
Nous cal de mal vezi : 
Que so qu'avetz pus car 
Vos faran adirar ; 
O tal res abelir 
Que d'est mil ans nous poiri' avenir. 

Tant an prim e sotil 
Lur cor per enganar , 
C'una no pot estar 
Que sa par no gali ; 
Pueis s'en gab' e s'en ri 
Quan la vei folejar : 
E qui d'autrui afar 
Tan gen se sab formir , 
Ben es semblan que'l sieu sapch' enantir. 

Si las tenetz tan vil 
Que las voillatz reptar 7 
Sempreus iran jurar 
Sobre las dens n Arpi , 
Que so qu'om au ni di 
No fai à consirar : 
E sabran vos pagar 
Tan gen ab lor mentir , 
C'à lurs engans nuls hom no s pot gandir. 



%4 LE PARNASSE 

Ans Rainart d'Alengri 
Mielhs no se saup venjar , 
Quant lo fcs escorjar 
Ni 1 det per escarnir 
Capels e gans ; com ieu fas quan ra'azir. 

Domnas , pois castiar 
Nous voletz de faillir , 
O ans o caus vos en faran gequir. 



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MONGES DE MONTAUDO. 

2701 , 7225 , 7G14 , 7698. 

Lo MoNGiìs de Montaudo si fo d'Alverne , d'ua castel que a 
nom V ic , qu'es prcs d'Orlac. Genlils hom f o : e f o faichz morgues 
de l'abaía d'Orlac , e l'abas si 1 det lo priorat de Montaudon , 
e lai el se portet beu far lo ben de la maison. E fazia coblas , 
estan en la morgia , e sirvenles de las razons que corion eu aquela 
enrontrada. E ill cavalier e ill baron si 1 traissen de la morgia 
e feiron li gran honoi' , e deirou. li tot so qu'el volc ; et el portava 
tot à Monlaudon , al sieu priorat. 

Mont crec e melliuret la soa glesia , portan totavia los draps 
moiigils. E tornet s'en ad Orlac al sieu abat , mostran lo melhu- 
ramen qu'el avia fach al priorat de Montaudou ; e preguet que 
ill li des gracia que s degues regir al sen del rei'n Amfos d'Arragon. 
El abas det ; e il reis li comandet qu'el nianges carn , e domnejes 
e cantes e trobes : et el si fes. E fo faich seigner de la cort del 
Puoi Sainta Maria , e de dar l'esparvier. Lonc temps ac la seignoria 
de ]a coit del Puoi , tro que la cortz se perdet. E pois el s'en 
anet en Espaingna , e fo li faitz grans honors e grans plazers per 
totz los reis e per totz los baros e'ls valens homes d'Espaigua. 
Et a un priorat en Espaigttá que a nom Villafranca , qu'es de 
l'abaia d'Orlac , e l'abas lo ill donet : et el lo crec e l'enrequj e'l 
meilloret , e lai el mori e defmet. 

27OÏ , 7225-6 , 7698. 

Jj'autbier fui en paradis , 
Per qu'ieu soi gais e joios , 
Quar me fo tant amoros 
Dieus à cui tot obezis ; 



OCCITANIEN. a 9 5 

Terra , mar , val e montanha -, 
E m dis : monge , quan venguis , 
Ni com estai Montaudos , 
Lai on as major companha ? • 

Senher , estat ai aclis 
En claustra un an o dos , 
Per qu'ai perdut los baros : 
Sol quar vos am eus servis 
Me fau lor amor estranha. 
En Randos , cui es Paris , 
No fon anc fals ni giuhos ; 
E cre que mos cors el planha. 

Morgue , ges ieu no t grazis 
S'estas en clauslra rescos , 
Ni vol gueiras ni tensos , 
Ni pelej' ab tos vezis , 
Per que'l bailia t remanha ; 
Ans am ieu lo cant e'l ris , 
E'l segles cn es plus pros 
E Montaudos i gazanha. 

Senher , ieu tem que faihis 
S'ieu fauc coblas ni cansos ; 
Qu'om pert vostr' amor e vos 
Qui son escien mentis , 
Per que m part de la barganha. 
Pel segle , que no m u'ahis , 
M'en tornei à las lessos 
E laissei l'anar d'Espanha. 

Monge , be mal o fezis , 
Que tost non aniest coitos 
Al rei cui es Salaros , 
Que tant era tos amis ; 



s D 6 LE PARNASSE 

Per que lau que t'o afranha. 
Ha ! quans bos marcs d'eslerlis 
Aura perdutz éls tieus dos ! 
Qu'el te leyet de la fanha. 

Scnher , ieu l'agra ben vis 
Si per mal de vos no fos , 
Quar anc sofris sas preizos. 
Mas la naus dels sarrazis 
Nous membra ges cossi s banha ; 
Quar si dins Acre s culhis 
Proi agr' enquer Turcs felos : 
Fol cs quius sec en mesclanha. 



2701 , 7226-6 , 7698. 



XJ'autre jorn m'en pogei al cel , 
Qu'aniei parlar ab Sant Miquel 

Don fui mandatz ; 
Et auzi un clam que m fo bel : 

Eras l'aujatz. 

Sant Jolias venc denan dieu ; 
E dis .- dieus , à vos me clam ieu 

Com hom forsatz y 
Dezeretatz de tot son fieu 

E malmenatz. 

Quar qui be voli' albergar , 
De mali m solia pregar 

Queil fos privatz : 
Eras noi posc cosselh donar 

Ab los malvatz. 



OCCITANIEN. 297 

Qu'aissi m'an tout tot mon poder , 
Qu'om 110 m prega mati ni ser ; 

Neis los colgatz 
Laissan mati dejus mover : 

Beu soi antatz. 



De Tolza ni de Carcasses 
No m planh tan fort , ni d'Albiges, 

Com d'autres fatz. 
En Cataluenh' ai totz mos ces 

Ei soi amatz. 

En Peiragorc , en Lemozi , 
Mas lo Coms e'l Rei los auci } 

Soi ben amatz ; 
Et a'n de tals en Caersi 

Don soi pagatz. 

De lai Rosergu' en Gavauda 
No m clam ni m lau qu'aissi s'esta : 

Pero assatz 
I a d'aquels q'usquecs mi fa 

Mas voluntatz. 

En Alvernhe ses aculhir 
Podes albergar e venir 

Descovidatz ; 
Qu'els non o sabon fort gen dir , 

Mas be lor platz. 

En Proensa et e'ls baros 
Ai ben enqueras mas razos. 

No m soi clamatz 
Dels Proensals ni dels Gascos f 

Ni trop lauzatz. 



2 9 8 LE PARNASSE 



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BERNAT D'AURIAC , mayestre de Bezers. 

7226. 

»>3'ieu agues tan <le saber et de sen 
Que saubes far bos motz ab novel so , 
Fort voluntiers fari' una canso ; 
Quar re no val sabers qui no'l despen. 
Que s'aviatz mil marcs d'aur o d'argen , 
E'ls teniatz rescondutz nueg e dia , 
Ja quel tesaurs autre pro nous tenria : 
Ni sens non es entre las gens prezatz , 
Tro qu'es en faitz o en digz demostratz. 

E qui sos digz dc bona razo pren 
No cal temer que diga si be no ; 
Et ieu sai los dire de tal razo 
Don dizen ver non puesc dir fallimen. 
E sabetz don ? no , mas ieu solamen. 
Ni ja negus per quan privatz rne sia 
Non o sabra : mas pero si s sabria 
Quanc non agui plazer ni'n fui privatz , 
Mas sol d'aitan qu'en sui enamoratz. 

Aisso'n volgra , ses mal entendemcn , 
Ab ma domna jogar en sa maizo 
Un joc d'escacs , ses autre cornpanbo 
Que no s'anes del joc entremeten , 
E qu'ieu 1 disses un escac sotilmen 
En descubert , quar plus bel joc seria. 
Pero volgra , quar sa honor volria , 
Que quan fora nostre joc afinatz , 
Qu'ieu remazes del joc vencutz e matz. 



OCCITANIEN. 299 



ALBERTETZ de Gapenses o de Sestaro. 

Florissoit en izi5. Hist. génér. de Provence. T. II, p. 4'°- 

7225-6. 

vJaticelm Faiditz , eu vos deman 
Qual vos par que sion major 
O li ben o lî mal d'amor , 
E digatz m'en vostre semblan ; 
Que'l ben es tan dous e tan bos 
E'l mal tan durs et angoissos , 
Qu'en quascun podelz pro cauzir 
Razos , s'o voletz mantenir. 

Aibertz , li maltrag son tan gran 
E'ls bes de tan fina sabor , 
Greu trobaretz mais amador 
Non anes él cauzir dubtan. 
Mas ieu dic que'l bes amoros 
Es majer que'l mal per un dos 
Ad amic que sab gen servir , 
Amar , e celar e sufrir. 

Gaucclm , ja no vos en creiran 
Li conoissen entendedor , 
Que vos e l'autre trobador 
Vei qu'ades vos anatz claman : 
E pois ieu aug dire à vos 
Et als autres en lor cansos , 
Qu'anc d'amor nous poguetz jauzir : 
On son aquest ben qneus aug dir ? 

Albertz , mant fin leial aman 
An fait per descuj'ar clamor , 
Qu'ieu vei qu'il prendon gran honor 
E gran be cazen e levan. 



5oo LE PARNASSE 

E pois es en amar razos 

Que'l mals deu esser bes e pros ; 

E tot quant en pot avenir 

Deu drut en be prendr' e grazir. 

Gaucelm , cil qu'aman ab engan 
No senton maltrag ni dolor ; 
Ni hom no pot fort gran valor 
Aver ses pen' e ses afan ; 
Ni nuls hom no pot esser pros 
Ses maltrag ni far messios ; 
Et amors fetz n Andrieu morir ; 
Qu'anc bes que fos no 1 poc garir. 

Albertz , tut li maltragz e'l dan 
Perdon lor fors' e lor vigor ; 
E tornan en doussa sabor 
Lai on nul bes s'en trai enan : 
Que ja amics , pos er joios , 
Non er membratz qu'anc iratz fos , 
Aissi fa'l bes lo mal fugir : 
Donc es el majer ses fallir. 



RAIMON GAUCELM de Bezers. 
2701 , 7226. 

J\ penas vauc en loc qu'om no m deman 
Pi. Gaucelm , avetz fag res novel ? 
Et ieu à totz respon ab bon talan ; 
Quar totas ves m'es per ver bon e bel ; - 
E m plai quant aug dir de tni : aquest es 
Tal que sab far coblas e sirventes. 
E no per so qu'ieu volha qu'om del mon 
Me don raubas ; qu'ieu n'ai pro e sai don. 



OCCITANIEN. 5oi 

E per so n'ai joi et alegrier gran , 
Quar mant home valen me fan cembel 
De lor amor e me venon denan. 
Qu'estiers nul temps no gazanhei castel , 
Borda ni mas , ni'l quart d'un clarmontes f 
Ans me costa que val cinc cents tornes : 
Mas non o planc , quar d'aval o d'amon 
N'aug mais nomnar lo meu frair' en Ramon. 

Pero aquel que dis que trop mal fan 
Cels que donon menl plus quc fals mezel ; 
Quar qui dona a lauzor on que s'an , 
E grat de dieu que'l mon ten en capdel : 
Quar ses donar nuls hom valens non es. 
Pero val mais lo dos on plus francs es , 
Quan caritatz l'adutz à cor volon , 
Lai on merce li fai planca ni pon. 

Mas negus hom no vei , don m'es pezan } 
Qu'à son manjar negun paupres apel ; 
E sai ne motz que dins lai on estan 
S'acluzon plus no fa son past auzel. 
E sai prelatz e terriers e borzes 
Que s veston quetz quascus de mes en mes , 
Que quascus vent sos vestirs à rescon ; 
Qu'à nul paupre no vei negus aon. 

Negus d'aquest no fan ges lo semblan 
De San Marti , que partis son mantel 
Ad un paupre qu'anava tremolan ; 
Et es mc greu ; quar sai qu'estran mazel 
Sera d'els fatz lai on la cremor es 
Del foc d'ifern ; e sai que mal lor es 
Quan hom lor ver en cantan lor despon ; 
Pero mens pres aquel que mais en gron. 



3o2 LE PARNASSE 

Sírventes vai drech camin à Pales 
Al mieu frair' en Ramon Gaucelm , quez es 
Savis e ferm ; et a fin cor volon 
De far bos faitz aitan quant liom del mon. 

Mayestre PEIRE DE CORBIAN o CORBIAC. 



D 



omna des angels regina _, 
Esperansa dels crezens , 
Segon que m comanda sens 
Cant de vos lenga Romana ; 
Quar nuls hom just ni pecaire 
De vos lauzar no s deu taire 7 
Com sos sens meils l'aparelha 
Romans o lenga lalina. 

Domna , roza ses espina 
Sohre totas flors olens f 
Verga seca frug fazens , 
Terra que ses labor grana , 
Estela del solelh mairc , 
Noirissa del vostre paire , 
Èl mon nulla nous somelha 
Ni londana ni vczina. 

Domna , joves enfantina 
Fos à dieu obediens ^ 

En totz sos comandamens. 
Per que la gent crestiana 
Cre ver e sab tot lo faire 
Queus dis l'angel saludaire , 
Quan receubes per l'aurelha 
Dieus ? quez efantes vergina. 



OCCITANIEN. 

Domna , verges pur' e fina 
Ans que fos renfantamens 
Et apres tot eissameus , 
De vos trais sa carn humana 
Jhesu-Christ nostre salvaire j 
Si com ses trencamens faire 
Intra'l bel rais quan solelha 
Per la fenestra veirina. 



Domna , vos etz l'aiglentina 
Que trobet vert Moysens , 
Entre las ílamas ardens ; 
E la toison de la lana 
Que mulhet dins la sec' aire , 
Don Gedeons fon proaire : 
E natura s meravelha 
Com remazest enterina. 

Domna , estela marina 
De las autras plus luzens , 
La mar nos combat e'l vens , 
Mostra nos via certana. 
Qnar sins vols à bon port traire 7 
Non tem nau ni governaire , 
Ni tempest quens desturbelha , 
Ni'l sobern de la marina. 

Domna , metges e metzina 7 
Lectoaris et enguens 
Los nafratz de mort guirens 7 
La vilheje onh e sana. 
Dossa , pia 7 de bon aire , 
Vos me fatz de mal estraire ; 
Quar perdutz es cpii sonelha , 
Qne la'mort l'es liop vezina. 



3o4 LE PARNASSE 

Bomn' espoza , filh' e maire 7 
Manda'l filh e prega'l paire , 
Ab l'espos parl' e cosselha 
Com merces nos si' aizina. 

Pos dormen mas tuns esvelha 
Ans quens sia mortz vezina. 



PEIRE DE MAENSAC. 

•J225. 

Peire de Maersac si fo d'Alverne , de la terra del Dalfin , 
paupres cavaliers. Et ac un fraire que ac nom Austors da 
Maensac : ct amdui foron trobadors. E foron amdui en concordi 
que l'uns d'els agues la castel , e l'autre lo trobar. Lo castel ac 
Austors , e'l trobar ac Peire ; e trobava de la moller d'en Bernat 
do Tierci. Tant cantet d'ela , e tant ]a onret e la servi , que 
la domna se laisset furar ad el ; e mena la en un castel del 
daliìn d'Alverne. E1 marit la demandet molt con la glesia , e 
con gran gue<ra qu'en fetz ; el dalfins lo mantenc si que mais 
nolle la rendet. Fort fo adregz hom e de bel solatz ; e fez 
avinens cansos de sons e de motz , e bonas coblas de solatz. 



7225-6. 

J_J stat aurai de cantar 
Per sofraicha de razo 7 
Qu'anc no mi pogu'incontrar 
En faire bona canso. 
Mas ar ai cor que m n'assai 
De far bos motz e son gai ; 
Quar ben estai 
Si sab ab pauc ben dire 
Gen razonar leis cui es obezire. 

D'aitan 



OCCITANIEN. 5o5 

D'aitan la posc razonar 
Leîs qu'a lo meu cor e'l so , 
Qu'om gensor non pot trobar 
En semblan ni en faisso ; 
Ni negun' ab lieis no s fai , 
Ni non a dreg tan gran jai ; 
Ni no s'escai , 
De solatz ni de rire : 
De totz bos aibs sab la melhor eslire. 

Quant eu remir son cors car 
E sai que no s taing que m do 
S'amor , mi ni al mieu par f 
Taut es d'aut loc e de bo , 
Ni mais autra tant no m plai } 
Aquest volers mi decai : 
Quar eu non ai 
Tan d'ardit qu'eu l'aus dire 
Com de bon cor l'am ni quan la dezire. 

Si com cel qu'es leus al far , 
Quant a de mort sospeisso , 
E s cove romius anar 
Lai on vol far orazo , 
Mi covenc per tostemps mai 
A tot mon amic cui plai , 
S'ieu ja ren n'ai 
De lieis qu'ieu tan dezire , 
Sol que d'un pauc m'aleuges mo sufrire. 

Pros domn' ab un dous esguar > 
Que m feron vostr' olh lairo , 
Mi venguest mon cor emblar ; 
Et anc nous fis mespreizo. 
E pos mon cor tenetz lai 
No cug l'auciatz oimai ; 
Pero be sai 
Que si'l voletz aucire 
No pot morir ab tan, hourat martife. 

30 



5o6 LE PARNASSE 

Senher n Erarita , no m plai 
Quar enpres ab na esmai ; 
E peza rn mai 
Quar îeu no soi jauzire 
Delleis , que m fai soven plorar e rire. 



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PEIRE CARDINAL. 



7225. 

Feire Cardinai, si fo de Veillac , de la ciutat del Puei nostra 
domua j e fo d'onradas gens de paratge , e fo filh de cavalier 
e de dornna. E cant era petits , sos paires lo mes per quanorgue 
en la quanorguia del Puei : et apres etras , e saup ben lezer e 
chantar. E quant fo vengutz en etat d'ome , el s'auzautet de la 
vanetat d'aquest mon ; quar el se sentit gais e bels e joves. E 
mot trobet de belas razos e de bel rhantz : e fetz cansos , mas 
paucas : e fes mans sirventes , e trobet los molt bels e bons. En 
los cals sirventes demostrava molt de bellas razos e de bels exem- 
ples , qui ben los enten , quar moît castiava la folîia d'aquest mon ŷ 
e los fals clergues reprendia molt , segon que demostron li siea 
sirventes. Et anava per cortz de reil e de gentils barons , menan 
ab si son joglar que cantava sos sirventes. E molt fo onratz e 
grazitz per mon seignor lo bon rei .lacme d'Aragon e per onratz 
barons. Et ieu maîatfe ÌMiqiiel de la Tor , escrivan , fauc à saber 
qu'en Peire Cardinal , quan passet d'aquesta vida , qu'el avia ben 
entom de seut ans. Et ieu sobredig Miquel ai aquestz sirventes 
escritz en la ciutat de Nemze. 



'79+ , 7 



226. 



B 



e tenh per fol e pcr musart 
Cel qu'ab amor se lia ; 

Quar en amor prcn pejor part 
Aquel que plus s'i fìa. 

Tals se cuia caifar quc s'art. 

Los bes d'amor venou à tart 



OCCITANIEN. 3o 7 

E'l mal ven quascun dia. 
Li fol e'l felon e'l bausart 
Aquilh an sa paria ; 
Per qu'ieu m'en part. 

Ja ma mia no me tsnra 

Si ieu lieis no tenia ; 
Ni ja de me no s jauzira 

S'ieu de lieis no m jauzia. 
Cosselh n'ai pres bon e certa 7 
Farai li segon que m fara ; 

E s'ella me galia , 
Galiador me trobara ; 

E si m vai dreita via 7 

Ieu l'irai pla. 

Anc no gazanhei tan gran re 

Com quan perdei m'amia : 
Quar perdeu lieis gazanhei me 

Cui ieu perdut avia : 
Petit gazanha qui pert se : 
Mas qui pert so que dan li te 

Ieu cre que gazanhs sia j 
Qu'ieu m'era donatz per ma íe 

A tals que m destrusia f 

No sai per que. 

Douan me mis en . c a merce t 

Me , mon cor e ma via , 
De lieis que m vir' e m desnaníe 

Per autrui e m cambia. 
Qui dona mais que non roU , 
Ni ama plus antrui de le , 

Cauzis avol partia 
Quan de se no 1 cal ni 1 sovo , 

E per aquo s'oblia 

Que pro vo 1 tc. 



5o8 LE PARNASSE 

De lieis pren comiat per jasse 7 

Qu'ieu jamais sieus no sia ; 
Qu'anc jorn noi trobei lei ni fe ? 

Mas engan e bauzia. 
Ai ! doussors plenas de vere 7 
Qu'amors eissorba cel que ve 

E'l gieta de la via , 
Quant ama so que 1 descove : 

E so qu'amar deuria 

Gurp e mescre. 

De leial amia cove 

Qu'om leials amics sia ; 
Mas de lieis estaria be ? 

Qu'en galiar se fia , 
Qu'om galies quan sab de que : 
Per qu'à mi plai quan s'esdeve 

Quan trob qui la galia 

Ni 1 tira'l fre. 



2701 , 3794 , 7225-6. 

jLalsetatz e desmezura. 

An batalh' empreza 
Ab vertat et ab dreitura y 

E vens la falseza : 
E desleialtatz si jura 

Contra lialeza j 
Et avaretatz s'atura 

Encontra largueza. 

Feunia vens amor 

E malvestatz honor ; 
E peccatz cassa sanctor 

E barulz sixnpleza. 



OCCITANIEN. D09 

Si cs hom que dieus descreza 

Sos afars enansa 7 
Ab que non aia grineza 

Mas d'emplir sa pansa. 
A cui plai dreitz e tortz peza 

Soven a grevansa ; 
E qui s'enten en sancteza 

Trai greu malanansa j 

Et an l'enganador 

De lur afar honor : 
Mas li mal entendedor 

Jutjon per semblansa. 

Aras es vengut de Fransa 

Que liom 110 somona 
Mas cels quez an aondansa 

De vin e d'anona ; 
E qu'om non aia coindansa 

Ab paupra persona - f 
Et aia mais de bobansa 

Aquel que mens dona ; 

E qu'om fassa major 

D'un gran trafegador ; 
E qu'om leve lo traclior 

E'l just dezapona. 

Coms Raimon , duc de Narbona , 

Marques de Proensa , 
Vostra valors es tan bona 

Que tot lo mou gensa ; 
Quar de la mar de Bayona 

Entro à Valensa , 
Agra gent fals' e fellona 

Laida viltenensa. 

Mas vos tenetz vil lor , 

Que Frances bevedor 
Plus que perditz al austor 

No yos faa temeosa. 



3io LE PARNASSE 

Be volon obeoìicnsa 

Cels de la c'ercia ; 
E volon be la crezensa 7 

Sol l'obra noi sîa. 
Greu lor veiretz far falhensa 

Mas la noich e'l dia ; 
E no porton malvolensa 

Ni fan simonia. 

E son larc donador 

E just amassador : 
Mas li auti-e n'an lauzor 

Et els la folia. 

No sai dire l'error 
Del segle fals traitor 7 
Que fai de blasmc lauzor 
E de sen folia. 

Dieus prec per sa doussor* 
Quens gar d'ifernal dolor 
Eilh verges Maria. 



2701, 3794 , 7225-6. 

X er fols tenc Polhes e Lombartz, 
E Longobartz et Álamans f 
Si volon Frances ni Picartz 
A senhor ni à drogomans ; 

Quar mordrir à tort 

Tenon à deport : 

Et ieu no laus rei 

Que no garde fei. 

Et aura Is ops bos estandartz 
E que fieira meils que Rotlans y 
E que sapcha mais que Raïnartz 
Et aia mais que Gorbairans ; 



OCCITANIEN. Zn 

E tema mens mort 
Que'l coms de Monfort , 
Qui vol qu'à barrei 
Lo mons li soplei. 

Mas sabetz qual sera sa partz 
De las guerras e dels mazans ? 
Los critz , las paors e'ls reguartz 
Qu'el aura fagz , e'l dol e'l dans 

Seran sieu per sort. 

D'aitan lo conort , 

Qu'ab aital barrei 

Venra del tornei. 

Hom pelit val tos giens ni t'artz 
Si pert t'arma per tos efans : 
Per l'autrui carbonada fartz , 
E l'autrui repaus t'es afans. 

Pois vas à tal port 

On cre q'usquecs port 

L'engan e'l trafei 

E'ls tortz faitz que fei. 

Anc Carles Martel ni Girartz ; 
Ni Marsilis ni Aigolans , 
Ni'l rei Gormon ni Isembartz 
Non aucizeron d'omes tans ; 

Que n'aion estort 

Lo valen d'un ort ; 

Ni no lor envei 

Aver ni arnei. 

No cug qu'à la riort 
Negus plus enport 
Aver ni arnti , 
Mas los faitz que fei. 



3i2 LE PARNASSE 



2701 , 3794 , 7225-6. 

Po S m a hoca pa r ,a s c„ s 
E mos cantars es faitis , 
Volh ab bels motz ben assis 
Dressar los entendemens 
Als malvais mal entendens , 
Que cujon que valba mais 
Hom messorguiers que verais ; 
E'l sens tenon à folia , 
E'l dretz tornon en biais. 

Ves ifern fa son eslais , 
E'l govern ten ves abis , 
Cel que vertatz aborris 
!Ni ab drechura s'irais. 
Quar tal bast murs e palais 
Del drech de las autras gens , 
Que'l segle desconoissens 
Ditz que mot fa bona via 
Et es savis e creissens. 

Tot atressi com l'argens 
El foc ardens torna fis ; 
S'afina e s'adoussis 
Lo bons paupres paciens 
En las trebalhas cozens. 
El malvatz manens savais , 
On plus gent se vest e s pais , 
Conquier de sa manentia 
Dolor e pen' e pantais. 

Mas d'aisso no 1 pren esglais , 
Quar galinas e perdis 
Lo conortan e'l bons vis , 
E'l be qu'en la. terra nais . 



OCCITANIEN. 3i3 

Dont el es jauzens e gais. 
Pois dis à dieu en ligens , 
Ieu sui paupres e dolens : 
E si dieus li respondia , 
Poiria 1 dire : tu mejis. 

Semblans es als aguilens 
Crois hom quan gen se garnis , 
Que defora resplandis 
E dins val mens que niens. 
El es mager fenhemens 
Que si us escaravais 
Se fenhia papagais , 
Quau se fenh que prozom sia 
Us malvatz manens savais. 

Tal se fenh pros e valens , 
Quar sol gen se vest e s pais , 
Quez es malvatz e savais. 
Mas si los autres paissia 
Per aquo valria mais. 



2701 , 3^94 , 7225-6. 

V^ u 1 ve gran maleza faire 
De mal dir no se deu traire. 
Per qu'ieu volh dir e retraire , 
Que rics hom dezeretaire 
Es piegers quez autre laire ; 

E fai diablia 
Pejor que negun raubaire , 

E tart se castia. 

Rics hom quan va per carreira 
El mena per companheira 



5i4 LE PARNASSE 

Malveslat , que va primeira ; 
E mejana e derreira ; 
E gran cobeilat enteira 

Li fai companhia : 
En Tortz porta la senheira 

Et orgolh la guia. 

Rics hom mals quan vai en plassa 
Que cujatz vos que lai fassa ? 
Quant autr' om ri e solassa , 
A l'un mou plag , l'autre cassa , 
L'un maldi , l'autre menassa 7 

E l'autr' afollia ; 
E noi fai gaug ni abrassa 
Si com far deuria. 

Rics hom quan fai sas calendas , 
E sas cortz e sas bevendas , 
De toutas e de rezendas 
Fai sos dos e sas esmendas , 
Sos lums e sas oferendas , 

E de raubaria ; 
Et en guerras met sas rendas- 
Et en plaidcria. 

Rics hom mals quan vol far festa 
Aujatz quossi fai sa questa : 
Tan bat la gent et entesta 
Tro que denier no lor resta , 
Que noi cal venir tempesta 

Ni fam ni moria ; 
Pois fai cara mout honesta , 

Qui no 1 conoissia. 

TJn pauc ai dig de la gesta 
Que dire volia : 
Mas tan gran massa n'i resta 
Que fort pauc embria. 



OCCITANIEN. 5i5 



2701 , 3794 , 7225-6. 



R 



azos es qu'ieu m'esbaudei , 
E sia jauzens e gais 
El temps que folh' e flor nais , 
Et un sirventes desplei , 
Quar lialtatz a vencut 
Falsetat : e non a gaire 
Quez ieu ai auzit retraire , 
Q'us fortz trachers a perdut 
Son poder et sa vertut. 

Dieus fai e fara e fei , 
Si com es dous e verais , 
Dretz als pros et als savais , 
E merce segon lor lei. 
Quar à la paga van tut 
L'enganat e l'enganaire , 
Si com Abels à son fraire ; 
Que'l trachor seran destrut 
E li trahi be vengut. 

Dieu prec que trachors barrei , 
E los degol e ls abais 
Aissi com fes los Algais , 
Quar son de pejor trafei. 
Mas aisso es be sauput 
Peger es tracher que laire. 
Atressi com hom pot faire 
De covers morgue tondut , 
Fai hom de trachor pendut. 

De lops e de fedas vei 
Quc de las fedas son mais ; 
E per un austor que nais 
Son mil perditz , fe queus dei. 



3i6 LE PARNASSE 

Ad aquo es conogut 
Que hom murtrier ni raubaire 
No platz tan à dieu lo paire , 
Ni tan non ama son frut 
Com fai del pobol menut. 

Assatz pot aver arnei 
E cavals ferrans e bais 7 
E tors e murs e palais , 
Rics hom , sol que dieu renei. 
Doncs ben a lo sen perdut 
Totz hom à cui es vejaire 
Que tollen l'aulrui repaire 
Cuge venir à salut : 
No m dou dieus qu'aia tal cut ! 

Quar dieus ten son arc tendut 
E trai aqui on vol traire ; 
E fai los colps que deu faire 
A quecs si com a mergut , 
Segon vizis e vertut. 



R 



2701 , 3^94 » 7225-6. 



ics hom que greu ditz vertalz e leu men f 
E greu vol patz e leu mou ocaizo , 
E dona greu e leu vol qu'om li do 7 
E greu fa bes e leu destrui la gen , 
E greu es pros e leu es mals als bos , 
E greu es francs e leu cs orgolhos , 
E greu es larcs e leu tol e grcu ren , 
Deu cazer leu d'aut loc en bas estatge. 

De tals en sai que pisson à prezen 
Et al beure s rescondon dins maizo ; 
Et al manjar no queron companho , 
Et al talar queron n'i mais de cen j 



OCCITANIEN. 5i 7 

Et à l'ostal son caitius e renos , 
Et à tortz far son rics e poderos ; 
Et al donar son de caitiu prezen , 
Et al toller fortz e de gran coratge. 

Malditz es hom que'l be vei e'l mal pren. 
Els rics an pres engan e tracio 7 
Et an laissat condulz e messio ; 
Et an pres dan e gran destruzimen ; 
Et an laissat lais e vers e cansos ■ 
Et an pres plag e rainas e tensos } 
Et an laissat amors e pretz valen ; 
Et an pres mal voler e far otratge. 

Aissi quan son major an pejor sen 
Ab mais de tort et ab mens de razo ; 
Ab mais de dan tener , ab mens de pro ; 
Ab mais d'orgolh , ab mens de cauzimen ; 
Ab mais de tolr' et ab mens de bels dos ; 
Ab mais de mals et ab mens bels respos ; 
Ab mais d'enois , ab mens d'ensenhamen , 
Ab mais d'engan , ab mens de franc coratge. 

Ara digatz , senhors , al vostre sen 
De dos baros qual a melhor razo , 
Quan l'un dels dos pot dar e tolre no , 
L'autre pot tolr' e dar no pot nien. 
Ar diran motz que'l dar val per un dos , 
Pois los vezem tolie totas sazos , 
A que far doncs van emblan ni tolen : 
Pos lo donars a dos tans d'avantage ? 

Mos cantars es enois als enoios 
Et als plazens plazers. Cui platz razos 
Tug li dig son plazen et amoros : 
So qu'als us platz als autres es salvatge. 



3i8 LE PARNASSE 



2701 , 379.4 , 7225-6. 

Iais cuja ben aver filh de s'espoza. 
Que noi a re plus que cel de Toloza : 
Quar s'esdeve que la molher coitoza 
Acolh ab se uu croi baratador , 
Dont ilh rete , plus vil d'un autra toza , 
Un filh de que fai heres al senhor. 
Per so ai fe que malvestatz se noza 
En tal qu'ieu cre que son fils de prior. 

Tant es viratz lo mons en desmezura 
Que falsetatz es en loc de drechura , 
E cobeitatz creis ades e meillura , 
E malveslatz es en loc de valor , 
E pietatz a d'ostes gran fraitura , 
E caritatz fai del segle clamor , 
Et es lauzatz qui de dieu non a cura ? 
E pauc prezatz qui vol aver s'amor. 

Qui des en sai entro en la Turquia , 
E daus en lai troque part Normandia 7 
A un savai baron tot o daria , 
No cug ni sai que visques ses rancor ; 
Que greu se fai que fort gran manentia 
Son don apai de conquerre major : 
Mal li eslai aitan gran baronia , 
Pos no l'estrai del nom de raubador. 

Mais val assatz un ribaut ab pauprieira , 
Que viu en patz e suefre sa nescieira , 
Q'us coms malvatz que tot jorn fai sobrieira 
D'avols peccatz , que no tem deshonor ; 
Qu'al ribaut platz la via dreitmiera 
E'l coms es las de dieu e de sanctor : 
E quar lo bas hom a valor entieira 
E'l coms non pas ; pretz ieu mais U melhor. 






OCCITANIEN. 5J9 

E que faran li baron de mal aire 
Que tot joru fan lo mal e'l be non gaire ? 
Quossi poiran los tortz qu'an faitz desfahe ? 
Que lor enfan seran plus tolledor, 
E no daran en l'arma de lor paire 
Lo pretz d'un guan , ni negus en la lor : 
E li engan qu'auran fag l'enganaire 
Retornaran sobre l'enganador. 

Non ai talan d'aver aital repaire , 
Qu'eras en cant e tostemps mais en plor. 



2701 , 3^94, 7225-6, C. 

JL an son valen nostre vezi , 
E tan cortes e tan buma , 
Que si las peiras eron pa 
E que las aiguas fosson vi ; 
E li poig bacon e pouzi , 
No seiian larcs tals n'i a. 

Tals n'i a , mas no dirai qui , 
Que foron porc en Gavauda } 
Et en Vianes foron ca , 
Et en Velaic forou mausti } 
Segon l'afaitamen cani : 
Mas quar non an coa rema. 

En jurar de femna no m fi 
Ni son sagramen no volh ja ; 
Quar si 1 raetiat? en la ma 
Per ver dir un marabeti , 
E per mentir un barbari , 
Lo barbari gazanhant. 



3ao LE PARNASSE 

Tals a lo semblan efanti 
Que'l sens es de Trebellia ; 
E'l lengua de logicia , 
E'l voluntatz d'en Alengri. 
Tals a bel cors e saura cri 
Que dins a fel cor e vila. 

Dig volh aver de Sarrazi 
E fes e lei de crestia , 
E subtileza de paga , 
Et ardimen de Tartari : 
E qui es garnit enaissi 
Yal be messorguier Castella. 

Quar fai tort e messorgas di 
Atressi com de tals n'i a. 



2701 , "J225-6. 
J.ARTARASSA ni VOUtOr 

No sent plus léu carn puden , 
Com clerc e prezicador 
Senton ont es lo manen. 
Mantenen son siei privat ; 
E quan malautia 1 bat _, 
Fan li far donatio 
Tal que'l paren noi an pro. 

Frances e clerc an lauzor 
Del mal , quar be lor en pren ; 
E renovier e trachor 
An tot lo segl' issamen : 
Qu'ab mentir et ab barat 
An si tot lo mon torbat 7 
Que noi a religio 
Que no sapcha. sa lesso. 

Sabs 



OCCITANIEN. 5ai 

Sabs qu'esdeven la ricor 
De cels que l'an malamen ? 
Venra un fort raubador 
Que no lor laissara ren 7 
So es la mortz , que ls abat 7 
Qu'ab quatr' aunas de filat 
Los tramet en tal maiso 
Ont atrobon de mal pro. 

Hom per que fas tal folor 
Que passes lo mandamen 
De dieu , quez es ton senbor 
E t'a format de nien ? 
La trueja ten él mercat 
Cel quez ab dieu se combat , 
Qu'el n'aura tal guizardo 
Com ac Judas lo fello. 

Dieus verais , plens de doussor t 
Senher sias nos guiren ; 
Garda d'enfernal dolor 
Peccadors e de tormen ; 
E solve los del peccat 
En que son pres e liat ; 
E fai lor verai perdo 
Ab vera confessio. 



2701 , 7225 , C. 
Sermons. 



U, 



na ciutat fo , no sai quals 7 
On cazet una ploja tals } 
Que tuit l'ome de la ciutat 
Que toquet foroa dessenat. 



21 



LE PARNASSE 

Tug desseneron , levat us j 
Aquel escapet e non plus , 
Que era dins una maizo 
On dormia quant aisso fo. 

Aquel levet quant ac dormit 
E fo si de ploure giquit , 
E venc foras entre las gens ; 
E tug feiron dessenamens. 

L'uns fo vestitz , l'autre fon nus ; 
L'autr' escupit ves lo cel sus ; 
L'uns trais peiras , l'autres astella , 
L'autres esquintet sa gonella. 

E l'uns feri , l'autres empeis , 
E l'aulre cuget esser reis 
E tenc se ricamen pels llancs j 
E l'autre sautet per los bancs. 

L'uns menasset , l'aulre maldis ; 
L'autre ploret e l'autre ris ; 
L'autre parlet e no sab que , 
L'autre fes nia'inas de se. 

Et aquel qu'avia son sen 
Meravillet se molt fortmen , 
E vi be que dessenat son ; 
E gard' aval e gard' aiiion. 

Si negun savi n'i veira : 
E negun savi non i a. 
Grans meravelhas ac de lor ; 
Mas molt l'an els de lui major. 

Que 1 vezon cstar suaumen : 
Cujon qu'aia perdut lo sen , 
Quar so qu'ill fan no 1 vezon faîrc. 
A quascun de lor es vejaire. 



OCCITANIEN. 5a3 

Que ill son sabis e senatz ; 
Mas lui tenon per dessenatz. 
Qui 1 fer en gauta , qui en col, 
El no pot mudar no s degol. 

L'uns l'empenh e l'autre lo bota 7 
El cuja eissir de la rota ; 
L'uns l'esquiuta , l'autre lo trai , 
El pren colps e leva e cai. 

Cazen , levan , à grans gambautz 
S'en fug à sa maizo de sautz , 
Fangos e batut e mieg mortz ; 
Et ac gaug quan lor fon estortz. 

Aquesta faula es al mon 
Semblan et à tug cel quei son. 
Aquest segles es la ciutatz 
Quez es totz plens de dessenatz ; 

Que'l major sen qu'om pot aver 
Es amar dieu fort e temer 7 
E gardar sos comandamens. 
Mas ar es perdut aquel sens ; 

La plueja sai cs cazeguda. 
Una cobeitatz es venguda y 
Lns orgolhs ct una maleza 
Que tota la gens ha perpreza. 

E si dieus n'a alcun gardat 
L'autre 1 tenon per dessenat r 
E menon lo de trop en vil , 
Quar non es del sen que sou il ? 

QuéU sens de dieur lor par folia. 
E l'amics de dieu , on que sia 7 
Conois que dessenat son tut , 
Quar lo sen de dieu an perdut ; 



524 LE PARNASSE 

Et ill an lui per dessenat , 
Quar lo sen del mon a laissat. 



2701. 

LJ n estribot farai quez er mot maïstratz 
De motz novels e d'art e de divinitatz 5 
Qu'ieu ai en dieu crezensa que fon de maire natz 
D'una sancta piusela , per que'l mon es salvatz ; 
Et es paires e fi-lh e sancta trinitatz , 
Et es tres en persona et una unitatz. 

E cre que'l cel e'l tro ne fos per el traucatz , 
E'n trabuquet los angels quan los trobet damnatz. 
E crei que sans Johans lo tenc entre sos bratz 
E 1 bateget en l'aigua él ílum quan fo propchatz ; 
E conoc be la senha abanchas que fos natz 
El ventre de sa maire que volve al destre latz. 

E cre Rom' e sanct Peire , à cui fon comandatz f 
Jutge de penedença , de sen e de foldatz. 
Mas so no crezon clergue que fan las falsetatz _, 
Que son larcs d'aver penr' et escas de bontatz ; 
E son bel per la cara et orres de peccatz y 
E devedon als autres d'aco que fan lor atz j 
Et en loc de matinas an us ordes trobatz 
Que jazon ab putanas tro' 1 solelh es levatz ; 
Enans canton baladas e prozels trasgitatz : 
Abaus conquerran dieu Caifas e Pilatz. 

Monges solon estar dins los mostiers serratz ? 
On adzoravon dieu denan las magestatz ; 
E quan son en las vilas on an lor poestatz ? 
Si avetz bela femn' o es hom molheratz, 
Els seran cobertor^ sius peza o sius platz. 



OCCITANIEN. 5aS 

E quant els son dessus e'ls cons son sagelatz 
Ab las bolas redondas que pendon al matratz , 
Quan las letras son clauzas e lo trauc es serratz f 
D'aqui eisson l'iretge e li essabatatz ? 
Que juron e renegon e jogon à tres datz. 
Aisso fa monge negre en loc de caritatz. 

Mon estribot fenisc quez es tot compassatz f 
Qu'ai trag de gramatica e de divinitatz : 
E si mal o ai dic , que m sia perdonatz , 
Que ieu o dic per dieu qu'en sia plus amatz } 
E per mal estribatz Cllrgtjes. 

M*«M>«WlWM«VVI««t«MI«MVWVUíVM<VM\MrUMWV|Vt«t«tMtt 

N UG DE PENA. 

7225. 

Ugo de Pena si îo d'Agenes , d'un castel que a nom Messat , 
fils d'un raercadier. E fes se joglar • e cantet ben , e sap gran 
ren de las autrui cansos. E sabia molt las generacios dels grans 
homes d'aquellas encontradas. E fetz causos. Grans baratiers fo 
de jogar e d'eslar eu taverna , per qne ades fo paubres e ses 
arnes. E venc se amoillerar à l'Isla é Venaissi en rroeusa. 



PONS DE LA GARDIA o SAGARDIA. 

7698. 



M 



ÍTJ.ANDAT m'es que no m recreja 
De cantar ni de solatz ; 
E quar plus soven no fatz 
Cansos , m'o tenon à mal 
Cilh à cui cant e deport abelis .* 
Et à grat de sos amis 
Deu hom far ; com que l'en prenda» 



5a6 LE PARNASSE 

Tota corteza fazenda , 
Solatz , cant e joc e ris , 
Moc ben d'amor so m'es vis ; 
Qu'en totz prttz ajud' e val 
Amors trop mai d'autra re , so sapchatz : 
Et ades n'es hom coitatz 
De far so que ben esteja. 

Domn' en cui pretz senhoreja 
Ab bel cors plen de bontatz } 
Complit dc totas beutatz , 
Ieu mor ; mas à vos non cal. 
Pero nuls hom , d'aisso m fauc ben devis , 
Nous cr mais de cor tan fis : 
D'aisso nous sai pas esmenda. 

Non es nul jorn no me venga 
Dezir de lei don languis. 
Tal talent ai que la vis , 
Q'un grau gaug complit coral 
M'es quan la vei e mais re tan no m platz 
Quar no pot esser iralz 
Nuls hom lo jorn que 1 maneja. 

Lo dezirier e l'enveja 
Que m ve de leis par foudatz , 
Qu'aissi m soi enamoratz 
Que no consir de ren al. 
Merce vos clata bcla domn' ab clar vis , 
Qu'ieu non ai , tan soi conquis y 
Poder qu'estiers m'en defenda. 

Cel que ma cansos aprenda , 
Sia londas o vezis , 
Prec que la cant él païs. 
El bcl cors de lei reial , 
Gai e cortes , de Monto molt mi platz , 
Qu'en leis es bos pretz prezatz , 
E quascus lo li autreja. 



OCCITANIEN. 5a 7 



•^*p-fc^fc.-% %.-w%<%} *+**%> + «^*.-» % %^»^%*% *•%**-»•% %•%•% <W% W» V%»% %V%j %/%^%/%% %-V%-%V%j 

SERVERI , de Girona. 

2^01 , 7226. 

J\ greu pot hom conoisser en la mar 
Cami , si tot s'en passa linhs e naus , 
O si tot s'es la mar plan' e suaus 
Pot greu l'aigua planamen mezurar 5 
Encaras mens vc ni conois ni sap 
L'engenh e'l mal qu'en falsa femna cap. 

E qui l'auzel ve contra'l cel volar 
Greu pot saber lo loc on s'an ni s paus j 
E las folhas d'un pin e de dos faus 
Pot greu él cel las estelas comtar : 
Encaras mens cre que ses dan escap 
Qui vil femna acolh dins en son trap. 

E cel qui ve per una roc' anar 
Una serpen _, ab que'l ver dire n'aus , 
Greu i ve pas , cami , tras ni esclaus , 
On posc' aissi com la serpens passar ; 
Encaras mens , e non o dic à gap , 
D'avols femna estors que non mescap. 

A greu pot hom lo solelh atuzar , 
E lant obrar que blasmes sia laus j 
Et ors , anhels ; e gals , gruas e paus ŷ 
E la luna quant es creissens mermar : 
Encaras mens cre que nul ben acab 
S'ab femna vil vol jazer sotz un drap. 

E pot hom greu los quatre vens liar 
Si que'ls tenha dins sa maison enclaus y 
Et un leo , quant es esquius e braus , 
Pot greu aissi com caval enfrenar : 



328 LE PARNASSE 

Encaras mens pot venir à bon cap 
Ab vil femua que tot be no l'arrap. 

La domn' al Cartz e Sobrepretz an cap 
D'ensenhamen e de laus ses tot gap. 

Al rei Peire nul autre rei no sap , 
Per qu'ab dieu tra totz sos faitz à bon cap. 

NA TIBORS. 

Florissait eu 1232 Hist. génér. de Provence , T. II , p. l\\5. 

S. e Palaye. Manuscrit du Vatican 3207. 

Na Tibors si cra una dompna de Proensa , d'un castel d'en 
Blacatz que a nom Sarreuom. Corteza fo et enseignada , avinens 
e f'oit maistra ; e saup trobar. E fo enamorada e fort amada 
per amor 5 e per totz los bons homes d'aqela encontrada fort 
honrada ; e per totas las valens dompnas mou'. tensuda e rnout 
obedida. E fetz aquestas coblas e niandet las al seu amador. 



B 



'els dous amics , ben vos posc en ver dir 
Qe anc no fo q'eu estes ses dezir , 

Pos vos con per fin amans ; 

Ni anc no fu q'eu non agues lalan , 
Bel dou,s amics , que soven nous vezes , 
Ni anc no fo sazons que m'en pentis ; 
Ni anc no fo se vos n'anes iratz... 



RAIMON DE SALAS. 

Florissait en 1196. Hist. génér. de Provence. T. II, p. 402. 

7225. 

Raimotís de Salas si fo us borges de Marseilla , e trobet cansos 
e coblas e retroeuclias. No fo rxtout conoguta ni niout prezaU. 



OCCITANIEN. 52t) 

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GUIRAUT RIQUIER, de Narbona. 
7226. 

LiA PRIMEIRA PASTORELLA , FACHA EN l'aN 1260. 

Jj'autre jorn m'anava 
Per una ribeira 
Soletz delichan , 
Qu'amors me menava 
Per aital maneira 
Que pesses de chan ; 
Vi gaia bergeira , 
Bell' e plazenteira -. 
Sos anhels gardan. 
Là tengui carreira , 
Trobei la fronteira 
A for ben estan ; 
E fe m bel semblan 
Al primier deman. 

Qu'ieu li fi demanda : 
Toza , fos ainada 
Ni sabetz amar ? 
Respos me ses guanda : 
Senher , autrejada 
Mi sui ses dubtar. 
Toza , mot m'agrada 
Quar vos ai trobada 
Sius puesc azautar. 
Trop m'avetz sercada , 
Senher , si fos fada 
Pogra m'o pessar. 
Toza, ges nous par. 
Scaher ; ai deu far. 



35o LE PARNASSE 

Toza de bon aire , 
Si voletz la rnia 
Ieu vuelh vostr'amor. 
Senher , no s pot faire : 
"Vos avetz aniia 
Et ieu amador. 
Toza , quon que sia 
Ieus am j donc parria 
Queus fos fazedor. 
Senher autra via 
Prenetz , tal queus sia 
De profieg major. 
Non la vuelh melhor. 
Senher , faitz folhor. 

No follei , na toza ; 
Tan m'cs abellida 
Qu'amors m'o cossen. 
Senher , fort cochoza 
Son que fos partida 
D'aquest parlamen. 
Toza , pcr ma vida , 
Trop es afortida , 
Qu'ieus prec humilmen. 
Senher , no m'oblida 
Tropa for' aunida 
Si crezes leumen. 
Toza , forsa m sen. 
Senher ; nous er gen. 

Toza , que queus diga 
Non aiatz temensa , 
Que nous vuelh aunir. 
Senher , vostr' amiga 
Sui , quar conoissensa 
Von fai abstenir. 
Toza , quan falhensa 



OCCITANIEN. 53i 

Cug far y per sufrensa 
Bel-deport m'albir. 
Senher , mot m'agensa 
Vostra bevolensa , 
Quar vos faitz grazir. 
Toza , queus aug dir ? 
Senher , queus dezir. 

Digatz toza gaia , 
Queus a fag dir ara 
Dig tan plazentier ? 
Senher , on que m vaia 
Gai chans se prepara 
D'en Guiraut Riquier. 
Toza , ges encara 
Le ditz no s despara 
De qu'ieu vos enquier. 
Senher , nous empara 
Belh-deportz , queus gara 
De laus esquerrier ? 
Toza , no m profier. 
Senher , à us entier. 

Toza tot m'afara , 
Mai' n Bertrans m'ampara 
D'Opian l'entier. 
Seuher , mal si gara ; 
Et iretz von ara } 
Don ai cossirier. 
Toza , sovendier 
Aurai est semdier. 



552 LE PARNASSE 

7226. 

La 2. a PASTORELLA , JACHA l'aN I2Ô2. 

T , 

J—J autrier trohei la bergeira d'antaa , 

Saludei la e respos mi la bella ; 

Pueis dis : senher , cum avetz estat tan 

Qu'ieu nous ai vist ? ges m'amor nous gragella. 

Toza , si fai mais que no fas semblan. 

Senher , l'afan par que podetz sufrir. 

Toza , fals es , qu'aissi m'a fag venir. 

Senher , et ieu anava vos sercan. 

Toz' aissi etz vostres anhels gardan. 

Senher, e vos en passans so m'albir. 

Toz' al prim jorn fui vostres ses mentir ; 
Pueis del vezer m'an tout afar aizina. 
Senher , aital vos puesc ieu de mi dir , 
Qu'aissi co vos m'es fis vos suí ieu fina. 
Toza , be m plai quar o sabetz grazir. 
Senher , si fas tot aissi com s'escai. 
Toza vulhatz donc tot so qu'ieu volrai. 
Senhe'l vostre voler vuelh ben auzir. 
Toza , que vuelh de vostr' amor jauzir. 
Senher faitz o lai on ieu no serai. 

Toza , nulh jois ses lo vostre no m plai 
D'autra del mun ni dar no'l me poiria. 
Senher , aquo es aissi quon ieu sai : 
Mas cavalgatz e tenetz vostra via. 
Toza , no vuelh anar ans dissendrai. 
Senher queus val ar quan etz dissendutz ? 
Toza sapchatz que serai vostres drutz. 
Senher sius plai entendetz que dirai. 
Toza digalz tot , que beus entendrai. 
Seuher sejam, que ben siatz, vengutz. 



OCCITANIEN. 535 

Toza , tan m'es lo dezirier cregutz 
De vos jauzir , qu'ades coven à faire. 
Senher quous es tan tost dessovengutz 
Lo vostre Belh-deportz ? no l'amatz gaire. 
Toza si fas tan que ja so vencutz. 
Senher , s'o sap grat non deura saber. 
Toza , de trop vils faitz me fa tener. 
Senher per so n'es lauzan mentaugutz. 
Toza , s'amor autre joi no m'adutz. 
Senher nous par que vivatz ses plazer. 

Toza , no m vol mos Bel-deportz valer , 
Ni re no vei él mon que tau me plaia. 
Senher , ben cre qu'en sap far son dever, 
Si a yalor tan quo dizetz veraia. 
Toza , tan val que tot m'en desesper. 
Senher avetz per lieis nulh meillurier? 
Toza , oc tal qu'en muer de dezirier. 
Senher ans n'etz mentaugutz de saber. 
Toza , que m val ? pus joi no puesc aver. 
Senher lo joi perdetz per cor leugier. 

Toza'l cor ai leial e vertadier , 
Vas lieis don mortz deziran me guerreja. 
Senher , tant aug dir d'en G. lliquier , 
Que si nous val no fa ren que no deja. 
Toza , no fan à creire lauzengier. 
Senher , per mi sai tot votre talan. 
Toza beus am , mas vos m'anatz trufan. 
Senher , autra n'ametz atretan ier. 
Toza , vau m'en, que no m'avetz mestier. 
Senher anatz e vejam vos s'autr' au. 



334 ^É PARNASSE 

7226. 
La tersa pastorella, l'an 1264- 

VJTaia pastorella 
Trobeì l'autre dia 
En una ribeira 7 
Que per caut la bella 
Sos anhels tenia 
De sotz un' ombreira . 
Un capelh fazia 
De flors , e sezia 
Sus en la fresqueira. 
Dissendei en guia 
Que s'araor volia 
En calque maneira : 
Ilh fon prezenteira , 
Sonet me primeira. 

Dissi li : poiria 
De vos solatz traire 
Pus m'es agradiva ? 
Ilh dis que queria 
Amic de bon aire 
ISÍueg e jorn pessiva. 
Toza , ses cor vaire 
E senes estraire 
M'auretz tan quan viva. 
Senher 7 be s pot faire ? 
Quar à mon vejaire 
Amor vos abríva. 
Toza , oc , esquiv r a. 
Senher ; b'es sobtiva. 



OCCITANIEN. 535 

Toza , s'ans de gaire 
No m'en fatz vaìensa 
Vostr' amors m'esglaia. 
Senher , ab maltraire 
Conquer liom guirensa. 
Donc espers vos plaia. 

Toza , tan m'agensa 

Vostr' amors e m tensa , 

Qu'ops m'es qu'ades l'aia. 

Senher , en parvensa 

Mais no m vis falhensa , 

Faria savaia. 

Toza '1 vista m plaia. 

Senher ; donc nois gaia. 

Toza , tant comensa 
L'amors ab martire , 
Qu'ops m'es vostr' ajuda. 
Senher , ab temensa 
M'avez en dezire 
Ben quatr' ans tenguda. 
Toza , no m'albire 
Qu'ieus vis mai ; nous tirc 
Si ar etz ma druda. 
Senher , beus puesc dire 
Qu'en faretz mans rire : 
Sui descouoguda. 
Toz' etz esperduda. 
Senher , non , ni muda. 

Toza , no m Cossire 
Tant qu'aisso entenda. 
Etz ges la cantada ? 
Senher , quan queus tire , 
Pro er qu'ieus car venda 
Vostr' amor malvada. 
Na toza ; eontenda 



356 LE PARNASSE 

Ai ab vos d'emenda 
Tota vetz trobada. 
Senh' en Guiraut ; renda , 
Riquier ; tanh queus renda 
Aital , quar sui fada. 
Toz' ans etz membrada. 
Senher ; so m'agrada. 

Toza _, tal fazenda 
Ai qu'ops m'es quei tenda 
A dieu sias dada. 
Senher ; aissius prenda 
Per tot ses esmenda : 
E veus vostr' estrada. 
Toza etz irada ? 
Oc , per vostr' anada. 



7226. 

La 4 <a PASTOREIXA ; l'aN I267. 



J_j'atjtrxer trobei la bergeira 
Que d'autras vetz ai trobada ; 
Gardan anhels ; e seria , 
E fon de plazen maneira ; 
Pero mout fon cambiada ; 
Quar un effant pauc tenia 
En sa fauda que durmia ; 
E fìlava cum membrada. 
E cugei que m fos privada 
Per tres vetz que vist m'avia , 
Tro vi que no m conoissia ; 
Que m ditz : lai laissatz l'estrada. 

Toza ; fi m'ieu ; tan m'agrada 
La vostra plazen paria ; 



Qu'er 



OCCITANIEN. 53 7 

Qu'er m'es ops vostra valensa. 
Elha m dis : senher , ta fada 
No sui queus pessatz que sia , 
Quar en als ai m'entendensa. 
Toza faitz bi gran falhensa , 
Tant a queus ain ses falsia. 
Senher , tro en aquest dia 
Nous vi segon nia parvensa. 
Toza , falh vos conoissensa. 
Senher , non ; qu'ieu m'entendia. 

Toza , ses vos no m poiria 
Res dar d'aquest mal guirensa , 
Tant a que m'es abellida. 
Senher , aital me dizia 
En Guiraut Riquier ab tensa : 
Mas anc non fui escarnida. 
Toz' n Guiraulz nous oblida , 
Nius pren de mi sovinensa. 
Senher , mais que vos m'agensa 
Elh e sa vista grazida. 
Toza , ben trop l'es gandida. 
Senher , si ven be cre m vensa. 

Toza , mos gaugz se comensa , 
Quar selh per qui etz auzida 
Cantau sui ieu ses duptansa. 
Senher , non etz ; ni crezensa 
Non auria en ma vida , 
Ni neis non avetz semblansa. 
Toza , Belh-depottz m'enansa 
Queus es tres vetz autz guida. 
Senher , res non es la crida , 
Trop vos cujatz dar d'onransa. 
Toz' avetz de mi m'embransa ? 
Senher ; oc ; mais non complida. 

22 



358 LE PARNASSE 

Toza ; ieus ai embrugida 
E tcnc m'o à gran pesansa : 
Nous pessctz plus \os enqueira. 
Senher ; bç m tenc per formida , 
Qu'eras ai preza venjansa 
De l'autra vista derreira. 
Toza , ab qui etz paricir.a 
En l'enfant ; es d'alcgransa ? 
Senher ; ab selh quesperausa 
N'ai de mais ; que m pres en gleira. 
Toza ; cous giec en ribcira ? 
Seuher ; quar es ma uzansa. 

Poiriam far acordansa 
Amdos ; toza plazenteira , 
Si n'cratz per mi celada ? 
Senher ; non d'autr' amistansa 
Quens fem à la vetz primeira f 
Pus tro aissi m son gardada. 
Toza ; beus ai assajada ; 
E truep vos de sen enteira. 
Senher , s'icu no fos leugeira 
Mal m'agratz vos assenada. 
Toza ; vau far ma jornada. 
Senher meteus en carrcira. 



7226. 
La qt/inta pastorella, l'an 1276. 



D 



'Astarac venia 
L'autrier vas la Ylla 
Pel camin romieu 5 
E pres de la via 
De sotz una trilla 
Vi ; e no m fon grieu , 



OCCITANIEN. 53g 

La bergeira mia 
Que sec ab sa filba. 
Conoc me tan lieu , 
Ris , se be s planhia , 
E s det meravilba , 
Comandet s'à dieu. 
Tost dissendei ieu , 
Ilb fon se levada ; 
Tornet él loc sieu 
Quan l'aic saludada. 

Vi la fort camiada 
Vas que ja fon bella ; 
Dissi 1 : don venelz ? 
Senber , tan senbada 
Sui de Compostella 
Queus o conoisselz. 
Pos vos ai trobada 
Comtatz me novella 
De lai si sabetz. 
Senher , vas Granada 
Va'l rei de Castella , 
Doncx tost lai tenetz. 
Dona que dizetz ? 
Qu'ieu no crei que fassa. 
Senher mout falhetz 
Non seguen sa trassa. 

Enquer nous es passa , 
Fi m'ieu , la maneira 
De mi à chuílar. 
Senh' en Guiraut , lassa , 
Riquier , non bergeira 
Sui d'aquest cantar. 
De mi penreus plassa 
L'albergua enteira 
A nueg e'l jogar. 



54o LE PARNASSE 

Senlier , per dieu , massa 
M'avetz per leugeira , 
Nous cal covidar. 
Dona , ges no m par 
Aiatz de mi cura. 
Senher , non d'amar , 
Si no m fa frachura. 

Tot farai rancura 
De vos , quar m'es brava, 
Huei mais en cantan. 
Senher , per drechura 
De dieu , sius membrava , 
Fosson vostre can. 
Dona , ges vilhura 
Non ai , qui m jutjava 
Dreg , que m des soan. 
Senher _, ab mezura 
Ges bos sens nous trava. 
Ni canas ni an. 
Dona , per semblan 
Mal me cujatz dire. 
Senher , nous ten dan 
Tant es bos suffrire. 

Pro femna , queus tire 
Nous ai dic encara ; 
Pcr que m dizetz mal ? 
Senher , ai dezire 
Tencsetz per amara 
"Via temporal. 
Per re no m'albire 
Qu'om veja la clara 
Per sermon aital. 
Senher , mo marlire 
Doblatz parlan ara , 
Et à vos no val. 



OCCITANIEN. 34i 

Per totz temps vos sal 
Dieus , pus nous diria. 
Senher , no m'en cal : 
E nom de dieu via. 



7226. 
La VI.* PASTORELLA d'eN G. RlQUIER ; l'aN 1282. 

J\ sant Pos de Tomeiras 

Vengui l'autre dia , 
De plueja totz mullatz , 
En poder d'ostaleiras 

Qu'ieu no conoissia. 
Ans fui meravelhatz , 
Per que'l viella rizia , 
Que la jove dizia 
Suau calque solatz j 
Mas quascuna m fazia 
Los plazers que sabia. 
Tro que fui albergatz } 
Que agui sovinensa 
Del temps que n'es passatz 7 
E cobrei conoissensa 
Del vielha 7 de que m platz. 

E dissi 1 : vos etz selha 
Que ja fos bergeira 
E m'avetz tan trufat. 
Ela m dis : uon pas felha 7 

Senher , mas guerreira 
Nous serai per mon grat. 
Pro femna , de maneira 
Tal vos vei segon teira 
Qu'esser deu chastiat. 



34a LE PARNASSE 

Senher , s'ieu fos leugeira 
Noii a trop qu'en carrcira 
Fui de trobar mercat. 
Pro femna , per aizina 
Fon dich d'ome cochat. 
Senher , ans sui vezina 
D'est amic non amat. 

Pros femna , d'aital toza 
Cum vos deu amaire 
Fort esser dezirans. 
Senher , dieus per espoza 
Mi vol ,• mas del faire 
No sui ges acordans. 
Pros femna , de maltraire 
Vos es ben temps d'estraire , 
Si es hom benannns. 
Senher , assatz ad aire 
Pogram viure ; mas paire 
Lo sai de sept efans. 
Pros femna , gent servida 
Seretz per sos filhs grans. 
Senher , ja'n sui marrida 
Q'un non a de X ans. 

Tïa femna descenada 
De mal etz estorta 
E pieitz anatz sercan. 
Senher , ans sui membrada ; 

Que'l cor non m'i porta 
Si qu'en fassa mon dan. 
Pros femna via torla 
Queretz , don seretz morta 
So m pes enans d'un an. 
Seidier , veus qui m coforla ; 
Car de mon gaug es porta 
Selha quens es denan. 



OCCITANIEN. 543 

Pros femna , vostra filha 
Es segon mo semblan. 
Senher pres de la Ilha 
Nos trobes vos antan. 

Pros femna , doncx emenda 
Covenra que m fassa 
Per vos de niotz pezars. 
Senher , tant o atenda 

Qu'asso marit plassa ; 
Pueis faitz vostres afars. 
Pros femna nous es passa 
Enquers , e duraus massa 
Mais huei vostre trufars. 
En G. 1 Riquier , lassa 
Sui quar tant seguetz trassa 
D'aquest leugiers cantars. 
Pros femna , quar vilheza 
Vos a faitz chans amars. 
Seuher , de vos se deza 
Tan qu'als vielhs non etz par. 

Pros femna , de mal dire 

No m feratz temensa ; 
Mas aisso solatz par. 
Senher , ges no m'albire 

Que ma mal sabensa 
Vos saubessetz pessar. 
Pus é vostra tenensa 
Sui , ben devetz sufrensa 
De tot ab mi trobar. 
Senher , ges no m'agensa 
Qu'ieus diga ren per teusa 
Nius fassa mal estar. 
Dona ja no poiriatz , 
Quar nous puesc desamar. 
Senher quant o fariatz 
Ieus vuelh. totz temps honrar. 



544 LE PARNASSE 

Al pro Comte agensa 
D'Astarac nostra tensa , 
Dona , qu'om deu lauzar. 
Senher , sa gran valensa 
Lo fai ab bevolensa 
A totas gens nomnar. 
Dona si 1 sà veziatz 
Saubessetz l'amparar ? 
Scnher ben auziriatz 
Que n'ai en cor afar. 

M%MU»VM<IVMt««rmVVkwvM«IVHVV1«V\VtMlMílHI«lkMWM%WrM 



JOHAN ESTEVE, deBezers. 

7226. 

Pastorelxa que fes J. Esteve , en i/an 1275. 



J_J'autrier él gai temps de pascor 
Quant auzi'ls auzeletz cantar , 
Per gaug que m ven de la verdor 
M'en issi totz sols delechar ; 
Et en un pradet culhen flor 
Encontrei pastora ses par 7 
Cuend' e plazen ; 
Mot covinen , 
Anhels seguen. 
La flor culhen 
Dizia 

Qu'anc dia 
De far amic non ac talen 7 
Quar via 
S'en cria 
Don malvestatz pren naissemen. 



OCCITANIEN. 345 

Saludiei la , quar à gensor 
No cre qu'om vis anhels gardar ; 
Et elha mi , don ac pavor 
Quar no m vi tro m'auzi parlar ; 
E dis : senher , no m'a sabor 
Qu'aiatz aissi faitz vostr' anar. 
Pecx etz de sen 
Non per coven. 
A dieu me ren , 
Qu'anatz queren ? 
Parria 
Qu'espia 
Fossetz de qualque folla gen , 
Ous guia 
Falsia 
Del fals plazer qu'amors desmen. 

Greu pot hom jutjar per semblan , 
Toza , fi m'ieu , senes falhir ; 
Quar mant bo ten hom per truan 
E mant malvat vei mout grazir. 
Per queus prec que d'aissi enan 
Yulhatz ans que parletz auzir : 
Que ieu non so 
Sers d'ochaizo ; 
Mas sius sap bo 
M'amor vos do. 
Trobada 
Pus fada 
Yos agr'ops , senher , acsetz : no 
M'agiada. 
L'estrada 
Seguetz , anatz ; faitz vostre pro. 

Toza , fi m'ieu , ans que m'en an 
Yos farai lo dous joc sentir , 
Qu'entre amiga et aman 



3/ í 6 EE PARNASSE 

Se fai , mar ges nous vuelh aunir. 
Tan me platz vostra beutat gran , 
Qu'estiers de vos no m vuelh partir 
Qui m mou tenso 
D'aital razo 
No sap qui mso, 
Senher , ni co 
Irada , 
Torbada 
M'en fetz l'autrier un folh cusso. 
Mainada 
Blasmada 
No vuelh e' mi aia parsso. 

Toza cuenbta , tal que m vejatz 
Beus valrai ieu mais que pus belh 
Que d'aver sui rics e bastatz 
E far vos n'ai part cors irnelh. 
Per queus prec que m'amor vulhatz , 
E fassam lo dous joc novelh 
Ins el jardi , 
Lai sotz selh pi • 
Que mais ses íi 
Valretz per mi. 
Ma pensa 
No s gensa , 
Senher , al vostre pro ; quar si 
Entensa 
Ges tensa 
Acsetz ; tengratz vostre cami. 

Na toza , si vos sabiatz 
Can gent vas amor mi capdelh , 
Cre que de las flors qne portatz 
M'en fessetz leumen un capelh. 
Mantenen menan gran solatz 
Intrem no'n sotz un arborelh. 



OCCITANIEN. 347 

Don s'esjauzi , 
Quar son pretz íì 
Non l'esvazi ; 
E dis aissi : 

M'agensa 

Que " m vensa ; 
Senher , vostr' amor ses tot si. 

Plazensa , 

Parvensa 
M'avetz. Ab aitan fezem fi. 

Suffrensa , 

Valensa 
A'n Guillem de Lodev' ab si , 

Qu' ofensa 

No s pensa 
Mar al Belh-rai qu'ani mais de mi. 



7220. 
Retroencha qve fes J. Esteve ; 1281. 



LJi m vai be ques ieu non enveî 

D'est mon autra benanansa. 
Ricor de comte ui de rei 

No cre m des tan d'alegransa 
Quo fai la geusor , 
Qu'es de beutat ílor 

A tria ; 
Que ieu ai s'amor 
Et i II ass' onor , 

L'amia. 
Ben dei cantar gaiamen , 
Pus ai tan gai jauzimen. 



3 48 LE PARNASSE 

Quar am lieis enaissi que mei , 
Et ilh me d'aital semblansa; 
Et em d'un cor e d'una lei. 
Non es grans meravelhansa 
S'ieu ne fas lauzor , 
Quar non sai melhor 

Ni s lia 
El mon bellazor. 
E qu'ieu amador 
Sieus sia ; 
Ben dei , etc. 

La bella à cui eu soplei 
Me dobla la benanansa 
En que m ten , quar sa beutat vei 
Que non a par ni engansa : 
Qu'ab sa resplandor 
Tud' autra clardor , 

Quo'l dia 
L'estela d'albor. 
Per que m'a sabor 
Qu'ieu dia : 
Ben dei , etc. 



Franquez'e bontat a ab sei 
La gaia res ses duptansa ; 
Que platz li que m'en esbaudeî , 
Quar sap qu'enantisc s'onransa 
Per que m'avigor 
Gais jois , qui qu'en plor 

O'n ria. 
Doncx pus chantador 
M'a fach ses clamor 
M'amia , 
Ben dei , etc. 



OCCITANIEN. 349 

Ieu clian gaiamen quo far deî ; 
Quar gaia domna m'enansa 
Ab gai cors , à cni platz domnei 

Quant honor noi pren mermansa. 
Mai m'es que seror , 
Quar ilh me secor 

De guia 
Qu'ieu no m sent dolor 7 
Mas jois ses error 
Que m guia. 
Ben dei } etc. 

Guillem a valor 
De Lodev' e cortezia j 
E'l Belh-rai franquor 
Qu'ieu gais per s'amor 
Estia 
Ben dei cantar gaiamen y 
Pus ai tan gai jauzimen. 



7226. 

La 2.* PASTORELLA, l'an 1283. 



E 



.j l dous temps quan la flor s'espan 
Sus él verjan ab la verdor , 
M'anava totz sols rlelechan , 
Del joi pessan que m vcn d'amor. 
En un devcs ,-nihcls garan 
Ieu vi denan ab un pastor 

Gaia pr.storella , 

Covinent e bella , 

Que vesti gonella 

D'un drap vetat belh ; 
E'l pastorelh. 



35o LE PARNASSE 

Pres d'elh me mis en loc rescos , 
Que nulh d'amdos no m posc vezer , 
E'l paslora moc sas razos 
Com gai'e pros ; e dis : per ver , 
Gui , mou paire m vol dar espos 
Yielh , raïnos , e ric d'aver. 
Mal' er la chauzida , 
Dis Gui , sius marida , 
Na Flors , eus oblida 
Selh que per marit 
Avelz chauzit. 



En Gui , mos cors vos es volvens , 
Quar paupramens vos vei estar. 
Na Flors , paupre jov' es manens , 
Quan viu jauzens , pus ses duptar 
Que'l vielh ric qu'es tot l'an dolens ; 
Qu'aur ni argens no 1 pot joi dar. 

En Gui , que queus aia 

Dig , amor veraia 

Vos port , nous desplaia ; 

Que fin cor verai , 
Amics , vos ai. 



Del loc don los agui scotatz 
Vengui empatz tro elhs ses brui , 
Baizan los trobiei abrassatz , 
D'amor nafratz , joi entr' amdui. 
Saludiei los , mas ver sapchatz 
Que saludatz per elhs no fui ; 

E'l pastora blonda 

Dis non jauzionda : 

Senher , dieus cofonda 

Qui joc jauzion 

Toih al belh blon. 



OCCITANIEN. 35* 

Na Flors , per queús desplatz de mi 
Mas quez à'n Gui quar aissi so ? 
Senher , vos nostres noms cossi 
Sabetz aissi ? Ans me sap bo. 
Na Flors , tan pres era d'aissi 
Que'ls noms auzi e la tenso 

Senher , noi fo facha 

Folor ni atracha. 

Toza , qui s'en gacha 

De ben fai atrag 
Qu'a tostemps fag. 

Ma razo retracha , 
Ses tota empacha 
Parti m de lur pacha ; 
Non lur fi empag ; 

Pus ni retrag. 

En Guillem a facha 
De Lodeva gacha 
De valor antracha 7 
Per qu'ieu s'onor gach f 

Bel-rai ; be fach. 



7226. 



Vaqxjiera qtje fes J. Esteve ; 1 288. 



o 



gan ab freg que fazia 
En la chalenda d'ubril , 
D'Olargue pel boi venia 
Sols cavaigan tost e vil ; 
E vi de pres d'un cortil 

Vaquiera , 
Ab una vaca sotil 



55a LE PARNASSE 

Et ab so vedelh 

Que gardava ; 

Et orava 
Mout dcvotamens , 

E baissava 

E levava 
Co fai contenens. 

Ves lieis tengui dreg , l'estrada 
Laissiei e mon dreg cami. 
Quan me vi'l gen faissonada 
Venir , s'orazo feni , 
Saludiei 1 ez elhami, 

La genta , 
E m senhct e m benezi 
Co si mort me vis. 
Toza cara 
Queus fai ara 
Si me benezir ? 
Senher , car a 
Vostra cara 
Semblan de murir. 

Toza , vos qu'etz plazenteira 
No m digatz mon desplazer , 
Qu'ieus port amor vertadeira : 
Siatz ab me d'uu voler. 
En dieu aialz vostr' esper , 

Que vida ; 
Senher , nous conosc per ver : 
Membreus de la mort. 
Toza , gaire , 
Per mon paire , 
Vos no m conortatz. 
Senher fraire ; 
A mal aire 
Us vei ; de que m desplalz. 



Vos 



OCCITANIEN. 555 

Vos m'en guerretz leu , na toza ; 
Si m'autrejatz vostr' amor. 
Senher , de dieu sui espoza , 
Qu'ieu no vuelh autre senhor. 
Toz' an vos facha menor 

Bechina ? 
Senher , pel rei qu'ieu azor ; 
Non ; mais per mon cor 
Vuelh servire 7 
Tro fenire , 
Aquelh que per nos 
Volc sufrire , 
Ab martire , 
Greu mort en la cros. 

Quar servir dieu vos agensa, 
Toza , n'ai gran alegrier. 
Senher , mortz me fai temensa ; 
Q'uei non es vius quiu fo ier ; 
Q'us no sap jorn vertadier 

Ni hora ; 
E pert lo dous gaug entier 
Qui mor en peccat. 
Toza gaia , 
A dieu plaia , 
Si cô'I mon soste ; 
Que savaia 
Mortz nos traia : 
E Viriei mon fre. 

Con que vaia ; 
' Guillem , gaia , . 
De Lodev' ab se 
Pretz qu'esmaia 
Gen savaia 
E'ls yalens maute. 

25 



554 LE PARNASSE 

Mombeih, raia 

Ta veraia 
Bcutatz , qu'om no cre , 

Sol que l'aia 

"Vista , n'aia 
Tan luuh' autra re. 



TROUBADOURS INCONNUS , 

O V 

Dont les articles sont peu importans , selon Millot. 
Hist. littéraire des troubadours. T. III ; p. 586. 

rvv/vx. 'VVW'WW "WW 

ALBERTETZ CAILLA. 

"J225. 

Albertetz Caim.a si fo uns joglars d'Albezet. Hom fo de pauc 
vallimen ; mas si fo amatz entre sos vesins e per las doinnas 
d'AIbeges. E fes una bona causon j e fes sirventes : mas el nou 
issi de la soa encontrada. 



ALEGRET. 
3794 , 7226. 

ì\ra pareisson ll'aubre sec 

E bruuisson li elemen , 

E vai la clardatz del temps gén, 
E vei la bruma qui fuina , 
Don desconortz ven pel mou à las gens j 
E sobretot als auzels , que son mec 
Per lo freg temps qe si lur es prezens. 



OCCITANIEN. 555 

E per pauc quc totz vius no sec 
D'un gran mal que m fcr cu la den , 
Quan mi sove de l'avol gen 
Cui mal escaseditz bruina. 
Mas quo m'en val precs ni castiamcns ? 
Qu'anc albres sec flor ni frug no redec , 
Ni malvatz liom no pot csser valens. 

Jovent vci fals e llac c sec , 
Qu'à pauc de cobeitat no fen. 
Qui pros fon ara s'en repeu , 
Et es ben d'avols cscuraa , 
Qu'anc proeza \\\\ dia no fou sens. 
E se'l bos fatz à la fin no parec , 
Tot quant a fag le senhcrs es niens. 

Larguetatz se planh d'un mal sec , 
Qu'a penas au ni vei ni sen ; 
Greu mal n'a mas pcger l'aten , 
.Qu'ades la pel' e la pluma 
Escassedatz , una vertilz tenens 
Que creis er tant et entrc'ls plus rics crec , 
Q'us per oc dir non auz' obrir las dens. 

Aquels son dins e defor sec 
Escas de fag e larcs de ven ; 
E pagan home de nien , 
Qez aitals es lur costuma j 
Et enujos , volpils e recrezens , 
Qu'entre mil un non vei ses qualque dec , 
Mas le scnhor de cui es Occideus. 

Qu'cl non a cor ges flac ni sec 
Com an pel mon poestatz cen , 
Qu'en lui s'apiia e s'apen 

Procza. siyals ab pluma. 



556 LE PARNASSE 

Per tot vola sos pretz entre'ls valens 
Sobre trastotz ; et aug o dir à quec 
Qu'el es ie miells dels reis plus conoissens. 

Pels maritz drutz vei tornar sec 
Domnei , quar l'uns l'autre cossen. 
Qu'il sieu con laiss' e l'autrui pren r 
El frou li'n sors un' estruma 
Que lli er jasse mentre viva parvens : 
E coven se qu' e' L'enap ab que bcc 
Lai lo cogos beva sai lo suí'rens. 

ITuei mais fenirai mon vers sec ; 
E parra pecs al non saben 
Si uon a dobl' entendemen. 

Qu'ieu sui cell que'ls motz escuma 
E sai triar los auls dels aviuens : 
E si fol ditz qu'aissi esser non dec , 
Traga s'enan ; qu'Alegrel n'es guirens. 

Si negus es del vers contradizens 
Fassa s'eoan , qu'ieu dirai per que m lec 
Metr' en est vers tres motz de divers sens. 



ALMUCS DE CASTELNOU et N'ISEUS DE 
CAPNION. 

S. e Palaye. Mauuscrit iu Vatican 3207. 

N'Tsecs de Capnion ti prptret mo dompna Almiics i>e Castelnou 
qu ela perdones à'n Gigo de Tornen , q'era sos cavaliers, et avia 
faich vas ella gran faillimen , e no s'en pentia ni non dernandava 
perdon. 



OCCITANIEN. 35 7 

Dompua n'Almurs , sious plages 
Beus , volgra pregár d'aitau , 
Qe l'ira e'l mal îalan 
Vos fezes tenir merces 
De lui qe sospir' e plaing , 
E muor langrat e s complaing , 
E qtiier perdon humilmen. 
Betis f'atz per lui sagrameu , 
Si tot li voletz fenir , 
Q'el si gart meilz de faillir. 

Ma dompna n'Almucs , la cals volia ben à'n Gisro ùV Torno , 
si era mout dolenla car el non demaudava perdon del fa ; !limen , 
e respondet à ma dompna n'íseus si com dis aqesla cohlu. 

Dompna n'Tseus , s'ieu saubes 
Q'el se pentis de l'engan 
Q'el a ait vas mi tan gran , 
Ben s"ra dreich qe n'agues 
Merces ; mas à uji no s taing , 
Pos qe del tort no s'afraing 
Ni s penlìs del faillimen , 
Qe n'aia mai^ chauzimen. 
Mas si vos faitz Iui peutir , 
Leu podes mi couvertir. 

»*»v*v»»»»'W»vvv^vvw»lxvtvvW«VV*W»w»lwl-vvwvv*»rt*VW 



ARNAUT PLAGES. 

3794 , 7226, 7698. 



B 



'e volgra midons saubps 
Mon cor ;iissi com ieu'l sti ; 
E qtie l plagues qu'ieu fos lai 
On es sos gais cors cortes. 

E si dic sobransaria 

Digas , e cujas que sia ? 
Ieu non , que no m sent tan rics. 
Suefre , mas no t'amendics ; 
Que de ben leu s'avenria. 



358 LE PARNASSE 

Avenir ? dieus o volgues ! 
No pot lo ? Pcr dicu si fai. 
E quom ? Ieu vos o dirai. 
Digaiz com. S'à lieis plagues. 
Plazer à lieis ! Cum plairia ? 
Levet , s'amors o voiia. 
Amors ? Oc. lesl li on mics ? 
Ieu noii . ans cstauc enics 
A quascun que la galia. 

Sncfrc ; qu'enquer n'auras bes. 
E co'u ? Que'ls mals adcs n'ai. 

? Ja no digas jamai. 
E per que ? Quar ges non es. 
Non es mals qu'aissi m'aucia 
Languen ? Lo non , qu'en un dia 
Er tos bes si no t'en gics 7 
Ab sol que no la cambics. 
E morrai ? Oc , si s volia. 

Si s vol ? Oc. Valra m merces ? 
Ab cui ? Ab leis ? Oc. No sai. 
E per que ? Quar no s'escai 7 
Que trop t'iest en ric loc mes. 
Rics ? Per crotz 7 ben o sabia. 
E doncs no fezist follia ? 
Laissa t'en. INo m'en castics , 
Qu'aisso no t'es mas destrics ; 
Que ja no m'en laissaria. 

îío t'eu laissarias ges ? 
Non ieu. Doncs aissi o fai 
Com ieu t'o enscnhaiai. 
Sias adreitz e cortes , 
Francs e de bella paria ; 
E fai so que ben estia 
Quan poiras 7 e no t'en trics , 
Qu'aissi deu renhar amics. , 
Oc ? E mielbs , si mielhs podia. 



OCCITANIEN. 35 9 

Na Felipa , s'ieu avia 
Tal rictalz don ieu fos rics , 
Atressïus seri' amics 
De ben dir si com solia. 

Canso'n Castella ten via 
A\ rei , qu'adob.i'ls destrics 
Qu'om pren ah los avols rics y 
Quant es en lur companhia. 



AZEMAR lo NEGRES. 

'JllS. 

N Azfmar lo Negbes si fo del Castel vieil d'Albin. Cortes hom 
fo e gen parlana ; e fo ben honrat entre las bonas gcna , per lo 
rei Peire d'Aragon e per lo Comte de Tolosa , per acjuel que 
fon dezeretatz , aui l donet maisons e teiras à Tolosa. 



1 



7. 2 



5-6. 



J 



\ d'ogan pel temps florit 7 
Ni per la sazon d'abril 
No fera mon cant auzir. 
Mas cella que s fai grazir 
A tot lo mond' ct à dieu 
M'a mes en sa senboria , 
E vol que tostemps mai sia 
Tolz mos afars en son fieu. 

E quar m'a d'autras partit 
E vol qu'eu s'amor m'apil ? 
Fassa m denan se venir 
E do m so qu'ieu plus dezir. 



300 LE PARNASSE 

Qu'ilh sab be tot quan volh ieu. 
Pero no dic qu'en un dia 
Me don lot quant ieu volria ; 
Mas d'aisso que l'es plus lieu. 

Que'l cor él cors ni'a sazit ; 
E m mes en estrech cortil 
Don jamais no volh issir ; 
Que so 1 dis al departir 
Qu'aissi m tengues tot per sieu , 
Qu'autra part non i avia : 
E pogues dir fos mia 7 

Plagu rn à cui que fos grieu. 

Míis ieu no l'aî tan servit 
Qu'en posc' aver joi tan vil ; 
An^ sai que m'er à suffrir 
Mans mals si m'en volh jauzir. 
Pero quant hom vei romieu 
Cochat , s'almorna 1 fazia 
Honors e bes li seria : 
Domna y vos m'en faitz en brieu. 

Qu'aissi m'an voslr' olh ferit 
Els mcus d'un esgard gentil 7 
Qu'ins él cor lo m fan sentir ; 
E noi a mas del morir , 
Si vos que tenetz lo mieu 
îîo m socoretz , douss' amia : 
Mas ieu m'en lau totavia 
Des que m mandetz en un brieu. 

Domna , quan be m'o cossir , 
No sai autra de sotz dieu 
Que bona ni bella sia , 
Que si de vos aprendia 
îíon meillures tot lo sieu. 



OCCITANIEN. 36 1 

Tra du ction de cette pièce. 

J\vx chansons j'avais dit adieu , 
Quoique la saison soit nouvelle ; 
Mais il faut obéir à cellc 
Qui plaît au monde ainsi qu'à dieu. 
Elle 'm'a dans sa seigneurie , 
De son fief de'pend mon avoir j 
Et je n'ai plus d'autre vouloir 
Que d'être son serf pour la vie. 

Désormais mon sort sera doux } 
Elle m'a promis sa tendresse : 
Depuis ce moment je la presse 
De m'appeler à ses genoux. 
Non pas que mon amour pie'tende 
En un seul jour tout obtenir : 
Ce qui peut lui mieux convenir 7 
Voilà ce que je lui demande. 

Saisi , dans scs fers arrèté , 
Je trouve la charge le'gère ; 
Et cettc prison m'est trop chère 
Pour réclamer ma liberté. 
Coutent d'ètre sien sans partage , 
Heureux de vivrc sous sa loi f 
Si je puis dire elle est à moi 7 
Les envieux mourront dc ra£;e. 

Pour nourrîr cet espoir ílaUeur 
Je n'ai pas d'assez longs services ; 
Et par de constans sacrifices 
Je dois me'riter ce bonlieur. 
Mais puisqu'une main charitable 
Fait l'aumône au pauvre passant , 
Pourquoi ma dame à son amant 
Serait-elle moins secourable ? 



5Ga LE PARNASSE 

Vos yeux, pleins de cette candeur 
Qui malgré soi force à se rendre , 
M'ont frappé d'un regard si tendre 
Qu'il a péiiétre' dans mou coeur. 
Je mourais sans votrc assistance , 
Douce beauté , c'en était i'ait ; 
Mais j'ai rejçu votre billet, 
Et je conserve l'espe'rance. 

Q'une autre soit ct bonne et belle ; 
Je n'en conuais point sous les cicux 
Qui ne changeât dc bien cn mieux 
En vous choisissant pour modèle. 



BERNiT. 

2^01 , 7698. 



G 



ìusselm, no m puesc estener 
Qu'ab vos iratz no contcnda } 
Que talan ai que defenda 
Las d'omnas à mon poder , 
Que vos aug descaptener. 
Q'una m rent cortez' esmenda 
Que m'avia fag doler , 
Per qu'ieu en lur captener 
Tanh que mos bels ditz despenda. 

Bernat , be sapcbatz de ver 
Que no vczem que be prenda 
A nul qu'en donma s'entenda. 
Per qu'ieus o fauc ans saber 
Que foi von fassatz tener 



OCCITANIEN. 563 

Ni qu'ela s'amor vos vcuda ; 
E noi motaíz vostr' aver 7 
Que be poiratz decazcr , 
S'aviatz mil marcx de renda. 

Gausselm , nous des pius paor 
De mi qu'icu eis ni temensa ; 
Qu'en tal domn' ai m'cntendensa , 
Cui ser e prec et azor , 
Que sab valer part valor. 
Mas vos i faitz gran íalhensa 
Quar descaptenes amor ; 
Qu'amor melhura'l mclhor 
E l'aut auss' e'l gensor gensa. 

Bernat , per so n'ai temor 
Quar conosc la mens-valensa ; 
Qu'elas ab bela parvensa 
Fan lo for del brezador 
E tornon hom à folor : 
E quan l'an cn lor tenensa , 
Segon que dizon l'auctor , 
Meton l'en tan gran error 
Don ja non aura guirensa. 

Gausselm , e com auzatz dir 
Qu'engans si' cn amor fiaa , 
Vas cui tot lo mon aclina ? 
Qu'ella fai gent esbaudir 
L'irat e'l paupr' cnrequir 
Ab una cucnda mezina ; 
Que ja pois al mieu albir 
Hom no pot dolor sentir 7 
Mas cla 1 sia vezina. 

Bernat gardatz de trahir 
D'esta vostr' amor frairina , 
Eu cui malvestat s'aizina. 
Mas si 1 volelz bcn servir 



364 LE PARNASSE 

Ni sos talans ademplir , 
Corba'lh be soven l'esquina ; 
E gardatz vos al partir 
Que nous puesca escarnir , 
Qu'ela sab trop de rapina. 

Gausselm en vos no taina 
Yilas motz ni lagz à dir ; 
Per qu'ieu volh aissi fenir 
Ma razo qu'es bon' e fina. 

Bernat , anc d'amor canina 
No vim nuls home jauzir ; 
E si non voletz gequir , 
Tireus lo cat per l'esquina. 

%%.% 'V%"»*%-%-\^'X.-*'VX.%.»^/% VV'VVV%<V-V-\'V'V^.VrV->%/V/%%^V%'V"V^-\.-V'V *%-%>% *^VV"V-%%rV%%%j 



BERTRANS del POJET , Poget o Puget. 



■J225. 

BerthAns del Pojet si fo un gentils caslellans de Proensa , de 
Teunes , valeuz cavalliers e larcx e bons guerriers. E fes bonas 
cansos e bons sirventes. 



■ŷ2a5-6 , -^6 1^- 



D, 



'e sirvcntes aurai gran ren perdutz j 
E perdrai eo c-.icaras un o dos 
Éls rics malvatz on pretz es remazutz , 
Qu'à lor no platz donars ni messios , 
Ni lor platz res que taingn' à cortesia , 
Mas be lor platz quant ajoston l'argen : 
Per so mais n'a cel que lo met pus gen , 
C'onors val mais quez avol manentia. 



OCCITANIEN. 5C5 

Ja no serai desmentitz ni venculz 
Qu'anc hom escas no fon aventuros ; 
E se n'i a un qu'en sia cregutz ; 
Donc el n'a fait alcun fac vergonhos. 
Qu'avers no vol solatz ni leugaria ; 
Ni vol trobar home larc ni meten ; 
Ans lo vol tal qu'estei aunidatnen 
E tal qu'endur so que manjar deuria. 

Que val tesaurs qu'ades es rescondutz 
Ni qual pro tenc à nul home qu'anc fos ? 
Aitan n'ai eu , sol no sia mogutz ; 
Com an aquiil que'l tenon à rescos. 
Qu'à mi non cost' un denier si s perdia ; 
Et ill an tot l'esmai e'l pensamen ; 
E quan perdon l'aver perdon lo sen , 
Et à mi an pro donat de que ria. 

Per valens faitz es hom meils mautengutz 
Et aculhit et honratz per los bos ; 
E n'es hom meils desiratz e volgutz , 
E'n pot menar plus onratz compauhos. 
Que malvestatz ab pretz no s'aparia 
Ni s'acordon per lo mcu ensien ; 
Que pretz vol dar e metre largamen ; 
E malvestatz estreing e serr' e lia. 

Lai à'n Guillem Augier , on pretz s'eslutz, 
Tramet mon cant , quar il es cabalos ; 
E'ls enemics ten sobratz e vencutz ^ 
Et als amics es francs ef amoros ; 
Larcs et adregz e senes vilania ; 
E tot quant a don' e met e despen ; 
E non o fai ges ab semblan dolen ; 
Per qu'eu val mais ; ja tan pauc non metria, 



366 LE PARNASSE 



ELIAS FONSALADA. 

72^5. 

N Elias Fonsalada si fo de Bargairac , del evesquat de 
Peiregors. Bels hom íb molt de la persona , e fo fils d'un borges 
qui se fes joglar : en Elias lb joglars atressi. No bou trobaire mas 
noellaire fo j e saup ben estar enlre la gen. 

PONS FABRE , d'Uzes. 
2701 , 3794, 7226, C. 

JLiocs es qu'om se deu alegrar : 

E si tot 110 soi amaire , 

Si volh ïeu esser cantaire 
Et à locs mon saber mostrar. 
Qu'ieu dic que paucs ni grans avers 

!No val saber, qui l'avia ; 

Quar d'apenre quascun dia 
Creis als plus savis lor volers. 

Ses mezura sens ni sabcrs 

No val ni gran manentia : 

Pero locs es que seria 
Dans trop gardars e reteners. 
Locs es qu'om deu olrapassar , 

Locs de calar , locs de braire , 

Locs de douar , locs d'estraire , 
Locs de sen , locs de'follejar. 

Qui son bon pretz vol tener car 
No sia fols 11 i gabaire ; 
Quar fols es qui vol retraire 
So que sab ni fai à celar : 



OCCITANIEN. 067 

E fols qui vol dir totz sos vers , 

E íols qui ea fol se fia 7 

Fols qui falh e no s castia ; 
E fols qui sec tolz sos volers. 

Quascus deu entendr' eu plazers , 

Gardau se de vilatiia ; 

E que fassa quascun dia 
De ben segon qu'es son poder. 
Quar pos que s vol desmezurar 

Son pretz no pot durar gaire ; 

Quar mezur' essenh' à faire 
So per que bou pretz pot durar. 

Qui grau cor a de largucjar 

Saber deu don o pot trairc : 

No dic qu'om se dej' estraire 
De valcr , ni no s tanh à far. 
Graus afans es lo conquerer 7 

Mas gai'dar es mujestria ; 

E qui pert per sa follia 
No sab quals afans es quercrs. 



GARINS lo BRUS. 

7220-6 , 7698 , M. 

IV 

J.1 oitz e jorn sui en pessamen 
D'un joi mesclat ab marrimen j 
E no sai à qual part m'apen, 
Aissi m'an partit engalmen 
Mezur' e leujairia. 

Mezura m ditz suau c gcn 
Que fassa mon afar ab sen ; 



568 LE PARNASSE 

E leujairia la m desmcn ; 
E ditz que si trop m'i aten 
Ja pros uo serai dia. 

Mezura ni'a essenhat tan 

Qu'ie m sai alques gardar de dan, 

De fol e de datz e de fan j 

E sai be cobrir mon talan 

De so que plus volria. 

Leujairia no m pres' un guan 
S'ieu no fau so que'l cor me man , 
E tuelli' e do e l'aver s'an : 
Quar qui plus n'a plus pren d'engan 
Quan ven à la partia. 

Mezura m fai soven estar 
De manh rir' e dc trop jogar ; 
E m veda quan vuelh mal parlar ; 
Ni si vuelh trop mon aver dar 
Ella m dilz que m n'estia. 

Leujairia m tol mon pessar , 
E m ditz que per trop castiar 
Non dei ges mon taiau laissar ; 
Quar si tot fatz quan poirai far 
Non er la colpa mia. 

Mezura m ditz qu'ieu non domnei 
Ni ja per domnas no follei ; 
E s'amar vuelh esguar ben quei ; 
Quar si penre vuelh tot quan vei 
Leu m'en segra folia. 

Leujairia m mostr' autra lei t 
Qu'abratz e percol e manei , 
E fassa so qu'al cor m'estei ; 
Quar si no fatz mas tan quau deí 
Meta m en la monjia. 



Mezura 



OCCITANIEN. 56g 

Mezura m ditz non si' escas 
Ni ja trop d'aver nou arnas , 
Ni non dar ges tot quan que as ; 
Quar si dava tot quan mi plas 
Pueis de que serviria ? 

Leujairia m'esta de las 
E ditz mi , e tira m pel nas , 
Amics , ben leu deman morras : 
E doncs pus seras mortz él vas 
Avers pueis que t faria ? 

Mezura m ditz suau e bas 
Qu'ieu fassa mon afar de pas. 
E leujairia ditz : que fas ? 
Fai ades aita quan poiras , 
Que'l terminis s'enbria. 

Messatgier lo vers portaras 
N Eblon de Senhas , lo m diras 
Si cum Brus loil envia ; 
Al partir lo m saludaras 

E pueis ma douss' amia. 

E digas me quan tornaras 
Quals d'aquestz dos cosselhs penras ; 
Qu'ieu vuelh n'aias la tria. 



GUIRAUTZ D'ESPANHA, de Tolosa. 

7226 , 7698. 

^'iexj en pascor no cantava , 

Pos la fresca fuelha creis 

E la blaua flor pareis , 

Si negus hom m'en blasmava 

24 



570 LE PARNASSE 

No m'en meravellaria y 
Quar seria 

Ben razos que m'en blasmes ; 

Per qu'ieu tenc cantar apres : 
Mas pauc mi val mos cants , tant es valens 
Silh de cui cant ab qui m falh cauzimens. 

E sembla m qu'autres deuria 

Esser sos captenemens 

Ves mi , que 1 sui bevolens 

Plus que dire no 1 sabria ; 

Qu'ilh m'es orgolhoz' e brava , 
E semblava 

Ses orgolh ans qu'ieu l'ames. 

Mas si cauzitoens estes 
En loc d'orgolh en lieis 7 ieu fora reis 
Del joi d'amor , tan valgra mos domneis. 

Ai ! las , e tan ben m'estava 
Tro qu'amors tan aut m'empeis ! 
Qu'anc pueis no fui mieu mezeis , 
Qu'adoncs orgolh no duptava. 
Pero no m'en planheria 

En tal guia 
Per que midons me perdes ; 
Que'l loc on ilh ten sos pes 

M'es mil aitans per vezer pus plazens ; 

Que lot quan vei entre las autras gens. 

Quar en lieis es cortezia , 
Beutatz et ensenhamens j 
Et à laus dels conoissens 
Fin pretz e plazen paria. 
E si d'orgolh si lonhava 

O s mermava , 
Ab que merces s'aprusmes 
Tan q'un pauc de mi 1 membres , 



OCCITANIEN. 3 7 i 

Non es él rnon de nulla de las leis 

Tan plazen cors , ni anc genser no s seis. 

Lai entr'els llums d'Ertz e Sava 

Es , don m'en ven dous aureis 

Tempratz , no trop caut ni freis 7 

Que ma dolor assuava , 

Tan qu'ieu crei que si sabia 
L'amor mia ? 

Cum l'am , ja plus no m dones 

Sol mos cants auzir denhes 7 
Qu'ieu seria del sieu bel cors jauzèns : 
Ni non volh i-e don sos pretz valgues mens. 

Aissi cum li plaira sia , 

Qu'ie 1 serai obediens , 

Quar ges nuls afortimens 

Contra lieis pro no m tenria. 

Ans sai que si m desviava 
Ni ponhava 

Quossi sos cors m'azires 7 

Que mortz m'en penri' ades : 
Et ab un pauc , tan m'en ven grans esfreis , 
Per sol est dig no pren gran malaveis. 

Senher n Autrejatz , ades 
Vos aug lauzar lueng e pres : 
E s'ieu midons e vos no vei breumens , 
Lo valens coms Carles n'er malmerens. 



GIRAUTZ DE SALAINGNAC. 

Giradtz dk Salahvòsac sî fo de Caersin , del castel de Salaingnac. 
Joglars fo , ben adreg hom fo è bèú cortês , e 'trobet ben e gen 
causons e descortz e siivèntés. 



5 7 u LE PARNASSE 



^22 



5. 



E 



isparviers et austors , 
E guirfals prendedors , 
E falcos voladors , 
E smirles montadors 
Voill eu , e pro de renda 
Am que met' e despenda , 
Qu'cnaissi m'er honors ; 
Que à totz los meillors 
Voill far don et esmenda. 

Mos levrers volvedors , 
Liamers frezadors 
Voill e los venadors , 
E chins de sers odors , 
E qu'eu lo glat entenda ; 
Be m platz aital fazenda : 
E voill hos cantadors 
E hos violadors , 
Car solas si remenda. 

Palafres amhladors , 
Beus e plan portadors , 
E destres corredors , 
Mans seingnals de colors 
Voill eu e manta tenda ; 
E qu'om per tot mi venda 
Tan qu'en don' als plusors. 
Als grans el als menors 
Voill donar lor vivenda. 

Reis et emperadors , 
Ducs , marques e comtors ; 
Castellans , valvasoi's , 
Tant es graus ma ricors 



OCCITANIEN. 5 7 3 

Queus voill , à mi s'atenda 
E mos pretz noi descenda. 
Tant voill d'enva'idors y 
Que castel fort ni tors 
Contra mi no s defenda. 



Los livres dels auctors 
Sai , e dels ancessors 
Los sens e las follors. 
Res no m faill mas amors ; 
O genser qui port benda 
Voilla c'à mi se renda. 
Si tot s'es caps e ílors 
De totas las gensors , 
De mi mcrces vos prenda. 



HAMEUS DE LA BROQUEIRA. 

7 6 9 8. 



M 



entre cme'l talans mi cocha , 

Ei amors , si amors ; 
Cantarai tot à estros 
De vos , car mi faitz amar 
Celeis que no m vol jauzir 
Ni de sos liueils esguarar. 

Per qu'ieu m'azir , 

Aisso m destrui , 
Mas lo joi de leis quar l'am me desdui. 

Per leis soi plus leu que trocha ; 
Ei amors ; si amors , 
Ieu fora plus deleitos 



5 7 4 LE PARTíASSE 

De burdir e de çantar 
S'ela m yolgues aculliîr. 
Mas aco l'es greus à far , 

C'on plus dezir 

Son cors mc fui : 
Mas lo joi de leis quar l'am me desdui. 

Bel cors , gens , dreitz, bela bocha, 
Ei amors , si amors , 
Et a blancas dens , hueils dos , 
E ví'jaire fresc e clar. 
Ins é mon cor vos remir , 
Quar per vósva pretz levar 
Et enrequir. 
Cascus eu brui , 
Mas lo joi de leis quar l'am me destrui. 

Non aic mais dolor ni cocha , 
Ei amors , si amors } 
îíi trebalh tan perillos 
Com aicel que m fai estar 
Per midons en gran cossir ; 
E no m'en vol ajudar. 
Ben dei morir , 
Aisso m destrui ; 
Mas lo joi de leis quar l'am me destrui. 

Si'l sieu cors ab lo mieu locha ; 
Ei amors , si amors , 
Cal que l'us sobres d'amdos 
Be m'en deuria prezar. 
Oc ieu be scues faillir 7 
S'aquest plailz pol acorda*- 
Ni avenir , 
Morrai per lui ; 
Mas lo jois de leis quar l'am me destrui. 



OCCITANïEN. 5-fí 



N UC DE LA BALCALAIRIA. 



N Ucs de la Bacalairia si fo de Limozi , de li on fo Gauselm 
Faiditz. Joglars fo de pauc valor , e pauc anet e pauc fo conogutz j 
e si fes de bonas cansos , e fetz un bon descortz e de bonas 
tensos. E ío cortes home , ben adreich e ben enseingnatz. 



2701 , 7225-6. 

Xer grazir la bon' estrena 
D'amors que m len en capdel A 
E per aleujar ma pena ; 
Vuelh far alb' ab son novcl. 
La nueg vei clar' e serena 7 
Et aug lo cant d'un auzel 
En que mos mals se refrena j 
Don quier lo jorn et apel. 

Dieus ! qual cnuech 

Mi fai la nuech ! 
Per qu'ieu dezir l'alba. 

Qu'ieu jur pels sans evangeli* 
Quez anc \ndrieus de Paiis } 
Floris , Tristan ni Amelis 
No foron d'amor tan fis. 
Depus mon cor li donelis. 
Un pater noster non dis , 
Ans qu'ieu disses qui es in celis 
Fon ab lieis mos esperis. 
Dieus ! etc 



3 7 6 LE PARNASSE 

En mar , en pla ni en roca 
No posc ad amor gandir. 
Mai non creirai gen badoca 
Que m fasson de licis pariir j 
Qa'aissi m punh al cor e m toca , 
E m tol manjar e dormir , 
Que s'ieu er' en Antioca 
Ieu volri' ab lieis morir. 
Dieus ! etc. 

Amors , ieu saupra gen lendre 
E penre ors o lhaupart , 
O per far fort castel rendre ; 
Mas ab vos no trob nul art 
]Ni no m plai ab vos couteudre. 
Qu'aissi com ai major part 
Sui plus volpils al defendre , 
E n'ai mil tans de regart. 

Dieus ! qual enuech 

Mi fai la ouecb ! 
Per qu'ieu dezir l'alba. 

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NA BIERRIS DE ROMANS. 
C. 



N, 



a Maria , pretz e fina valors, 
E'l joi e'l sen e la fina beutatz , 
E l'aculhir e'l pretz e las onors , 
E'l gent parlar e l'avinen solatz , 
E la doz car' e la gaia cuendansa , 
E'l dous esgart e l'amoros semblan 
Que son en vos , don non avetz engansa , 
Me fan traire vas vos ses cor nuan. 



OCCITANIEN. 3-7 

Per que vos prec sius platz que fin' amors 7 
E gausiment e doutz humilitatz , 
Me posca far ab vos tan de socors 
Que mi donetz , bella domna , sius platz 
So don plus ai d'aver joi esperansa ; 
Car en vos ai mon cor e mon talan , 
E per vos ai tut so qu'ai d'alegrausa f 
E per vos vauc mantas vetz sosphan. 

E car beutatz e valor vos enansa 
Sobre totas , q'uua nous es denan , 
Vos prec sius platz , per so queus es onransa, 
Que non ametz enjendidor truan. 

Bella domna cui pretz e joi enansa 
E gent parlar 7 à vos mas coblas man ; 
Car é vos es gaess' et alegransa , 
E tot lo ben q'om en domua deman. 



PEIRE BREMONZ lo tortz. 

-J225. ~ 

Peire Bremonz lo tortz si fo uu paubres cavalliers de Yianes ,• 
fo bons trobaire , et ac honor per totz los bons homes. 



PEIRE DEL VILAR. 

2701 , 7226. 

Ì3endatz vermelhs , endis e ros, 
E tendas e traps desplejar , 
Elmes et ausbercs ílamejar 
E brandir lansas e bordos, 



37S LE PARNASSE 

E cairels dessarrar espes , 

E ferir de brau de ruanes 

Veirem en breu , que'l lhaupart fenh 

Que sai per ílor culliir s'espenh. 

Pecs er si ses pro companbos 
Se pleja de las llors Iriar. 
Pero si ben vol anparar 
Lo castel , l'ala ni'l bastos , 
Passar pot Escots et Englcs ; 
Noroecx et Irlans e Gales : 
Mas tart n'aurail flor de ver senh 
Si de larc despcndre s'estrenh. 

E si l plai bella niessios , 
Gen prometre , largamen dar , 
Semblara del linba'ge car 
Efon foro'ls fraires valoros , 
N Anrics , en Richartz , cn Jofres ; 
E poira cobrar Guianes 
E Normandia ; don me senh 
Car plus tost non troba mantenh. 

Mot era genta l'ocaizos 
Que flor pogues Ihaupart mandar ; 
E sobre lui senhorejar ; 
E l'agues tot jorn à sos pros 
Per un pauc que de lui tengues. 
Mas la flor nasc en aital mes 
Que per tot s'espan et atenh , 
Si caut o freg non la destrenh. 

E fora genser la razos 
Que s coilesso del loc cobrar , 
On per Melchion e Gaspar 
Fou adzoratz l'altisine tos > 



OCCITANIEN. 5 79 

Que quan l'us a l'autre conaes. 
Car ses la decirua uon es 
Us taut caut qu'en armes un leuh , 
Ni'n baslis trabuquet oi genh. 

Al valen gai coms de Rodes 
Tramet mon novel sirventes , 
Que si 1 plai de s'amor mi deuh 
Far alque novel entresenh. 

Estiers do, qu'ieu non vuelh ni'n pren, 
Mas honor de son bel captenh. 



PEIRE GUILLEM. 

7225. 

Peire Guillems si fo de Tolosa , cortes hom e ben avinenz 
d'estar eiitre las bonas genz. E fez ben coblas , mas trop en 
fazia ; e fez sirventes joglaresc e de blasmar los baros. E rendet se 
à l'ordre de l'Espaza. 



^v\ vv« \v^% w^v^^ %-^^^% ^^»^.^ ^%/^%^ »^^^* «^<%*«*%«^ 

PEIRE MILON. 
M. 

Vj/iNT hom reigna vas celìui falsamen 
Qui l'onr' e 1 serv' e l'ama finamen , 
Ses tra'imen , per piegz deu hom tener 
De lui que d'autre , qui vol dir lo ver. 
Per qe ? Car cel en cui hom plus se fia 
Sens fadia pot meils l'om enganar , 
Qe cel de qui hom sap qe s deu gardar. 

Per qu'eu o teing plus à mal eissamen 
A lu falsa nou fer' az autra gen 
Del faiLlimen que m fes , c'ab ferm voler 
L'ai seivida de traslol mon poder. 



58o LE PARNASSE 

Pero nuls hom tan servir non poiria ; 

S'il servia malvaz seignor avar , 

Que ja'n pogues bon guizardon cobrar. 

Per qu'eu m'en part ses tot atendimen 
De s'amistat , que non ai plus talen ; 
E si m'enten en tal , c'al meu parer 
De sa ricor non pot nuls hom saber 
Meillor de lei ni ab plus cortesia , 
Ni que sia plus d'avinent afar , 
Tíi miels sapcha rire ni gen parlar. 

]Vi ges non cre , segon qe m'es parven , 
Qu'om sapch' él mon plus bella re viven , 
Ni qui plus gen sapcha pretz mantener. 
E si m'a dit q'eu aia bon esper 
El seu ric joi , e que l'am ses bauzia 
Totavia : car si ben o sai far 
Bon causimen poirai ab lei trobar. 

E pois lei platz c'aia enlendimen 
El seu bel cors amoros e plazen , 
Tan fermamen m'a tot al seu plazer , 
C'altra del mon no m pot mais retener. 
Amor m'a mes , que m ten pcr lei e mlia, 
En tal via c'un jorn me fa pensar ; 
Et un autre mi fa rir' e cantar. 



PEIRE DE VALERIA. 



: 



125. 



Peire de Valeria si fo de Gascoiugna , de la terra d 'on Arnaut- 
Guillem de Marsan. Joglars fo él temps et en la sazon que fo 
Marcabrus ; e fez vers tals com hom fazia adoncs , de paubra 
valor , de foillas e de flors , e de cans e de ausels. Sei cantar non 
agueu gran valor ui el. 



OCCITANIEN. 58i 



PISTOLETA. 

Florissait en i23o. Hist. génér. de Provence. T. II , p. 4i4- 

Pistoleta si fo cantaire d'en Arnaut de Maruoill e fo de Proensa j 
e pois venc trobaire e fez cansos con avinens sons. E fo ben grazitz 
entre la bona gen ; mais horn fo de pauc solatz , e de paubra 
enduta , e de pauc vaillimen. E tolc moiller à Marseilla ; e fes 
se mercadier e venc rics ; e laisset d'anar per cortz. 



2701 , 7226. 



M 



anta gent fas meravelhar 
De mi quar 110 cant plus soven 5 
Pero quascus sab son afar , 
Et ieu sai lo mieu eissamen. 
Qui gais non es cum cantara ? 
E si canta qni Fauzira , 
Ni à cui plai jois ni solatz ? 
Que'l plus jauzens mi par iratz , 
E'l plus larcs escas e marritz : 
Per que mon cant s'es adormitz. 

Pauc si fai rires ab plorar 
Ni paupres d'aver ab manens j 
Et escura nuech ab jorn clar , 
E qui re no val ab valen ; 
E pauc cavalier ab vila , 
Ni us malautz ab autre sa ; 
Et erguelh ab humilitat y 
E larguez' ab escassedat , 
E cortcs entre'ls descauzitz , 
Plus qu'austors mudatz ab sorilz. 



LE PARNASSE 

Tals tolh quc deuria donar , 
E tals cuja dir ver que men ; 
Tals cuja s autrui galiar 
Que si mezeis lass' e repren ; 
E tals se fi' en lendema 
Que ges no sab si'l se veira ; 
E tals es savis apcllatz 
Que fai e ditz de grans foudalz ; 
E tals es apellatz pctitz 
Quan s'escai es pros et arditz. 

No vuelh en cort ses gaug cstar f 
Ni ab baro desconoissen ; 
!Ni no m'azáut de trop gabar 7 
Ni de companha d'avol gcn. 
Mas lo coms de Savoya m'a 
Per amic e tostemps m'aura , 
Quar cl es savis e membratz 
E mante proez' e solatz 7 
Et es de lotz bos aips complitz : 
Ben aia huci aital razitz ! 

De tal sni hom que non a par 
De beutat ni d'enseuhamen ; 
E no m'en posc gaire lauzar 7 
Enans en plang e'n plor soven. 
E domna si merce non a 
Del sieu , doncas de qui l'aura ? 
Qu'amada l'aurai desamatz 
Tan qu'autre s'en for' enoiatz ; 
Et ieu , on plns mi fai ni m ditz 
De mal y en sui plus afortitz. 

Domna , estortz for' e gueritz 
Si'l be qu'ieu dic mi fos grazitz. 



OCCITANIEN. 385 



PONS D'ORTAFAS. 

2^01 , 7226. 

À3i ai perdut mon saber 
Qu'à penas sai on m'estau , 
Ni sai d'on ven ni on vau , 
Ni que m fauc lo jorn ni'l ser. 
E soi d'aital captenensa 
Que no velh ni posc dormir 7 
]Ni m plai viure ni morir, 
!Ni mal ni be no m'agensa. 

A per pauc no m desesper 
O no m ren monge d'Aniau , 
O no m met dins un loc frau 
On hom no m pogues vezer. 
Quar Irahitz soi en crezensa 
De cella qu'ieu plus dezir, 
Que m fa suspirau languir 
Quar mi franh ma coviuensa. 

Ja mai non cug joi aver 
Ni un jorn estar suau. 
Pos midons m'a solatz brau 
îJi me torn' en noncaler 7 
No sai on m'aia guirensâ ; 
Qu'on plus ieu pes e cossir 
Quo 1 pogues en grat servir 7 
Adoncs creis sa malvolensa. 

A gran tort me fai doler. 
Qu'ieu sia peudut en trau 
Si ja segui autr' csclau 
Pos m'ac prcs en son poder, 



384 LÉ PARNASSE 

Ni fis endreg lieis faillensa ; 
Mas sol aitan so m'albir 
Quar la lem e n'aus ben dir , 
E quar li port bevolensa. 



Per re no m posc estener 
Qu'ieu no l'am e no la lau ; 
Quar la gensor qu'om mentau 
Es , e non ment , e dic ver , 
Ab que prezes penedensa 
Del greu mal que m fai sufrir : 
E si s denhes convertir 
Er complida sa valensa. 

Ieu soi aissel que no tensa 
Ab sidons ni no m'azir ; 
Ni m sai de res enardir 
Mas de so qu'à ieis agensa. 

E soi sel que fai semensa ; 
E sai celar e cobrir 
Meils qu'autre drutz , e grazir 
Qui m fa secors ni valensa. 

RAINAUTZ E JAUFRE DE PONS. 



1225. 



Rainautz de poks si fo gentils castellans de Saint Onge , de la 
rnarqua de Peitieu , e seingner del castel de Pon , que sabia trobar. 
En Jaufre de Pon si era uns cavalliers del castel e que sabia asi 
trobar , e fazia teusos cou Rainautz de Pou. 

RICHAUTZ 



OCCITANIEN. 585 



RICHAUTZ de Tarascon. 
Florissait en 12 10. Hist. gúnér. de Provence. T. II , p. 4°9- 

7225, 

Richautz de Tarascon si fo uns cavalliers de Proeusa , del castel 
de Tarascon. Bous cavalliers fo d'armas , e bons trobaire e boa 
servire j e fez bons sirventes e bonas cansos. 



^225 , 7614. 



A, 



.b tan de sen com dieus m'a dat 
Sui crezens en la fe d'amor 7 
Car hom 110 pot aver honor 
Si non fa so qu'il a mandat. 
E'l mandamens es tan grans pros 
A cel qui de bon cor lo fai , 
Que pois n'es en pretz cabalos : 
Gardatz si fa ben qui s n'estrai. 

C'aissi fon partit et egat 
En la cort del ver dieu d'amor 7 
A dreit per lial jutjador ; 
Per qu'i' eras o tenc per proat 7 
Qne qui de son poder es bos 
Per bo 1 deu hom tener ses plai : 
E s'ama non am' en perdos , 
Que per dreitz amairilz l'escai. 

Mos ditz blasmaran li blasmat 
E cel que son fals ves amors ; 
E las falsas e'l trichadov 
An l'ns l'autr' aissi galiat 7 

25 



38(i LE PARNASSE 

Que cascuna n'a almens dos 
E cascuns d'els doas o mai : 
Don ; pois es l'etigans tracios , 
II gardon com be lor estai. 

Quan dui cor en un' amistat 
S'acordon per lial amor, 
Aquilh an de fin joi la llor. 
Et ieu c'o dic sai la vertat j 
E par als ditz de mas cansos 
Et en so qu'eras vos dirai ; 
Que non canta hom cossiros 
Per dreit ni marritz quant ha jai. 

Aital domna com per orat 
Am joves et es caps d'amor ? 
Oills rizens ab fresca color } 
Et a son cors bel e delgat } 
Lis e gras , gai et amoros , 
JVlil tans gensor que dir no sai , 
D'aut paratj' ab bellas faissos ; 
Et es tot bon quan ditz ni fai. 

Bonaventura , tant es pros 
E bella , que cascus retrai 
So qu'eu voill e que m platz de vos ; 
E tuit remanon en verai. 



SAILL D'ESCOLA. 

■J225. 

Saill de Scoia sì fo de Barjaiiac , d'uti rîc borc de Peiregorc , 
fils d'un mercadier ; e fez se joglar e fes bonas cansonetas. Et 
estet com na Inermada de Naibona ,' e quant ella inoi'i el se rendet 
à Bragaiiac , e laisset lo Lrobar e'l caular. 



OCCITANTEN. 58 7 



PIECES ANONYMES. 



M. 

Xer joi que d'amor m'avegna 
No m calgr' ogan esbaudir , 
Qu'eu no cre qu'en grat me tegna 
Cel qu'anc no volc obezir 
Mos bos motz ni mas cansos j 
Ni anc no fon la sazos 
Qu'ie m pogues de lui sofrir j 
Ans tem que m n'er à morir f 
Pos vei c'ab tal autra regna 
Don per mi no s vol partir. 

Partir m'en er ; mas no m degna , 
Que morta m'an li cossir : 
E pois noill platz que m retegna T 
Vueilla m d'aitant obezir ? 
C'ab sos avinens respos 
Me tegna lo cor joios. 
E ja à sidons no tir 
S'ie 1 fa? d'aitan enardir , 
Qu'ieu no 1 prec per mi que s tegna 
De leis amar ni servir. 

Leis serva ; mas mi'n revegna 
Que no m lais del tot morir ; 
Quar paor ai que m'estegna 
S'amors don me fai languir. 
Hai ! amics valens e bos , 
Car es lo meillcr c'anc fos ; 



38$ LE PARNASSE 

No vuillatz c'aillors me vîr : 
Mas no ìn volez far ni dir 
Con ieu ja jorn me captegna 
De vos amar ni grazir. 

Grazisc vos , con que m'en pregna ; 
Tot lo maltrag e'l consir ; 
E ja cavaliers no s fegna 
De mi , c'us sol non dezir. 
Bels amics , si fas fort vos 
On tenc los oillz ambedos j 
E plas me can vos remir , 
C'anc tan bel non sai cauzir. 
Dieus prec c'ab mos bratz vos ccgna ; 
C'autre no m pot enriquir. 

llica soi , ab queus sovegna 
Com pogues en loc venir 
On eu vos bais eus estregna ; 
Q'ab aitan pot revenir 
Mos cors , quez es envejos 
De vos mout e cobeitos. 
Amics no m laissatz morir. 
Pueis de vos no m posc gandir , 
TJn bel semblan que m revegna 
Faiz , que m'aucira'l consir. 



■7222. 

JT o s am fin' araor m'acort 
Què am fort 
Plazent domna gaia , 
Ben dei far plazcnt acort y 
Que desc;>rt 
Non tanb. qu'ieu retraja ; 



OCCITANIEN. 389 

L'amors m'a mes à tal port 
Oii deport 
Mos cors , c'or que m plaia. 
Ben tanh de mon fin acort 
Port 
L'onrat port 
Que'ls aimans apaia. 



Pos li dous consire 
Que m solon aucire 
Tenon mon cor gai , 

Ai! 
Ben dei motz eslire 
Per lieis qu'ieu desire , 
Qu'autr' amor no m plaí 

Mai. 
Sos gai cors plasens , 

Gens , 
E'l siei bel semblan 

M'an, 
Que res non es mens 

Sens ; 
Mi fan dir cantan 

Can j 
E cantars plazens 

Gens. 
Sabes per qu'ieu can 

Tan? 
Car fins entendens 

Dens 
Am e ses engan 

Blan ; 
E quar blan gausens , 

Mens 
En prez mon afan 

Gran. 



590 LE PARNASSE 

So qu'als autres fius aimaná 

Es afans , 
Es à mi gautz e dousors ; 

Car amors 
Vol qu'ieu am ses totz engans ; 

Totz mos ans , 
Tals que sobre las gensors 

Mes ausors. 
Amors , bcn es mos acortz 

Que acortz 
S'apel mos cantz tostems mais 
Entre'ls fins amahs verais , 
Cui plaz solaz e deportz ; 

Quc descortz 
Non deu far qui non s'irais : 

Per qu'ieu lais 
Descorlz per far acortz gais 

Entr'els gais. 



M. 



J. rop be m'estera si s tolgues 
Amor de mi et eu d'amor ; 
Qu'ieu d'el non ai ren mais dolor^ 
Et il vol de me tot son ses ; 
Qu'ieu chant e m deport e m solaz f 
Tíon per me , mais car à leis plas , 
Et il non faria per me 
Neus mals si m cujava far be. 

Amors ab vos no m val merces 
Ab franqesa ni ab dosor , 
Car vostr' orgoil ? vostra ricor 
Non vens humililalz ni bes. 



OCCITANIEN. $gi 

S'om vos blaudis vos menasas , 
Quius menasa vos soplejas ; 
E quius ama nul pro noill te , 
E quius vol mal gaug sen dese. 

Amors , de vos ai tant apres 
Que'l fals truan e'l trichador } 
E'l malvatz e I'enganador 
Que s feinnon de non re cortes , 
An de vos lo baisar e'l braz } 
E per bon' aventura jaz j 
E vers amics de bona fe 
Non auran ja ni co ni que. 

De domnas n'i a mais de tres 
Que , quan remiron lur color 
E lur beutat él mirador , 
Non cujon que sia mais res. 
Pauc an ligit , so sapiaz , 
Con beutatz vai e fail viaz ; 
Qu'en pauc d'ora'l plus bella ve 
Aco secs que sol vezer ple. 

Enan volgra que s'avengues 
Que s'acordeson entre lor 
Cil qui son lial amador , 
Que ja negus precs non fezes ; 
C'adoncs paregron li malvatz 
E las malvaizas à un laz ; 
C'an mort domnei e joi ancse 
Pels baratz que fan entre se. 

Bel-serventes , de vos mi plaz 
Que ma chanson primier aujaz ; 
E ja hom no deman per que , 
Mas car yos am aitan caa me. 



302 LE PARNASSE 



7226. 

V ai , Hugonet , ses bistens» 
Al franc rei Aragones 
Canta'l noel sirventes ; 
E di 1 trop fai gran sufrensa, 
Si q'hom lo ten à falhensa. 
Quar sai dizon que Frances 
Han sa terra en tenensa 
ïan longamen que ses tensa : 
E pus là n'a tan conques , 
Agues de sai sovinensa. 

E di 1 que sa gran valensa 
Se doblara per un tres , 
Si 1 vezem en Carcasses 
Com bos reis culhir sa sensa. 
E s'il atroba defensa , 
Fassa semblan que greu l'es • 
Et ab aital captenensa 
Qu'ab foc et ab sanc los vensa ; 
E genhs tragan tan espes 
Que murs noi fassan guirensa. 

E quar enaissi s poiria 
Acabar lurs mals ressos 
Que dizon , scnher , de vos 
Fals Frances , que dieus maldía , 
Quan no venjatz la follia : 
E quar etz tan vergonhos 
No m cal plus apert o dia. 
Paratges s'en revenria , 
Que s perdet totz sai mest nos 
Que neissas noi conosc via. 



OCCITANIEN. 393 

Elms et ausbercs me plairia , 
Et astas ab bels penos , . 
Vissem lmei mais pels carnbos , 
E senhals de manta guia ; 
E quens visson ad un dia 
Essems li Frances e nos , 
Per vezer quals miels poiria 
Aver de cavallairia : 
E quar es nostra razos 
Cre que'l dans ab els n'iria. 

Pros coms , marques de bon aire ; 
El camp feren e donan 
Fos restauratz lo greu dan , 
Agratz cobrat mant repaire. 



PIECES 

ATTRIBUÉES A DIVERS AUTEURS PAR UN ÉGAL 
NOMBRE DE MSS. 



PERE DE BLAI 3 79 4. 

BRUNENC ou P. DE BRAU. . 7226. 



JLisr est son fas cansoneta novella y 
Novella es quar eu cant de novel ; 
E de novel ai cauzida'l plus bella , 
Bell' en tot sens , e tot quan fai es bel : 
Per que m'es bel qu'ieu m'alegre m deport ; 
Quar en deport val pauc qui no s deporta. 



594 LE PA&NASSE 

Joîs deporta mi quar am domn' isnella j 
Isnella es sella quc m ten isnel : 
Isnel cor n'ai quar tan gen si capdella , 
Qu'il capdella mi ses autre capdel , 
Que mais capdel no quier mas per conort : 
Per gienh conort qu'om no s pes qui m conorta. 

Be m conorta sella qu'es fin' e franca , 
Que franca m'er tostemps e m tenra franc : 
Franc n'ai lo cor , qu'ab autra non s'estanca , 
Ni s'estanca d'amor on son li stanc. 
Qu'aissi m'estanc quais que alhor m'enten; 
Mas lai enten , vas on qu'alhors entenda. 

Quecs entenda que m'amors no s'esbranca , 
Qu'cnans branca c creis e bruelh' en branc ; 
Que'ls brancs son fi d'amor clara e blanca 
Per vos blanca domna , quar anc cors blanc 
Tan blanc no vi quo'l vostre, dou aten 
TJn tal aten que no m plai qu'autr' atenda. 

Doncs l'aleuda volhatz , domna , qu'eu prenga; 
E prenga vos merce del mal qu'eu prenc : 
Quar prenc en bel maltrag que de mi s venga , 
Ara s venga del gran be que m'en venc ; 
E quar m'en venc , ieu sofrisc e dezir 
U tal dezir que mos cors mout dezira. 

Fort dezira qu'eu ab leis plan emprenga 
E'l prenga breu , qu'eu n'ard lotz e n'esprenc ; 
Que tant m'esprenc que paor ai qu'estenga. 
Ans qu'estenga mas mas junchas li stenc : 
E quan m'estenc que lai los olhs no vir , 
Lo cor lai vir si que alhors no s vira. 

Lai te vira , canso , on mon cor tenc , 
Quar de leis tenc tot lo sens e l'albir ; 
Qu'al meu albir morrai si no s n'albira. 

Si s'albira'l gai solatz que m covenc , 
Tal re.m-covenc don dei l'afan suffrir ; 
Qu'eu volh suffrir so qu'autr' om no suffríra. 



ÒCCITANIEN. 59S 

BERNAT DE LA FON. . . . 7226. 
- DE VENTADORN.. 7698. 



X-Jeu chansoneta d'entendre 

Ab leu sonet volgra far, 

Condet' e leu per apendre , 

E plan' e leu per cantar : 

Car leu m'aven la razo 

E leu latz los motz e'l so , 

Per so m'en vuelh leu passar : 

Quar de plan e leu trobar 

Nuls hom no m pot leu reprendre. 

Totz honv qui vol leu reprendre 
Leu es repres de parlar ; 
E qui irop leu vol contendre 
Ben leu trobat n'a son par ; 
E qui mal ditz à lairo , 
En dobl' en deu guizardo 
Per dreg à prezen cobrar : 
Mas ieu per negun afar 
No m vuelh en mal dir emprendre. 

L'escut e'l basto vuelh rendre 
E m vuelh per vencut clamar t 
Ans que ves domna defendre 
M'avenha ni guerrejar. 
Per so la lieis cui hom so 
Dei aver franc cor e bo 
Per totas domnas honrar ; 
E si 110 m ditz mon pezar 
Ieu no m dei à lieis atendre. 



5£>G LE PARNASSE 

No dei mos bels ditz despendre 
En bona dorana blasmar. 
Si'l cor m'en devia fendre 7 
No m'en sai estiers venjar 
Mas que l'an querre perdo. 
Qu'apres ai sen de Cato , 
Qu'ab gent sufrir dei sobrar 
Mon amic s'iratz mi par : 
Qu'aissi torna'l fuecx en cendre. 

Si fin' amors vol deissendre 
En leis que m fa tant amar , 
Qu'ins él cor merce l'ingendre , 
Far hi pot son benestar. 
Pus m'a mes en sa preizo 
No 1 lais aver cor fello 
Ves mi , que res ajudar 
Tío m pol s'elha m desampar , 
Qu'à merce no m vuelha prendre. 

Cbanso vai midons pregar 
Que son befag plus tarzar 
No m vuelha ni trop car vendre^ 

Qu'ieu no l'aus merce clamar - r 
Mas à sol lo sospirar 
Pot be mon fin cor entendre. 

Si m puesc à sos pes gitar f 
Ja no m'en volrai levar 
Tro m denh sas belas mans tendre» 



OCCITANIEN. 3 97 

t«|M*MIMIM«M>IHAMAIVVMW\VMM*«MWI«MIWIWVIVMM%WW| 

OGIER NIELLA 7226. 

SAINSIR 7698. 



Xer vos bella douss' amia 
Trag nueg e jorn greu martire 
Que d'als no pes ni cossire , 
Ans vai doblan totavia 
L'amors e la bevolensa. 
Per qu'ieu ai gran temensa 
Que'l dezirier m'aucia , 
Q'on plus vos bais , doussa res , e vos toc f 
Ieu m'en vau plus prion en aissel foc. 

En plus franca senhoria 
No pogra mon cor assire ; 
Qu'ieu no cre qù'e'l mon se mire 
Domn'ab tan de cortezia , 
Ni que de beutat vos vensa : 
E non ai ges crezensa ? 
Per nulha ren que sia , 
Puesca garir s'ieu no complisc lo joc y 
E visques tan cuna Eli' et Enoc. 

Ai ! quantas vez plor lo dia } 
E quantas vez mi fai rire 
L'amors que m vens e'l dezire 
E m destrenh lo cor e m lia , 
E'l vostr' onrada valensa 
Fez en mon cor semensa 
Plus que far non solia. 
Ara sai eu qu'ieu ai begut del broc 
Dou bec Tristaus ; q'anc pois garir non poc. 



5 9 8 LE PARNASSE OCCITANIEN. 

Vostr'om sui ses tricharia 
E sius platz podetz m'aucire ; 
Q'hom no m'en pogra devire 
Qui'l cor del cors no m trazia. 
Quar en vos nais « comensa 
Beutatz e conoissensa 
Mielhs q'hom dir no poiria } 
Que tan destrenh mon fin cor en un loc , 
Ben a tres ans qu'anc d'un voler no s moc. 

Ni ja als jorns de ma via 
Non serai d'autra jauzire. 
Tant vos sui hom e servire ; 
Francs e leials ses hauzia , 
Que ses la vostr' atendensa 
]So volgr' aver Proensa 
Ab tota Lombardia. 
Quant m'auretz dat so don m'avetz díg d'oc , 
Serai plus rics que'l senhor de Maroc. 

Al emperair' agensa 
E ten à cortezia , 
Quant hom li quer , autrejar e ditz d'oc , 
Mas ja als faitz no s pren ren qui no 1 loc. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES TROUBADOURS , 

Desquels on trouve les vìes ou des piòces dans ce 
Recueil. 



íww VVVVVVVVXXO^j 



A 



ADEMAR ou AYMAR ( Guillem ) , sa vie. 

AIMERICS de Sarlat id. 

ALBERTETZ 

ALBERTZ marques id. 

ALEGRET 

ALVERNHE ( Peire d' ) . id. 

AMIELS (Gaubert) id. 

ANDUZA ( Clara d' ) 

APCHIER ( Garis d' ) id. 

ARAGON ( Lo reis n Ainfos d' ). . . . id. 
( Lo reis en Peire d' ). 



AURENGA ( Raimbaut d' ) 4. 

AURIAC ( Beruatd' ) 1. 



Pièces Pages. 

a58. 
258. 
*99- 
94- 
554. 
i35. 
268. 

252. 
IO. 

36. 
290. 

47- 
298. 



lì 



BACALAIRIA ( n Uc de la ) id. 

BALAUN ( Guillem de ) id. 

BARJAC ( Peire de ). . id. 

BARJOLS ( Elias de ) id. 

BAUS ( Guillem del ) id. 

BELENOI (Aimericde) id. 

BERBEZILS ( Rictiartz de ) id. 

BERGUEDAN ( Guillems de ) id. 



575. 
5o. 
54. 
96. 

271. 

204. 

275. 

l52. 



4oo TABLE 

Píèces. Pages. 

BERMON Ricas novas ( Peire ) i. aig. 

BERNAT ,. 5 62 . 

BIERRIS deRomans ( Na ) i. 5-6. 

BLACASSET , . . sa vie. . . 121. 

BLA.CATZ \ . . id. . 1. n 9 . 

BLAJ ou BRAU ( Pere de ) 1. 5p5. 

BONELS (Jordande) id. . 1. 202. 

BORN ( Bertran de ) id. . 5. 64. 

BORNFILL ( Guirantz de ) id. . 5. 125. 

BOSSINHAC ( Peire de ) id. . 1. 292. 

BREMONZ lo tortz ( Peire ) id. . . . D77. 

BROQLEIRA ( Hameus de la ) 1. 375. 

BRLNET ( n Uc ) id. . 1. m. 

BRUS ( Garins lo ) 1. 567. 

c 

CABESTANH (Guillemde) id. . 2. 58. 

CADENET id. . 1. n3. 

CAILLA ( Albertetz ) id. . . . 554. 

CAIRELS ( Elias ) id. . 1. 108. 

CALANSO ( Guirautz de ) id. . 1. i/p. 

CALBO ( Bonifaci ) 2. 206. 

CAPDUELH ( Pos de ) id. . 1. 10. 

CAPMON ( n'Iseus de ) 1. 556. 

CA.RBONEL ( Bertran ) 2. 240. 

CARDINAL ( Peire ) id. . 12. 5o6. 

CASTELLATNA ( Bonifaci de ) 1. 144. 

CASTELLOZA ( Na ) id. . 5. 245. 

CASTELNOU ( Almucs de ) 1. 556. 

— 1 ( Raimon de ) 1. 275. 

CAVAILLON ( Gui de ) id. . 2. 269. 

CAZALS ( Guillem-Peire de ) 1. 2^7. 

CERCAMONS id. . 1. 25o. 

CIGALA ( Lanfranc ) id. . 2. 157. 

CORBIAN ( Peke de ) 1. 002. 

D 






ALPHABETIQUE. 4oi 
D 

Pièces Pages. 

DALFINS d'Alyernhe (Lo). . . . sa vie. . i. 84. 

DANIEL ( Arnaut ) id. . 2. a53. 

DIA ( la comtessa de ) 4- 54- 

DURAND ( Peire ) 1. 288. 

DURFORT ( Raimons de ) id. . . . 7 5. 

E 

ESCOLA ( Saill d' ) id. . . . 586. 

ESPANHA ( Guiraut d' ) 1. 569. 

ESTEVE ( Johan ). 4. 544. 

F 

FABRE d'Uzes ( Pons ) 1. 566. 

FAIDIT (Gaucelm) id. . 5. .99. 

FIGUIEIRA ( Guillem) id. . 1. 2^5. 

FOIS ( lo corus de ) 1. 290. 

FOISSAN ( lo morgue de ) 1. 167. 

FOLQUET de Lunel 1. i55. 

de Marselha id. . 2. 58. 

de Romans id. . 1. 121. 

FONSALADA ( Elias ) id. . . . 566. 

G 

GARDIA ( Pons de la ) 1. 325. 

GAUCELM ( Raimon ) 1. 3oo. 

GAVAUDA 2. 43. 

GUILLEM ( Peire ) id. . . . 579, 

L 

LAFON ( Bernat de ) 595. 

LAMANON ( Bertrans de ) id. . i. no, 

26 



4oa TABLE 

M 

Pièces. Pages. 

MAENSAC ( Peire de ) sa vie. . i. 5o4. 

MAGRET ( Guillem ) id. . i. i 7 5. 

MARCABRUS id. . i. i 7 5. 

MARUELH ( Arnaut de ) id. . 2. i5. 

MILON (Peire) 1. 5 7 g. 

MIRAVAL ( Raimon de ) id. . 6. 220. 

MONCUC ( Bernat Arrtaut de ) 1. 2 5. 

MONS ( Nat de ) 1. 164. 

MONTANHAGOL ( Guillem ) 2. 278. 

MONTAUDO ( lo monges de ). . . . id. . 2. 294. 

N 

NEGRES ( Azemar lo ) id. . 1 et tr. 35g. 

NIELLA ( Ogier ) 3q 7 . 

O 

OGIERS id. . . . 96. 

ORTAFAS ( Pons d' ) 1. 585. 



P 



PALAZIS id. . . . 2 7 3. 

PALAZOL ( Berrengiers de ) 1. nn. 

PEGULHA ( Aimeric de ) id. . 2. 169. 

PEIROLS id. . 3. 88. 

PEITIEUS ( lo coms de ) id. . 1. 1. 

PENA ( n Uc de ) id. . . . 3a5. 

PERDIGOS id. . 1. ,,4. 

PISTOLETA id. . 1. 38i. 

PLAGES ( Amaut ) 1. 35 7 . 

POJET ( Bertrans del ) id. . 1. 364- 

PONS ( Raiaauu e Jaufre de ) id. . . . 384. 



ALPHABÈTÏQUE. 4o3 



Pièces. Pages. 
PORCAIRAGUES ( n'Alazais de ). sa vie. . 

PRADAS ( Deude de ) id. . 

PROENSA ( la comtessa de ) 

( lo coms de ) 



PUEGSIBOT ( Gaubert de ) id. 

R 



27. 

86. 
167. 
166. 
218. 



RAIMONS ( Peire ) id. . 1. 29. 

RAINOLS d'At ( Guillem ) id. . . . 72. 

RICHART ( lo rei ) 1. i5. 

RIQUIER ( Guiraut ) 6. 529. 

ROS ( Guiraudo lo ) id. . . . 64- 

ROTGIER ( peire ) id. . 1. 24. 

RUDEL ( Jaufre ) id. . 1 et tr. 19. 



SAINSIR 397. 

SALAINGNAC ( Girautz de ) id. . 1. 371. 

SALAS ( Raimon de ) id. . . . 528. 

SALVATGE ( Peire ) 1. 290. 

SANT ANTONI ( lo vescoms de ). . . id. . 1. 199. 

CIRC (nUc de ) id. . 1. 161. 

LEIDIER ( Gausseran de ). . . id. . . . 288. 

(Guillem de). ... id. . 3. 281. 

SAVARIC id. . 1. 147. 

SERVERI de Girona 1. 327. 

SORDELS id. . 1. i45. 



TARASCON ( Richautzde ) id. . 1. 385. 

TIBORS ( Na ) . 1. 328. 

TOLOZA ( lo coms de ) 1. 271. 

TOMIERS id. . . . 2 7 3. 

TOR (Guillems dela) id. . . . i5ô. 



4o4 TABLE ALPHABÉTIQUE. 

U 

Pièces. Pages. 

UISSEL ( Gui d' ) sa vie. . 5. 25g. 



VALERIA ( Peire de ) id. 

YAQUEIRAS ( Raimbaud de ) id. 

VENTADORN ( Bernat de ) id. 

( Na Maria de ). . . . id. 

VIDAL ( Peire ) id. 

VILAR ( Peire del ) 



4- 

5. 



38o 

73 

3 

266 

178 

5 77 



ZORZI ( Bertolome ) id. 



209. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES PIÈCES CONTENUES DANS CE RECUEIL. 



rvvwwwiwwvwv 



A 

Fages. 

Ab joi et ab joven m'apais 54« 

Ab I'alen tir vas me l'aire 181. 

Ab tan de sen com dieus m'a dat 585. 

A cantar m'er de so qu'ieu no volria • . 55. 

A greu pot hom conoisser en la mar 327. 

Alegrar me volgr' en cantan 124. 

Amics y ab greu cossirier 47- 

Amic sius trobes avinen 2^5. 

Amics n Arnaut , cent domnas d'aut paratge. . 166. 

Amors ; be m platz e sap bo 96. 

Amors me fai cantar et esbaudir 226. 

Anc ieu non l'aic , mais ella m'a 254- 

A penas vauc en loc qu'om no m deman. . . 3oo. 

Ar ab la forsa del frei 227. 

Ara paresson ll'aubre sec 554- 

Aras pos vei mon ben astriic 2J7. 

Ar em al freg temps vengut 27. 

A Sant Pos de Tomeiras 54 1. 

Assatz sai d'amor ben parlar 49* 

Atressi com Persavaus 276. 

Aux chansons j'avais dit adieu 56 1. 

B 

Bel ìn'es quan d'armatz vei refrim 278. 

Bel mes qu'ieu cant e condei 22 9« 

Bels dous amics ben vos posc en ver dir. . . . 528. 

Bels-gazanhs , s'à vos plazia 98. 

Be m'a lonc temps menat à guiza d'aura. ... 167. 

Be m pac d'ivern e d'estiu 182. 



4o6 TABLE 

Pages. 

Be m platz lo dous temps de pascor 65. 

Ben aia'l messatgiers 25 1. 

Ben a tengut dreg viatge i4o. 

Be tenh per fol e per musart 5o6. 

Be volgra midons saubes 35n. 

Breu vers } per tal que mens i poing 268. 

c 

Cansoneta leu e plana i52. 

Car' amiga douss' e franca 184. 

Cossiros cant e planh e plor i55. 

Cuendas razos e novelas plazens 112» 

D 

Dalfin , jeus voill déresnier i5. 

D'Astarac venia 558. 

De cantar m'era laissatz i85. 

De jost' als breus jorns éls loncs sers i56. 

Desemparatz ses companho 4^« 

De sirventes aurai gran ren perdutz 564» 

Domna à vos me coman 94* 

Domna des angels regina 5o2. 

Domna , ieu vos sui messatgiers 285. 

Domna n'Almucs sious plagues 557. 

Domna n'Iseus , s'ieu saubes • 55^. 

Domna per vos estauc en greu tormen 170. 

Domna , pos de mi nous cal 67. 

Domna , tan vos ai pregada 75. 

Drogman senher , s'ieu agues bon destrier. . . 187. 

D'un sirventes m'es pres talens 288. 

E 

Êl dous temps quan la flor s'espan • 54g. 

Él mon non a neguna creatura ^85. 

El temps d'estiu quan par la ílor él bruelh. . . 258. 



ALPHABÉTIQUE. 407 

Pages. 

Enaissi m. pren com fai al pescador 175. 

En est sonet cuend' e leri 256. 

En est son fas cansoneta novela 5^5. 

En greu esmai et en greu pessamen 252. 

En Gui à tort me menassatz 272. 

En la mar major son e d'estiu e d'ivern. . . . 216. 

En loc de verjans florilz 206. 

En Haïmbaut ses saben 119. 

Entr' amor e pessamen n5. 

Entre dos volers soi pensius 233. 

En un sonet gai e leugier 86. 

Era m requier sa costum' e son us 78. 

Eras quan vei verdejar 79. 

Er quan li rozier 23. 

Escolatz , mas no sai que s'es 5i. 

Escur prim cantar e sotil 157. 

Esparviers et austors 372. 

Estat ai en greu cossirier 57. 

Estat aurai de cantar 5o4- 



Falsetatz e desmezura 5o8. 

Farai un vers de dretz nien 1. 

Fin joi me don' alegransa 57. 

Fis e leials e senes totz engans 238. 

G 

Gaia pastorella 354 

Gaucelm Faiditz , eu vos deman 299 

Gaucelm , tres jocs enamoratz 149 

Gausselm , no m posc eslener 562 

Ges si tot estan suau 2t3 

Guerr' e trebalhs e brega m platz i44 

Gui d'Uisel ; k m peza de vos 266 



4o8 TABLE 

H 

Pages. 

IIuci mais noi couosc razo. 60. 

J 

Ja de canlar no degr'aver talan 247. 

Ja d'ogan pel temps ílori C 5^9. 

L 

La franca captenensa 16. 

L'autre dia per un mati 4^- 

L'autre jorn m'auava 52Q. 

L'autre jom m'cn pogei al cel 2 &6. 

L'autre jorn per aventura 260. 

L'autrier de just' una via 262. 

L'autrier él gai temps de pascor 344- 

L'autrier fui en paradis 2y4- 

L'autrier just' una sebissa 175. 

L'autrier lonc un bos folhos 11 3. 

L'autrier lo primier jorn d'aost 127. 

L'autrier quan mos cors sentia 210. 

L'autrier trobei la bergeira d'antan 532. 

L'aulrier trobei la bergeira , que 556. 

La valors es grans e l'onors i64- 

Leu cansoneta d'entcndre 395. 

Lo clar temps vei brunezir 200. 

Locs es qu'om se deu alegrar 566. 

Lo dos cossire 5g. 

Longamen ai atenduda 162. 

Lo rossignolet salvatge 102. 

M 

Maîtres T maîtresses de chansons 21. 

Mandat m'es que no m recreja 525. 

Manîa gens me mal razona 89. 



ALPHABÊTIQUE. 409 

Pages. 

Manta gcnt fas meravelhar 58 1. 

Manlas vetz soi enqueritz ni. 

Mas qui à ílor se vol mesclar 291. 

Mentre que'l talans mi cocha # . . . 5"» 5- 

Mon cor s'alegr' e s'esjau 189. 

Mou vers mou mercejan ves vos yi. 

Mot eran dos miei cossir 17. 

Mout avetz fag long estatge 2^8. 

Mout es bona terr' Espanha 190. 

Mout fai sobreira folia 21 4« 

Na Maria 7 pretz e fina valors 076. 

Neu ni gel , ni plueja ni fanh 191. 

Noitz e jorn sui en pessamen 567. 

No m'agrad' iverns ni pascors 81. 

No m laissarai per paor 245. 

Non alegra cant ni critz 104. 

Non es meravelha s'ieu can 5. 

No posc sufrir qu'à la dolor 129. 

o 

Ogan al freg que fazia 55 1. 

P 

Peire Rotgier , à trassaillir 52. 

Peire Salvatg' , en greu pessar 2 9°- 

Per amor e per solatz i55. 

Per dieu ', Gui , mais amaria 271. 

Per espassar l'ira e la dolor 240. 

Per fols tenc Polhes e Lombartz 5 10. 

Per grazir la bon' estrena 5^5. 

Per joi que d'amor m'avegna 587. 

Per lo mon fan Pus dels autres rancura 280. 

Per mantas guizas m'es datz » 37. 



4io TABLE 

' Pages» 

Per vos belía douss' amia. . . . 597. 

Planher vol en Bla'caíz en áquest leugier so. . . 1 46- 

Pos am fin' amor m'acort. 588. 

Pos qai la folhfc del garric 109. 

Pos lo gai temps de pascor. 204. 

Pos ma boca parla sens. . . '. . . 3 12. 

Pos tan me»fors' amors que m'a fag entremetre. 287. 

Pos tornat soi en Proensa ig4- 

Pro 'ai del eant enseuhadors. . 20. 

Q 

Quan cug cantar ieu planh e plor 121. 

Quan la douss' auraveuta.- 5. 

Quan i'aura doussa s'amarzis 25o. 

Quan lo dous tenips d'abril. . . . 292. 

Quant amors trobet partit. 90. 

Quant hom regna vas cellui falsamen ^79. 

Quan vei far bo fag plazentier 159. 

Qui ha talan de donar 208. 

Qui pcr nesci cuidar 12. 

Qui vc gran maleza faire 5i5. 

Quora que m fezes doler 92. 

R 

Razos es qu'ieu m'esbaudei 5i5. 

Reis, per que de mi cantatz 84« 

Rics hom que grcu ditz vertatz e leu men. . . . 5 16. 

Rossinhol , en son repaire i58. 

S 

S'abrils e foillas e ílors 69. 

S'ara no poja mos cans i5i. 

Sendatz vermelhs , endis e ros 577. 

Seuheiras e cavals armatz • . . . . 270. 

Senh' en Ruimbaut , per vezer 25. 

Senher coras , saber volria 271. 

Senher , reis qu'enamoratz par 291. 



ALPHABÈTIQUE. 4^ 

Pages. 

S'es cantars ben entendutz p35. 

Si ai pcrdut mon saber 583. 

Si be m partetz , xnala domna , de vos, .... -264- 

Si co'l paubre 'quan jatz el ric ostal 196. 

S'ieu agues tan de saber e de sen 298. 

S'ieu en cantar soven • 255. 

S'ieu en pascor 110 cantava 56g. 

S'ieu sabi' aver guizard». 117- 

Si m vai ben quez ieu non envei. ....... 547« 

S'ira d'amors tengues amic gauden 202. 

Si tot l'aura s'es amara 142. 

T 

Tals cuja ben aver filh de s'espoza 5 18. 

Tan mou de corteza razo 62. 

Tan rics clergues vei trasgitar 2 4 2. 

Tan son valen nostra vezi 5ií>. 

Tant ai mon cor plen de joia 7. 

Tant ai sufert longamen greu afan 107. 

Tant an ben ditz del marques 198. 

Tartarassa ni voutor 520. 

Tot francamen , domna , veiug denan vos. . . . 55. "' 

Trob be m'estera si s tolgues 590. 

u 

Una ciutatz f o , no sai quals 52 1. 

Una grans amors corals 218. 

Un estribol farai quez er mot ma'istratz 52^. 

Us cavaliers si jazia jio. 

Us novels pessamens m'estai 29. 

V 

Vai ; Hugonet ses bistensa 392. 

Vos que m semblatz dels corals amadors. . . . 167. 



FIN DU PARNASSE OCCITANIEN. 



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